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Ping-Pong Club

Documentaire

À propos du projet

Vidéo: Scène finale de Arrête ton cinéma, notre dernier documentaire en date (2012-2015). Pour en voir plus: www.arretetoncinema.com

Ping-Pong Club est un projet de film documentaire.

Marseille United Sport pour Tous se font-ils appeler, un club de sport marseillais à l'intention des Lesbiennes, Gays, Bisexuel.le.s, Transgenres et autres. Chaque jour et dans divers quartiers, ils viennent pratiquer du foot, du volley, de l'escalade ou du tennis de table.

Le milieu LGBT étant quasi confidentiel à Marseille, cette association pourrait être un sujet de documentaire en soi. Moi, ça fait longtemps que j’ai une idée un peu différente: faire un film sur trois personnages peu ordinaires qui font chaque semaine du ping-pong ensemble à MUST, un documentaire sur le lien qu'une simple balle a tissé entre trois caractères forts qui auraient pu ne jamais se rencontrer. À travers ces trois « MUSTiers » pongistes, je découvre un aspect peu connu du milieu LGBT marseillais, mais aussi un rapport singulier aux autres, au monde et à la politique. Giampiero est un chercheur en physique, il est actuellement le président de l'association et sidère par son entrain et sa ténacité. Alexandre est un étudiant et militant écologiste ambitieux, cultivé et drôle, mais qui déconcerte par son allure et son tempérament marginal. Enfin, John est une artiste dont l'apparente fragilité contraste avec ses créations, elle s'est choisi un prénom masculin il y a quinze ans pour brouiller les pistes. 

J'attendais le bon moment pour proposer ce documentaire. Il m’en est tombé un pour 2017: l'hystérisation collective des campagnes présidentielles. Alors voilà mon film : vivre ces événements à travers les histoires et les regards différents de ces trois « MUSTiers » pongistes hors du commun. 

Alexandre, à droite avec son foulard mauve, aux côtés de Yannick Jadot, candidat EELV à l'élection présidentielle 2017. Gardanne, février 2017. © Le Monde (http://urlz.fr/4NLC)

Alexandre a 22 ans, il est d'origine polonaise et slovène, il est homosexuel. Après avoir étudié le latin et le grec, il a pris une pause dans ses études de Lettres Classiques pour s'inscrire en faculté d'Histoire à Marseille. Militant écologiste élu au conseil fédéral des Verts, sa personnalité, son histoire personnelle, ses combats idéologiques et simplement son allure démodée,font de lui un personnage à la «marge». «Bizarre» ou «farfelu» sont les qualificatifs qu'on lui colle généralement de prime abord. « Cultivé », « Drôle » et « Sensible » sont ceux que je préfère lui donner. Il explique souvent vouloir combattre un certain déterminisme social qui le cantonnerait à sa classe sociale d'origine modeste. Son ambition ressemble donc à une revanche de classe, lui qui dit vouloir réussir pour « donner tort à ceux qui se moquaient de lui à l'école». S'étant toujours senti différent des autres, sans pour autant en souffrir, Alexandre a une ambition personnelle hors du commun, espérant par exemple « parler dix langues avant trente ans ». Il pense également « au plus profond de lui même » remporter en son nom une élection pour les Verts. Il vit sa sexualité de manière assumée et ne se cache pas d'aimer les garçons auprès de ses proches. Il parle ainsi souvent de ses expériences ou plutôt de son manque d'expériences avec les hommes et a beaucoup d'autodérision à ce sujet. Son humour justement cache un certain malaise, utilisant les blagues comme bouclier contre l'extérieur. Alexandre paraît donc avoir une sous-estime de soi et malgré son ambition et son ego souvent gonflés à bloc, il est parfois trahi par une certaine fragilité et ces fêlures manifestes. Alexandre se présente comme un « vrai militant », autant sur le plan politique qu'au quotidien. Il dit par exemple vouloir appliquer son idéal à sa vie de tous les jours, notamment dans sa relation aux autres où il prône l'optimisme et le lien social. Il a comme enjeu et objectif au printemps 2017 de « réussir les élections », c'est à dire aider à ce que le parti fasse plus de 5% aux présidentielles et obtienne un député écologiste à Marseille. Il veut aussi réussir la campagne au point de vue local et espère créer une dynamique dans la deuxième ville de France en intensifiant le réseau militant et en développant la visibilité du parti auprès des habitants et des médias locaux. En parallèle de cela, il espère aussi et peut être surtout réussir deux autres combats: son année universitaire et sa vie sentimentale.

