Tolé.

Une jeune fille en pays Afar

A propos

Pourquoi Tolé ?

Tolé c’est le nom de la fille habillée en noir, dans la photo à côté. En 2005, elle était un de nos patients dans l’hôpital pour tuberculose de Galaha, au milieu de la Région Afar. Elle était là avec son petit frère Mohamed, devant à elle dans la photo, malade lui aussi, et Dahra, sa petite sœur, qui les a aidés durant tous les six longs mois de traitement. J’ai eu le plaisir de les voir sortir tous, en bonne santé. Le film porte son nom.

L’image-logo du film est Amina, la petite fille à côté, qui habitait à l’époque pas loin de l’hôpital. J’ai eu ses nouvelles à Djibouti, à centaines de km de distance et dans un autre état, six ans plus tard (les Afars se connaissent pour la plupart...). Elle était bien et fréquentait même une école.

Qui sont les Afars ?

Les Afars sont des éleveurs semi-nomades partagés aujourd'hui entre trois États : Éthiopie, Djibouti et Érythrée. C'est un peuple sans État, marginalisé dans les trois pays. La grande majorité de cette population étant nomade, les gouvernements les discriminent au profit des sédentaires. Très souvent les gouvernements ne comprennent pas que l'élevage nomade est la meilleure manière d'exploiter des terres semi-désertiques, dans un climat comme celui de cette région qui a été toujours considéré comme le plus chaud, le plus difficile et le plus hostile de la terre, le fameux « triangle Afar ». Ils élèvent des chameaux et des vaches dans certaines régions et chèvres et moutons sur tout le territoire. Ils ont gardé leur mode de vie, se déplaçant en fonction des pluies et des pâturages.

La création des fermes d’État dès les années 70 et 80 sur leurs meilleurs pâturages ont amplifié les effets des famines en 1974 et en 1983 où les Afars ont perdu le quart de leur population et la moitié de leur cheptel. Ainsi, ils vivent une crise sans précédent de leur mode de production pastorale, leur vie est des plus en plus difficile et leur mode de vie est mis en danger.

Pourquoi ce projet ?

J’ai déjà été en Région Afar, notamment à Galaha, un hôpital pour la tuberculose au milieu d’une zone montagneuse et désertique, pour une mission avec Médecins Sans Frontières. C’était en 2005, mais j’ai gardé des contacts avec beaucoup de gens et j’ai pu étendre mes relations aux autres Afars en 2010 pendant une mission à Djibouti, toujours pour MSF. Une Association Afar de Paris, Karera, engagée dans les luttes contre les mutilations génitales féminines chez les Afars  où les filles subissent la forme la plus radicale de l'excision, l'infibulation qui est dangereuse pour la santé des femmes, m’a demandé depuis longtemps de faire un film sur les Afars, leurs traditions et leurs problèmes.

L’idée est de faire un film documentaire qui soit à la fois une présentation de la situation des Afars au reste de l'humanité et aux Afars eux-mêmes. Il sera question de la vie de tous les jours, mais aussi des traditions moins connues avec l'intention de montrer toutes les facettes de la richesse culturelle de la société afar. Sans oublier les sujets sensibles comme l’infibulation, une tradition meurtrière qui en milieu rural touche encore aujourd’hui la quasi-totalité des filles afar, et a comme conséquence une mortalité élevée des femmes en couches. Contribuer un tant soit peu à faire voir les méfaits de cette tradition.

Une demande explicite de mes partenaires afar c’est de tourner des scènes que constitueront aussi un archive visuel de leurs traditions, à les  sauvegarder au où elles disparaîtront.. L’objectif est de filmer le plus possible, pas seulement les images qui seront insérées dans le film sur la base du scénario prévu.

Le scénario

J’ai déjà écrit un scénario assez détaillé autour de la protagoniste principale, qui sera une jeune fille (11-14 ans). Elle montrera la vie de tous les jours du peuple Afar à travers quelques événements de sa vie : son travail dans la famille (et parfois des jeux), l’aide à une femme enceinte en danger à cause de l’infibulation, son frère tué, le déplacement forcé, la participation à certaines cérémonies traditionnelles, l’obligation au mariage absuma (avec le cousin croisé)... C’est impossible d'ici savoir quoi de tout ça sera possible réaliser, parce que faire un film dans un contexte pareil veut dire se confronter à plusieurs imprévus. Qu’est ce qu’il est sur est que s’agira de la vie et de la culture du peuple Afar à travers les yeux d’une jeune fille, plus en général d’un point de vue féminin.

