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QOSQO VIBES !

Une salle de spectacle sans son ni lumière serait comme notre bibliothèque sans livre !

  • UN PROJET SANS FRONTIERE !!! #2

  • UN PROJET SANS FRONTIERE !!!

    6 mai 2018,

    C’était Samedi dernier, en France, sur un événement nommé "L'Isle aux talents" auquel j'ai eu la chance de participer professionnellement en tant qu'animateur social et apporter mes connaissances en technique de spectacle. Les photos sélectionnées sont les plus floues ou les plus mal cadrées au monde, et ce, dans le but que les jeunes ne soient reconnaissable. Pour ma part , comme une impression de continuer un projet entamé outre-atlantique et malheureusement avorté pour les jeunes de la bas. Force est de constaté que cette activité correspond malgré tout a cette tranche d'age. A développer, améliorer, sublimer. Il me parait important de ne jamais oublier l'ado qui est en nous pour, à notre tour, leur donner la confiance qu'ils sont légitimes de recevoir. Nous avons une part de responsabilité quant aux adultes de demain. Pour ma part, heureux d'avoir pu continué mon projet par translation et de m'apercevoir qu'il n'est pas si bête que ça. Mais loin d'être une finalité ou une pseudo "victoire", il ne reste qu'un prétexte éducatif de cohésion, de collectivité, d'humilité puisque l'aspect technique du spectacle enseigne de savoir devenir une personne de l'ombre pour éclairer les autres à un âge ou certains souhaitent être dans la lumière en mettant les autres dans le noir (et continuent parfois dans le monde dit des "adultes").

    Encore merci à ces jeunes tout simplement. Je reste persuadé que le monde des adultes ne leurs en demandent pas trop. Seulement les adultes leurs demandent maladroitement de ne pas être eux-mêmes avec leurs envies. Ne connaissent d'ailleurs même pas leurs envies. Il reste de notre devoir, de par nos expériences, de leurs offrir les clés de l'épanouissement et non de rentrer dans un moule ou leurs personnalités, origines ou tout autre jugements factices seraient vu comme une entrave au collectif. Mais quel collectif voulons nous ?!

    Outre atlantique ou ici, je remercie ces jeunes de vivre leurs adolescences comme ils la vivent, de garder leurs ouvertures contradictoires, de se confronter, de s'affirmer, de dire bonjour en insultant, mais d'essayer quoiqu'il arrive.

     Tout ça pour dire MERCI.

    C’était surement un peu long juste pour ça !!!  :D

    David

  • UN AN JOUR POUR JOUR : L’INAUGURATION… MAIS DEPUIS ???

    Tout d’abord, ce post risque d’être long et va parler du projet avorté par mon éviction. J’aborderai donc cette éviction, mon diagnostic de cette association ainsi que d’autres points plus personnels. Mon diagnostic risque de beaucoup dénoté avec tout ce que l'on peut trouver sur Internet de cette structure. Mais il est vrai que les seules infos que l'on trouve émanent d'eux ou de leurs partenaires financiers.

    Sur le point du projet en lui-même et, en cette date anniversaire de l’inauguration de la salle, je ne me baserai que sur les informations que j’ai eu en février lors de mon retour au Pérou pour deux semaines de « vacances » et de « rattrapage » de ce que je n’avais pu faire (à cause de mon éviction violente, du moral et de la colère qui en découlait).

