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"Ivres de la jungle"

Mon prochain roman humoristique [auteur connu ]. Aidez un auteur connu à contourner le monde de l'édition

  • Tous mes vœux pour 2019 (à défaut de...)

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  • Des vœux de rêve / des rêves de vœux

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  • Mardi cela fera 3 ans et un mois que j'ai envoyé la première newsletter — et j'ai honte, mais je tiens bon (et vous aussi?)

    Bonjour à toutes et tous, contributrices, contributantes, contributeurs, contributants

    J'ai honte, et vous devez en avoir assez, et d'attendre, et de me voir me rouler à terre de confusion tout en me couvrant la tête de cendres (position compliquée), me morfondant dans des excuses sans cesse renouvelées... Trois ans (!) que cette souscription a été lancée et close, réussie grâce à vous, et je n'ai toujours pas terminé mon satané bouquin qui devait l'être alors... dans les 3 mois. A force de geindre mon sentiment de culpabilité, de baver ma honte, de ramper dans mon indignité, de me tordre les poignets en rampant dans ma gêne à même le sol encombré d'acides remords, j'en ai flingué la moquette, corrompu le carrelage. J'attaque le béton. Je vais me retrouver bientôt au premier sous-sol des 36e dessous.

    Mais j'ai toujours les sous (vos sous) pour l'imprimer, l'envoyer par la poste à ceux qui en ont pris un, comme à ceux qui doivent en recevoir des palettes (le chauffeur du camion aura pour consigne de filmer la tête des destinataires qui avaient oublié mon existence. On mettra ça sur Youtube, ce sera hilarant), pour y adjoindre les contreparties. Le projet est toujours intact, et je n'ai rien oublié de votre générosité. Les sous sont sur un livret chez nos amis désintéressés de la Poste, et, grâce au taux actuel de 0,75% généreusement octroyé par iceux, je ne serai pas soupçonnable de spéculation ni, je l'espère, d'escroquerie.

    Récapépétons encore et encore : si le projet reste intact, comme vous le savez, il a pris de l'ampleur et s'est perdu dans les tentacules d'une ambition littéraire mégalomane. Sachant que ce sera sans doute mon dernier livre, alors autant mettre le paquet : publier un livre humoristique total (du moins selon mes capacités), soit le plus "réaliste-burlesque" possible dans un univers le plus cohérent et foisonnant qu'il me soit possible d'écrire. Que s'il doit n'en rester qu'un de mes bouquins, tel un manifeste, que ce soit celui-là.

    Certes, c'était plus simple quand j'écrivais des pochades comme jadis (et surtout que je ne faisais que cela). Quand j'étais normal, que je ne voulais pas devenir le James Joyce du polar comique (rassurez-vous, ma dernière phrase, chez moi, ne fera pas 100 pages comme dans Ulysse).

    J'en suis ce jour à exactement 524 219 signes, espaces compris. Si un livre de poche comprends environ 1 500 signes espaces compris par pages, pour l'instant le monstre pèse 349 pages virgule 479333 (les 0,479333e de page sont pour l'instant provisoires et ne vous seront donc pas facturés). Vous allez me dire : "Quoâââ c'est tout ? Trois ans que tu nous bassines avec 349 pages seulement (et 0,479333, hein) alors que d'autres en pondent quatre fois autant par an". A cette question pertinente, je répondrai catégoriquement ceci : "Certes".

    "Ivres de la jungle" est pour l'instant composé de 54 chapitres (l'histoire des Macroqa et des VaniVani s'opposant entre décroissance et tourisme de masse sur fond de modernité et d'acculturation galopantes), d'une dizaine d'interchapitres (articles d'anthropologie insolite, de linguistique ébouriffante, de sociologie autochtone, de mythologie locale, d'historiographie des tribus, de chamanisme raisonné, etc.), d'un glossaire de termes indigènes réels mêlés à de faux (des moins vrais, dirons-nous), et d'une bibliographie, webographie, documentaires, films...

