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Un artiste en arctique

Vivre le grand nord, rencontrer son peuple et témoigner d'un monde qui change

À propos du projet

Introduction :

        Je suis comédien et j'explore l'univers du théâtre et du théâtre visuel à travers mes créations. Je voyage pour connaître le monde et pouvoir en témoigner, découvrir de nouvelles techniques théâtrales, de nouvelles approches de l'art mais surtout rencontrer de nouvelles personnes.

        L'art est un pont entre les hommes et entre les cultures qu'il faut préserver à tout prix. C'est dans cette optique que je vais appareiller à bord du "Manguier" en compagnie de trois autres artistes, du capitaine Philippe Hercher et de son second pendant le mois de Janvier 2020 pour travailler à l'écriture de mon spectacle "Je suis invisible", rencontrer la population locale et partager avec eux mon univers.

        Cette aventure sera aussi pour moi une étape dans le long chemin du deuil de mon père disparu début octobre, cela va me permettre de prendre du temps hors du monde pour comprendre et apprivoiser les émotions mises à nu par cette perte.

        Depuis 2017 l'association « Les Amis du Manguier » a mis en place un projet de résidence de création (Le Bateau-Givre : des artistes en Arctique) à bord de son bateau le Manguier afin d'offrir à des artistes de tous horizons la possibilité de créer des œuvres dans cette partie reculée du monde, en relation étroite avec les habitants locaux.

        Leurs créations, leurs regards, les échanges qu’ils peuvent établir entre eux, mais surtout avec les Groenlandais, sont autant de témoignages des réalités culturelles et environnementales du Grand Nord, en plein bouleversement climatique et sociologique.

https://lemanguier.net/portfolio/artistes-en-arctique/

        Dans une volonté d'indépendance, l'association ne bénéficie pas de subvention, il me faut donc réunir les fonds nécessaires à mon voyage. J'ai choisi de passer par le crowdfunding dans un esprit d'échange et de partage avec les personnes souhaitant soutenir le projet.

 


 

Le projet de résidence :

         Le théâtre comme espace infini, le théâtre pour s'affranchir des limites de la perception, être là mais ressentir l'immensité arctique en nous, être là, devant un public et lui faire voir les étoiles, lui faire ressentir les molécules, les atomes et le vide qui nous relie les uns aux autres. Mais pour offrir tout cela au public il faut que je le ressente, que je le vois, que je l'éprouve, que j'y sois, au milieu des neiges, bercé par les vents arctiques et les lumières solaires psychédéliques.

         Cela fait maintenant deux ans que je travaille sur mon projet, Je suis Invisible, que je le couve, lui fait prendre des chemins de traverse pour voir comment il s'ouvre. C'est un projet qui prend forme petit à petit, au grès des expériences et des opportunités qui s'offrent à moi : un stage avec Yves Hunstad et Eve Bonfanti, une résidence dans un petit théâtre lyonnais, une autre dans un lieu atypique au cœur de la Drôme, quelques dates à Lyon en novembre 2018, une résidence et six dates en région parisienne en février 2020, une résidence à bord d’un bateau en arctique et quelques dates dans un petit théâtre berlinois en hiver 2021. Avec lui je ne veux pas forcer les choses, au contraire, je souhaite les laisser venir, comme cela je me sens libéré, libre de créer, de me tromper, de chercher et de trouver.

         A bords du Manguier, je souhaite travailler mon écriture, ma plume, profiter du temps pour accumuler les mots, les redécouvrir et développer mon écriture littéraire. Bénéficier du regard des autres artistes pour avancer et évoluer. Je veux également travailler sur l'objet et la matière, sur la manipulation de papier de soie blanc comme matière, objet et paysage de mes aventures. Cette résidence sera pour moi l'occasion de me confronter à l'immensité, à l'invisible, au silence, au vide et à la solitude qui sont la pierre angulaire de mon spectacle. Tout cela prend sens dans le grand nord, qui paraît vide, froid et solitaire mais qui est plein de possibilités, de vie et de chaleur humaine.

 

      

Témoigner d'un monde qui change

       Dans un futur proche, les glaces du pôle, la faune et la flore du Grand Nord, la culture inuit et sa population, risquent de n’être plus que le souvenir d’une autre époque. Et ces disparitions ne sont que la préfiguration des changements qui attendent le reste de notre planète. Alors je veux voir cela aussi, là où l'homme est peu présent mais où les conséquences de ses actes commencent à sérieusement se faire voir. Témoigner du changement dans l’espoir d’éveiller les consciences.

        Cette aventure sera l'occasion de partager avec les habitants du village d’Akunnak, de découvrir leur culture, leur mode de vie, les contraintes du grand nord et comment ils s’en affranchissent, mais également les changements qu'ils subissent et comment ils voient l'avenir. Je veux leur faire connaître mon univers théâtral, fait de corps, de gestes, de mots, de matières et de rires. J'aimerai proposer en sortie de résidence une pièce sans parole mêlant théâtre d'objet, corps et matière. J'ai envie de raconter avec eux des histoires et de voir comment il est possible d'échanger au-delà des mots.