    LE PROJET

    Tout le projet étant expliqué sur cette page ULULE, je me permets quand même une ré-explication furtive. Croyant définitivement en l’aspect culturel comme vecteur de sociabilisation, d’apprentissage et d’éducation et venant moi-même de ce milieu-là, je décidais donc en décembre 2016 de lancer cette idée folle de salle de spectacles. L’espace existait déjà et la scène aussi. Il ne manquait plus que le son, la lumière et quelques menus travaux. Le projet devait se dérouler en deux étapes. La première et qui fut une réussite, était de collecter des fonds, acheter le matériel, l’installer et inaugurer ce nouvel outil de travail lors d’une journée pluridisciplinaire artistique. La deuxième étape était donc en priorité de former les jeunes et animateurs de l’association pour ensuite organiser des spectacles que les jeunes eux-mêmes sonoriseraient et mettraient en lumière. Cette étape devait aussi mener par la suite a coorganiser avec eux ce type d’évènements. Je m’adressais donc, dans cette partie ludique et éducative, a un public de jeunes de 14/17 ans, aux jeunes adultes usagés de la bibliothèque/ludothèque, a ceux du dortoir ainsi qu’aux ex usagers de ce dernier afin d’ouvrir un espace plus adapté à leur tranche d’âge. J’avais donc entamé cette deuxième phase de transmission de mon savoir envers les animateurs de l’association puis envers les jeunes lorsque la décision hâtive de m’exclure fut prise.

    LES DIVERGEANCES PEDAGOGIQUES

    A ce moment, et déjà depuis plusieurs mois, la volonté des responsables de l’association était que nous réalisions un événement par mois dans ce nouvel espace. Je défendais, avant de se lancer tête baissée, la nécessité de prendre le temps de former quelques jeunes afin de pouvoir les investirent dès les premiers événements. Je fus étonné de voir que mon processus pédagogique était très mal reçu par des personnes qui pourtant connaissaient bien le projet puisqu’ayant elles-mêmes contribuées financièrement à la levée de fond. Je pensais naïvement qu’elles avaient donc lu tout mon projet et en avais compris la pédagogie et le déroulé. Je compris donc que nous ne travaillons pas sur le même registre éducatif. De leur côté, ils travaillaient dans l’urgence et voulaient que ce nouvel espace qui leur tombait du ciel soit connus des Cuzquéniens. Quant à moi, je souhaitais profiter des sept mois qu’il me restait pour installer de bonnes bases techniques aux jeunes afin d’ensuite aller dans le sens des responsables et organiser régulièrement des événements. En cette date anniversaire j’imaginais même mettre en place un festival annuel à l’image de la soirée d’inauguration au lieu d’écrire ce roman.

    Depuis, donc, j’aurai tendance à dire qu’il ne s’est rien passé. Tout aux plus deux événements dits culturels et la formation des jeunes n’a pas été reprise après mon éviction. Il y a quand même eu une box internet placé dans cette salle et ils cherchaient encore en février (cinq mois après mon départ) une personne afin de s’occuper de ce nouveau lieu. A savoir qu’a l’époque, ils considéraient qu’un animateur bibliothèque pouvait largement avoir le temps de s’occuper de cela en plus de la masse de travail à réaliser. On comprend donc qu’on est très loin de l’événement par mois désiré et qu’il y a eu abandon total du projet d’investissement des jeunes sur cet espace alors que pédagogiquement, l’idée était qu’ils se l’approprie.

    ETAT DES LIEUX : MON COUPLE ET LE TRIUMVIRAT

    La phase la plus délicate à expliquer. Mais je profite du recul pour exposer ma vision d’ensemble. Pour comprendre, il faut se souvenir que j’étais parti sur ce projet avec celle qui est devenue mon ex depuis. En effet, elle m’a quittée en novembre un mois après que Qosqo Maki m’ai « remercié ». Elle m’a avoué il y a peu que cela lui trottait dans la tête depuis le mois d’avril, il y a donc un an. Peu avant elle m’avait aussi expliqué préférer se placer du côté de la coordinatrice car n’ayant pas d’amis sur place et que comme de toute façon je lui étais « acquis » cela justifiait sa prise de position. 

    Il faut aussi comprendre que les coordinateurs de l’association forment un couple franco-péruvien dans la vie, dont le péruvien est aussi responsable de l’espace dortoir et que la directrice le considère comme son meilleur ami. On peut facilement avoir une base de compréhension quand on se rend compte que le noyau des responsables est aussi un triumvirat qui a pu être impacté par l’affect des uns ou des autres.

