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Things from the Flood

Un supplément pour Tales from the Loop

Le tournant des années 90

 

 

Aujourd'hui, nous vous proposons quelques extraits de l'évolution de l'univers de Things from the Flood au milieu des années 90...

 

L’INONDATION

La perspective d’un avenir radieux est bouleversée au début des années 1990. Une terrible crise économique dévaste l’Occident au moment où les miracles technologiques vacillent un à un. Tout commence dans les îles du lac Mälar, juste avant Noël, en 1994. Les habitants du nord de Färingsö, surnommé le pays du Lac noir, voient monter du sol des eaux noires et chaudes qui inondent sous-sols et garages. En quelques heures, les champs et les forêts se transforment en marais.

Une fuite catastrophique s’est produite quelque part dans les tunnels du Loop, sous l’île. L’agence de réaction aux urgences suédoise fait évacuer les résidents de la partie nord de l’île. En l’espace de quelques jours, dans une atmosphère de chaos, des vaisseaux à magnétrine transportent les réfugiés et leurs effets personnels dans des quartiers temporaires, au sud de l’île.

Ce déménagement temporaire va durer trois ans. La partie nord de l’île, inondée, est rebaptisée Zone d’Évacuation, et des robots de guerre Quadraped de l’ALTA sont postés autour du périmètre pour le garder.

La fuite, quoique localisée au nord de Färingsö, affecte le Loop tout entier. L’eau remplit peu à peu tous les tunnels, et ce sont trente ans de données qui se retrouvent en péril.

L’incident, que les médias désignent sous le nom de « fuite du Mälar » ou de « scandale du Loop », conduit le gouvernement à dissoudre Riksenergi. Une société privée, Krafta, rachète le Loop pour une bouchée de pain et négocie un contrat avec le gouvernement pour assainir la région et récupérer un maximum de données. Malgré une enquête exhaustive, on ne découvre jamais ce qui a provoqué la fuite.

LE CANCER DES MACHINES

Deux mois après la Fuite du Mälar, le « cancer des machines » commence à se répandre. Près du Loop suédois, des robots déraillent, répétant sans cesse les mêmes séries d’actions ou s’écartant de leur programmation initiale. Des masses organiques et des tentacules apparaissent sur leurs châssis. Certains cessent tout simplement de fonctionner. Le cancer se répand bientôt dans la région de Boulder, puis au reste du monde. On rassemble les robots pour les envoyer à la casse par milliers.

Des scientifiques qui étudient le cancer parviennent à comprendre que les excroissances se développent au sein du système nerveux artificiel des robots. Krafta Corp avait récemment commencé à utiliser une sorte de cire synthétique expérimentale destinée à améliorer la conductivité des fibres nerveuses des robots, et qui pourrait être à l’origine de la maladie. Mais la découverte de cette source potentielle intervient trop tard : la production des machines à équilibre autonome chute dans le monde entier, et beaucoup de fabricants font faillite. Nombre d’industries reviennent à des machines entièrement mécaniques, contrôlées par des humains et des ordinateurs. La population cesse de croire à un avenir où l’humanité et les robots vivraient en harmonie. A posteriori, on désigne toute cette affaire sous le nom de Débâcle de Krafta, et une succession de procès conduit à la dissolution de Krafta Corp.

LES POGROMS D'IA RUSSES

En URSS, pays riche en remarquables écrivains de science-fiction, la population a foi en la technologie expérimentale. Les découvertes effectuées dans le cadre du programme spatial soviétique ont permis un véritable bond en avant en matière d’intelligence artificielle. À la fin des années 1980, il y a plus de machines conscientes à équilibre autonome en URSS que dans n’importe quel autre pays. Nombre d’entre elles sont des robots de guerre armés jusqu’aux dents.

Après la chute de l’Union soviétique en 1991, les états nouvellement indépendants rivalisent pour le contrôle d’un maximum d’armes et de ressources de l’armée. Plusieurs pays mettent la main sur des armes nucléaires. Beaucoup de robots militaires disparaissent.

À l’automne 1993, un groupe de robots annonce avoir formé une nation souveraine et indépendante, et s’empare d’une région au nord-est de l’Oural. Ils la baptisent Polnaya Solidarnost (Nation de Polnaya) et exigent d’être reconnus par les Nations Unies. Le président de Russie interdit aux autres pays de se mêler de la politique russe. Une frappe nucléaire anéantit la Nation de Polnaya peu après.

Quelques robots y survivent pour former le groupe terroriste Ypok, qui lutte pour le droit des populations androïdes. En novembre 1993, un groupe de robots de guerre tente de prendre d’assaut l’opéra du Bolshoï pour y prendre des otages, en vain. Une dizaine d’humains sont toutefois blessés dans la fusillade et l’incident déclenche une vague nationale de haine envers les machines à équilibre autonome. Le gouvernement russe prohibe entièrement les IA et déploie l’armée pour traquer et détruire toutes les machines conscientes.

Les pogroms d’IA conduisent à la capture et à la destruction de milliers de robots. Parmi les rares individus qui y échappent, certains poussent à l’ouest et aboutissent en Scandinavie. D’autres, secourus par des sympathisants humains, sont cachés dans des bateaux qui les acheminent aux quatre coins du monde.