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Un œil sur la musique 1980-2016 : le livre

Trente-cinq ans d'archives photographiques de Richard Bellia

TV5MONDE soutient très fort ce projet

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Wiseband soutient très fort ce projet

Wiseband a soutenu financièrement ce projet.

À propos du projet

Photographe lyonnais de musique rock, Richard Bellia a le projet d'éditer un livre à partir de ses archives photos. « Un œil sur la musique 1980-2016 » regroupera plus de mille photos d'artistes pour un poids de cinq kilos.

Trente-six ans de musique rock, pop, électro, chanson française, retracés en 750 pages au fil desquelles on rencontre quelques unes des plus grandes figures de tous ces courants (de haut en bas et de gauche à droite) :

AC/DC, Alain Bashung, Joe Strummer, Ben Harper, Keziah Jones, Allan Mc Gee, Alt-J, Anton Newcombe, A Tribe Called Quest, Billy Corgan, David Bowie, The Chemical Brothers, Daniel Johnston, Elliott Smith, Dominique A, Erykah Badu, Gonzales, Happy Mondays, Nuits Sonores 2008, Frank Black, Genesis Breyer P-Orridge, Galaxie 500, Laurent Garnier, Kylie Minogue, Klub des loosers, Léo Ferré, Bertrand Cantat, Chet Baker, Lewis Durham, Linton Kwesi Johnson, Lana Del Rey, Zombierella bassiste des Messer Chups, Metronomy, Marilyn Manson, Mika, Nasser, Nirvana, Ol’ Dirty Bastard, Paul McCartney, Peter Van Pooele, Radiohead, Robert Smith, Placebo, Tricky, Donnington 1996, Nuits Sonores 2012.

                                 

En savoir + : le site du photographe et la page Facebook du projet

A quoi va servir le financement ?

Fabriquer un tel ouvrage représente un investissement important : plus de quatre-vingt mille euros hors taxes pour l'impression de trois mille exemplaires. Une somme à laquelle vous pouvez contribuer en pré-achetant votre exemplaire d’ « Un œil sur la musique 1980-2016 » et/ou en commandant différents tirages originaux signés présentés dans les contre-parties.

Le livre sera produit au format 32 x 24 cm à l'italienne, format permettant la mise en page de photos panoramiques et de triptyques. « Pile la largeur, une fois ouvert, de deux paires de cuisses côte-à-côte sur un canapé », précise le photographe. Il sera produit par la manufacture des Deux-Ponts, près de Grenoble, regroupant l'ensemble des métiers nécessaires à la réalisation de l'ouvrage.

Les photos de Richard Bellia ont toutes été prises sur pellicule argentique, majoritairement en noir et blanc, souvent en moyen format avec un Hasselblad, en Europe et aux États-Unis, sur la route ou en studio, pour le compte de journaux, du photographe ou des artistes eux-mêmes. 

L'intégralité des tirages proposés en contreparties sont produits sous l'agrandisseur : il s'agit bien de photographies, non d'impressions numériques. Ils seront adressés au mois de décembre.

  

À propos du porteur de projet

Comment est né ce projet de livre ?

Depuis que j’ai 18 ans, je fais des photos d’artistes musicaux, soit aujourd'hui un fonds d'environ 200 000 photos. Après un galop d’essai en 2008 avec un premier ouvrage auto-édité et diffusé essentiellement auprès des amis, je me lance aujourd'hui dans une aventure un peu dingue avec "Un œil sur la musique 1980-2016", un livre de cinq kilos avec une sélection de 1 000 photos. 

Un ouvrage de cette ampleur, est-ce difficile à produire ?

Pour l'instant, ce qui m’a pris le plus de temps c’est la narration : l’articulation des séquences, les mises en regard, les associations — ma façon de raconter cette histoire de la musique en fait. Je la vois comme une espèce de serpentin, quelque chose qui se déroule avec sa propre logique, mais qui suit mes codes et liens de parenté musicale. Parfois, c'est un écho graphique qui fait le lien entre deux images, mais dans ces cas-là, je fais super attention car c’est extraire le musicien du contexte dans lequel la photo a été prise et je ne trouve pas ça très respectueux. Plus que mon œil de photographe, c’est l’histoire des artistes qui compte. 

Le fil conducteur du livre est avant tout la musique. Comment s'est organisée la sélection ?

Avoir l’embarras du choix, c’est un problème de riche ! Au final, comme je travaille la sélection en entonnoir, le choix des photos dans chaque série se fait bien. Ensuite pour gérer la masse d'archives, mon système a consisté à remplir des enveloppes et leur donner un nom : Grunge, Prolos anglais, Américains blancs en chemise à carreaux qui jouent de la guitare. Dans cette dernière enveloppe, tu trouves par exemple Neil Young, Brian Jonestown Massacre, Beck, Pavement, Nirvana. De cette façon, je me suis rendu compte que je pouvais enquiller quatre ou cinq pages sans forcément privilégier un genre ou une époque. C’est là que la narration se dessine pour moi, un peu comme s'enchaînent les disques en soirée. C’est comme ça que tu trouves une page avec David Byrne des Talking Heads, Young Marble Giants et LCD Soundsystem car typiquement ceux qui aiment deux de ces artistes aiment le troisième et là, pour bien finir le genre, je glisse Kraftwerk et forcément ça match.