Les partenaires

Ce projet a l’appui et la participation de deux organisations Afar. Une est basée en Éthiopie, l’APDA, (Afar Pastoralists Development Association, http://www.apdaethiopia.org/ ), et l’autre est parisienne, mais composée par des Afars d'Éthiopie, d'Érythrée et de Djibouti, Karera (« femmes debout » karera@hotmail.fr ). L’APDA donnera l’appui logistique et garantira la sécurité pendant le tournage, alors que Karera, une association féminine qui lutte contre l’infibulation, est le partenaire principal de l’entier projet. Pour ceux qui participeront à ce projet, ça sera l’occasion d'entrer en contact avec les Afars, pas seulement à travers le film, mais aussi grâce aux relations que leur participation entrainera : les Afars sont des éleveurs nomades, très connus pour leur sens d'hospitalité et de reconnaissance.

 

Les temps

Le départ devra être vers la fin de novembre/début de décembre à une date qui n’a pas encore été fixée. Vous avez 30 jours de temps pour soutenir le projet et contribuer dans une façon déterminante à réaliser une aspiration qui est partagée par plusieurs sujets. Si tout va bien, selon les plans, on pourrait avoir un premier montage du film pour la fin de janvier.

Pour en savoir plus :

1. Une page facebook en français, entièrement dédiée au projet : https://www.facebook.com/Tole.en.pays.Afar

2. http://www.ghazala.it/africa/afar.html   en italien et en anglais.

A quoi va servir le financement ?

A quoi va servir le financement ?

Votre soutien servira à couvrir les dépenses sur le terrain pour le tournage du film.

Je profiterai d’une mission de terrain en Éthiopie pour une petite ONG franco-arabe en novembre pour le déplacement en avion jusqu’à Addis-Ababa et je resterai à peu près un mois dans la Région Afar pour tourner les scènes et réaliser le film. Les déplacements et le tournage seront faits dans les trois zones montrées sur la carte à côté. Le point de départ sera Awash, bien connecté à la capitale Addis par des bus. De là je suivrai la vallée du fleuve Awash, en passant par Gewane, jusqu’à Mille. De là j’irai en Zone 4, une zone reculée et sans routes, où sera possible filmer les traditions des Afars les moins connues.

Une partie assez consistante du budget sera utilisée pour les déplacements, qui devront être faits avec une voiture 4x4, compte tenu du contexte désertique et montagneux. L’APDA pourrait mettre à notre disposition une voiture,  étant donné qu'il ya moins d'urgences au mois de novembre, contrairement au mai-juin et au juillet-août où les besoins humanitaires urgents sont nombreux. Mais dans un contexte pareil, il faut toujours prévoir quelques crises imprévues et une part des fonds sera gardée pour faire front à ça. Actuellement, pour exemple, ils sont en train de faire une campagne de vaccination pour la rougeole. Le carburant de la voiture sera en tout cas à ma charge.

