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Le Retour des Saisons de l'étrange

Un abonnement pour 7 livres de l'Étrange

  • Un nouvel extrait : une moto fantôme dans Paris !

    La Santeria s’est arrêté et je bute contre son épaule.
    « Tout doux, freluquet ! » crie-t-il et sa voix vibre autant que le tunnel. Il fait coulisser un long panneau métallique et je flaire de nouveau cet air électrique, mêlé à l’odeur de pisse familière. Notre guide s’écarte et je débouche avec soulagement dans un nouveau tunnel, bien plus vaste et aux flancs bardés de fils électriques. Un vent soulève mes cheveux et mes vêtements et la Santé a le réflexe de me tirer en arrière avant que je ne me fasse happer par un train.
    Les rails tremblent et l’électricité crépite férocement. Des couleurs brouillées allant du jaune au rouge laissent une phosphorescence dans le tunnel sombre et les rayons de nos lampes passent à travers les wagons dont les formes chatoient et miroitent. L’espace d’un clignement d’œil, un visage, un seul, s’imprime sur ma rétine. Blanc sur fond noir, joues creusées et regard fixe. L’homme porte une casquette de mécanicien à l’ancienne.
    Tout se dissipe comme le bolide disparaît dans le tunnel sur une dernière gerbe d’étincelles. Le silence tombe, couperet auditif. Le train s’est volatilisé.
    Nous restons plaqués contre la paroi, tétanisés et le souffle coupé. Le cri joyeux de Byron met fin à ma paralysie.
    « Wouhou ! Comme tu prévouyais, Santi ! Il est repassé !
    – Mais… mais… mais c’était quoi ? »
    Je bredouille lamentablement et sans réfléchir, cherche une clope dans la poche arrière de mon sac à dos.
    La Santeria m’éblouit de sa frontale en se tournant vers moi :
    « Tu viens de voir un train provenant de la défunte station Croix-Rouge. J’ignore encore si chaque station fantôme comporte son train fantôme mais c’est un phénomène positivement passionnant ! Cela ouvre des nuits d’enquête et d’explorations, mes bons amis ! »
    C’est une blague, dites-moi que c’est une blague… Je sais que je n’obtiendrai pas la réponse escomptée ; Byron et la Santé trépignent d’une joie irrépressible. Ce qui m’a bousculé dans une tornade cinétique n’est ni un canular, ni une hallucination. Ou alors, ces deux enfoirés ont mis une saloperie dans ma bière.

     

  • Mouhahahaha, l'âme du Père Noël nous appartient !


     

    Quelle glorieuse et atroce journée mes fidèles,

     Un nouvel objectif a été concrétisé aux heures les plus sombres de la nuit. Vous pouvez donc préparer votre cheminée en y installant toute sorte de pièges mortels. D'ailleurs, je connais une délicieuse recette de redingote farcie...


     

     

     Étrangement votre,

      Le Maître de l'étrange

  • 500 euros avant de condamner Noël !

    Mes fidèles,

    Quelque 500 euros nous séparent du futur objectif : en pensant au gout délicat du renne bien cuit, j'en ai l'eau à la bouche. Ah, si nous atteignons telle somme, je vous prépare un banquet qui vous nourrira tout l'hiver...

    Et puis pensez à tous ces enfants en pleurs, avec comme seul cadeau les aiguilles sèches d'un sapin éternellement solitaire.

    Ah. Joie.

    En attendant d'atteindre les épisodes de Noël, je vous propose de partir en excursion à travers le temps et l'espace : un petit millier d'années pour aller observer un détective en plein labeur. Bodichiev et moi partageons un talent en commun : le meurtre nous suit de près. (Bien que, dans mon cas, qualifier ce phénomène de coïncidence serait sans doute trompeur...)

    Étrangement votre,

    Le Maître

    ***

    « Joukov ! » gronda-t-il avec surprise en voyant le policier se planter, l’air mal à l’aise, sur la pas de la porte du bureau, triturant son melon entre ses doigts nerveux. « Entrez mon vieux, ne restez pas là. Que se passe-t-il donc ? Une affaire dans le quartier ?

    – Eh bien, monsieur Bodichiev… En fait, je crois bien qu’un assassinat vient d’être commis au-dessus de chez vous. »

    Bodichiev demeura un instant interdit. Combien il y avait-il de chances pour qu’un meurtre se déroule justement dans l’immeuble où travaille un détective privé ? Posant le quotidien en vrac sur la petite table à ses côtés, Bodichiev se leva lourdement.

