BackBackMenuCloseFermerPlusPlusSearchUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTubefacebooktwitterB CorporationBcorp /* ULULE BRAND LOGOS */

Le Retour des Saisons de l'étrange

Un abonnement pour 7 livres de l'Étrange

  • Le détective à vapeur rencontre le Maître.

    Certains de mes partenaires ont l'âme si bonne et pure qu'il est difficile de les corrompre directement. C'est le cas de ce cher Bodichiev.

    J'ai plus d'un tour dans mon cercueill pourtant : pourquoi demander, quand l'on peut manipuler ?

    ***

    Les archives de mon père, dont je poursuis l'exploration, m'ont offert une surprise fort étrange, que voici.


    L'affaire du voyageur mystérieux

    Son dirigeable étant arrivé tellement tôt que le détective avait vu le soleil se lever sur les tours d'amarrage, Bodichiev en avait profité pour se promener un peu en ville : il venait à Vienne pour la première fois. Il avait rendez-vous ce soir dans un quartier un peu excentré,au bord du Danube, mais d'ici là pouvait se considérer en "quartier libre".

    Un jour, la découverte des grandes villes occidentales, l’exploration piétonnière des espaces urbain, les séjours marathons dans les cités-capitales, tout cela le lasserait-il ? Sa vision du monde devrait fortement changer, pour que le saisisse une telle lassitude. Sans doute ses forces physiques me lâcheraient-elles bien avant — mais Vienne, donc, qu'en penser ? À déambuler ainsi, Bodichiev se souvint d’une discussion avec son parrain, il y a bien des années, qui essayait de l'initier aux subtilités de la philosophie et lui expliqua les catégories kantiennes du beau et du sublime. C’était lors d’un séjour parisien et de comparaisons avec London. Vienne semblait s'inscrire dans l’ordre du sublime : bien que le centre-ville ne soit pas particulièrement étendu, tout, avenues, monuments, y paraissait forcément large, immense, fait pour la perspective grandiose et pour l’admiration. L’effet était celui d’un étal océan de pierre, d’une démesure permanente. Même les stations du métro, curieusement, avaient appliqué ce goût autrichien du monumental à une infrastructure récente. Celle à côté de son hôtel tenait du décor pour film futuriste. Las, enfin, le détective gagna les bords du Donaukanal, pour prendre possession de la chambre qu'on lui avait réservé. Il lui faudrait se reposer un peu, avant d'aller se renseigner sur cette affaire de spectres électriques qui hantaient un temple.

    En entrant dans l'hôtel, son regard trouva tout de suite le comptoir d'accueil, ce long iceberg de bois vernis qui s'étalait au fond d'un vaste lobby ombreux, éclairé çà et là par d'élégantes appliques en volutes métalliques. Un individu qu'il n'avait pas remarqué, assis à l'abri d'un grand cactus, l’interpela à sa complète surprise : qui, à Vienne, pouvait bien le connaître ? Il s'approcha et, se dépliant d'un fauteuil, l'individu au teint cireux et aux cheveux gominés se présenta comme un admirateur, quelqu'un qui suivait avec fascination le récit de ses enquêtes dans la presse internationale. Interloqué mais passablement flatté, Bodichiev accepta de s'asseoir avec lui un instant, à côté de la valise géante de cet étrange admirateur, qui ne tarda pas à le questionner, d'une voix suave.

    — Monsieur Bodichiev, vous que la presse qualifie volontiers de "détective de l'étrange", régalez-moi donc de l'évocation des meurtres effroyables et des crimes singuliers que vous avez rencontré.

    — Oh vous savez, la presse exagère toujours, il convient souvent de prendre ce qu'elle rapporte avec un grain de sel. Quoique bien sûr, il me soit arrivé d'enquêter sur des choses assez étranges, je n'en disconviens pas : les loup-garous de la porte des Salinières, à Bordeaux, par exemple. Ou bien les nageurs génétiquement modifiés d'Amsterdam. Les troubles liés à la Régulation météorologique, à London, aussi. La sirène de Bath, aussi. Ou bien le cambrioleur liquide que nous avons fait geler, dans une banque londonienne…

    Son interlocuteur laissa échapper un rire un peu grinçant :

    - Imaginez, mon cher Bodichiev, que dans le futur, vous deveniez un phénomène littéraire. Si si, je vous en prie, imaginez. Vos exploits mériteraient bien que quelqu'un les mettent dans une forme romancée. Dans quelle maison en verriez-vous alors la publication ?