    Je pense avoir encore environ au maximum 150 pages à écrire (+ de 200 000 signes), et ce sera enfin terminé.

    Cet été j'ai pu y travailler beaucoup (mais pas assez), mais il a vraiment beaucoup avancé. Le truc c'est que ce projet est une épreuve que je me suis infligée.

    Explications : Il se passe que je donne des cours d'écriture de roman, des cycles d'ateliers très pointus (chez Aleph Ecriture, à Paris) qui sont, je dois l'avouer modestement, très appréciés (les participants m'ayant reconduit une 2e année, certains veulent que je remette cela une troisième pour que je continue de présider à leurs projets en cours d'écriture). Lors de ces ateliers, brandissant des dizaines d'exemples issus des meilleurs auteurs qui m'agacent tant ils écrivent bien (ou de gros nazes, célèbres pourtant, qui font d'excellents contre exemples), nimbé d'un savoir incommensurable et d'une acuité que même le futur très grand télescope du désert d'Atacama m'enviera, je traque dans les manuscrits de mes pauvres victimes (qui paient cher pour souffrir, en sus, O pauvres âmes !) les moindres défauts, je préconise fermement des ceci et des cela en fronçant les sourcils, je dissèque les structures en grattant les mycoses apparues entre les lignes, torture les personnages fâlots et humilie les seconds couteaux hâbleurs, exige des décors grandioses dignes d'un budget bessonien et des effets littéraires spéciaux en 3D et surround ®... chez des auteurs qui (masochistes, sans aucun doute) parfois écrivent mieux que je ne le ferais les pages à contraintes que je leur somme d'écrire, debout devant mon paper board en cuissardes faisant claquer le discours-fouet de celui qui a toujours raison, afin qu'ils injectent ces pages dans leurs manuscrits dès lors surprotéinés — manuscrits pourtant à l'origine déjà de qualité (mais quand leurs romans vont sortir, vous allez voir ça ! ).

    Or en me relisant pour la centième fois cet été je me suis aperçu que je n'appliquais pas toujours, du moins pas tout, ce que j'exige des participants à mes ateliers. C'est ballot. Ca pourrait se voir ; voir se savoir. Et surtout ce n'est pas satisfaisant.

    Exemple : si "Ivres de la Jungle" est foisonnant du moins autant que je parvienne à le rendre, je me suis aperçu que c'était souvent par du discours rapporté. Trop souvent, mes feignasses de personnages échangent en se grattant les mangues assis en baillant devant leur case (j'exagère, mais c'est l'idée) ou alors c'est moi, narrateur omnipuissant et omniscient (ah que c'est bon d'être jupitérien!) qui revient sur des événéments, des périodes de l'histoire, qui déroule le récit... Bref : bullshit. Ca manquait d'action, du moins d'action spectaculaire. Comment faire ? Il m'est alors venu l'idée cet été d'aller chercher mon ami Zoyrbek, le mercenaire tchétchène apparu dans une newsletter ici même il y a trois ans. Mais voilà : l'arrivée de ce personnage, aussi nécessaire et drôle qu'elle sera (car Zoyrbek qui boit de l'alcool d'ail au petit-déjeuner est haut en couleur et agité, et tout ce qu'il entreprend avec une l'obstination de ces gens qui ont l'espace d'une main entre les yeux a souvent des résonnances aux alentours), me force à revoir tout mon plan (j'en suis depuis 3 ans à la version 34.b.5 du plan, genre) et plaf, je me prends 6 ou 7 chapitres de plus. Et voilà, et hop : un personnage de plus à encadrer. Déjà qu'ils sont au moins une trentaine à s'agiter en mouvements browniens, et que je flippe total grave d'en oublier un derrière le clavier ou près de la lampe de bureau, que je crains de le retrouver tout desséché près de l'imprimante mort d'inanition et d'inattention. Sachant que les lecteurs, eux, ils voient TOUT.