    « Un assassinat, dites-vous ? Racontez-moi ça.

    – À l’étage au-dessus, en fait, fit Joukov en désignant le plafond du doigt. Vous n’avez pas entendu l’explosion ?

    – Ma foi non.

    – Bizarre, rétorqua le policier avec son habituelle grimace de suspicion. Horocho, il y a encore autre chose », ajouta-t-il. Faisant quelques pas dans le bureau, il désigna la fenêtre : « Si je peux me permettre, Bodichiev, venez donc voir. »

    Sans attendre l’accord du détective, l’inspecteur alla ouvrir la croisée.

    « Regardez ça. En bas. »

    Se penchant par l’ouverture, Bodichiev regarda en direction du trottoir. Point de corps écrasé en bas de l’immeuble, seulement la carcasse explosée d’une grosse machine, dont les morceaux avaient volé alentour. Deux agents de police s’occupaient présentement de les collecter. Relevant la tête, Bodichiev croisa le regard inquiet de l’inspecteur Joukov.

    « Expliquez-moi, Joukov : quelqu’un a jeté un appareil depuis l’appartement au-dessus du mien, c’est bien cela ?

    – Oui monsieur. Mais il y a aussi un mort, et… Oh, je crois qu’il vaut mieux que vous m’accompagniez, mais je vous préviens, ce n’est vraiment pas beau à voir. Connaissez-vous votre voisin du dessus ?

    – Hum, non, je ne crois pas. Je ne connais pas du tout les autres habitants de l’immeuble, je dois dire.

    – Nous avons souvent eu des plaintes sur ce voisin, en tout cas. »

    Bodichiev ne commentant pas, Joukov murmura :

    « La victime est un savant du nom de Grigor Xhatan.

    – Ah bien, je vous confirme que je ne le connaissais pas… Allons-y ? » demanda Bodichiev, un peu surpris par l’attitude hésitante de l’inspecteur.

     

     

    Lorsque les deux hommes débarquèrent sur le palier supérieur, ce fut pour y trouver le chaos. Une femme pleurait toutes les larmes de son corps, prostrée dans l’encadrement de la porte de l’appartement de gauche. Un constable essayait gauchement de la réconforter. Un peu plus loin, un autre policier pleurait lui aussi, balbutiant « une pluie de sang… une pluie de sang… » sans devoir s’arrêter, soutenu par un collègue qui tentait lui aussi en vain de le réconforter. Bodichiev, stupéfait, se retourna à demi vers Joukov, avec sur les lèvres une question quant à un tel pandémonium, lorsqu’il vit qu’un troisième policier gisait au pied des deux premiers. Couvert de sang des pieds à la tête, il pleurait, presque hystérique. Sur toute cette scène étrange planait une odeur pestilentielle, à la fois fade et prégnante. « Mais qu’est-ce que c’est que ça… » commença à gronder Bodichiev.

    « Ce n’est pas son sang », affirma Joukov, le visage crispé. Il allait ajouter quelque chose quand il fut interrompu par deux collègues en civil, des enquêteurs de Scotland Yard, qui sortaient de l’appartement de droite. Le teint blême, ils saluèrent tout de même l’inspecteur d’un léger mouvement de tête.

    « Le sang a presque cessé de couler, fit l’un des deux détectives d’une voix rendue rauque par l’émotion.

    – N’entrez pas, monsieur ! s’exclama le second, en voyant Joukov s’avancer vers la porte par lesquels ils venaient de sortir.

    – J’ai déjà vu la scène une première fois », affirma-t-il. Considérant Bodichiev, il ajouta : « Je vous préviens, ce n’est pas beau à voir, vraiment pas beau…

    – Enfin Joukov, j’en ai vu d’autres, qu’il y a-t-il ? voulut savoir Bodichiev.