Les Afars sont prêts à soutenir le projet sans contreparties, mais on ne peut pas soustraire les gens de leurs activités de survie sans rien leur donner. Comme j’ai toujours cherché à faire pendant mes missions de terrain, un peu d’argent sera dévolu aux cadeaux pour les participants sur le terrain, les campements, etc. Les Afars parlent leur propre langue, l’afaraf, et j’utiliserai donc une traductrice qui puisse traduire en anglais (la langue officielle en Éthiopie) ou en français, la langue de Djibouti, d’où viennent presque toutes les femmes afar qui vont à l’école. Le choix d’une femme est fondamental pour pouvoir parler avec des femmes, qui sont les actrices principales du film. En plus, toutes les fois qu’il sera nécessaire, je compterai sur des jeunes collaboratrices/collaborateurs pour le tournage (pour la prise du son ou pour tenir une lampe pendant la nuit...). Bien sûr, il faudra trouver aussi la (ou les) protagoniste/s, les jeunes filles qui iront montrer la vie des Afars à travers leur regard. Je serai le seul Européen du projet, mais je m'adapte très bien dans cet environnement. Je suis habitué depuis longtemps  à partager avec mes collaborateurs locaux leur façon de vivre : dormir et manger comme les Afars, ce qui fait que le coût de la vie est dérisoire, grâce au change entre euros et birrs (la monnaie locale). Une petite partie du budget sera allouée à la postproduction, qui sera faite en Italie. Le montage sera fait « à la maison », par moi, avec l’aide d’une professionnelle qui a déjà donné sa disponibilité, mais un bon son demande le travail d’un bon technicien et surtout d’une salle équipée, d’abord pour l’enregistrement de la voix off et à la fin pour le mixage. Et la voix off aussi mérite quelque chose. Elle sera une jeune fille sénégalaise résidente en Italie, qui a déjà participé, toujours comme voix off, aux films avec les Wodaabe du Niger.

A propos du porteur de projet

Quelque info sur moi

Je m’appelle Francesco Sincich, je suis italien, et je fais depuis dix ans l’anthropologue pour Médecins Sans Frontières. Avec MSF j’ai été déjà, en 2005, en Région Afar d’Éthiopie, pour une mission à l’hôpital pour tuberculose de Galaha, où j’ai pris les photos que j’utilise ici. Quand je suis en Italie, je collabore avec deux associations : Ambulatorio Internazionale Città Aperta (http://cittaperta.jimdo.com/ ), qui soigne gratuitement les Sans papiers, et Ghazala (http://www.ghazala.it/ ), l’association qui est impliquée aussi dans ce projet. Avec Ghazala nous avons fait des petits projets de coopération internationale en Palestine, Somalie, et Éthiopie, notamment le soutien de l’activité de l’organisation afar APDA dans le cadre de la formation des accoucheuses traditionnelles.

J’ai commencé à utiliser le film comme moyen de sensibilisation et connaissance en 2009 pendant une mission MSF sur la santé maternelle au Niger, avec « Halima et Absatou », un petit film en langue haoussa  fait pour sensibiliser les mamans sur l’importance d’éviter des grossesses trop rapprochées. J’ai continué en 2010 avec « Waynaabe » et « Banganà », deux documentaires sur les éleveurs nomades Wodaabe toujours au Niger et encore là en septembre-octobre 2012 pour tourner les scènes de « Lokkol », avec le but de soutenir une école nomade que nous sommes réussis à mettre en pied en 2011 avec les protagonistes des films. « Banganà » a été sélectionné en 5 festivals internationaux parmi lesquels celui d’Amiens et le Festival Panafricain de Cannes. Nous étions une équipe de trois, un opérateur, une assistante et moi, avec un petit financement de MSF et de Vétérinaires Sans Frontières-Belgique. Pour faire « Lokkol », j’ai été tout seul, sans opérateur, et j’ai dû apprendre très vite à filmer...  « Lokkol », terminé en avril de cette année, a été déjà projeté au Genova Film Festival. Mais ce qui je considère un petit succès, qui n’arrive pas toujours, c’est que j’ai réussi à montrer les deux films aux protagonistes mêmes et à autres Wodaabe. J’ai pu montrer « Banganà » lors de la dernière mission au Niger en septembre-octobre 2012 avec un tablet (il n’y a pas d’électricité en brousse), et « Lokkol » en organisant à distance une projection au campement avec l’appui d’un cher ami sur place, une télé, un lecteur DVD et un groupe électrogène loués et transportés jusqu’en brousse avec un petit soutien financier d’un donateur.

Ici vous pouvez voir les bandes-annonces des deux films avec les Wodaabe et « Waynaabe », le documentaire aujourd’hui utilisé par Vétérinaires Sans Frontières à Bruxelles.

Waynaabe    https://vimeo.com/34602881

Banganà (trailer)    https://vimeo.com/74373910

Lokkol (trailer)    https://vimeo.com/74379246

FAQ

Si vous avez encore des questions, n'hésitez pas à contacter le porteur du projet.

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