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Sauvetage d'un recueil de nouvelles

Sus aux coquilles !

À propos du projet

Bonjour, Ulule.

« On aime bien vos nouvelles, mais nous ne publions pas d'histoires courtes, trop risqué. Pourquoi n’écrivez-vous pas un roman ? »

C'est souvent la réponse reçue aux quelques manuscrits que j’ai osé éhontément poster à des éditeurs (y compris le mien).

La nouvelle est un genre qui se vend mal au pays de Jules Verne. Allez savoir pourquoi, les éditeurs français sont frileux sur la forme courte.

Pas de pot, moi, j’écris des nouvelles.

Et je suis français.

Et têtu.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit de la fiction. D’abord pour le plaisir, puis de manière plus professionnelle. Trousser de courtes histoires sombres et grinçantes devant mon traitement de texte, c’est mon petit plaisir coupable. Mon Nutella à moi. Je suis lauréat de plusieurs concours de nouvelles et sous contrat chez Évidence édition. J’ai également publié dans plusieurs revues dédiées à la forme courte.

 

Détestable et très floue photo de l'auteur, au salon du livre de Paris 2016 pour recevoir son prix au concours de nouvelles Mon Best-Seller, remis par l'auteure Amélie Antoine et les éditions Michel Lafon.

 

C’est ainsi que le rêve un peu fou de regrouper mes textes primés, et d’autres inédits, dans un recueil auto-édité, a fait son chemin.

J'avais même le titre : Aime ton prochain.

Après un an de travail, de tri et de prises de tête sur les textes à rassembler, afin d'offrir le meilleur livre possible, de relectures et de nuits blanches, ô bonheur, le manuscrit final fut prêt.

 

 

Enfin, je le croyais...

Humble auteur, j’étais naïf et ignorant des périls de l’aventure infernale dans laquelle je m’étais lancé avec l’auto-édition.

Une larme à l’œil, ému de tenir enfin mon bébé dans les mains, j’ai fait relire mon manuscrit à diverses connaissances très compétentes dans la langue de Molière. Elles l'ont corrigé. Et moi aussi (12658 fois, je crois).

Mais il en restait toujours.

Des coquilles, des oublis, des fautes de frappe.

C’est sournois, les petites fautes oubliées. A force de lire et relire son manuscrit, on ne les voit plus. A croire qu’elles se cachent, pour sortir de leur trou quand on a le dos tourné. S’il y a des auteurs indépendants parmi vous, ils comprendront de quoi je parle.

« Tu acheterais une chemise neuve avec des taches dessus, toi ? »

Voilà ce que m’a fait comprendre Aline Tosca (une autrice de la Musardine qui me supporte depuis mes balbutiements et pour qui j’ai écrit la préface du livre Le ranch des amours).

Une poignée de fautes et de coquilles suffit à ruiner la réputation d’un bouquin auto-publié.

Ce recueil, c’est un condensé de dix années d’acharnement à m'adonner à mon abominable vice textuel et à noircir des pages Word, tandis que mes amis me suppliaient de les accompagner au ciné. Il était hors de question que je renonce à ce projet, si près du but, pour quelques fautes indésirables et récalcitrantes. Hors de question de décevoir les lecteurs qui me soutiennent. Ni de leur offrir un livre imparfait.

Têtu jusqu’au bout.

J'ai donc mis ma fierté d'auteur de côté. Je me suis résigné à faire appel à un professionnel, un Zorro de l'orthographe. Et j'ai appris avec stupeur qu’un bon correcteur professionnel facture entre 2,50 et 3 euros la page (c'est un tarif justifié, pour le rendu impeccable exigé en auto-publication). Mon recueil, Aime ton prochain, comporte 13 nouvelles et 160 pages A4, environ. J’ai compté sur mes petits doigts en transpirant... Eh bien...

« Je vais réfléchir, monsieur le correcteur, bonne journée, voilà, voilà... bien à vous, auf wiedersehen

Vu mon budget serré, je ne pouvais pas m’offrir ses services.

Mon beau projet tombait à l’eau.

Désolé, mes Chers Lecteurs.

Désolé, Maman.

Plouf !

De longues semaines s’écoulent à ruminer... Puis...

« Fais un crowd funding », me dit une amie autrice bien plus avisée que moi.

Sur ses mots, quitte à être dingo, je reprends espoir et me décide à tenter le pari du financement de la correction de mon bouquin sur Ulule.