    — Quelle étrange question, cher monsieur, mais ma foi, "étrange" est bien le terme, oui, j'imagine qu'il faudrait une collection se nommant quelque chose comme les Saisons de l'étrange, tenez, cela ne sonnerait-il pas bien ? S'il fallait raconter certaines de mes enquêtes, je verrais bien cela au sein d'autres récits d'enquêteurs de l'étrange, vous voyez, je pense que j'aurai ma place aux côtés d'autres grandes figures de la lutte contre les crimes les plus fantastiques, contre les complots les plus singuliers. Mais pardonnez-moi, j'arrive juste et je me sens un peu fatigué, je crois que je vais aller goûter l'une de ces bières autrichiennes, pour voir si elle me calmera aussi bien l'estomac que de nos bonnes vieilles Guinesss.

    L'homme blême regarda partir le gros détective chauve vers le comptoir d'accueil et il commença à esquisser un rictus narquois, avant d'écarter ses lèvres sur l'ivoire jauni de ses dents et de laisser échapper quelques quintes d'un rire sifflé. Il se leva, souleva la poignée de son énorme valise et quitta l'hôtel, laissant derrière lui une piste de petites gouttes rougeâtres. "Voilà un crime que l'enquêteur ne résoudra jamais... On peut même dire que c'est le crime parfait", ricana-t-il sous cape.

  • Découvrez les secrets de Nelly Chadour

    Mes rencontres avec Nelly se font dans une pièce sans fenêtres, perdue dans une bruyante métropole où les pots d'échappement gonflent l'air de pollution. Dehors, le doux son d'enfants en pleurs complète cet idyllique tableau. Occupé à cracher les glaires noires qui occupent les lambeaux de mes poumons, je dois reconnaître que l'interrogatoire fut aussi douloureux pour moi que pour elle.

    ***

    Quels complot apocalyptique, tragédie mystérieuse ou génial projet criminel as-tu cachés dans ton livre ?

    L'autrice (qui a les yeux en sang après qu'on l'eut forcée à regarder toute la filmographie de Léa Seydoux) : Hante-Voltige se veut dans la veine des comédies horrifiques qui se sont amorcées dans les années 80, avec une pointe de slasher, le tout en m'appuyant sur des événements réels.

    L'action démarre très peu de temps après la mort de Malik Oussekine et celle d'Abdel Benyahia, en décembre 1986, tués par des policiers. Une grande marche a eu lieu dans paris, entre Denfert et Nation. Et c'est à ce moment que démarre mon récit. On suit les enquêtes d'un trio de gothiques cataphiles un peu frappé dont le narrateur, Fusain. Leurs expéditions dans les entrailles de la grande ville les confrontent à  une entité kabyle qui hante les galeries depuis des siècles et à un duo de flics assassins utilisant les mêmes méthodes que les voltigeurs à moto. Et l'un d'eux est invulnérable. Parallèlement, une confrérie de Maghrébins menés par un petit vieux qui sait se faire respecter à coups de pantoufles découvre les agissements de nos gothiques et s'allie avec eux pour arrêter les voltigeurs homicides, tout cherchant à les détourner de l'entité kabyle : la Teryel. Pour le bien de tous.

    Dis-nous en plus sur ta personne : quels sont tes crimes ? Tes fautes ? Tes plus grands méfaits ?

    L'autrice (qui a les papilles en sang après qu'on l'eut forcée à manger des endives au jambon) : Je suis une modeste employée de bureau qui enfile sa défroque d'écrivaine (charentaises, col roulé, pipe en écume et chat sur les genoux) le soir venu pour pondre des romans et des nouvelles. J'ai écrit une uchronie post-apo chez les Moutons Electriques (Espérer le Soleil), un porno gore (Sous la Peau) chez les défuntes Trash éditions dont l'un des tauliers était Julien Heylbroeck (ouais je balance !) et une série façon Angélique chez le Carnoplaste (Les Aventures de Diane d'Aventin). Et une vingtaine de nouvelles dont une pour l'anthologie humanitaire SOS Terre & Mer.