    Pour expliquer donc ce qui a mené à mon éviction, il faut remonter avant même le début de mon volontariat et commencer à l’entretien avec la directrice. Cet entretien s’était fait par Skype entre la directrice, mon ex et moi. Aujourd’hui j’ai l’intime conviction que je n’étais absolument pas désiré par la directrice au contraire de mon ex. Deux raisons pour cela. Mon ex parlait déjà espagnol contrairement à moi et j’avais le malheur d’être un homme aux yeux d’une directrice qui n’a absolument pas confiance envers la gente masculine. Un autre élément étaye mon affirmation de n’avoir pas été apprécié à ma juste valeur lorsqu’au bout d’un an elle me confie qu’au début elle « n’avait pas du tout cru en mes capacités d’éducateur et qu’elle reconnaissait s’être trompé ».

    Dans ce triumvirat, nous avons après la directrice, la coordinatrice. Mise en place à ce poste par la directrice, elle a eu beaucoup de difficultés à se sentir légitime en tant que française, blanche et sans expérience dans le domaine de l’animation/éducation (rappel : il n’existe aucune formation reconnue dans ce domaine dans ce pays). Il est vrai qu’elle avait l’expérience du fonctionnement du terrain de l’association puisqu’elle y travaillait déjà depuis un an selon mes souvenirs. Ses débuts à ce poste furent difficiles pour elle, car son binôme de travail à la coordination était aussi son binôme dans la vie sentimentale. J’ai compris son problème avec la hiérarchie lorsque lors d’une réunion institutionnelle elle avait posé des papiers alignés avec sur chacun le prénom des collègues. Cela devait représenter l’horizontalité que leur projet pédagogique défend. Une simple allusion en fait de réunion fut faite en montrant les papiers et expliquant que nous étions comme ses papiers sur la table : au même niveau. Fin du débat, hiérarchiquement, elle avait imposé ce qu’on lui demandait d’imposer. De toute évidence, elle avait peur de ce nouveau poste et ne se sentait pas légitime. Cela à influer sur beaucoup de ses comportements et j’imagine aisément que dans cette situation de vulnérabilité son compagnon aurait pu l’influencer.

    Parlons du coordinateur/référant dortoir et dernier élément de ce triumvirat. Il s’est autoproclamé une fois en réunion institutionnelle comme le meilleur éducateur de tout Cusco. Cela plante déjà le décor. Lors de mon entretien Skype de départ avec la directrice, j’avais émis l’énorme souhait de travailler avec les jeunes du dortoir puisque correspondant à une tranche d’âge que j’apprécie car ils sont force de propositions comparés à l’enfance. A peine arrivé dans l’association ce coordinateur a essayé de m’empêcher de participer au camp annuel du dortoir auquel tous les animateurs étaient conviés en disant que je n’avais pas fait part de mon souhait de participation. Son binôme de travail, la coordinatrice donc, (qui ne l’était pas encore mais le fréquentait déjà) à régulé les choses en rappelant qu’il était de mauvaise foi et j’ai donc pu finalement y participer. Une entrée en matière des méthodes que l’on retrouvera jusqu’à mon éviction. Il est important de souligner aussi que la directrice est devenue en Janvier 2017, une directrice en pointillée car elle a dû suivre le père de sa fille qui venait d’être muté à Lima. Elle alternait donc entre Cuzco et Lima sur un rythme de trois semaines. C’est à cette première période d’absence de direction que le coordinateur, fraichement muté a ce poste en raison des empêchements de la directrice, tenta d’auto-augmenter son salaire. Je voudrais aussi souligner qu’il avait eu pour mission à partir de Juillet 2016 de remettre en état les dortoirs des jeunes qui sont juste insalubres. Tout le matériel était à sa disposition. Deux ans après, les peintures sont foutues et les jeunes dorment encore dans un taudis sans fenêtres alors que les espaces pour accueillir les touristes sont irréprochables. Je comprends alors qu’un simple volontaire bénévole qui réussit un projet aussi fou de lui-même et en si peu de temps puisse le mettre en défaut rapport a la mission qu’on lui donne en tant que salarié. J’avais d’ailleurs dans mes projets de reprendre avec les jeunes cette rénovation des dortoirs car au bout d’un an et demi je ne supportais plus l’inaction de ce responsable et surtout de voir ces jeunes dans cet environnement dégradant.

