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Oui et non

Recueil de nouvelles d'Adriana Langer

À propos du projet

Défendons le genre de la nouvelle en France !
 
Chers amis,

Nous avons le plaisir de vous présenter le deuxième recueil de nouvelles d’Adriana Langer, intitulé Oui et non, dont les thèmes principaux sont l’amour et l’art, sous différentes formes.

En poursuivant sur ce fil, vous trouverez un dossier descriptif  plus détaillé du livre et de notre projet éditorial.

Notre objectif en soutenant ce projet ?

Refuser de nous résigner à la disparition de la nouvelle des médias et des librairies en France ;

- Contribuer à renouveler le paysage littéraire français en permettant au public de découvrir des écrivains injustement méconnus.

La nouvelle est un genre à part entière qui offre une perspective différente et complémentaire du roman ou de la poésie.

Malheureusement, il est de plus en plus difficile pour les auteurs spécialistes de cet art de parvenir à être publiés. Voilà pourquoi les éditions Valensin ont décidé de consacrer une collection aux nouvelles, car nous tenons à ce mode d'expression comme on tient aux choses fragiles mais essentielles. 
 
A noter : Si le seuil des 250 exemplaires pré-vendus est atteint, l'ouvrage d'Adriana Langer sera publié, sinon les précommandes seront annulées et, bien entendu, les sommes que vous aurez versées vous seront remboursées.

A noter aussi  : chaque livre précommandé sera dédicacé par l'auteur.

A noter enfin : Si vous voulez être accompagné lors de votre pré-commande sur le site, appelez les éditions Valensin : 01 46 37 67 08

Des cadeaux supplémentaires sont prévus pour les personnes qui précommanderont plusieurs exemplaires.

« Qu’est-ce que notre vie ? Quelques centimètres de
folie et de chair tendre
entre la dureté du squelette dur à l’intérieur
et la dureté de l’air à l’extérieur. »

Yehuda Amichaï

Au commencement un constat :

Il faut le dire : l'objectif quantitatif, qui est au cœur de l'ambition démocratique en sa transposition culturelle, fait partout le lit de l'argent, par le biais de la publicité, des taux d'audience et des lois du marché. C'est ainsi que le Louvre devient une marque, par exemple, ou que l'on ne trouvait pas au Salon du livre de Paris un seul stand de poésie ou dédié au genre narratif de la nouvelle sur le Salon.

Quel est l'objectif ?

L'objectif en soutenant le projet éditorial d'Adriana Langer ? Refuser de nous résigner à l'appauvrissement, à l’aplatissement du monde, à l'indistinction imposée, à la disparition de la poésie et de la nouvelle, entre autres, des médias, des librairies et des bibliothèques.

Résister, en soutenant Adriana Langer, à la disparition d'un genre narratif que le culte voué à la modernité tend à faire disparaître. L'esprit de notre temps, en effet, repousse le passé de notre horizon et réduit le monde au seul moment présent, dont le genre narratif de la nouvelle est exclu, dans la mesure où sont exclues les choses destinées à durer, à joindre le passé à l'avenir.

Est-ce à dire que dans un monde "qui n'est plus le sien", comme s'interrogeait Milan Kundera, le roman et la nouvelle sont appelés à disparaître ?

Nous n'en savons rien. Ce qui est sûr, en revanche, est que ni le roman ni la nouvelle ne peuvent vivre en paix avec l'esprit du monde. Ce qui est certain est que, aujourd'hui, la modernité se confond avec l'immense vitalité mass-médiatique, et être moderne signifie un effort effréné pour être à jour, être conforme, être encore plus conforme que les conformes.

Le roman et la nouvelle n'ont pas de place dans ce monde-là.

Or la nouvelle dévoile une situation humaine qui ne pourrait être saisie par d’autres moyens.  Sa seule raison d’être est de dire ce que seule elle peut dire. 

Comme le déplore aussi Adriana Langer, nous voyons l'art de la nouvelle s'éloigner. Et comme elle, avec elle, nous tenons à cet art comme on tient aux choses fragiles et périssables, et qui sont condamnées...

De quoi parlent les nouvelles d'Adriana Langer ?

Avec ce recueil de nouvelles, vous êtes comme le visiteur privilégié d'une exposition privée et permanente, où seraient rassemblés vingt tableaux de la peinture hollandaise du dix-septième siècle. Chacun concentre et recrée une situation, une émotion, un désir ou un rêve, dans un instant suspendu, mystérieux et pourtant limpide, pris dans l’éternité d’une lumière à la Vermeer.

