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Things from the Flood

Un supplément pour Tales from the Loop

La catastrophe du barrage Hoover

Au début de l’année 1995, la vie des habitants de Boulder connaît un bouleversement qui va l’affecter des années. Une explosion ébranle la ville, lors d’une sombre nuit de février. L’électricité est coupée dans toute la ville, et ceux qui osent sortir, une lampe-torche à la main, voient des voitures de police et des hélicoptères se précipiter au nord-est, en direction du barrage Hoover. Les radios qui fonctionnent sur piles informent le public que les forces antiterroristes sont en code rouge pour le barrage. La ville a été victime d’un attentat terroriste.

Au lever du soleil, les habitants de Boulder découvrent que les prairies et les jardins sont inondés, submergés sous l’eau émergeant des tunnels du Loop. Une eau grise et brunâtre envahit les sous-sols. Le soir, l’eau redescend, mais les déserts du nord se transforment en marais. Des fleurs poussent dans le désert, irriguées par l’eau souterraine.

Après cinq jours de secours d’urgence prodigués par le gouvernement fédéral et les états voisins, l’électricité revient à Boulder City. Aux infos, on voit les images d’un barrage démoli et du lac Mead qui se vide peu à peu. Les zones souterraines du Loop sont inondées, et soixante-douze scientifiques ont disparu. Les plongeurs en retrouvent et en sauvent plus de la moitié dans les jours qui suivent, mais le bilan se monte à trente-deux victimes.

L’état d’urgence est déclaré dans tout l’état. On installe partout des barrages routiers. Des agents du FBI et de la CIA débarquent à Boulder, vêtus de costumes noirs et portant des lunettes de soleil, comme à la télé. Des habitants sont fréquemment interpelés pour interrogatoire. Selon les informations, les terroristes responsables de l’attentat appartiendraient à un groupe extrémiste sunnite affilié à Al-Qaïda, mais aucune arrestation n’a lieu, et aucune organisation ne revendique les faits. L’enquête ne mène apparemment nulle part. Les habitants du Nevada chuchotent entre eux que les autorités s’efforcent d’étouffer la vérité.

L’ÉTAT D'URGENCE

L’état d’urgence reste en vigueur à Boulder City et aux environs pendant la seconde moitié des années 1990. La plupart des soldats, des policiers et des agents fédéraux disparaissent au bout de quelques mois, mais l’atmosphère angoissante demeure. Les rumeurs d’attentats terroristes vont bon train. La police arrête les touristes un peu trop basanés dans les rues. On rapporte les moindres suspicions et autres ragots aux autorités. Nombre d’habitants achètent des armes et alignent caméras de sécurité et fils barbelés autour de leurs domiciles. La paranoïa et le patriotisme se développent à l’approche du nouveau millénaire.

Le lac Mead se réduit toujours en peau de chagrin. Dans le nord de la ville, l’inondation des sous-sols reste problématique. Les zones les plus basses se retrouvent submergées de temps à autre. Le désert, au nord, se transforme en marais. Les tunnels du Loop, eux, sont toujours submergés.

Une grande partie de la population de la ville était employée au Loop ou au barrage, et se retrouve sans emploi. Les années 1990 constituent une période de vaches maigres. Beaucoup ont besoin des aides du gouvernement ne serait-ce que pour disposer de l’électricité. Les saisies de biens, le crime, la drogue et la violence se répandent à Boulder.

Et pourtant, malgré tout, la vie suit son cours. Les adolescents vont toujours à l’école, jouent au football ou se roulent des pelles derrière le centre commercial. Beaucoup font comme si de rien n’était.