    Sous les pavés...

    ...La plage.

    C’est là que le processus devient difficile à expliquer, et que je vais plutôt parler de mes combats des premiers mois dans l’association. Mais on comprend déjà la part de mélange entre le professionnel, les affects, les enjeux de pouvoir individuels et l’incompétence à savoir faire la part des choses.

    MES PREMIERS « COMBATS »

    J’en retiendrais trois, hors de celui de ce chouette projet.

    1/- ACCES AUX SALLES ET EQUIPEMENTS. Cela peut paraitre d’une banalité en France dans ce type de structures, mais il y a là-bas une méfiance envers les volontaires étrangers qui, pourtant, restent la main d’œuvre européenne gratuite qui leur permettent de continuer d’exister. Plus de volontaires, plus de personnel donc plus de jeunes donc plus de main d’œuvre a pas cher pour la boulangerie et la menuiserie. C’est dans ce contexte là que je me suis battu quatre mois pour que nous ayons accès aux clés permettant d’ouvrir les salles annexes dans lesquelles dormaient du matériel utile à l’espace Biblio/ludothèque et/ou dortoir, tel que des jeux, des outils, des matériaux… Je dus, jusqu’à la fin, réussir à faire les choses aux heures ou mon « père fourras » (surnom affectueux que je donnais à un collègue péruvien et qui était en charge des clés) n’était pas là pour ne pas avoir de comptes à rendre. Se cacher au prix de la liberté de créer des activités pour les jeunes.

    2/- AVOIR UN BUREAU DE TRAVAIL. La aussi. Quatre bons mois. Il y avait un espace qui s’appelait « bureau des éducateurs » dans lequel seuls les animateurs du dortoir (pour rappel, le statut d’éducateur est inexistant au Pérou) avaient un ordinateur, imprimantes et un espace d’accueil pour des moments de rencontre privilégiés ou confidentiels avec les jeunes. Mon constat était simple. En bibliothèque nous travaillions en présence des jeunes 20h par semaines avec autant de temps de préparation d’activités (soit 40 heures hebdomadaires) face aux animateurs du dortoir qui avaient une permanence de 22 heures hebdomadaires (deux heures par jours plus une nuit). Mon idée était donc que nous aussi bénéficions d’un espace collectif qui nous permettait d’avoir de quoi travailler, d’imprimer et d’échanger avec l’équipe du dortoir puisque nous travaillions pour la même structure et surtout avec les mêmes jeunes. Vous avez deviné. Le coordinateur a refusé mais grâce à la directrice, j’ai enfin pu installer un bureau, réparé une imprimante (et les ordis des animateurs du dortoir soit dit en passant) et placer l’ordi bibliothèque. Quelle déception de voir que cet espace fu boudé par mes collègues de Biblio qui, tous munis de leurs ordis portables personnels, préféraient bosser en face dans la salle de réunion et venir seulement utiliser occasionnellement l’imprimante que je m’étais battu à avoir pour nous tous. Au final, il y avait une équipe incluant tous les services de l’association soudée en salle de réunion et en face l’équipe du dortoir a part et moi seul dans ce bureau étant considéré comme un intru. Acte manqué.

    3/-SUCRER LE CAFE. Le dire comme ça c’est drôle, mais pour rappel : l’association ne survie que grâce aux volontaires bénévoles, en stage ou services civiques. Dans mes calculs sur ma période, cette main d’œuvre gratuite pour la structure représentait les 2/3 des effectifs des travailleurs. A savoir que les volontaires doivent se loger et se nourrir par leurs propres moyens. Ceci nous avait été dit avant et je ne le découvrais pas arrivant là-bas. En revanche, nous avions droit au thé et au café ainsi qu’a la possibilité d’utiliser la cuisine pour nous faire à manger. Jusqu’au jours où ils ont considéré que le café leur coûtait trop cher et ils nous l’ont donc supprimé. Vous imaginez ma colère moi qui ne me nourrit quasiment que de café comme tout bon animateur qui se respecte. Colère qui était partagée par la majorité de mes collègues volontaires et cela en parlait beaucoup dans les couloirs jusqu’à ce que… Nous abordions le sujet en réunion institutionnelle. Quel fut mon étonnement de voir que tout le monde regardait ses pieds et me laissait les défendre alors que 20mn plus tôt ils râlaient tous de cette décision. Je proposais par la suite que nous tentions une caisse commune pour se payer le café. Encore un acte manqué. L’individualisme a primé et chacun s’achetait le sien.