Adriana Langer se consacre depuis des années à cet art si particulier de la nouvelle. Par son écriture précise et tendre, nous découvrons un monde, proche et inconnu, débarrassé de l'artifice et du faux-semblant. De l'amour et de la vie, pleine ou ténue, charnelle ou éthérée, obstinée à trouver son chemin ; ses thèmes sont ceux de chacun d'entre nous, aimer et vivre, encore et malgré tout.

Car, ainsi qu’elle l'écrit dans l'une de ses nouvelles, il suffit d’un « instant d’une pureté telle, d’une telle incandescence que tout s’obscurcit et se tait à son apparition : seule la longue et sinueuse brillance de cet éclair est visible reliant ciel et terre un bref instant, qui d’une chiquenaude envoie aux oubliettes les petitesses et peines de la vie, les routines tristes, les engluements quotidiens. »

Synopsis de Oui et non, le recueil de nouvelles d'Adriana  Langer :

 Prérequis :  pour lire cette nouvelle, rendez-vous à la fin de ce descriptif. 

Cette femme a besoin d’un rêve sensuel avec un homme avant de pouvoir le désirer.

«  Tout a commencé par un rêve. C’est toujours ainsi que ça commence. Passage obligé, long couloir sombre et étroit, que chaque homme désiré a dû emprunter avant d’être éveillé à ma conscience - adoubement nécessaire pour que, lors de notre prochaine et fortuite rencontre, je pose sur lui des yeux tout différents, imprégnés qu’ils sont des étreintes et des longs baisers que je lui ai secrètement dérobés. »

La bague

Un couple de jeunes mariés en vacances. Tout irait pour le mieux, si la superbe bague de la mariée n'était pas un peu trop large.

« La bague, avec ses infimes mais incessants déplacements, ne va-t-elle pas finir par atteindre puis franchir les petites articulations qui la retiennent et, les phalanges étant de plus en plus fines vers l’extrémité du doigt, glisser et se perdre dans la mer ? »

Mère et enfant

Comme dans un célèbre tableau hollandais du dix-septième siècle, la mère traque tendrement des intrus dans les cheveux de sa fille.

« Anticipant la déception et la tristesse de sa fille, elle ressent (antidote maternel immédiat) une tendresse aiguë, feu d’artifice qui éclate, silencieux, répandant sur l’enfant une poussière étincelante, invisible mais indélébile. Celle-ci se propage aussi jusqu’aux extrémités de ses doigts, dont les gestes méthodiques deviennent imperceptiblement rêveurs. »

Un cours de piano

À quoi bon, passé un certain âge, continuer les cours de piano ?

« Je n’avais pas perçu toutes ces voix, le crescendo puis decrescendo, cette fougue tissée dans les notes apparemment si austères de Bach, ces effleurements brefs et d’autant plus saisissants d’une tonalité plaintive, qui laisse place ensuite au thème principal, dont la régularité est colorée maintenant de toutes ces nuances de sentiment qu’il a frôlées : quand le thème revient, il est le même sans l’être tout à fait, comme après une expérience qui nous change insensiblement. »

Boucles blondes

Un restaurant russe folklorique et ringard, quand soudain Irène Némirovsky...

« La chanteuse entonne « Les yeux noirs » et, tout en étudiant la carte, très traditionnelle (bortsch, pirojki, saumon fumé, blinis), je pense à l’écrivain Irène Némirovsky, morte à trente-neuf ans. Si elle était venue ici, elle aurait croqué avec finesse et malice cette Russie factice, et la nostalgie qui l’enserre de toutes parts ; une nostalgie inhérente à la vie, la dénomination « Russie » étant une sorte d’exutoire pour l’exprimer librement. »

Parfum de femme

Une jolie femme pressée s'agace du trop lent déroulement de sa mammographie.

« “Ça fait presque trois quarts d’heure que je suis arrivée. C’est long. J’avais pourtant prévenu que j’étais pressée“ et elle essaie de se souvenir de tout ce qu’elle doit faire. Des courses, l’épilation des sourcils (indispensable, car elle dîne dehors ce soir), des coups de fil à passer. »

Vingt-quatre heures de la vie d’un vieil homme

Sortant de sa solitude et de ses souvenirs, un vieux professeur veuf a rendez-vous avec son neveu.