Tu as des retours d’artistes sur ton travail ?

J’ai des réactions très positives car j’ai toujours travaillé dans le respect des artistes, que ce soit pour un magazine, une pochette d’album ou mon propre compte. Mais je dois admettre que poser mon book sous le nez des musiciens les plus frileux me sert de passeport sur les dix derniers mètres, ceux qui me séparent des loges par exemple. 

À ce jeu-là, les plus coriaces ce sont les Anglais. Donc j'ai décidé de toujours commencer par eux. Une fois qu'ils ont vu Joe Strummer, Sex Pistols et John Peel, ils me parlent tout de suite mieux.

Tu as toujours fait de la photographie d’artistes musicaux ?

Oui et j'ai trouvé ça bien tout de suite. Un peu comme un acte fondateur, lorsque tu tombes en émotion avec l’appareil photo. Avoir les mains occupées pendant un concert m’aide à être plus attentif à la musique. Je ne m’enferme pas dans une bulle. Parce que même si tu regardes à travers l’objectif en pensant à ton cadre, en réalité tu anticipes les mouvements en étant hyper attentif à la musique. Et puis l’argentique, c’est juste vachement plus beau. 

On peut ici rappeler que tout ton travail a été produit sur pellicule argentique. Pourquoi ce choix ?

La première chose, c’est la chimie, celle du labo, avec ses odeurs - une «madeleine de Proust» pour tous ceux qui ont pratiqué à l’école ou dans des associations. En tout cas, cette chimie est faite pour gérer les contrastes, l’instant où la lumière chuchote et gueule en même temps. Les capteurs numériques ont du mal à entendre tout ça. Mais en argentique,  lorsque tu joues sur une même image dans les crêtes et te retrouves tout en haut ou tout en bas du spectre de lumière, chaque couche de chimie réagit à bon escient et tu obtiens une photo «riche» car la pellicule l’enregistre comme il se doit : merci à elle.

Préfères-tu qu’on dise de toi que tu es un artiste ou un artisan de la photographie ?

Aucun des deux, même si « artiste » on me le dit souvent quand je montre mon travail. Mais c’est logique, dans une expo tu entends : « C’est vous l’artiste ? ». Je ne vais pas répondre non. Mais je ne revendique pas le titre car pour moi un artiste a le contrôle de ce qu’il fait, alors que ma photo dépend de la lumière, du temps qui m’est donné, des choix du modèle sur sa façon d’être habillé, éclairé. Le champ d’expression n'est pas immense lorsque tu photographies des artistes sur scène avec un micro, l'intérêt de la scène est à trouver car il n'est pas sous ton nez tout le temps. Disons qu'en photographiant, je deviens témoin d’un truc et je soigne ce que je peux soigner, je peaufine les détails. C’est proche du photo-reportage d’une certaine manière, le but étant de ramener une image qui raconte quelque chose.

Artisan, je ne peux l’entendre qu’à moitié. Je suis photographe donc une fois que je me suis arrangé le plan photo et que je suis allé à mon rendez-vous, je développe mes pellicules, fais mon tirage et à la fin j’ai des photos : c’est l’ordinaire du métier, non ?

L’indépendance pour toi est-elle vitale ?

Pour être honnête, je n’ai ni le goût ni la patience de travailler en équipe. Mais pour le coup, un projet de cette dimension, à cinq kilos pièce, ne peut pas être fait autrement : aucun éditeur n'accepterait de se retrouver avec quinze tonnes de papier à gérer. Mais on n’a qu’une vie et le faire comme ça, aujourd’hui pour moi, c’est ultra kiffant.

Parce que si cela fonctionne, ce sera une forme de reconnaissance de ton travail ?

La reconnaissance, généralement, tu l'as lorsque tu montres ton travail. Ma première exposition dans une salle de concert a eu lieu après le premier bouquin en 2008 à Clermont-Ferrand. Depuis j’expose souvent, en France et à l'étranger. C'est l'occasion de mettre des photos originales sous le nez des gens qui veulent bien se déplacer : venir voir la photo d'une affiche ou d'un magazine « en vrai » est certainement une motivation.

Le sentiment de reconnaissance vient des rencontres et souvent dès la seconde phrase ; car après la question « C’est toi le photographe ? », généralement ça cause super bien de mon travail. Ce qui veut dire que la photo a fait son job, à savoir créer une émotion. Tu l’as dans le ventre et d’un coup ça sort. J’attends toujours de voir à quel moment les gens vont lâcher un « Putain ! », quand ils regardent mes photos.

Qu’attends-tu de cet appel à participation sur Ulule ?

Un échange. Je me fais plaisir en préparant ce livre et en échange je pense faire plaisir avec le bouquin et les tirages. J’espère que tous les gens qui se sont dit un jour « Wahou j’achèterais bien cette photo ! » participeront à la campagne. Je me vois déjà, avec les potes, faire quelques centaines de tirages de la couverture, ça va être un moment magnifique : les tirer, les signer, et après les mecs vont les recevoir et je sais que ça va finir dans des endroits tellement...
choupinette ! C’est assez kiffant de disperser du beau.

    

Photos d'illustration : Guillaume Ducreux, David Doleac

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