    Tout cela donne une idée du contexte dans lequel il fallait évoluer. Entre grandes idées que le projet pédagogique présente de l’association et avec lequel je ne peux être qu’en parfait accord, voir harmonie, et la réalité du terrain ou la méconnaissance des volontaires et/ou équipe en place qui rament avec ce projet pédagogique trop éloigné de leurs convictions, volonté, expériences ou autres compétences. Depuis mon retour forcé en France, j’ai travaillé quatre mois et demi en tant qu’opérateur en usine afin de pouvoir (sur)vivre. Pour rappel, j’avais un statut de volontaire bénévole dans l’association, logement et nourriture à ma charge et je partageais mes économies avec mon ex. Depuis peu, on est venu me chercher pour un emploi d’animateur social (14/17 ans, jeunes adultes, « éduc’ » de rue…) qui s’inscrit dans un financement particulier d’état et de région. La structure dans laquelle je travaille est un centre socio-culturel qui dépend depuis peu de la mairie de la ville dans laquelle il se situe. Quel plaisir de voir que je n’ai aucun besoin de mener ces combats. J’ai pu me mettre à travailler directement. Bureau et tout le matériel nécessaire d’entré de jeu, clés le deuxième jour qui me permettent de mener les actions pour laquelle on me fait confiance et…Café à volonté. Le plus important, avoir été attendu et être considéré comme un animateur professionnel et présenté ainsi aux collègues. Pour l’anecdote rigolote, j’ai rencontré mon employeur actuel lors de son séjour avec des jeunes à Qosqo Maki.

    LE CONTEXTE

    Mon volontariat non désiré par la direction, tentative d’empêchement de participation au camp, freins aux conditions de travail. A ceci on ajoute mon mauvais niveau d’espagnol de l’époque et une ex, ma responsable directe de l’époque, qui prend parti car ne comprend pas que je me batte pour des besoins collectifs et de base quant à nos missions et ne supporte pas qu’avec le temps cela me mette en colère. On ajoute à tout cela un triumvirat qui s’est transformé en quatuorvirat dont l’autorité supérieure est présente seulement toutes les trois semaines et n’est informée des choses que par le prisme des autres membres et qu’elle prend pour parole d’évangile.

    Avec le recul, je me rends compte que le contexte a commencé à être défavorable lorsque grâce à vous, l’objectif financier avait été atteint. En effet, à partir de ce moment là et tous les mois, la coordinatrice, la directrice et la responsable de Bibliothèque (mon ex, donc…), me posaient régulièrement la question de savoir si mon but était d’obtenir un poste a responsabilité dans la structure. Ce a quoi je répondais que j’avais déjà eu des postes a responsabilité dans ma vie avant et que j’en aurai surement après. Que, je ne cherchais absolument pas cela a Qosqo Maki étant donné que je me sentais déjà responsable des jeunes dans l’accompagnement que je voulais leur offrir. D’où leur venait cette question ? J’ai bien ma petite idée mais aucun fait avéré qui pourrait confirmer mon hypothèse. Cependant cela m’amène à un reproche que la directrice m’a fait lors de mon éviction. Elle me reprocha de n’avoir pas compris la différence culturelle entre français et péruviens. Et ce point me parait très pertinent pour le développer en quelques points car je l’ai prise au sérieux et j’ai pris le temps de m’informer et me documenter depuis sur ce sujet.