« Son agenda était vide, désespérément vierge en dehors de rares annotations personnelles – pressing, pain, lait – aucun rendez-vous n’était prévu non seulement pour le mois ou la semaine suivante : mais chaque jour, chaque page de cet agenda (inutile ?) qu’il ouvrait encore au réveil par habitude, lui renvoyait des lignes blanches en regard des heures : 8h, 9h, 10h…20h, et après, bien sûr. C’est pourquoi l’adresse de la brasserie notée avec tout le soin, la clarté (la grâce, même) qu’il avait toujours portés à son écriture, le réjouit, et il s’y prépare avec une certaine excitation, presque comme un adolescent lors de ses premiers rendez-vous amoureux. »

Exils

Monsieur Xidaret, paisible galeriste, se retrouve à l'hôpital psychiatrique, en service fermé.

« Ce matin il était à moitié couché sur un banc du trottoir. Il était livide, il transpirait, il avait l’air complètement perdu, je ne l’avais jamais vu comme ça. J’ai pensé qu’il valait mieux l’amener aux urgences. »

Malentendu

Aux sports d'hiver, une mère seule et sa petite fille dînent chaque soir dans le même restaurant, servies par un beau jeune homme.

« Il n’était pas aussi grand qu’il leur avait semblé au début, elles le comprirent en se levant à la fin du dîner. C’était juste une impression liée au fait qu’elles étaient assises et lui debout, ce qui fit beaucoup rire Zoé - et par ricochet la mère. »

Une soirée de rêve

Divagation sensuelle d'une femme seule dans un bar élégant.

« Ses rides lui siéent, comme si cet âge-là était fait pour lui, ou lui pour cet âge, comme si sa vie, ses efforts, ses échecs et succès, ses expériences douloureuses, ses joies, tout ceci avait eu lieu afin d’aboutir à ce moment, précisément. Cristallisation d’une eau mouvante lasse de sa légèreté, prête désormais à accéder à la solidité abrupte et solitaire de la roche. A-t-il conscience de ce sommet que connaît sa vie ? »

Déclic

Une faute de ton, tout se défait.

«  C’est le poids apparent d’une simple intonation de voix, qui avait pu, enfin, faire tout basculer, ce que les raisonnements de ces derniers mois n’avaient pas réussi à réaliser, malgré leur nombre, malgré leur justesse indéniable. »

Déménagement

Et voir tous les objets qui constituent le lieu de notre intimité, soudain à la charge d'inconnus, professionnels et indifférents.

« Je suis là, assise, et je me sens si semblable à ces cartons, je voudrais moi aussi rester emballée, garder mes secrets, protéger tout ce que je transporte de-ci de-là, être dans ce nouvel appartement sans y être tout à fait, juste me poser : être là, visible tout en restant invisible aux yeux d’autrui. »

L'exposition

Heurts et bonheurs de la visite à une exposition.

« Un rire princier qui nous accorde, magnanime, sa protection, nous accueille sans paroles et sans conditions, un long rire sonore, tantôt régulier et allant crescendo comme le chant d’une soprano, tantôt se brisant en d’interminables petites saccades, rire de l’instant suspendu, sans passé, sans avenir, un rire inexpliqué et sans raison, nous emportant parmi ses vagues, loin de tout. »

Aiguille sans fil

Blanche Neige et la psychiatre.

« Lorsque certains patients, qu’elle n’a connus que dans la crise, reprennent leur « normalité », il lui arrive de regretter la douceur que le doute et la tristesse avaient introduite dans leurs manières - avec la santé ils redeviennent plus brusques, plus péremptoires. »

Danseuses

Ballet pour deux danseuses, sans musique, immobile et secret.

« Le creusement d’un chemin intérieur où elle avancerait sans plan ni guide, sans flèches, sans sens interdits, un chemin que nul ne pouvait connaître à l’avance. Aucun conseil, si bienveillant fût-il, ne devait, ne pouvait être écouté. »

Présence

L'enfance qui illumine nos vies.

« « La regarder, tout simplement, est un bonheur en soi » disait mon père. »

Rencontre

Quand Tchekhov sert le thé à Katherine Mansfield.

« Oui, il la comprenait entièrement, plus que cela ne se peut imaginer, et ceci dès qu’il l’avait vue. Il était le patient qui partageait son souffle malade, le médecin qui la soignerait, l’écrivain qui la guiderait et l’aiderait tout au long de sa vie. »

Nocturne

Morte, et alors ?

« Je marchais depuis un bon moment déjà lorsque je compris que j’étais morte.  »

Acrobate

Même dans le métro, le travail continue.