C'est ainsi que me voilà, Chères Ululeuses et Chers Ululeurs à solliciter votre générosité pour faire aboutir ce projet. Éradiquons ensemble coquilles, fautes et autres contre-sens. Sus à la malédiction de la coquille masquée. Faisons vivre ce très beau genre littéraire qu’est la forme courte. Contredisons les éditeurs qui boudent le noble art de la short story.

 

Sauvez Aime ton prochain du tiroir où il finira sans votre aide !

 

Afin que vous puissiez vous faire une idée du contenu du recueil et de ma prose un peu sombre, je vous offre un extrait d'une nouvelle parmi les 13.

 

Merci mille fois par avance à ceux qui soutiendront mon entêtement d'auteur et croiront en ce projet.

Et bonne lecture !

(petit jeu amusant, trouvez une de ces maudites coquilles dans le petit texte qui suit, s'il y en a ; ) ).

 

 

 

Boomba

 

Je vends des Boomba de chez Aspibots. Ces petits dômes à roulettes équipés d’une caméra, qui se déplacent de pièce en pièce, et aspirent la poussière à votre place. Un de ces robots aspirateur pour feignants. Je parie que vous connaissez tous le Boomba. Cette merveille de technologie et sa lampe à ultra-violets pour stériliser les sols. Sa télécommande et ses trois modes d’aspiration – zigzag, spirale ou manuel. Le Boomba est une variante pacifiste du robot détecteur de mines antipersonnel, vendu par ma firme à l’armée américaine pendant la guerre du Golfe. C’est le modèle le plus populaire auprès des ménagères. Facile à utiliser, cent-vingt minutes d’autonomie, pour un niveau sonore de seulement 49 db. Numéro un dans le monde.

Pourquoi je vous baratine ?

C’est mon métier, je vous l’ai dit.

Chez Aspibot, notre slogan, c’est : « Il aspire, vous respirez. » Posséder un Boomba vous dégage du temps, Messieurs-Dames. Shopping, cours de cuisine, sport et lecture... Maintenant que le Boomba travaille à votre place, plus besoin de choisir entre le ménage et une séance d’U.V. Vous êtes libre de pratiquer de nouvelles activités sans culpabiliser. Oui, vous l’avez compris, le Boomba, c’est la fin des tâches ménagères ingrates. La plus grande avancée pour l’homme depuis l’invention de la pilule contraceptive. Le Boomba va changer votre vie. C’est une révolution. Le progrès en marche.

Et là, en principe, je souris de mes belles dents blanches entièrement en toc et j’ajoute : « Enfin, le progrès qui roule plutôt. »

Si je crois à ces inepties ?

Je suis vendeur itinérant, pas stupide.

Regardez le spécimen. Elle qui m’accueille à la porte, un paquet de chips à la main. La cliente type. Trente ans peut-être, obèse et le cheveu huileux. Elle est vêtue d’un débardeur jauni aux aisselles et d’une culotte de survêtement d’une taille surnaturelle. Croyez-vous que madame Chipster va s’inscrire à un club de fitness ou approfondir sa connaissance de la physique quantique, si jamais je lui vends un Boomba ?

Mon œil.

Plus de télé et de chips sera l’option choisie par madame. La technologie propage le diabète, pas l’intelligence. Essayez d’aider les gens et ils s’arrangent toujours pour devenir pires qu’avant, croyez-moi. J’en vois tellement des comme elle, vous n’imaginez pas. Dans chaque bled paumé que je démarche, Beaver, Plainville, Mountain Home… Aujourd’hui, je prospecte à Blue Ball, Idaho, au cœur d’un petit lotissement, où une douzaine de maisons se disputent l’accès à une route de terre entourée de champs de patates. Un trou de merde.

— Ouais ? grogne madame Saindoux en mâchonnant ses chips.

Dans son dialecte, ça signifie : « Bonjour. »  À la vue des replis de graisse autour de ses bras, je pense aux Sharpeis, ces petits chiens chinois sans poil dont la peau pousse tout au long de leur vie. Je me présente poliment. Elle me fixe de ses yeux de cocker, l’air menaçant, comme si j’étais un de ces foutus témoins de Jéhovah venu kidnapper ses gosses. Il est tard et je n’ai rien vendu depuis dix jours. Si je ne fourgue pas un Boomba avant la nuit, je peux dire adieu à l’avance sur mes frais de déplacement et à ma cuite de ce soir. J’ai la pression.