    LES DIFFERENCES CULTURELLES

    1/- LES MANQUEMENTS DE LA STRUCTURE ACCUEILLANTE. Premier point qui me parait primordial. Une association qui base sa survie sur la gratuité de son personnel venant d’Europe n’organise aucune réunion ou accueil qui pointe ces différences et, sans mettre en garde (c’est leur spécialité), n’explique en rien les points qui pourraient devenir divergeant. En fait cela se passe plus sous forme de confrontations d’idées culturelles lors des réunions institutionnelles ou chacun s’oppose dans des débats qui n’en finissent jamais.

    2/- LES PAROLES D’UNE AMIE PERUVIENNE. Une amie péruano-française bien installée en France depuis très longtemps m’a dit ceci (mais malheureusement trop tard) : « Méfie toi des Péruviens, lorsqu’ils sentent que leur pouvoir ou leur place est menacée ils n’hésitent pas à faire tout ce qu’ils peuvent pour détruire la personne qu’ils prennent pour menaçante. »

    3/- UN LIVRE : LA SAGESSE DE NOS COLERES : Un livre que j’ai lu pour analyser l’expression inadéquate de mes colères. Dans un chapitre, il soulignait efficacement le côté patriarcal des sociétés d’Amériques Latine et rappelait que l’on avait tendance à retrouver plus facilement des fonctionnements patriarcaux et de pervers narcissique dans ces mêmes sociétés. J’ai enfin pu comprendre par cette lecture ce qu’était un pervers narcissique et j’avoue y avoir rencontré dans la définition tous les éléments concordant avec un des responsable de l’asso.

    4/- UN AUTRE LIVRE : DIFFERENCES CULTURELLES, MODE D’EMPLOI. Celui-ci fait peu d’allusions au pays en lui-même mais explique pourquoi et comment le monde est coupé en deux. Au risque de faire un résumé extrêmement grossier, l’auteur divise le monde en deux parties : Les sociétés dites du « tiers-monde » et en « voie de développement » opposées aux sociétés dites « développées ». Les premières sont basées sur des fonctionnements sociaux de précarité (sans aide des Etats en cas de coups durs dans la vie) a l’inverse des dernières qui ont un raisonnement social basé sur des sociétés de sécurité (ex : sécurité sociale, aides allocatives, indemnité chômage…). Le tableau ci-dessous est un gros résumé des différences culturelles que cela implique pour une même situation. Il est évidemment tiré de ce livre.

    C’est dans ce livre que l’on apprend qu’en Aymara (une des langues parlées au Pérou et dans les Andes avec le Castillan et le Quechua), il n’existe qu’un seul mot afin d’exprimer l’initiative, le choix, le risque ou le danger.  En effet, dans ces sociétés précaires, l’objectif principal est la survie et « toute initiative parait porteuse d’un risque mortel » puisque « ceux qui se trompent disparaissent ; l’erreur est synonyme de mort et la vie de raison. ». Toujours dans ce livre, on peut trouver des explications en adéquation avec ces peurs pour expliquer pourquoi le patriarcalisme a encore de beaux jours devant lui dans ces pays d’Amérique latine. En matière d’éducation populaire comme nous l’entendons en France, je trouve que le patriarcalisme (tout comme le matriarcalisme) est un vrai frein a l’éducation et a l’égalité. Combien de féministes radicales tentent de changer des siècles de pouvoirs des hommes en propageant elle-même des idées sexistes (« les hommes, tous les mêmes… ») et combattent le clivage par le clivage ? Bref, vous comprendrez que je suis pour l’humanisme et non pour toutes formes de « -ismes » avec un préfixe déterminant un sexe quelconque.

    Livre assez technique au niveau de la lecture mais s’il vous intéresse voici la référence : « Différences culturelles Mode d’emploi » de Clair Michalon. Sépia. ISBN 978-2-84280-035-2.