    Bon c'est de la patouille d'arrière cuisine bien ordinaire, penserez-vous, mais quand on n'a pas toujours le temps de travailler sur de longues périodes concentrées, l'arrivée d'un Zoyrbek au milieu de mes paperasses, mes bouts de nappe griffonnés, mes post-it imbibés de café, ça vous met un de ces bazars. Le tchétchène est aussi tonique que teigneux, je confirme.

    Autre exemple : voulant créer un univers dense et parodique, d'un humour -hummm, attention le prétentieux- plutôt intello tout de même (je ne veux pas faire que du burlesque de situation, cela ne m'intéresse pas. Je voudrais aussi dire des trucs, je sais c'est osé), je me suis lancé dans des interchapitres expliquant les rites, coutumes, particularités linguistiques, systèmes familiaux, etc. Sauf qu'évidemment je cherche à ce que par exemple la langue Macroqa (le "Macrôãàqùöâ", déjà difficile à prononcer) recèle des particularités que ne connait aucune langue. Ben... c'est du boulot ! Ou alors je désire que le système familial et celui de transmission du patrimoine soient de genres inconnus (sachant que l'être humain, ce fourbe, a inventé des centaines de systèmes familiaux aussi improbables qu'étonnants). Ce genre de plaisanterie me prend un temps fou : il faut lire des bouquins de linguistique, des études sur les systèmes familiaux et... inventer à chaque fois ma version inédite, tout cela très scrupuleusement et avec cohérence (et drôlerie toujours, autant que possible). Cet été, alors que je pensais en avoir fini avec cet aspect scientifico-délirant du livre, et que j'étais reparti à descendre mes chapitres narrant les mésaventures du touriste moyen sur le Jungle River Boat, la difficulté d'imprimer des dossiers de demandes de subventions par 95% d'humidité, les affres de l'ASD (assistante sociale déprimée) ou encore de la vie du bistrotier de Régina, voici que je tombe sur je ne sais plus quoi qui m'a mené à me pencher plus précisément sur l'anthropologie structurale (où je ne comprends pas toujours tout. Il y a des phrases chez certains qui contiennent trop de mots) et par cascade je me retrouve avec de nouveaux pans entiers de la société indigène... qu'il va me falloir inventer à ma façon. La cohérence, ou du moins l'effet de cohérence (pas "l'effet de réel", car tout ce que je raconte est réellement vrai déjà, puisque je l'écris), est à ce prix.

    Bon bref, oui, oui, oui, je suis juste en train de vous expliquer que je continue le job. Certes. Je sais, c'est le minimum de procéder à tout cela, mais je n'ai hélas pas d'autres excuses à vous fournir sur ma lenteur. Je ne vais pas vous faire le coup de la touche "e" du clavier qui se bloque. Vous ne me croiriez pas.

    Un jour une lumière percera la voûte nuageuse, et vous connaîtrez 1- Une épiphanie, 2- La surprise de voir descendre un drone (on sera en l'année 2031) venu vous livrer enfin votre (vos) exemplaire(s). A ce moment là vous pourrez vous flatter d'avoir contribué à la construction d'une cathédrale (pour la modestie, je ne crains personne, comme a dit Oscar Wilde), sur, en gros, la même durée. Les gens, envieux, vous demanderont comment vous avez pu accomplir un tel miracle. Comment avez-vous pu participer à l'émergence du plus grand roman barjot de la moitié (on y sera déjà à la moitié, et oui !) du 21e siècle ? Vous pourrez leur répondre simplement : "il m'a suffit d'attendre des années, des années, des années, des années, des années, et des années". (Et bien sûr de mettre la main à la poche en 2014. Mais en 2031, vous n'aurez même pas une pilule de baguette de pain pour ce prix là).

    Merci pour vos soutien, compréhension, patience.

    A bientôt

    (du moins j'espère).

    Amicalement

    Francis

  • Il serait (question de) temps

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  • Gro gogo, a pa tanbou

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