« Je suis toujours étonnée de ce qu’il faut gérer journellement - non pour une circonstance exceptionnelle comme un déménagement, un mariage ou même un voyage, mais juste pour le quotidien le plus simple, pour ce qui constitue une base tout à fait minimale de la vie. J’ai parfois l’impression d’être un apprenti jongleur qui a surestimé ses capacités - lançant en l’air des balles trop nombreuses, essayant de toutes les rattraper, ne pouvant s’interrompre, craignant à chaque instant, malgré ses efforts, d’en laisser choir. »

Oui

Au défi du oui.

« Une catégorie très spécifique de femmes le fascine maintenant. Elles sont au seuil de leurs cinquante ans. Belles depuis leur prime adolescence, elles ont été, leur vie durant, fêtées, admirées, courtisées. Elles ont été hautaines, elles ont repoussé bien des hommes, refusé d’innombrables propositions. »

À propos de Oui et non (impressions de lecture)

Il n'est pas si facile d'évoquer les nouvelles d'Adriana Langer. Nous pourrions peut-être commencer par indiquer ce qu'elles ne sont pas. Vous n'y trouverez pas de science-fiction (mais du rêve, de la fantaisie, une pointe de fantastique parfois), pas de pornographie (de l'érotisme en touches légères et beaucoup de sensualité), nul engagement politique ou social (une empathie tendre et lucide imprègne tous ses personnages), ni fracas ni violence (mais la cruauté et l'injustice du réel).

Le monde d'Adriana Langer est notre quotidien. Elle observe, elle écoute, elle ressent. Ses histoires sont simples, nous croyons les connaître et surtout les reconnaître. Cette femme seule qui dîne au restaurant avec sa petite fille et qui tente de maintenir à l'extérieur de sa sphère maternelle le jeune et beau serveur, nous l'avons côtoyée sans la voir, jusqu'à ce que, révélée par le charme littéraire de l'auteur, elle surgisse tout à coup devant nous, dans toute la richesse de nuances de son apparente évidence.

Son monde est tissé d'étoffes multiples, brutes ou délicates, soyeuses ou rêches, tissu pastel ou éclatant. Il est parcouru de puissants flux souterrains qui affleurent à peine, il ne cherche pas à se justifier, il n'a nul besoin d'autre sens que celui que lui donne la vie, nos vies, riches malgré tout de toutes les formes d'amour.

L'écriture d'Adriana Langer explore l'étrangeté de notre monde, à la recherche inlassable de ses vérités, de sa beauté et, au-delà de tout, de la joie d'exister.

Qui est Adriana Langer ?

Française d'adoption, aimant la ville de Paris où elle habite depuis l’âge de treize ans, elle a passé une partie de son enfance en Argentine et aux États-Unis. Elle a toujours été passionnée de littérature. Elle a commencé à écrire pendant ses études médicales, qu'elle a un temps envisagé d’arrêter pour des études littéraires. Finalement elle est parvenue à concilier ces deux activités, elle écrit des nouvelles en parallèle de sa profession de radiologue, qu'elle exerce dans un centre anticancéreux (Institut Curie).

Elle se consacre spécifiquement au genre si particulier de la nouvelle, car il lui  permet de se focaliser en quelques pages sur les moments cruciaux d’une vie, sur un événement apparemment mineur qui dévoile un personnage, ou sur la force d’une émotion.

Plusieurs de ses nouvelles ont été publiées dans des revues, en France (Rue Saint Ambroise, Ravages, Psycho-Oncologie, French Literary Review), au Canada (Mœbius) et aux États-Unis (Journal of Clinical Oncology).

Elle a publié un premier recueil, Ne respirez pas, aux éditions La Providence, en 2013. Il est axé sur des thèmes médicaux et plus généralement sur le rapport au corps.

Adriana Langer, pourquoi écrivez-vous (des nouvelles) ?

Mes auteurs de nouvelles préférés sont Anton Tchekhov, Vladimir Nabokov, Virginia Woolf, Flannery O’Connor et Alice Munro. J’aime leur extraordinaire liberté, qui s’exprime plus particulièrement grâce à la forme courte. Virginia Woolf, par exemple, consacre une nouvelle à la sensation intime, infiniment délicate et fluctuante, du bonheur : la traque de cette sensation est le cœur du texte, et les événements (une soirée mondaine, des bribes de conversation) deviennent périphériques, accessoires. Anton Tchekhov disait : « Il n’y a pas de sujet. Dans la vie, il n’y a pas de sujet .»  Vladimir Nabokov ne l’aurait pas contredit. Dans sa nouvelle Léthargie, un jeune poète se tourne dans le canapé, va chercher une cigarette qu’il donne à sa sœur, regarde les murs et laisse surgir le poème. Il ne se passe rien et tout est là.