    L’INSTANT « T » OU L’EVICTION :

    Fin septembre 2017, lors de l’absence de la directrice, le coordinateur a rédigé un courrier diffamant et mensonger. J’ai pris douze heures pour y répondre point par point et ainsi prouvé que c’était « un torchon » (d’ailleurs j’apprécie aujourd’hui d’un autre œil l’aide apportée par mon ex pour la traduction). J’ai pris un rendez vous avec la directrice afin d’arranger une fois de plus les choses comme cela était déjà arrivé au mois d’avril et que des tensions existaient déjà. A cette époque il m’avait été reproché lors d’une réunion institutionnelle, dont le thème était « La critique », de critiquer systématiquement l’association lors de l’arrivée de nouveaux volontaires. Nommé par la directrice devant toute l’équipe alors que le débat devait se faire sans viser personne, j’ai rapidement compris que la coordinatrice avait ruminé pendant deux mois un évènement en particulier sortant du cadre privé puis en avait arrangé la réalité auprès de la directrice. Mais ce thème de la critique est très intéressant. J’ai aussi pu y consacrer quelques lectures et tout vise à me confirmer que Qosqo Maki est en position d’incapacité de remise en question dans un immobilisme culturel péruvien ainsi que dans leur quête de reconnaissance et qu’il leur est donc impossible d’accueillir une critique quelconque. Pour le moment…

    Pour en revenir à notre histoire de septembre et du courrier diffamant, rendez-vous pris un mardi puisque la directrice ne rentrait de Lima que le Lundi. Cette seule journée a été suffisante afin qu’ils organisent mon éviction en lui mentant aussi à elle et en me rajoutant des faits inexistants sur le dos. Le mardi, j’avais donc ce que je pensais être une réunion avec elle. J’ai bien senti qu’il y avait une décision déjà prise et il m’a fallu lui tirer les vers du nez à TROIS reprises afin qu’elle m’annonce la nouvelle : elle est obligée de me virer afin d’être bien vu aux yeux de ses collègues car elle souhaite devenir socio de l’asso (afin de garder un pouvoir de décision) lorsqu’elle va suivre le père de sa fille qui vient de se faire muter au Costa Rica. Poste finalement qu’elle n’a pas pourvu. Selon ce que l’on m’a dit, elle les aurait rencontrés et aurait été écœuré par ces personnes. Le mercredi matin elle annonçait à tout le monde mon éviction en réunion d’équipe et l’après-midi expliquait à mon ex que si elle décidait de rester elle n’avait pas le droit d’en vouloir aux gens. Elle a décider de rester, me quitter puis se détruire.

    Le plus intéressant c’est qu’ils m’ont quand même rédigé une appréciation de mon travail de fin de mission de volontaire et il est assez ironique de voir qu’ils y contredisaient les faits qui m’étaient reprochés seulement un mois auparavant. Après cela se comprend. Ce n’était pas la même main qui écrivait. Coordinatrice qui a le cul entre trois chaises, mais qui retrouve parfois du bon sens.

    MAIS POURQUOI TOUT CELA ?

    Pour finir, je suis d’accord que les torts sont partagés et que j’ai ma part à prendre. Je la prends. J’ai effectivement eu beaucoup de colères qu’avec le recul j’assume totalement puisqu’elles étaient toutes légitimes et qu’on me laissait mener les combats seuls institutionnellement alors que mes collègues râlaient dans leurs coins puis profitaient de mes « réussites ». Mais il est important de souligné qu’il est évidement plus facile d’être dans une réforme individuelle que de réformer toute une structure basée sur un magnifique projet dont les individus et le fonctionnement vont à l’encontre même du projet pédagogique. Qosqo Maki est une association qui est en quête de reconnaissance car elle s’est elle-même tiré une balle dans le pied par le passé à cause des détournements de fonds organisés par ses responsables de l’époque et tente de se reconstruire sur ce constat. Deux choses rentrent alors en compte. D’une part, retrouvé les subventionneurs directs et locaux perdus, comme par exemple la municipalité qui les regarde encore d’un mauvais œil et les quelques assos européennes qui daignent encore payer les salaires et les voyages annuels en Europe des animateurs et/ou formateurs péruviens de la structure. Et d’autre part, la réelle difficulté qu’ils leur restent est de retrouver suffisamment confiance en eux pour qu’ils reprennent enfin leur mission première qui est d’accueillir les jeunes. Je le concède, le social est un milieu très difficile. Mais je suis profondément convaincu qu’aujourd’hui Qosqo Maki est une ONG dont le but est de retrouver un « standing » perdu et qu’ils ont fortement oubliés leur mission de base. N’en déplaise à la fondatrice. Mais je pense qu’elle doit aussi se poser la question de ce qu’elle laisse après tant d’années d’efforts et de don de sa vie pour cette cause.

