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Quatrième Génération

Mémoire et transmission

À propos du projet

Une production Les Films Balthazar

QUATRIEME GENERATION

Un scénario de Laurie Chevallier

Adapté de la nouvelle "Je n'ai besoin de rien" de Brigitte Giraud,

Extraite du recueil "BIENVENUE ! 34 auteurs pour les réfugiés"

Editions Points 2015, En collaboration avec le HCR.

Le scénario écrit par Laurie Chevallier, qui assurera aussi la réalisation du film, a été primé au concours européen de scénario du festival De l’Écrit à l’Écran à Montélimar en 2016.

Ce film traite du racisme latent, de la radicalisation, des lacunes dans la transmission de l’histoire familiale et donc de la mémoire. Ce sujet délicat est traité de manière sensible au travers des outils cinématographiques que sont le cadre, la lumière, les mouvements de caméra et l’ambiance sonore.

"Quatrième Génération est un drame social dans lequel une femme d’origine arménienne de troisième génération se confronte à ses contradictions et à la violence de son fils face à l’irruption dans sa maison d’un immigré venu vendre des brioches à son domicile un dimanche matin.

Quand la mère oscille longuement entre bienveillance et méfiance face à cet homme qui ne paie pas de mine mais possède pourtant un téléphone dernière génération, le fils n’hésite pas à le chasser manu militari de sa maison, exprimant par la radicalité de son action son racisme latent et de profondes lacunes dans la transmission par sa mère de son histoire familiale."

EXTRAIT DU SCENARIO

La mère lui tend le billet de cinq euros en s’avançant d’un pas vers lui, exagérément souriante, initiant avec son corps un pas vers la sortie. L’homme récupère le billet et se tourne vers le hall d’entrée. La mère accompagne le mouvement quand l’homme l’interrompt et se retourne, en regardant à ses pieds.

HOMME (préoccupé)

This not enough. You give more.

MÈRE (décontenancée)

Not enough ?

L’homme amorce un mouvement de la main qui tient le billet vers la sienne et l’agite.

HOMME (ferme)

More, more.

MÈRE (diplomate)

No, no, no. Now you have to go.

La mère tente d’avancer vers l’homme mais celui-ci reste sur ses positions. Elle fait un léger pas en arrière, laissant l’ouverture de la porte de la cuisine les séparer. L’homme lève les yeux vers la mère.

HOMME (haussant le ton)

Give me back.

MÈRE (montrant la brioche sur la table)

You want it back ?

HOMME (haussant toujours le ton)

No, more money, I need money.

La mère balaie d’un regard furtif la cuisine, les couteaux suspendus devant l’évier à la lumière traversant les persiennes puis le téléphone derrière l’homme sur le meuble du hall d’entrée.

HOMME (montrant la brioche sur la table)

This one, very good. I need money.

MÈRE

“Need money, need money.” C’est pas ma faute, moi. Me too, I need money. It’s not easy.

La mère plonge ses mains dans ses poches et en sort toutes les pièces et le billet de dix euros.

HOMME (ferme)

You give more.

Avec le revers des mains, elle pousse doucement l’homme vers la sortie.

FILS (Voix off)

C’est quoi ce bordel ?

Le fils apparaît dans les escaliers. Torse nu, short.

A quoi va servir le financement ?

Les prises de vue auront lieu à Marseille dans le quartier de Saint-Joseph du 2 au 5 novembre 2017.

Les coûts de productions pour un film étant très élevés même pour un court-métrage ; il nous est nécessaire pour travailler dans des conditions sécurisées et professionnelles de récolter un budget d’au minimum équivalent à 4000€.

Par soucis de transparence, sachez que les fonds récoltés serviront d’abord à couvrir les frais incompressibles nécessaires aux 4 jours de tournage (location de la caméra et ses accessoires, défraiements : hébergement / transport et régie : cantine…).

Bien entendu, les coûts d’un film ne s’arrêtent pas au tournage, il y a toute la phase de post-production (montage image, étalonnage, montage et mixage son…). Et enfin, l’exploitation du film (avant-première, inscriptions en festival…).

Mais le plus important dans l'immédiat c'est le tournage, et nous comptons pour cela sur votre généreuse contribution.

En contribuant à financer le film de Laurie Chevallier, vous faites partie intégrante du projet et vous permettez à une jeune auteur-réalisatrice de créer et d’avancer dans son métier. En échange de votre soutien financier, votre nom sera crédité au générique, vous serez invités à la projection du film, un lien privé vous sera transmis ainsi qu’une copie DVD du film.

À propos du porteur de projet

LAURIE CHEVALLIER : Parcours atypique, tâtonnant mais précis…

Titulaire d’un diplôme en Ingénierie Mécanique, Laurie découvre les voyages, rencontre un architecte, s’en va construire des ponts en Haïti, pratique l’écriture scénaristique, s’exile une année à Barcelone où elle étudie le cinéma et enfin entre en classe professionnelle d’art dramatique à Lyon où elle découvre la scène et la direction d’acteur.