    Quelle folie t'a poussé à chercher ma personne ? Pourquoi t'es-tu mise au service du Maître de l'étrange ?

    L'autrice ( qui a les oreilles en sang après qu'on l'eut forcée à écouter l'intégrale de Johnny Halliday et a besoin de se faire répéter la question) : 

    On m'a dit qu'on mangeait bien, qu'il y avait Killing Joke à la radio et que Melchior Ascaride faisait la danse du ventre.

  • Tremblez mortel(les), Il y aura une saison 2 de l'étrange !

    Tremblez mortels !

    Un vent lugubre souffle sur les villes endormies, et flétrit les fleurs et les âmes. Entendez-vous vos morts gratter sous les cimetières ?
    Oui, ô mes adorables suivantes et suivants, il y aura une saison 2 de l'étrange !

    Mais ce n'est que le commencement de ce financement participatif. Le rituel exige encore bien d'autres sacrifi... contributeurs pour atteindre les objectifs supplémentaires : des codex maudits  à faire pâlir l'auteur du Nécronomicon.

    Couvertures alternatives, épisode de Noël, un roman à tentacules et un livre dont vous êtes la victime, voilà les incroyables cadeaux que nous vous préparons.

    Alors, n'hésitez pas, ô abonné(e)s, corrompez vos voisins, soufflez le vent mauvais qui accompagne les Saisons de l'étrange. Je saurai vous récompenser.

    Étrangement votre,

    Le Maître

  • Entretien avec Cat Merry Lishi

    Le Maître de l’étrange est heureux de vous convier à une soirée extraordinaire, une délicieuse séance de torture pendant laquelle il infligera à ses auteurs les plus exquises souffrances.

    Tison ardent, vierge de fer, rats affamés et huile bouillonnante officieront dans l'interrogatoire, l’attirail indispensable pour que ses victimes vous livrent leurs plus sombres secrets.

    Pour cette séance de supplices raffinés, vous aurez droit aux cris et supplications de Cat Merry Lishi, qui avouera tout sur son futur roman « La Conjuration des fous ». Bien sûr, la retranscription néglige les grognements, les hurlements d’agonies et les nombreux évanouissements pour ne garder que la substantifique moelle (au propre comme au figuré) des balbutiements de l’écorchée vive.

    Quels complot apocalyptique, tragédie mystérieuse ou génial projet criminel as-tu cachés dans ton livre ?

    Rien, Maître, je ne dissimule rien, je vous supplie de me croire ! Les magiciens sont les seuls coupables de la conjuration.
    Mes intentions sont aussi limpides que celles de l’infirmière engagée pour veiller sur eux à l’Institut, et mon unique objectif, l’aider à révéler au public ce qui se trame en ce lieu dirigé par le Gérant. Voici comment tout a commencé…
    À son arrivée, après un contrat d’embauche déjà énigmatique, Ophidia Mambala découvre que le poste de Gardienne déborde non seulement des attributions de son métier, mais bouleverse également sa conception du monde. Au bout de quelque temps, elle finit par se rendre à l’évidence : la magie existe ! L’établissement abrite une communauté de sorciers dont le directeur n’est pas le moins étrange, tous déterminés à lui faire perdre la raison, et la patience. Cette dernière qualité n’est pas son fort, par contre, Ophidia possède des ressources insoupçonnables de pragmatisme pour accomplir sa mission, sauver les vies. Sa courageuse conscience professionnelle lui permettra d’affronter l’irrationnel, les créatures chimériques, et même la mort quand elle s’abattra sur ses pensionnaires, quitte à enquêter dans les recoins les plus terrifiants de l’Institut.
    Ah ! Elle n’arrive qu’au menton des résidents, cette infirmière, mais quelle femme ! Vous-même, Maître, auriez du fil à retordre pour résister à sa sollicitude.

    Dis-nous en plus sur ta personne : quels sont tes crimes ? Tes fautes ? Tes plus grands méfaits ?