    ET MAINTENANT ?

    De mon côté, je suis animateur social et entouré de professionnelles diplômés et expérimentés. J’ai la chance d’être désiré, soutenu, encouragé, valorisé, accompagné et j’ai à disposition tout le nécessaire pour mener a bien ma mission. Je dois dire que si Qosqo Maki n’avait pas pris cette décision de me virer je n’aurais pas cette chance aujourd’hui. Autre chance que j’aie, c’est d’avoir appris là-bas une langue qui m’était alors tout à fait inconnue. En revanche, ce qui me chagrine, c’est que je suis toujours en contact (et c’est peu de le dire…) avec certains jeunes du dortoir et qu’ils me racontent leurs joies mais surtout leurs difficultés. Lorsqu’ils me racontent ces dernières, je leur demande de se tourner vers les animateurs de Qosqo Maki. Ce a quoi ils me répondent que ceux-ci n’ont jamais le temps et qu’ils ne leur font pas confiance pour parler de leurs problèmes… CQFD…

    CE QUE J’EN RETIENS

    Qosqo Maki a un projet pédagogique que ses équipes ne mettent pas en place. Qosqo Maki dans sa forme microcosmique met plus d’énergie à retrouver son prestige perdu qu’à être sur le terrain avec les populations dont elle devrait s’occuper. Qosqo Maki n’a aucun professionnel de l’éducation dans son équipe. Les sanctions appliquées aux jeunes du dortoirs sont étroitement liées à la quantité de travail en menuiserie Qosqo Maki. Il n’y a aucune remise en question institutionnelle réelle. Les conditions de vie des jeunes au sein de l’association sont insalubres alors que les chambres des touristes ont été rénovées. Malgré leurs efforts de reconnaissance, l’immobilisme reste leur norme. Une des personnes influentes de cette structure cherche dans son poste une raison sociale et non le bien-être des jeunes. Les jeunes n’ont pas confiance en leurs animateurs et enfin, le projet pédagogique de la salle de spectacle est un échec. Je dois leur reconnaitre quand même qu’ils avaient raison : je critique beaucoup et je critiquerai toujours quand des adultes profitent de la faiblesse des enfants ou des jeunes.

    J’aime à dire que « rien n’est figé ». J'espère ne pas me tromper…

  • Un oubli !!! Le théââââtre !

    28 Août 2017,

    Fin juin, début juillet nous avons entrepris la fabrication d'un théâtre de marionnettes afin de donner un lieu de vie aux marionnettes fabriquées en activité bibliothèque.

    "On le peindra comment ?"

    Alors, regardons ce plan...Et placons bien les tasseaux !


    Découpons les planches !

    Clouons les !


    Quelques finitions...

    Ca prend forme !!!

    Mise en oeuvre de la peinture apres avoir choisi tous ensemble les couleurs et dessins !!!


    Que le spectacle commence !!!

  • Deux mois pour danser !!!

    06 Août 2017,

    Durant les mois de juillet et Août, nous travaillons avec Diana Laime, prof de salsa et bachata.Des cours a partir de 15 ans sont dispensés tous les mardis et pour les plus petit tous les jeudis. Les jeunes se sont emparés de ces rendez-vous réguliers et ne boudent pas leur plaisir.

    Ce sont des moments important de partage entre éducs et jeunes puisqu’ils se retrouvent mélangés dans ces activités menées par une intervenante extérieure (pléonasme ? :D ).