 

 

« Je suis Invisible »

        Ce spectacle est une plongée dans la quête d'invisibilité d'un personnage. Ce comédien/chercheur nous invite à découvrir avec lui l'essence de l'invisible à travers différentes expériences éprouvées en direct sur scène. Le silence, le vide, le caché, sont autant d'espaces qui seront explorés, traversés et éprouvés sur scène et dans les imaginaires. Mais pas que. Derrière le personnage se cache l'auteur, qui se questionne sur le monde, sur ses changements et sur ce qui l'a poussé à devenir acteur.

       Car l'invisible c'est aussi ce qu'on ne veut pas voir. Malgré tous les indices à sa disposition, malgré les images, malgré la profusion d’informations et de sollicitations l'homme a une certaine capacité à ignorer les fléaux que sont la mort, la guerre, la famine et la pollution alors qu'ils galopent sans cessent devant ses yeux. Que ce soit en bas de notre porte, au fond des océans, dans la glace fondue des pôles, entre la péninsule arabique et la corne d'Afrique ou dans les sables bitumineux canadiens, ces fléaux sont partout et pourtant nous refusons de les voir, par peur, par ignorance, par naïveté, par méchanceté ou simplement parce que notre cerveau ne pourrait supporter tout cela.

 

       Alors, à travers l'invisible, à travers moi, à travers ce projet, c'est de cela que je veux parler, de la misère invisible des rues, des cris silencieux sortant des vagues méditerranéennes, de la nature qu’on détruit à petit feu. J'utilise ce spectacle comme une manière de me remettre en question et à travers moi l'homme et sa décadence aveugle.

       Ce spectacle porte un regard poétique et drôle sur ces questionnements du monde et de soi et emmène les spectateurs dans un voyage à travers le réel et l’imaginaire.

 

Une rencontre et des échanges

        Lors de cette résidence d’un mois nous serons en contact fréquent avec les habitants du village d’Akunaak. Des temps d’échanges et de rencontre sont prévus avec ceux-ci à travers la fête du retour du soleil, des ateliers de création et une fête précédant le départ des artistes. Rencontrer l’autre, le découvrir, s’ouvrir à lui et créer ensemble, voilà ce qui me plaît dans cette aventure, pouvoir partager mon art avec ce peuple sans l’usage de la langue, à travers les gestes et la matière. Utiliser l’art pour se rapprocher, malgré les différences.

          Je souhaite construire ces échanges tout au long de l’aventure avec des thèmes bien précis et une évolution pour arriver jusqu’à l’écriture de petites pièces courtes.

 

 

        Dans un premier temps je travaillerai sur le corps pour leur permettre de comprendre le mouvement, d’où il vient et comment il se propage grâce à des exercices d’éveil corporel. Et puis des exercices à deux, des échanges de poids, des jeux de miroir et des mouvements les yeux fermés pour les amener à comprendre le mouvement grâce à l’autre et à lui faire confiance.

        Ensuite je veux continuer avec la matière et plus particulièrement le papier de soie blanc, d’une part pour sa qualité visuelle et sa maniabilité et d’autre part parce que c’est un matériau très léger et facile à transporter. Nous travaillerons sur l’observation du matériau, ce qu’il raconte de lui-même et ce qu’on peut lui faire raconter. Nous passerons aussi par la création de marionnettes, une tête et un corps mais une infinité de possibilités de formes et de tailles. Nous passerons également par l’encre et la peinture pour peindre ces papiers, leur donner de la profondeur, en faire un support à notre histoire, un fond de scène ou simplement y peindre des yeux pour personnaliser les marionnettes.

        Enfin nous écrirons des petites scénettes, individuelles ou collectives, à partir de rêves, de souvenirs ou de légendes et nous mettrons à profit ce que nous avons vu ensemble pour conter une histoire aux autres et les faire entrer dans notre imaginaire.

        A la fin du séjour, lors de la soirée de clôture, je présenterai une petite pièce théâtrale issue des recherches que j’aurai eu l’occasion de traverser pendant la résidence.

 

 

Une symbolique incontournable

        Je ne peux pas cacher la symbolique que ce voyage aura pour moi. Le jour où j’ai appris que j’étais sélectionné pour participer à cette résidence était le jour où mon père fut incinéré au crématorium de Semur en Auxois, le temps était gris, l’humeur triste et j’eus du mal à me réjouir pleinement de cette bonne nouvelle. J’ai hésité un temps à y participer. Mais mes proches m’en ont dissuadé, me convaincant que c’était la bonne chose à faire. Ils ont eu raison, ce voyage sera pour moi une étape dans le long chemin du deuil de mon père, un père créateur, artiste comédien et clown qui m’a donné le goût du jeu, de la scène et de la rue. Avoir du temps hors du monde et de sa folie, du temps pour comprendre ce qui se passe en moi et le retranscrire dans mes créations. J’ai envie de traverser cela grâce à la création, je ne sais pas si cela viendra s’immiscer dans mon spectacle ou si cela prendra une autre forme : livre, nouvelle, poèmes ou photographies, le temps le dira. Dans tous les cas je suis très reconnaissant envers l’équipe du Manguier de m’accueillir en connaissance de cause et de m'offrir cette merveilleuse opportunité.