« La précision, je la cherche. Et je crois que c’est dans la simplicité qu’elle se rencontre. Traiter le complexe en le rapportant à son essence. Voici les axes de mon travail. »

NOTE D'INTENTION

Laurie Chevallier, réalisatrice,

Que va penser cet homme de moi ?

J’ai vécu cette situation. Deux ans de vadrouille en Haïti et il m’est toujours difficile de la gérer. Le sentiment qui domine, c’est l’impuissance. Puis le rejet de la responsabilité. Je ne peux pas aider tout le monde. Ce n’est pas ma faute.

Troisième génération

Je suis issue de l’immigration arménienne, troisième génération. Je suis touchée de voir que des personnes qui ont bénéficié de l’ouverture d’un pays à leur cause puissent aujourd’hui la refuser à d’autres.

Ce sont les dernières phrases de la nouvelle « Je sens la peur qui arrive, et la colère. Mais je ne sais pas contre quoi. Ni contre lui ni contre moi. » qui m’ont poussée vers la piste de la troisième génération d’immigrés.

La troisième génération, pivot de la transmission, a une lourde responsabilité envers la génération suivante, qui n’a généralement pas été en contact direct avec les immigrés qu’étaient ses arrières-grands-parents. Rompre la transmission, c’est oublier. Et le racisme peut germer en chacun de nous. Très vite. Ainsi, j’ai choisi la mère comme personnage pivot, porteur de l’histoire, et le fils comme élément de mise en tension de ses propres conflits.

Mohamed Issolah, producteur,

Il est certain que Laurie possède un réel talent pour raconter une histoire. Sa motivation sincère de porter à l'écran une histoire profonde, touchante et terriblement d'actualité n’a fait qu’accentuer mon désir de l’accompagner.

En tant qu'homme et enfant d'immigrés, son récit fait écho à mes préoccupations à l'heure où se construit un consensus phobique autour du "voile islamique", du "problème des Roms" et de "la crise migratoire" et où nos politiques de tous bords et les français en général "s'étripent" sur ces questions.

C’est pourquoi en tant que producteur, je souhaite pouvoir donner, avec votre soutien, à Laurie Chevallier les moyens techniques et artistiques à la hauteur de ses ambitions. Aussi, je souhaite l'entourer, devant et derrière sa caméra, de professionnels du cinéma qui lui permettront de réaliser le film qu'elle désire.

L'EQUIPE

Adien Gontier http://adriengontier.com/            /           Lounès Tazaïrthttps://vimeo.com/62799614

Alexandra Simonhttps://www.youtube.com/watch?v=LsgYqt4TkDo

IMAGE : INFLUENCES ARTISTIQUES

Sur l’emportement des êtres - Ce tableau d’André Fougeron illustre bien l’émotion présente lors de l’altercation entre le fils et l’immigré à travers un détail, celui des mains qui retiennent les corps, et dont j’avais vu une esquisse lors d’une exposition. Les êtres s’emportent devant l’incompréhension, d’autres les retiennent.

Hommage à André Houiller - André Fougeron - huile sur toile - 1949 - Collection du musée Pouchkine

Le cadrage – Je suis très influencée par l’usage de la multi-échelle et des miroirs.

« The servant » de Joseph Losey, 1963.

La lumière - Le dosage colorimétrique, l’idée des formes de lumière (dans mon court-métrage, visages striés par les persiennes et balayés par les phares des voitures), l’occultation du visage de l’acteur et l’opposition entre couleurs froides et chaudes. De manière générale, l’usage de la lumière tantôt narrative tantôt dramatique est un élément qui influencera mon film.

« Il conformista » de Bernardo Bertolucci, 1970.

L’idée de la perforation de la chromatique du film par la couleur rouge de la veste du fils (dans mon court-métrage, cette perforation est apportée par le short que porte le fils lors de son irruption).

« La fureur de vivre » de Nicholas Ray, 1955.

MUSIQUE ET AMBIANCE SONORE

Vorskan Akhper (Frère chasseur) est la musique pressentie pour ce film. C’est une pièce de funérailles composée sur des paroles d'Avetik Isahakian. L’histoire raconte le sort d’une femme qui, ne voyant pas son fils revenir, s’affole et part sur les chemins à sa recherche. Croisant un chasseur qui revient au village, elle lui demande :

- “Avez-vous vu mon fils ? 

- "Dans les montagnes, là-haut, je l’ai vu mort”.

La version de Lussik Kochian, à l’enregistrement daté, permet le lien de transmission entre les générations :

https://www.youtube.com/watch?v=N-zfadT0QrA

Cette version servira de matière première au travail d'Ivan Roussel, sound designer. Son travail consistera en la création d'une ambiance sonore, véritable support de la narration et qui fera écho à l'univers émotionnel de la mère lors de sa rencontre avec l'homme immigré.