BackBackMenuCloseFermerPlusPlusSearchUluleUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTubefacebooktwitterB Corporation

Les passerelles africaines

Film-documentaire

À propos du projet

De l'Afrique du Sud au Burkina Faso, de nombreuses structures voient le jour dont le but est l'accompagnement des malades infectés par le sida. Les moyens matériels diffèrent mais les ressources humaines abondent; elles multiplient leurs actions tournées vers une entraide solidaire. Ce film leur rend hommage.

 

L'idée de départ                                                            

Il arrive souvent quand on parle du sujet de ce documentaire, le sida, de voir les visages se fermer, et une ombre de sérieux apparaitre dans les yeux de la personne qui écoute...

Nous avons voulu faire un film qui ne soit pas emblématique des malheurs de l'Afrique. L'idée est de porter le regard juste à côté de ce qui est vu habituellement, dramatiquement exploité par les médias. Loin de ce catastrophisme, l'intention est d'aller voir ce que les malades peuvent voir; à savoir ces personnes qui gravitent autour d'eux, soignants, accompagnants, bénévoles.

 Si beaucoup font partie du personnel médical, d'autres intègrent des structures privées, religieuses ou associatives. Certains agissent même en leurs noms propres.

 

                               

 

Nous même, Arnauld et Franck, un photographe et un caméraman, avions à coeur de travailler ensemble depuis longtemps. Nous conjuguons nos expériences dans un même film documentaire.

             

 

 

      L'aventure en Afrique du Sud

 

Nos différentes "escapades" en Afrique du Sud (2010-2013)

 

 

Les premiers pas...

Ici commence une aventure qui va durer cinq ans. A peine arrivés à l'aéroport de Johannesburg nous nous confrontons à une évidente réalité: nous sommes en Afrique noire, peuplée de blancs. Parmi le personnel de l'aéroport les blancs pullulent, ne laissant que peu de place aux africains noirs. Etrange sensation d'usurpation.

Nous passons la douane. Un homme en uniforme agresse de son tampon visas et passeports. Son collègue exécute le même geste répétitif à l'autre file. Ces deux hommes de couleurs différentes sur un même lieu de travail nous incitent à la caricature; l'afrikaner exécute sa tâche de manière automatique et ultra professionnelle;  à ses cotés l'homme noir fait son travail, méticuleux, avec une bienveillante nonchalance. Le martèlement de son tampon sonne plus doux, moins mécanique, presque mélancolique.

Nous sommes en Afrique du Sud, terre de contrastes...

 

 

Direction Soweto

A peine arrivés le choix est fait de se rendre directement au coeur du sujet, à savoir Soweto... Ce n'est pas sans appréhension que nous nous y rendons et que nous déambulons alors dans les ruelles dites "coupe gorge" de la banlieue de Johannesburg, une des villes les plus dangereuses du monde.

- " What are you doing in this boring zone? " (qu'est ce que vous foutez dans un endroit aussi chiant?), interroge un noir qui passe par là, intrigué de voir des européens à priori libres de leurs déplacements dans ce lieu dépourvu de tout.

Plus loin il nous sera très difficile de nous défaire d'un autre homme, visiblement camé, qui insiste pour nous servir de guide à travers le guetto.

C'est ainsi que pas à pas nous apprenons la vie à Soweto.

 

 

Nous avons fini par y être tolérés, accueillis par une famille à laquelle nous avons réglé gîte et couvert. Les gens se sont avérés beaucoup plus accueillants que ce que nous avions imaginé, et il ne nous a pas été difficile de les rencontrer, d'échanger avec eux.

 

 

L'image de Soweto s'est métamorphosée à nos yeux; bien sûr sa réputation n'est pas usurpée, et le vendredi soir par exemple il n'est pas bon en tant qu'européen de se promener sans but dans les rues à la tombée de la nuit. Mais dans l'ensemble la bienveillance des personnes a été remarquable, peu habituées à une présence étrangère chez eux.

 

 

Les souffrants

La raison de notre venue ici était de nous rendre compte au plus tôt du nombre de personnes infectées au sein du guetto; loin des statistiques le but n'était pas de comptabiliser mais de ressentir sur le terrain l'étendue de la pandémie.

Nous n'avons filmé que peu de personnes infectées, brièvement, avec pudeur... et beaucoup d'émotion pour nous. Ces personnes n'ont pas ouvert la bouche. Certaines nous sont apparues comme des ombres, d'autres en apparence vivantes mais dans un autre monde à côté du nôtre sans qu'aucun lien ne puisse réunir les deux. Finalement aucune description ne rendrait assez réelles ces apparitions entre vie et mort.

Cela a été une vraie épreuve et nous n'étions pas fiers à la sortie de ces visites. Il nous a fallu tout de même toucher du doigt la maladie, ne pas s'en détourner, pour pouvoir mieux raconter ce qui nous tenait à coeur.

 

 

Les soignants

Car aux côtés des gens qui souffrent il y en a d'autres qui veillent sur eux, les suivent jour après jour, les auscultent, tentent de les soutenir; l'évidence étant que les soins palliatifs n'existent pas, le relais entre la vie et la mort ce sont des personnes bénévoles qui s'en chargent, partageant leurs expériences entre elles.