À cinquante piges que puis-je espérer d’autre qu’une biture quotidienne pour oublier tout ce merdier ?

Vous croyez que ça me plaît, ce boulot ?

Je suis allé à l’université, vous savez. Mon rêve, c’était de reprendre l’exploitation des vergers de mon grand-père dans le Vermont. J’ai vécu là-bas les plus merveilleux moments de mon enfance. Vendre ma production, mes fraises et mes groseilles, avoir des gosses, leur apprendre le métier et leur léguer l’exploitation à ma mort, ça avait du sens pour moi. Succéder à mon grand-père aurait été un honneur. Papy était un homme bon et philosophe. Dans la vie, on hésite beaucoup, disait-il. On s’égare et, à la fin de tout, on regarde en arrière et on a l’impression que notre existence n’a été qu’une succession brouillonne de moments sans aucun lien entre eux. Mais pour les plus chanceux, disait papy, un jour, ça arrive. À la faveur d’une extraordinaire conjoncture, les rebonds hasardeux qui ont constitué notre vie convergent vers un moment unique et précieux. Le moment où tous nos actes isolés, assemblés sans logique apparente, prennent sens et s’articulent pour former un tout cohérent. Comme si on avait eu le nez collé sur une carte routière toute sa vie et que, soudain, on découvrait l’ensemble du plan – le plan de sa propre vie. Tout devient limpide et s’imbrique parfaitement.

Ce moment n’est jamais venu pour moi.

Quand mon grand-père calancha, le seul nom qui figurait sur son testament était celui de Jenny – la gourgandine de vingt-cinq ans qu’il épousa en dernières noces. J’ai rangé mon diplôme dans un tiroir et j’ai commencé à boire. Le métier de vendeur itinérant, ça ne vous arrive pas par hasard. De toute façon, pour les gosses, c’était foutu : j’ai épousé la seule femme stérile du Minnesota. Pas vue depuis six mois. On appelle ça un mauvais karma.

La grosse ouvre la bouche et je crois comprendre :

— Aspibot ? Connais pas…

La télé braille à l’intérieur de la baraque et couvre en partie ses mots. Ce doit être Le juste prix, je reconnais la voix de Bob Barker. Inutile d’entrer, j’imagine déjà la déco : tapisserie repeinte façon nappe de banquet – tachée de sauce tomate et de vin. Ajoutez des tapis, un canapé et des fauteuils bouffés par les mites. Des emballages et autres déchets alimentaires disposés en offrande autour du Dieu téléviseur. Et sans doute un poster d’Elvis jauni au-dessus de la cheminée, placardé à côté d’une tête de cerf empaillé. Le tout baigné dans une délicate puanteur d’écurie. Bref, le lieu idéal pour une démonstration de ménage électronique.

Je termine sans conviction mon speech d’introduction. Les yeux vides de madame Sharpei louchent sur la boîte coincée sous mon bras – un Boomba tout neuf. Le contact visuel avec le produit est établi. Souriez et le produit est à moitié vendu, vous apprend-on chez Aspibot. Alors, planté là, sur le perron, je souris de toutes mes dents de présentateur de jeux télévisés – les mêmes que Barker. J’implore le ciel que la grosse me laisse entrer. Elle mâchonne de plus belle, encouragée par les applaudissements du public recrachés par le poste du salon. Ça s’éternise. Mes dents vont finir par tomber. Je me console en imaginant qu’il existe peut-être une petite place pour moi, là-haut, au paradis des commerciaux alcooliques. Un joli bungalow avec vue sur la mer, équipé d’un minibar rempli pour l’éternité. Allez savoir…

Je suis sur le point d’abandonner quand, dans un moment de grâce et de glamour, un petit éclat jaune et graisseux s’éjecte hors de la bouche de l’obèse pour atterrir sur l’épaulette de ma veste.

— Ma voisine a le même… dit-elle.

Son menton surgit entre les replis de graisse sous sa mâchoire et pointe le Boomba coincé sous mon bras. L’occasion est trop belle. J’entends déjà les glaçons tinter au fond de mon verre de Jack Daniel’s, à la taverne du coin. Et un gros mensonge valant mieux qu’une nuit sans alcool à Blue Ball, Idaho, je dis :

— C’est moi qui le lui ai vendu, il y a six mois, Madame. Une voisine charmante…

Miracle, elle cesse de mastiquer.

