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Ne nous racontez plus d'histoires !

Un documentaire de Carole Filiu-Mouhali et Ferhat Mouhali

À propos du projet

Bonjour à tous !

Un grand merci pour votre soutien, nous avons pu atteindre la somme fixée grâce à vous !

Vous pouvez toujours soutenir le projet jusqu'à demain...

Que ferons-nous de cet argent ?

Il nous permettra de financer une musique originale pour le film...

Nous travaillerons avec la flûtiste franco-syrienne Naïssam Jallal. Découvrez dès à présent sa musique : 

Nous comptons sur vous !

Synopsis

Elle est Française, il est Algérien. Toute leur enfance a été bercée par la guerre d’Algérie. Souvenirs traumatisants d’un départ forcé pour la jeune femme fille de pieds noirs, récit mythifié d’une indépendance glorieuse pour le jeune homme algérien ; chacun a eu droit à sa version de l’histoire.

Soixante ans après la déclaration de la guerre, le 1er novembre 1954, c’est au fil des voyages et des rencontres de chaque côté de la Méditerranée qu’ils retracent une histoire plus apaisée de ce conflit. Loin de l’historiographie officielle, ils rencontrent des témoins aux discours volontairement oubliés et qui se battent contre la guerre des mémoires pour faire entendre une vérité plus apaisée.

Un chemin qui les mène vers la remise en question de leur passé, la réponse à leurs incertitudes et une meilleure compréhension de l’Autre

A propos du film

Un film, une quête à deux visages pour comprendre comment, des deux côtés de la Méditerranée, l’histoire officielle a dissimulé ou glorifié certains aspects d’une guerre commune. À travers notre regard, nous confrontons ces deux histoires afin de mettre en exergue les conséquences d’une telle politique mémorielle sur les jeunes algériens et français. Sur leur manque de connaissances de leur passé, et sur leur absence de compréhension de l’Autre. À travers ce fil rouge de notre recherche, nous rencontrerons des acteurs et témoins de cette guerre : soldats, militants, victimes ou politiques. Mais aussi et surtout des jeunes, récit vivant et direct de deux sociétés qui veulent connaître la réalité sur leur passé commun.

Note de réalisation

Nous partons tous les deux à la recherche de notre passé. Nous utilisons les lieux comme outils de rencontre et de révélation de la mémoire : écoles, stèles commémoratives, villages bombardés abandonnés, lieux de torture…

La mer Méditerranée et la ville de Marseille, symboles par excellence de la jonction entre les deux cultures, sont particulièrement présentes à l’image. Elles constituent le point de référence du film. Le voyage, par route, avion ou bateau est utilisé comme lien entre chaque lieu et espace.

Nous avonc évité au maximum les entretiens classiques en intérieur. Nous préférons rencontrer nos interlocuteurs dans des lieux qui leur sont attachés, chargés de leur mémoire.

Le film est intimiste en ce sens que nous mettons en scène notre démarche : à l’aide de la voix-off et via notre présence devant la caméra. Nous présentons des membres de notre famille, des images de notre passé à travers des archives personnelles (photographies, enregistrements sonores). Nous mettons en valeur le fait que l’enquête est réalisée à deux à travers un dialogue constant entre la caméra et les personnages filmés.

Après un travail d’écriture important à travers notamment notre participation aux rencontres professionnelles du festival de documentaire de Lussas en 2014, nous avons effectué les repérages du film à travers deux voyages en Algérie en 2014 et début 2015. Le tournage a eu lieu en Algérie à l’automne 2015 et en France au printemps 2016.

Nous avons visionné l’ensemble de nos images durant l’été 2016 et nous souhaitons aujourd'hui entamer la post-production du film : montage, étalonnage, musique, sous-titrage. Objectif : terminer le film pour décembre 2016 !

Quelques liens pour en savoir plus sur nous et le projet :

  • Et enfin, Ne nous racontez plus d'histoires ! est sur Facebook ! N'hésitez pas à liker la page du projet !

À quoi va servir le financement ?

Le documentaire a reçu le soutien financier de plusieurs institutions : région PACA, Institut Français d’Algérie, Procirep-Angoa. Notre ancien producteur, Zaradoc, qui portait le film, est en redressement judiciaire depuis mai 2016. Il ne nous est plus possible de demander des financements pour terminer le film et malgré ces difficultés nous souhaitons terminer le film au plus vite.

Nous travaillons sur ce projet depuis trois ans et nous sommes soutenus par plusieurs associations (anciens appelés, pieds noirs, associations de cinéma) et nous disposons d'un solide réseau à Marseille. Nous souhaitons diffuser le film en festival, dans les cinémas et à travers l'Education nationale. Notre objectif est que le documentaire provoque le débat sur ce sujet sensible et qu'il fasse réfléchir les plus jeunes sur leur passé. Enfin, le film sera diffusé en Algérie à travers le réseau des Instituts Français.

Nous sommes soutenus depuis le début du projet par Urban Prod, association marseillaise axée sur l’audiovisuel et le numérique. Un banc de montage nous est mis à disposition dans leurs locaux. Mais la post-production représente un budget important que nous ne pouvons financer par nous-mêmes. Nous travaillerons avec plusieurs professionnels que nous devons rémunérer (monteuse, étalonneur, musicien). Nous vous sollicitons donc pour que le film puisse voir le jour.