Alexandre a une amie, Aicha, d'origine marocaine elle a 52 ans et est hétérosexuelle. Elle veut créer une épicerie solidaire et a été comédienne et conseillère régionale écologiste. Sa vie sentimentale semble une réussite, en couple depuis quelques mois, elle se sent follement aimée. Alexandre et Aicha se voit régulièrement, autour d'un verre, souvent chez elle, pour parler politique et de leur vie privée. D'une grande écoute, elle reste assez pudique sur ce qui la concerne mais se confie à Alexandre plus qu'à beaucoup d'autres de ses amis. 

John Deneuve lors d'une installation (Chambre n°53 – installation, Supervues Hôtel Burrhus – FRAC PACA – 2012). www.johndeneuve.com

John est une fille et n'est pas transgenre, elle se fait appeler ainsi depuis quinze ans, elle a 40 ans et est bisexuelle. Artiste aux talents multiples : performeuse, dessinatrice, musicienne (notamment avec son ex-compagnon « Doudouboy » ou Fred Berthet du groupe Troublemakers), elle est diplômée de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. « Deneuve », est le nom de famille qu'elle s'est choisi, en référence comme « John » aux icônes, associant ainsi le patronyme d'une actrice à un prénom masculin pour brouiller les pistes. D'une allure fragile contrastant avec ses créations déjantées, John fut accusée d'artiste « dégénérée » par des extrémistes en 2013 suite à une de ses créations. Reconnue par la critique, elle bénéficia d' articles élogieux dans la presse culturelle nationale. Elle gère sa vie sociale tout en délicatesse et explique qu’elle préfère, par exemple, voir les gens en tête à tête plutôt qu’en groupe car ses amis viennent tous d'horizons différents. Elle s'inscrit à MUST en 2014 par pur amour du tennis de table et sur les conseils de ses amies Laurence et Ariadne, pongistes à MUST également. Elle a aujourd'hui un projet de film court sur le planning familial qu'elle espère réaliser en 2017, une idée qui lui est venue suite aux propos de Marion Maréchal Le Pen sur ce sujet. Elle ne s'est jamais considérée comme ambitieuse, n'ayant entre autres « pas le sens des affaires » et ne cherchant pas à « cultiver son réseau ». Elle qui s'est toujours sentie différente, dit n'avoir toujours aucune confiance en elle aujourd'hui. Suite à un grave accident dans une calanque en 2007, elle vit aujourd'hui sa vie comme un « bonus » et « ne se pose plus de questions sur ses créations » : elle crée par pur besoin. Ne s'estimant ni « militante » ni « politisée », elle se dit plutôt « sensible » à la liberté et à certains sujets, comme les acquis sociaux. Elle revendique la liberté, l'expression et la création, et parle de « conscience » plus que de « politique ». Aujourd'hui John craint que sa santé l'empêche de vivre pleinement de son art, le vrai enjeu pour elle étant actuellement de vivre de la création. Elle souhaite acquérir une fermeté avec ceux avec qui elle travaille et cherche à « négocier sa vie autrement » mais dénonce par ailleurs les « règles du jeu » du milieu de l'art contemporain. A côté de son projet de film, ses projets pour 2017 sont la sortie d'un livre et la recherche d'un label pour sortir son album avec Fred Berthet, déjà prêt depuis six ans. 

John a pour amie Barbara. Agée de 33 ans, "bi-curieuse" et d'une allure toute aussi fragile que John, elle est comédienne et journaliste pour le journal culturel marseillais Ventilo. Barbara est amie avec John depuis son article sur son travail. Habitant aujourd'hui à deux pas l'une de l'autre, elles se voient régulièrement autour d'un café ou d'un repas, pour parler essentiellement de leurs histoires sentimentales respectives, « entre filles ». John passe également beaucoup de temps avec Jérémie, son voisin du dessous qui compte ouvrir bientôt un atelier d'artiste, elle parle beaucoup de ses projets avec lui et compte s'impliquer dans l'ouverture de cet atelier. 

Giampiero, tenant un stand d'informations MUST sur le Vieux Port, à Marseille (2014).www.must13.org

Giampiero a 50 ans, il est d'origine italienne, il est homosexuel. Il travaille dans la recherche en physique au CNRS, il fut aussi l’un des membres fondateurs de l'association MUST en 2013 en est actuellement le président. Alors qu'il a su rassembler en l'espace de 3 ans plus de 260 adhérents et porter son initiative à la connaissance de tout le milieu LGBT marseillais, Giampiero, avec une certaine modestie, ne s'estime pour autant pas ambitieux. L'association est pour lui une création continue, un challenge qui lui plait, c'est selon lui une manière de prouver que Marseille, contrairement à ce qui peut se dire, a un fort potentiel. Très jovial et dynamique, Giampi (son surnom) a parfois tendance à noyer ses adhérents sous le flux de ses idées et de son entrain. Il veut donner une place à MUST lors de l'année Capitale Européenne du Sport en 2017, notamment par l'organisation d'un Meeting d'Athlétisme Pour Tous en juillet . Par ses initiatives et sa vivacité, il propose une nouvelle façon de militer dans le milieu LGBT marseillais et prône l'importance d'être « visible ». Venant d'un milieu social relativement modeste (un père ouvrier, une mère couturière), il est aujourd'hui à un poste important au sein du CPPM (Centre de Physique des Particules de Marseille) après des années d'études en Californie. Sa conscience politique est forte, il s'est investi aux Etats-Unis dans plusieurs campagnes démocrates et se dit aujourd'hui « de plus en plus à gauche », « à moins que ce soit la société qui soit de plus en plus à droite », explique son amie Justine.