— Ah, ouais ?

Elle pousse la porte d’entrée et tend le bras vers l’intérieur. Elle projette çà et là quelques miettes de chips, façon jeté de riz à un mariage.

— Montrez-moi ça.

Alléluia.

La grosse pivote d’un quart de tour avec l’aisance d’un rhinocéros dans une cage d’escalier. J’entre… Et par tous les Saints du commerce et du whisky réunis, le Boomba manque de me tomber des bras. L’intérieur de la maison est aussi propre et stérile que la chambre d’un enfant-bulle. Le carrelage blanc du salon scintille comme un morceau de banquise. Les carreaux de la baie vitrée, donnant sur le jardin, sont si propres qu’on se prendrait à essayer de les traverser. Le canapé en velours est brossé dans le sens du poil. Le napperon en dentelle, drapé sur la table basse, semble avoir été brodé il y a moins d’une heure. Pas la moindre marque d’oxydation sur les bougeoirs en cuivre disposés sur la cheminée. Aucune trace de doigts sur la rampe d’escalier. Pas un poil sur le sol. Cette pièce a besoin d’être SALIE. Adieu, ma démonstration et ma vente de la dernière chance ! Bye bye, mon avance de frais et ma biture salvatrice !

— Votre Booba, grogne le tas de saindoux, une gosse peut s’en servir ?

A quoi va servir le financement ?

Sauver du naufrage le recueil de nouvelles grinçantes, Aime ton prochain, et offrir, aux lecteurs qui me suivent, l'ouvrage le plus chouette possible. Je sollicite la communauté Ulule pour financer la coreksion orthografik et la relecture du livre par un correcteur professionnel. Visuel de couverture, ci-après, encore en préparation auprès d'un graphiste :

 

Oui, mais Aime ton prochain, y'a quoi dans ce truc ?

Le recueil compte 160 pages (A4) , environ, et 13 histoires entre humour grinçant et sujets de société, traités sans concession.

Au détour de ces petites histoires, vous rencontrerez  :

Deux artistes qui trouvent leur inspiration en pratiquant le stop-car sur des cervidés.

Un tueur à gage, fétichiste de la laque capillaire, qui confectionne des colliers de mouches pour ses petites copines (d'où le visuel de ce Ulule et aussi du recueil).

Un vendeur d'aspirateur raté et alcoolique qui éspère donner un sens à sa vie en kidnappant une fillette, pour compenser l'enfant, tant désiré, qu'il n'a jamais eu.

Un chirurgien qui reçoit un crâne humain le jour de l'anniversaire de la mort de son épouse.

Une obèse et sa manière, très mouillée et particulière, de gravir les échelons dans son entreprise.

Une gagnante de concours de Miss, glacée et phobique du contact humain.

Des lycéens, en perte de repère, qui créent une secte suicidaire pour échapper au destin sans joie de leurs parents (cf l'extrait, ci-dessus, A contre-courant).

Et bien d'autres personnages déjantés, attachants où non, mais finalement profondément humains et pas si éloignés de nous... Leur point commun est de chercher l'amour, la reconnaissance et le bonheur, pour le meilleur, mais souvent pour le pire.

Aime ton prochain, c'est une compilation de dix années de petites histoires noires (pour certaines primées ou publiées dans des revues), un voyage dans le bizarre, l'absurde et l'horreur.

Ok, ok, tu vends bien tes biscottes, mais keske je reçois, si je veux aider à la publication de Aime ton prochain ?

E-book final offert à chaque donnateur.

Une citation dans les remerciements du livre pour les plus généreux.

La reconnaissance sincère de l'auteur, de ses lecteurs et de sa Maman.

La joie de donner un coup de pouce à ce très noble genre qu'est la forme courte.

Le bonheur d'avoir guéri un auteur de son ulcère.

Avec votre aide, le livre vous sera offert courant septembre, début octobre 2019.

À propos du porteur de projet

Je suis Stéphane Blanchet. J'ai 43 ans et je suis auteur primés de nouvelles. Je suis également publié chez Evidence edition et dans plusieurs revues littéraires. Souvent encouragé par les lecteurs qui me suivent à regrouper mes baffouilles dans un livre, je porte depuis un an le rêve de publier un recueil complet en auto-édition de mes meilleures petites histoires noires.

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