    Je me nomme Cat Merry Lishi, c’est un grand crime de m’avoir baptisée ainsi. Il faut le pardonner à mes parents, des gens adorables quoiqu’assez lunaires. Je viens d’une cité cosmopolite des terres bientôt submergées, je l’ai quittée pour voyager. Je crois qu’on pourrait me reprocher de préférer la solitude à l’écart de la société… à bien y réfléchir, vos caves n’offrent pas que des inconvénients, l’isolation est parfaite : on ne s’entend pas crier sous la torture. Pourriez-vous me rappeler les méfaits que j’ai avoués ? Ma mémoire me joue des tours depuis ma visite à la vierge de fer. Non, je vous en prie, inutile de m’encourager, rangez donc ce fouet, vous allez encore souffrir d’un lumbago à cause de moi. Tenez, en voilà un, de méfait, ce tour de reins qui vous endolorit le bassin ! Et sinon, j’écris des histoires de mauvais genre, de la littérature de l’imaginaire qui n’obtiendra jamais l’étiquette blanche. Le comble, je me complais dans ma débauche intellectuelle, je suis une malfaitrice heureuse de l’être. Ah oui, il m’est arrivé une fois de manger de la pâte à tartiner N***, mais j’ai arrêté facilement à cause du goût horrible.

    Quelle folie t’a poussée à franchir mon seuil ? Pourquoi t’es-tu mise au service du Maître de l’étrange ?

    En toute honnêteté, Maître, je ne me souviens pas avoir franchi votre seuil. Ballottée dans un vieux sac de farine qui sentait le moisi, trouvé probablement dans les ruines d’un moulin de la Renaissance, vos familiers à moustache m’ont jetée dans vos caves. À ce propos, pourriez-vous leur limer les griffes ? Vos rats goules ont dévasté mon jean et mon tee-shirt préféré et j’aimerais mieux écrire habillée correctement les histoires qui vous enchantent. Cependant, votre promesse d’être à jamais mon lecteur fidèle m’a séduite : quelle auteure résisterait à un serment aussi diabolique.

     

  • Entendez-vous le tic-tac sinistre ?

    Le tic-tac sinistre d'une horloge rythme vos pas tremblants alors que vous avancez timidement dans le salon baroque du Manoir. Vous fuyez une pluie torrentielle, un orage enragé, et à la recherche d'un abri, vous avez pénétré dans cette étrange demeure soudainement apparue à travers les intempéries déchaînées.

    Un feu crépite dans la pièce surchargée, ses grésillements vous rappellent les articulations usées, mais vous vous rapprochez en quête d'une chaleur que vous ne ressentez jamais. Vous sursautez. Un craquement sinistre dans la pénombre vous surprend. Le siège monstrueux qui avait échappé à votre regard embrumé a grincé, le croisement grotesque d'un trône pompeux et d'un cosy embourgeoisé. Enfoncé dans les coussins à dentelle, une silhouette vous épie, un être au physique indescriptible, qui vous fascine et vous terrifie en même temps. Un cri naît dans vos poumons, escalade votre gorge, un mouvement de fuite agite vos jambes, mais la bouche béante d’effroi, vous réalisez que vous demeurez immobile dans l’épais silence.

    Dans l'ombre, le Maître sourit.

    ***

    « Ah, te voilà. Bienvenue, bienvenue !
    Mets-toi donc à l'aise près du feu : ton prédécesseur l'a allumé au prix de nombreux efforts. On peut même dire qu'il a donné de lui-même ! Ne prête pas l'oreille aux gémissements sous le plancher, ce sont mes artistes qui travaillent dans la cave, sous la bonne garde des rats goules.

    Assieds-toi, te dis-je : autant que ta position soit confortable, tu ne quitteras pas ces lieux de sitôt. J'ai des histoires à te raconter, des meurtres à te confier, des malédictions à t’infliger. Je connais les recoins les plus sombres, les laboratoires interdits, les sous-sols oubliés, les cités disparues. Je te conterai les mystères, l'envers du décor quand la réalité se déchire, quand les monstres surgissent, quand les esprits se corrompent. Tu trembleras en écoutant les tentatives héroïques de nos enquêteurs de l'extraordinaire pour déjouer les apocalypses et combattre les génies du Mal. Comme tu te régaleras, mon cher hôte, car les Saisons de l’Étrange reviennent, et tu es leur public, toi et tes frères et sœurs de lecture !

    Pardonne mon impolitesse, j'ai oublié de me présenter. On me nomme le Maître et j'existe pour te servir, adorable chair humaine. »