Justine est sa collègue de bureau, elle a 32 ans et est également chercheuse au CPPM, bisexuelle, elle vit actuellement avec une femme. Giampiero partage son bureau avec elle depuis plus de huit ans et est son chef même si la hiérarchie ne se ressent pas entre eux. Plus qu'une simple collègue de travail, Justine est aujourd'hui une des amies les plus proches de Giampiero. Elle a suivi toute la création et l'histoire de MUST, « son bébé » dit-elle. Justine décrit Giampiero comme étant toujours sur deux fronts à la fois : le CNRS et l'association. Giampiero, lui, préfère expliquer qu'il travaille et vis chaque jour par « priorités ». Les deux amis se voient régulièrement en dehors du travail, pour prendre un verre ou pour une soirée, et parlent de tout. Giampiero est un solitaire mais ses activités ne le laissent pas longtemps seul, il aime aussi recevoir « des amis ou des amants » et cuisiner pour eux.              

Enfin, Giampiero, tout comme Alexandre, fréquente régulièrement le « Play », le bar gay le plus important de Marseille, bar qui appartient à Charles, un jeune homosexuel de 35 ans. Ce petit bar de la rue Breteuil est devenu en quatre ans le lieu de rendez-vous de nombreux homosexuels de tous âges et de toutes catégories sociales. Charles est donc une figure du milieu LGBT marseillais et gère son bar avec rigueur. Il prend aussi souvent derrière son comptoir le rôle d'un coach de vie pour ses clients.

John, Alexandre et Giampiero

Intentions de réalisation

Un regard subjectif

Mon film, grâce à mon montage amusé et ironique, grâce à la poésie et à l'humour que j'y injecte, sera très personnel et subjectif. En immersion - à la manière de la série "Strip-Tease" - je ne serai au tournage qu’une mouche sur le mur, observant mon environnement sans me faire voir. Il s’agit pour moi de filmer, caméra au poing, la spontanéité et l’authenticité des personnages, sans aucunes interviews. La caméra sera le prolongement de mon regard absolument subjectif. Les plans serrés et même les gros et très gros plans seront souvent privilégiés. L'environnement dans lequel circulent mes personnages sera filmé avec subtilité, avec parfois de simples bascules de point sur l'arrière-plan, soulignant la vivacité d'un regard qui observe « de partout ». Ce choix de cadrage amplifiera l’impression d’intimité des rencontres et sera au service du ton souvent pince-sans-rire que j’emploierai dans le montage. Celui-ci justement jouera sur les événements et les propos de façon ironique et les paroles seront parfois mises en contradiction ou en confrontation par rapport aux images.

Un exercice d'admiration

Loin d'être le portrait d'une association sportive, mon film ne cherchant pas a transmettre des informations précises et/ou particulièrement vérifiables aux spectateurs, il sera plutôt question d'une mosaïque de tranches de vies, celles de trois personnages, gays et bisexuels, vivant les événements politiques du printemps 2017. A la manière d'un film choral, ces personnages principaux se dévoileront petit à petit en parallèle et le lien entre tous – le club de ping-pong – apparaîtra après quelques séquences introductives. La trame narrative suivra les enjeux parallèles et respectifs des trois personnages mais aussi les enjeux communs : ceux des événements du printemps 2017, à savoir les campagnes présidentielles. Ma tonalité personnelle se ressentira essentiellement dans mon filmage et mon montage : je ne chercherai pas à faire une publicité de ces personnages et de ce club et n'occulterai pas ce qui peut y avoir aussi de plus grotesque chez eux. Je filmerai leur force et leur entrain mais aussi leur incohérence et leur marginalité, fascinante ou ridicule. Mon montage sera rêche, il n'y aura pas de fondu, probablement pas d'incrustations typographiques, je chercherai seulement à présenter mes personnages au travers d'une suite d'instants de vie captés et vus à travers mon regard. Ces personnages paraîtront tantôt captivants tantôt saugrenus mais les gens se connaissant peu, je ne doute pas que la banalité de ces trois personnages chatouillera la curiosité de beaucoup, comme elle a chatouillé la mienne. Je souhaite donc transmettre ma fascination et mon attachement pour ces personnages en montrant notamment l'énigme qui se dégage d'eux. Loin de vouloir « élucider » quoi que ce soit, je chercherai plutôt à épaissir le mystère, notamment par l'inclusion d'une mise en scène parfois théâtralisée. Ce film est donc pour moi, en quelque sorte, un exercice d'admiration.

