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Tirailleurs sénégalais, un devoir de mémoire

Pour un ouvrage de photographie documentaire

À propos du projet

« Les Africains qui sont morts là-bas, c’est trop - et aujourd’hui nous sommes très fatigués. Maintenant, nous pensons que ce que l’on a fait, les Français ne le connaissent peut-être pas. On a pensé tout ça, et c’est ce qui nous fait mal. Et puis toi tu es venu, tu as pris nos paroles, et tu vas partir ». (Kone Soma, né en 1922, classe 42, matricule 97064, Korhogo, Côte d’Ivoire, février 1999).

Participez à un travail de mémoire et d’écriture !

Le moment est venu de me replonger dans mes dizaines de cassettes audio qui trainent dans la poussière de mon grenier depuis une quinzaine d’années : une bonne centaine d’entretiens réalisés entre 1999 et 2004 avec des tirailleurs sénégalais m’y attendent. Aujourd’hui, avec la disparition de la plupart de ces témoins directs, un sentiment de responsabilité et de reconnaissance à l’égard de "ces vieux" se rappelle à moi. A cet égard, rappeler que la Libération de la France doit beaucoup à des centaines de milliers de combattants africains et maghrébins s’impose comme un devoir nécessaire.

Des histoires singulières...

Ces rencontres, à chaque fois singulières et uniques, ont donné lieu à des entretiens de durée et de nature très diverses. Pour autant, si certains pêchent parfois par une chronologie inexacte et une connaissance sommaire de la géographie, ils sont particulièrement révélateurs d’une histoire longtemps occultée et de l’existence d’une « mémoire collective en suspens ». Tel un puzzle fragmenté, cet ouvrage se voudra comme un recueil de bribes d’histoires d'hommes qu'il convient de rassembler.

...et une mémoire en partage...

Un travail de puzzle, avec l’humilité de n’être qu’un "passeur d’histoires". De rencontres inoubliables et d’une force parfois indicible « avec des vieux au fin fond de leur village » qui bien souvent n’avaient plus raconté leur histoire depuis 50 ans : le recrutement, la « drôle de guerre », les prisonniers de guerre, les combats à l’île d’Elbe, en Corse, en Italie, le débarquement en Provence… Certains tirailleurs, recrutés dans les années 30, abordent dans ces entretiens les « travaux forcés » et auraient pu croiser la route d’Albert Londres (Terre d’ébène, Albin Michel, est publié en 1929).

...à travers un « pacte testimonial ».

Ces témoignages oraux, collectés 60 ans après la guerre, s’inscrivent dans un « pacte testimonial ». Cette notion de "pacte testimonial" est emprunté à Danièle Voldman (« Le témoignage dans l’histoire française du temps présent ») et aux réflexions communes à l’équipe de "l’Institut d’Histoire du temps présent". A l’instar de tout autre "témoin", ces tirailleurs "sont souverains dans ce qu’ils choisissent de taire, de déformer ou de souligner".

A quoi va servir le financement ?

Un fond documentaire sous-exploité à ce jour

150 entretiens (support cassettes audio) et portraits photographiques (argentique, noir et blanc, négatifs 6x6) ont été réalisés entre 1999 et 2004 (Bénin, Burkina Faso, Sénégal, Mali, Tchad, Côte d’Ivoire, Cameroun + Tunisie et Maroc) et une partie seulement de ce travail a donné lieu à des expositions depuis fin 1999 (avec l’aide notamment du Fonds d’Action et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations en 2004). A ce jour, donc, seule une partie de ce matériel audio a été « exploité »  dans le cadre de cette « exposition itinérante ». Beaucoup d’entretiens n’ont pas encore été transcrits, ou partiellement, et ce « fond » important nécessite donc une transcription des cassettes audio, un travail de classification et de tri, de mise en cohérence et de réécriture.

Une mémoire enfin partagée grâce à vous !

Une demande d'aide financière auprès du Centre National du Livre, déposée fin 2016, pour l’écriture d’un ouvrage (entretiens + portraits photographiques) sur les tirailleurs vient de s’avérer positive (3500 euros) mais ne couvre qu'une partie du budget pour finaliser ce travail (9200 euros). Vous solliciter aujourd’hui via un financement participatif m’est donc indispensable pour inscrire cette mémoire dans le temps et l'espace public. Concrètement, cette somme sollicitée de 5700 euros correspond à 5 mois de travail (transcription, rédaction et réécriture). Aux scans et travail des négatifs numérisés. A l’achat d’un ordinateur (le mien n’étant plus suffisamment puissant ni surtout… fiable). Pour une publication, 230 pages, prévue fin 2018. Un projet spécifique destiné à l'édition de l'ouvrage sera lancé dans un deuxième temps en lien avec mon éditeur.

"Evènements de Thiaroye" en 1944 :  un second palier pour retrouver les familles des condamnés

Cette collecte de 5700 euros atteinte, 2000 euros supplémentaires, me donneraient les moyens de (re) partir en Guinée et au Sénégal pour poursuivre un travail sur/avec les familles des 34 tirailleurs condamnés à Dakar suite aux « événements » de Thiaroye (1944). Les minutes et les actes d'accusation du procès de 1945 m'ont permis, après moult recherches, d’en retrouver pour l’instant une petite dizaine en avril 2014 au Burkina Faso et au Mali (entretiens, photographie, film).

À propos du porteur de projet

"Photographie sociale et documentaire"

Cette démarche s'inscrit dans le cadre de la photographie sociale et documentaire. Cette “quête” de donner la parole et un visage à des hommes et des femmes qui luttent quotidiennement pour défendre leur dignité et la reconnaissance de leur droit m'a amené à réaliser depuis 1997 plusieurs centaines de portraits photographiques et d'entretiens. Ces différents travaux cherchent le plus souvent à redonner une forme de présence à des hommes et des femmes dont l'histoire et le sort sombrent dans l'oubli. Ces différents travaux ont donné lieu à une cinquantaine d’expositions depuis 1999.

Petit rappel pour celles et ceux qui n’ont pas eu l’occasion de suivre mon travail ces dernières années, un site internet a été créé l’année dernière, et il vous est y possible d’appréhender une partie de mon travail photographique.

http://www.herve-de-williencourt.fr/

¨+ contact : [email protected]