Le budget de 4 000 euros est réparti ainsi :

Montage : 2 000 euros

Etalonnage : 900 euros

Musique : 750 euros

Frais Ulule (8 % de la somme récoltée) : 350 euros

À propos du porteur de projet

Carole

Faire comme si je ne venais pas de là-bas. Durant de nombreuses années, j’ai évité l’Algérie. Elle envahissait les discussions de ma famille pied noire, charriant les souvenirs et la douleur, le racisme et le regret. Alors, je ne cherchais pas à connaître ce pays qui m’apparaissait tel un no man’s land situé de l’autre côté de la Méditerranée.  A 22 ans, après plusieurs mois passés en rédaction locale puis à la rédaction Internet de Sud Ouest, je décide d’adopter une démarche professionnelle pour faire face à l’Algérie et la comprendre. Je choisis de réaliser Fatea, un webdocumentaire constitué de neuf portraits de femmes.

A l’automne 2011, durant un voyage de plus de deux mois et demi, je parcours le pays en bus, d’Alger à Constantine, de Ouargla à Timimoun et de Tamanrasset à Oran. Je rencontre Ferhat à Bejaia et il m’accompagne durant ce trajet.

Je reviens ensuite à plusieurs reprises en Algérie pour des séjours d’un à deux mois. D’un lointain pays, l’Algérie est devenu mon deuxième foyer que je parcoure aujourd’hui avec plaisir. J’ai appris à apprécier sa société et sa culture, loin des préjugés véhiculés par mon entourage.

En 2012, Ferhat participe à l’université d’été de la Fémis. Je l’aide à réaliser le court-métrage qu’il doit tourner durant ces deux mois. Il décide de travailler sur le cinquantième anniversaire de l’indépendance de son pays et se tourne rapidement vers les Français qui ont aidé les Algériens durant cette période. Durant ces recherches, je découvre également des faits qui m’étaient totalement inconnus. Un comble pour une fille de pied-noir !

Un peu plus tard, en 2013, Ferhat et moi, nous nous marions. La rencontre de nos familles, de nos cultures nous poussent à continuer à remettre en question notre passé. Elle déclenche cette envie de film. Que connaît-on véritablement de cette guerre ? Pourquoi accumuler les secrets et les non-dits ? Certes, des livres ont été écrits, des études universitaires menées. Mais pourquoi un tel silence des Etats français et algérien ? Notre génération souffre de l’accumulation de ces tabous, des deux côtés de la Méditerranée. À Marseille, mais pas seulement, il est difficile de ne pas croiser une personne ayant des liens avec l’Algérie : famille d’appelé, de pied-noir, de harki ou tout simplement d’immigré algérien.

Aujourd’hui, faire ce film avec Ferhat m’apparaît comme un exutoire. Je souhaite, comme je l’ai fait dans Fatea, aller à la rencontre de témoins et de lieux qui me permettront de comprendre les raisons de ces tabous. La démarche de voyage et d’enquête m’apparait ainsi essentielle. C’est à travers elle que le spectateur découvrira qu’en Algérie comme en France, l’envie est grande de tourner la page. Il est primordial de faire connaître le souhait des jeunes générations de dépasser un conflit qui a tant traumatisé leur famille et qui continue à hanter leur mémoire.

Ferhat

Depuis cinquante ans, chaque début de semaine est marqué dans les écoles par le lever de drapeau. De 6 à 18 ans, nous chantons l’hymne national, censé renforcer notre éducation nationaliste. J’ai chanté l’hymne et assisté à tous les cours qui nous apprennent comment le FLN a libéré le pays. J’étais fier de l’Algérie et je croyais fermement à ces histoires de bravoure. Ma famille me racontait aussi ce qu’elle avait enduré durant la guerre. J’imaginais un conflit cruel, où 1,5 million d’Algériens avaient perdu la vie et où les Français n’étaient que des monstres sanguinaires.

Mais au fur à et mesure que je grandissais, je percevais les incohérences de ce récit. J’ai découvert le massacre de Melouza, le mensonge sur le nombre de morts, les assassinats politiques soigneusement camouflés. En général, personne n’en parle, mais entre militants associatifs, nous discutons souvent de ces sujets afin de comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Nous partageons des livres et des articles de journaux. En tant que militant des droits de l’Homme, je comprends petit à petit les raisons de cette mythification de l’Histoire qui justifie la présence du pouvoir actuel.

Je multiplie alors les actions pour défendre la liberté d’expression à travers des manifestations d’étudiants et des commémorations des événements du 5 octobre 1988. En 2010, avec quelques amis, nous déposons une gerbe de fleurs sur la place des Martyrs à Alger pour célébrer cette date. Les agents de la police politique m’arrêtent et je passe quelques temps en prison. Nous sommes alors perçus comme des traîtres manipulés par l’étranger pour renverser un pouvoir légitimé par la guerre de Libération. Je comprends qu’il est impossible de remettre en question ce récit glorifié qui continue à être mis en scène. Encore aujourd’hui, Abdelaziz Bouteflika se construit un passé de chef héroïque alors qu’il n’a jamais pris les armes.

En 2012, je profite de l’université d’été de la Femis pour traiter le sujet du cinquantième anniversaire de l’indépendance de mon pays dans le court-métrage « Des vies sous silence ». Je rencontre de nombreux Français qui ont aidé le FLN durant la guerre. Un vrai tabou dans mon pays où aucun jeune ne connaît ces faits. Ensemble, nous souhaitons, avec « Ne nous racontez plus d’histoires ! » dépasser ces silences. Les Algériens attendent depuis longtemps que l’Etat reconnaisse ses mensonges. Ce film, réalisé à deux voix, permettra de confronter l’écriture de l’histoire par les deux Etats et de donner la parole à ceux qui souhaitent écrire une histoire débarrassée de ses tensions.