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Voi (s)(x)(e)

Théâtre témoignage

À propos du projet

« Nous en sommes là, l’homosexuel moderne est aujourd’hui mieux compris et probablement plus aimé. Il a beaucoup perdu de son "destin perturbateur". Il n’est plus vraiment "source de désordre".

L’"homme blessé" de Patrice Chéreau s’est rangé, l’être déraciné de Bernard Marie Koltès s’est posé et le "juif errant dragueur" dont parlait Serge Daney s’est assagi.

Le monde homosexuel a pris congé du Pasolini d’Ostie, comme du Zénon de Marguerite Yourcenar, ce "nomade" qui, aimant les garçons, ne pouvait pas vivre "en toute tranquillité" et "dérivait".

Droits, intégration, reconnaissance : que de chemin parcouru en trois décennies ! »

Basé sur des témoignages, Voi (x) (s) (e) explore l'identité à travers le sexe, le genre et la société. Qu’est ce que « être » aujourd’hui ? Comment se définir par rapport à soi ou par rapport aux autres ?

Plus qu'un sujet, l'homosexualité est un prisme à travers lequel nous nous proposons d'observer les rouages de la représentation et de l'auto-représentation. Tantôt reléguée dans l'ombre, tantôt exposée et même exhibée, entre le silence absolu et les verbiages incessants, la question de l'homosexualité pose la question du rapport au corps ainsi que de la place accordée à l'autre et à la divergence dans nos sociétés.

Ce spectacle est une occasion d'interroger les jeux du langage et des images sur la construction des identités individuelles et collectives et de pointer l'impact des mots et des clichés qui, de manière parfois si discrète qu'on ne s'en aperçoit pas, assignent une place, une case, un tiroir, voire mettent en cage. Dire, taire, montrer, exposer, cacher, décrier, sublimer … ces questions qui accompagnent l’histoire de l’humanité.

Le plateau s’empare de ces paroles quotidiennes pour donner naissance à un espace mental, un univers onirique. Un dispositif scénographique mobile et évolutif contribue à ces interrogations. En interaction avec le jeu des comédiens et le texte, les matières, les formes, les couleurs, les sons et les mouvements spatiaux sont autant de manières de figurer la genèse tumultueuse et jamais achevée de la vision, de la parole et de l'être. 

A quoi va servir le financement ?

Le financement servira à finaliser la création plastique et à financer une partie des salaires des scénographes. 

Elle permettra de donner vie au projet qui est en pleine conception.

La création plastique est le squelette de la création. L’installation plastique est fondamentale, elle prend valeur de machinerie. Le dispositif scénique est fait d’une immense structure faite de tissus, et de piquets armés de la parole par de petits hauts parleurs. Ces derniers sont à la fois personnages et à la fois éléments de construction à partir de la grande structure. La manipulation par les comédiens rend l’espace organique ; ce n’est que l’union des comédiens avec l’installation, qui permet de donner vie aux figures. L’organicité n’est donc pas considérée comme un style mais comme une méthode de travail. La création plastique permet de créer un événement scénique.

Un même espace peut créer différentes réalités selon le discours de la figure. Un travail important sera réalisé dans la mise en espace des comédiens, comme d’une mise en danger de l’acteur par l’espace. Une lutte apparaît entre l’espace et l’humain, mais une lutte toutefois réglée à l’avance.

La scénographie donnera à voir un système d’image non réaliste, plus proche de l’onirisme reprenant parfois les mécanismes du rêve dans une traduction d’un jeu de langage et d’images. 

Je souhaiterais faire de ce spectacle un stimulateur de l'imaginaire du spectateur, non un récit à lire. Il s’agit de lui faire vivre une expérience sensorielle de son fauteuil. Le plateau devient alors un processus d’expérimentation, un espace post dramatique qui met la représentation en crise.  

L’interprétation et la production de sens, d'images, d'associations générées par l'événement performatif fera naître l'émotion chez le spectateur comme chez l'acteur par l'éveil des sens.

Je ne souhaite pas expliquer les choses intellectuellement mais aller dans un spectacle plus ouvert grâce aux images. 

Créer un espace de représentation capable de donner corps à l’irreprésentable.

  Photos du prototype:

À propos du porteur de projet

Directrice artistique de la compagnie l’Oiseau Bleu, Sabrina Ahmed est metteur en scène et comédienne.

Titulaire d’un master en études théâtrales, elle a orienté ses recherches sur la mise en scène contemporaine, un art aux symptômes schizophréniques.

Elle se forme auprès de différents artistes de la région. Elle suit  le laboratoire de recherche du théâtre de la Digue avec Sébastien Bournac, Claude Bardouil, Patricia Ferrara et Michèle Zini. Elle participe à la Fabrique de Protée dirigée par Michel Mathieu et suit la formation Ateliers d’incertitude dirigée par Solange Oswald.

Elle joue dans différentes pièces de théâtre et dans quelques court-métrages. Sabrina Ahmed signe des mises en scènes tant individuelles que collectives. (Le théâtre Ambulant Chopalovtich, Voyage d’Eros au pays des gays, (R)escape, La folle Allure, Le prix Prix Martin).

Depuis 2009, elle collabore avec Laurent Pelly au théâtre National de Toulouse, en tant qu’assistante à la mise en scène.