J’aime la nouvelle pour sa hardiesse - elle se moque de construire intrigues, événements, rapports sociaux - et son instantanéité. Elle est une bulle, pleine, seule, éphémère. Chacune a son caractère. Peu importe la briéveté de leurs vies. Elles naissent souvent d’une impulsion unique, une impression, un rêve parfois, ou d’une image ; elles peuvent sans fioritures, tel un plongeur au corps tendu qui brise la surface des eaux, viser les profondeurs, plus proches en cela du haïku que du roman. 

Dans ce recueil j’ai groupé des nouvelles dont les thématiques principales sont l’amour (amour réel, rêvé ou désiré), le désamour, l’enfance, l’art (littérature, mais aussi peinture et musique), et des moments charnières de la vie (un déménagement, un départ en retraite, une dépression). Le rêve y tient aussi une part importante.

VOICI LA PREMIERE NOUVELLE DU RECUEIL : 

PREREQUIS  

Tout a commencé par un rêve. C’est toujours ainsi que ça commence. Passage obligé, long couloir sombre et étroit, que chaque homme désiré a dû emprunter avant d’être éveillé à ma conscience – adoubement nécessaire pour que, lors de notre prochaine et fortuite rencontre, je pose sur lui des yeux tout différents, imprégnés qu’ils sont des étreintes et des longs baisers que je lui ai secrètement dérobés.

Il faut cette caresse nocturne et irréelle pour transformer un homme – Monsieur un tel, croisé chaque jour au sortir du parking, à la boulangerie, Monsieur le docteur, le comptable, le coursier, Monsieur à l’étiquette sociale bien déterminée, dont on n’a jamais remarqué s’il porte ou non des lunettes, on ne s’est jamais interrogé sur les goûts ou le mode de vie, on ne se souvient pas de l’avoir vu sourire – en un être à part, dont le regard est capable de nous ébranler, dont on guette une parole, dont on interprète le moindre geste.

J’ai connu un homme qui a échappé à cette règle – qu’il n’a fait que confirmer. Il manquait quelque chose à nos relations, comme un enfant qui n’a pas eu, tout petit, l’affection puissante d’une mère : il lui manque toujours une assise, une fermeté intérieure, ses pas restent des errements indécis.

Quel est le déclencheur de ces rêves ? Je l’intercepte parfois dès le réveil, parfois quelques heures après. C’est souvent un regard échangé la veille, au sortir d’un magasin, à la cafétéria, dans le métro. On s’est attardé sans presque s’en apercevoir, et ces instants infinitésimaux, fortuits – tel un rouage qu’on enclenche par inadvertance et que l’on ne peut plus stopper - ont continué à creuser leur chemin dans les méandres de notre cerveau. C’est parfois une attitude langoureuse, ou une parole pénétrante qui nous ont tirées d’une certaine torpeur. Ou un sourire, dont la vivacité et la force nous ont interpellées, ont agrippé en nous quelque cellule sensible qui telle une éponge s’en est gorgée, et erre enivrée de cette étrange liqueur.

Parfois, ce n’est rien. Et ces passions-là, soudaines et inexpliquées, empreintes dès leur départ d’un caractère absurde et impossible – pourquoi le collègue taciturne auquel on adresse rarement la parole, qu’on croise à la cafétéria depuis bientôt trois ans, éprouverait en même temps une attirance  réciproque ? – ont souvent été les plus fortes. Elles sont attisées, justement, par le contraste saisissant entre un salut journalier anodin et ces lancinantes étreintes nocturnes qui nous ont tant bouleversées et dont l’homme devant nous, distrait et distant, ne peut se douter. Nous connaissons le goût de ses lèvres, la cadence de sa langue, les courbes qu’aiment emprunter ses doigts à la pulpe ronde et ferme, le son rauque de ses soupirs… Et :

– Bonjour, ça va ?

– Oui, comme un lundi. Et vous ?

Peut-être est-ce simplement un moyen inconscient d’agrémenter mes journées, de les colorer, de construire avec la ferraille quotidienne un relief saisissant, un labyrinthe d’émotions où je peux m’égarer, en présence mais à l’insu de tous.