    – Il faut le voir pour le croire », répondit Joukov en secouant la tête dans un geste d’impuissance. Les sourcils plus férocement froncés que jamais, la bouche tirée par une moue douloureuse, il pénétra dans l’appartement. Après avoir jeté un nouveau coup d’œil aux flics en pleurs, Bodichiev passa la porte comme l’on plonge dans une eau inconnue. « C’est là », dit Joukov en lui désignant une pièce sur leur droite. « N’entrez pas. »

    Conseil inutile : des traînées sanglantes maculaient tout le seuil de cette porte et, au-delà… Bodichiev écarquilla les yeux, plus interloqué que choqué. Au début, il eut du mal à vraiment discerner, à véritablement interpréter, ce qu’il voyait. Puis la scène se précisa, rouge et brune, dégouttelante de tâches visqueuses et de… Bodichiev secoua la tête, ne voulant pas trop s’attarder sur ce genre de pensées. Il tenta aussi de faire abstraction de l’odeur, atroce mélange de la fadeur du sang et du fumet entêtant des excréments, une épouvantable puanteur de mort. Dans un premier temps, il songea à la description d’une scène de boucherie, dans les pages les plus crues de Flaubert. Mais c’était pire, bien pire. Devant lui s’étendait une grande chambre, un bureau ou quelque chose comme cela, entièrement aspergé de sang et d’autres humeurs humaines. Le mobilier, bousculé comme par une explosion au centre de la pièce, se mêlait en chaos avec des plaques brisées, des gravats de ciment et des entretoises de métal. Bodichiev s’accroupit sur le seuil, afin de mieux prendre la mesure du carnage. Son regard fit le tour de la pièce – littéralement : connaissant ses classiques, il n’oublia pas d’également considérer le plafond. Ou ce qu’il en restait. Sifflant entre ses dents, il resta un long moment à observer la forme qui se trouvait plantée là, au-dessus de l’épicentre apparent de l’explosion.

    Une forme humaine. Oui, humaine, cela demeurait une certitude. Dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, en revanche… Elle, la forme, se tenait collée au plafond, comme une mouche géante. La puissance du souffle qui l’avait soulevé était telle, si forte, que la pauvre victime avait presque traversé le faux plafond, qui s’hérissait autour d’elle en imitation de la glace brisée à la surface d’une rivière de Russie, l’hiver. Mais de blancheur, aucune : rouge, rouge, brun, sang et viscères maculaient tout. Bodichiev détacha son regard de la forme au plafond, redescendit au niveau du plancher. Plaques, gravats et poutrelles provenaient du plafond défoncé. En s’y encastrant, la victime avait délogé une partie de la structure du faux plafond et, même, du plancher de l’appartement du dessus. Ou bien s’agissait-il du toit de l’immeuble ? Sur le moment, le détective ne parvenait plus à se souvenir s’ils se trouvaient au dernier étage ou…

    Il se releva avec précaution, conscient que son hésitation provenait du choc. Toujours très lentement, il se retourna vers Joukov qui, le visage aussi blème que plissé, fixait des yeux le plancher du couloir.

    « Eh bien… » souffla Bodichiev.

    Joukov hocha vaguement la tête et fit quelques pas en direction du vestibule de l’étage. « Je crois que j’en avez assez vu… » proféra-t-il sans oser regarder son interlocuteur. Ce dernier le suivit, songeur. Et lui, en avait-il assez vu ? Certainement pas, décida-t-il, pourtant au bord de la nausée. « Attendez ! » ordonna-t-il à l’inspecteur, qui cette fois le dévisagea, étonné.


     

  • Encore sain d'esprit ?

    Esclave et artiste, Melchior Ascaride porte de nombreuses casquettes (et autant de chaines...) au sein de notre petite entreprise maléfique. Il fait aussi office d'homme de paille : cette fois-ci, c'est ActuSf qu'il a trompé en leur faisant croire qu'il possédait une quelconque autorité au sein des Saisons de l'étrange...

    Un entretien à lire en suivant ce lien : https://www.actusf.com/detail-d-un-article/les-saisons-de-l%C3%A9trange-2-de-nouvelles-enqu%C3%AAtes-surnaturelles.html

    (Mais ne partez pas trop longtemps, j'ai la faim qui me creuse le ventre)

    Étrangement votre,

    Le Maître

  • Une journée parfaite pour corrompre vos voisins.

    Mes fidèles,

    Ce matin, une brume verglaçante couvre l'horizon et masque la radieuse arrogance du soleil. Quelle belle journée ! Parfaite pour dessiner des pentacles, brûler de noirs encens et réveiller quelques morts de leur sommeil éternel.

    Bon, où ai-je encore mis cette dague sacrificielle ?

    Étrangement votre,

    Le Maître de l'étrange