Un mystère et une fascination épaissis

Loin de vouloir « éclaircir » ou « ficher » qui que ce soit, je souhaite au contraire offrir à mes personnages toutes les chances de gagner en mystère et en fascination. Dans ce but, je souhaite donner à mon film une dimension mélancolique et poétique évidente. Je veux tout d'abord mêler aux images certaines voix off et de la musique, qu'elle soit pré-existante ou originale comme celle que composera le musicien Tim O'Connor. Ma mise en scène parfois théâtralisée pour quelques séquences oniriques servira également à sublimer mes personnages. Une scène de danse au bar « Le Play » par exemple, où Giampiero et Alexandre, libérés de leur environnement, seront mis en lumière et mis en exergue de manière sensuelle. Ces instants théâtralisés exagèrent à la fois ma propre mélancolie et celle qui est palpable chez mes personnages. Ce documentaire mélancolique n'éclaircira donc en rien le mystère qui se dégagent de ces trois personnes, bien au contraire. En usant pour ces séquences des outils et artifices fictionnels les plus lourds (un travail sur la lumière, sur les décors et sur les costumes notamment, mais aussi sur l'étalonnage), il s'agira pour moi de magnifier et d'épaissir en mystère mes personnages. Loin de vouloir « comprendre » de force Giampiero, John et Alexandre, je soulignerai à grands coups de marqueur dans ces séquences mon attirance et mon admiration pour eux, en accentuant leur caractère séduisant, hypnotisant et déroutant. Ces quelques scènes « clippées » exagéreront donc le mystère naturel qui se dégage d'eux pour des images qui seront, esthétiquement parlant, plus léchées que les parties purement documentaires du film. Enfin, ces instants me permettront de voiler la limite entre documentaire et fiction, certaines images travaillées pouvant être insérées dans une séquence documentaire de conversation entre amis par exemple. En effet, comme des arrêts sur images, certains moments de pure sensualité seront mis en exergue : un regard, une lumière, une main dans les cheveux, une démarche, comme des moments et des instants capturés et placés là, dans le réel. 

Jonathan Trullard

Marine Sahakian et Jonathan Trullard. © Florent Calvet

Les films à bulles: www.facebook.com/LesFilmsABulles

Équipe:

Écriture et réalisation: Jonathan Trullard

Image: Marine Sahakian & Florent Calvet

Son: Samuel Poirée

Assistanat de réalisation et de production: Estel Fonseca

Montage: Thomas Linares

Etalonnage: Vincent Grenouillat

Mixage: Adeline Harmide

Musique originale: Tim O'Connor(www.timoconnor.co.uk)

Graphiste: -

A quoi va servir le financement ?

Le financement va servir à:

La location du matériel image (700€)

La location du matériel son (200€)

La location du matériel de lumière (100€)

Dédommagement du cadreur 1 (300€)

Dédommagement du cadreur 2 (300€)

Dédommagement du preneur de son (300€)

Dédommagement de l'assistant de réalisation (300€)

Dédommagement du réalisateur (300€)

Dédommagement du monteur (300€)

Dédommagement de l'étalonneur (travail des couleurs) (175€)

Dédommagement du mixeur son (175€)

Dédommagement du musicien (175€)

Dédommagement du graphiste (conception de l'affiche) (175€)

Frais de régie et divers (100€)

Création de la copie de projection numérique DCP (80€)

Commission Ulule de 8% (320€)

Tournage prévu sur une vingtaine de demi-journées, du 7 mars au 7 mai 2017.

À propos du porteur de projet

Jonathan Trullard, 29 ans. © Par Florent Calvet. 2016

Filmographie:

Série documentaire Arrête ton cinéma! (2012-2015) : www.arretetoncinema.com

Court-métrage The Lizard (2015). Sur une musique de Tim O'Connor.

-> Festival Chéries-Chéris 2016 / Festival du Premier Film Francophone de La Ciotat 2016 / Festival Best Of International Short Films de La Ciotat 2016

Page Vimeo: https://vimeo.com/jonathantrullard

-> Entretiens de diverses formes pour Les Fiches du Cinéma, Vidéos institutionnelles pour l'INPES, CRIPS Ile-de-France, etc.