Parfois je rencontre plusieurs hommes en une nuit : l’un est à mon écoute, attentif et comprenant d’instinct le sens de chacun de mes mots, devinant mes pensées. Un autre – dans une brasserie voisine, fragment suivant du sommeil paradoxal – me parle, et c’est moi qui suis captivée par ses paroles, par le scintillement de ses yeux bleus malicieux.

Et puis, il y a les séries de rêves, ceux qui nous hantent, nuit après nuit. Une Schéhérazade à nous seuls destinée qui conte, nuit après nuit, qui déroule devant nos yeux et nos sens ébahis une aventure à laquelle nous sommes suspendus, et c’est nous qui craignons qu’elle ne nous quitte : c’est nous qui risquons de dépérir si l’idylle idéale prend fin.

Nous déambulons, somnambules, au travers de longues journées lassantes. C’est de nuit que nous retrouvons nos tendres amants, car on ne peut accéder à ces amours parallèles qu’une fois débarrassé d’une forme de conscience grossière. Mais ne devrait-il pas en être toujours ainsi ?

 

A quoi va servir le financement ?

Les bénéfices serviront à mettre en place un plan de communication, et seront répartis ainsi (la ventilation des enveloppes budgétaires peut peu ou prou varier, en fonction des nécessités) :

- Réalisation d'une bande-annonce pour le livre, par une journaliste d'Arte : 2 500 euros ; 

Stagiaire dédiée trois mois durant au livre (supervise les prises de parole (interviews, entretiens…), envois et relances, réalisations opérationnelles et logistiques, etc.) :  

+

- Service de presse (pilote entièrement le dispositif d’information vers les médias, élabore la politique d’information, conçoit et rédige les outils de communication (dossiers de presse, communiqués de presse…),...) : 3 000 euros ;

À propos du porteur de projet

Qui sommes-nous ?

Notre maison d’édition est une maison de recherche et d’expérimentation dans le domaine des savoirs littéraires, philosophiques, historiques et sociaux.

Nous voudrions marquer notre position critique, et non sacrifier au plaisir purement esthétique - ou marketing - des rapprochements inopinés.

 Milan Kundera rapporte, dans son discours de Jérusalem, un proverbe juif admirable : "L'homme pense, Dieu rit".

Conçue comme territoire où Dieu rit en regardant les hommes penser, l'Europe s'éloigne, telle le paquebot de E la nave va…

Contre l'écho du rire de Dieu, on voit surgir à l'horizon "des armées d'agelastes qui nous guettent".
Agelaste ? Ce mot, inventé par François Rabelais, est repris du grec et veut dire : celui qui ne rit pas, qui n'a pas le sens de l'humour.

Il est temps contre les agelastes, et la non pensée des idées reçues de faire résonner l'écho du rire de Dieu.

Notre maison d'édition souhaite être le rendez-vous de tous ceux - habitants ou non du Vieux Continent - qui ne sont pas encore résignés à cette disparition.

Les livres que nous éditons :

Nous éditons principalement des essais - mais pas seulement, il nous est arrivé d'avoir aussi des coups de cœur pour des romans ; nous éditons tous les textes que nous jugeons importants, dans la mesure où ils sont portés par un souffle puissant, et ont pour ambition de maintenir l'héritage humaniste  pour, à leur juste et modeste mesure, contribuer à arracher l'existence à l'emprise et au devoir de la répétition.

Intéressés par ailleurs aux problématiques liées au judaïsme - tout en refusant absolument de nous cantonner aux attentes d'un lectorat, défini en partie en fonction de sa nation d'appartenance - , n'ayant pas d'usage pour le concept de mal-pensant (car faisant le pari de la constitution d'êtres raisonnables, aptes à réfléchir en toutes circonstances), nous avons eu l'honneur d'éditer des auteurs forts différents les uns des autres. 

Notre équipe :

Autour de David Reinharc, ancien directeur littéraire des Editions Bibliophane-Daniel Radford (ancien directeur général des éditions Stock, Lattès et Ramsay), qui a déjà édité plus d'une soixantaine d'ouvrages, fondateur aussi de plusieurs revues littéraires,une jeune équipe tente de trouver dans la "masse" des manuscrits que la maison d'édition reçoit les textes permettant qu'émergent dans l'individu ces formes d'autonomie qui constituent l'être libre ; aussi : qu'ils (ces textes) arrachent au Supermarché, entendu comme l'horizon indépassable de notre temps.

Notre site : http://www.editionsvalensin.fr/

Rejoignez nous sur Facebook :http://https://www.facebook.com/editions.LevyValensin

FAQ

Si vous avez encore des questions, n'hésitez pas à contacter le porteur du projet.

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