À quoi va servir le financement ?

        Afin de mener à bien ce projet en Arctique, je fais appel au financement participatif par volonté d’échange et de partage, permettre aux personnes qui le souhaitent de m’aider et leur offrir en retour la possibilité de connaître cet ailleurs à travers mes créations et pourquoi pas les aider en retour.

        Comme Ulule fonctionne avec un système de tout ou rien, je souhaite construire le financement en trois paliers correspondant chacun à des dépenses différentes :

1er palier - minimum demandé - : 2800 euros, correspondant aux frais d'hébergement, de nourriture, de transport et de chauffage à bord du Manguier.

2ème palier : 3000 euros, 200 euros supplémentaires pour acheter du matériel de création et de pédagogie : papiers de soie, encre de chine, aquarelles, pinceaux, carnets à dessin, crayons, stylos, batterie supplémentaire pour l’appareil photo, etc...

3ème palier : 3500 euros, 500 euros supplémentaires afin de m'aider à couvrir l’achat du matériel spécifique aux conditions polaires : sous-vêtements longs en mérinos, doudoune, chaussettes en laine, cagoule, bonnet ou chapka, moufles, gant en polaire fine, frontale rechargeable, pantalon et veste en laine, pull en laine, pantalon grand froid...

4ème palier : Tout ce qui dépassera servira à l'achat de matériel pédagogique supplémentaire pour alimenter un peu plus les ateliers avec les habitants.

À propos du porteur de projet

 

        Après une enfance passée dans l'univers du théâtre de rue grâce à un père clown et pyrotechnicien et à une mère comédienne et autrice, je me dirige adolescent vers la musique à travers la batterie et les percussions. Leurs rythmes et leurs résonances m'accompagnent pendant mes années de collège et de lycée, marquant le temps qui passe, égrainant les secondes, les joies et les tristesses.

        En 2011 j'intègre l'école de théâtre la Scène sur Saône dans laquelle je passe quatre ans à me former, me déformer, me réformer et me re-former.

        Au sortir de l'école, je souhaite continuer à apprendre et je commence à me former au théâtre physique avec différents professeurs tels que Lionel Ménard et Oliver Pollak et je travaille comme assistant metteur en scène pour la compagnie Mangano-Massip sur le spectacle « Rémanence, au fil du mythe » de 2016 à 2018.

 

        Les années passent et je continue ma formation, en 2017 j’effectue un stage fondateur avec Yves Hunstadt et Eve Bonfanti, en 2018 un stage avec la compagnie Philippe Genty à Paris au cours duquel je découvre et approfondis le théâtre d'objet, la marionnette et l'écriture dramaturgique du théâtre visuel, puis un stage international de Comedia Dell’arte avec Antonio Fava en Italie.

        Durant ces années je crée plusieurs spectacles en compagnie des membres de mon collectif « La Fabrique Abrupte », des créations dans lesquelles j’explore le clown, le burlesque, la satire et le théâtre physique. Des spectacles ancrés dans l’humour mais toujours poétiques et contemplatifs. Je donne aussi des cours dans mon ancienne école, partageant mon expérience et découvrant la pédagogie, ainsi que lors de training ouverts aux acteurs à la MJC Confluence de Lyon et au sein des Messieurs Utopiques.

 

        Dernièrement je me suis rapproché du théâtre de rue en intégrant en février 2019 la compagnie Les Arts Oseurs sur le spectacle « Les Tondues », retrouvant la rue de mon enfance et sa magie du présent toujours intacte. En automne 2019 je retrouve la Cie Mangano-Massip comme interprète pour leur nouvelle création « Alice in the wonderbox ». Je travaille également sur un projet personnel : « Je suis invisible », seul en scène d'un comédien à la recherche de l'invisibilité et de la solitude.

        Pour moi le théâtre n'est qu'un et on ne saurait trouver de limites aux connexions entre ses branches. Je crée pour atteindre les spectateurs, pour les toucher au fond d'eux-mêmes, avec un mot, un geste, une image. Je crée pour rendre magique l'instant de suspension entre l'ascension et la chute, cette seconde à l'intérieur de laquelle tout est possible. Je crée pour parler du monde et de l'homme, pour montrer leur beauté cachée au fond de leur fragilité. Je crée pour ouvrir une porte, une échappatoire et tendre la main à ceux qui veulent y entrer.

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