Nous avons donc fait la connaissance de ces gens, qui pour diverses raisons ont décidé de donner ce sens particulier à leur vie.

Cédric De La Harpe, afrikaner,  s'est donné pour mission  personnelle d'approcher la population de Soweto pour leur venir en aide, de manière totalement indépendante.

Le Saint Francis Hospice est une institution caritative anglaise dont l'action est internationale. Elle agit notamment en Afrique du Sud à Johannesburg. Elle réunit des fonds de soutien et gère un partage équitable entre les différents acteurs de terrain. Les représentants locaux nous ont permis d'approcher les personnes affectées aux soins des malades, mais aussi des groupes de volontaires, les "grannies", solidaires et actives, dont le dévouement est exceptionnel.

La "Anglogold Ashanti", importante société privée d'extraction de l'or en Afrique du Sud, participe à sa manière à l'éviction de la maladie; une part de ses ressources est consacrée à la protection et au soin de ses travailleurs et de leurs familles.

 

 

Les motivations de tous ces acteurs de terrain sont certes parfois intéressées, mais plus on s'approche des malades plus les intentions sont dépouillées et l'intérêt personnel oublié.

 

 

 

      L'aventure au Burkina Faso

 

Nos différentes "escapades" au Burkina (2012-2015)

 

 

De Ouagadougou ... à Bobo Dioulasso

Les premiers moments passés à Ouaga nous incitaient à rester tant la ville y est animée et captivante. Mais il nous a fallut continuer jusqu'à Bobo quelques cinq heures de route plus loin. Là-bas, nos quelques connaissances avaient formé un comité d'accueil.

 

 

Nous nous rendons au Conseil National de lutte contre le Sida et les IST (infections sexuellement transmissibles), dans la région des Hauts Bassins, pour tenter de cibler la véritable motivation de l'Etat par le biais de Mme Sidibé que nous rencontrons. Celle-ci nous dresse un tableau réaliste de la situation du pays, sans langue de bois. On sent que beaucoup de moyens sont mis en oeuvre et la volonté d'agir bien réelle.

Les facteurs favorisants la pandémie sont multiples au sein de la population la plus pauvre. Le problème est surtout dans l'affrontement avec les moeurs locales, idées ancrées chez les autochtones depuis l'enfance qui font que le sida reste tabou. Parmi les tribus les plus reculées les coutumes ancestrales et les croyances qui perdurent mettent un frein à chaque action menée par le ministère.

 

 

 

Sur le terrain...

Il s'agit donc de composer et plus que jamais de faire appel aux ressources humaines, à chaque interlocuteur local. C'est en ce sens que le CADI (centre anonyme de dépistage et d'information) a été créé; il permet d'aller aux devants de la population à risque. Des missions sont entreprises en pleine brousse et mènent de front trois activités: soin, dépistage et prévention.

 

 

Le CADI rassemble des conseillers psychologiques et des infirmiers. Nous les avons suivi jusqu'à Kadumba, petit village dont le marché une fois par semaine rassemble la population des alentours. C'était le moment idéal pour observer l'expérience de terrain des participants. Nous avons ressenti de leur part un véritable engagement à prendre soin des gens tant psychologiquement que physiquement.

 

 

 

 En campagne...

Dans un village plus important, Koupéla, nous allons à la rencontre du chef infirmier qui a pour charge le Dispensaire Urbain. Ici opère une petite équipe aux multiples cartes; outre les soins apportés quotidiennement il s'agit de repérer les personnes à risque ou les personnes déjà infectées, et de les diriger avec beaucoup de psychologie vers l'unité la plus proche et la plus adaptée au suivi de ces patients.

 

 

 

Pour cela il faut déjà franchir quelques barrières, car souvent le mari par exemple n'est pas au courant de la situation. En l'apprenant il pourrait répudier le femme de son foyer, la traitant d'infidèle. La tâche du corps médical présent est donc double, prévenir de l'apparition des symptômes tout en préservant la ou le malade dans son environnement social et familial.

 

 

L'organisation "Espoir et Vie"

Grace à l'association "Espoir et Vie", très active et initiatrice du mouvement contre le sida en 1980, nous avons pu approcher des prostituées de Bobo Dioulasso. C'est avec facilité qu'elles se sont ouvertes à nous; les problématiques évoquées pointent à nouveau les méconnaissances et le manque d'éducation sur le sida.

 

 

Les prostituées sont les "passeuses" les plus incriminées de la propagation du virus; mais Germaine, directrice des associations de "CARASARA", lutte pour qu'elles ne soient plus des boucs-émissaires. Une partie de son travail est de sensibiliser les femmes à l'usage systématique des préservatifs avec leurs clients.

 

 

 

L'initiative "ARJ"

Enfin des projets germent ici et là, de nouveau sous forme associative. Un très bon exemple en est l'ARJ (Association Relais Jeunes) montée et dirigée par Alexandre Bagbila.

A l'origine de cette initiative un constat évident pour Alexandre: la nécessité sociale de la revalorisation des femmes et la recherche d'une autonomie financière. On donne enfin à celles-ci les outils pour travailler et les connaissances pour réfléchir.

 

 

Notre exemple est une classe où les élèves apprennent la couture sous l'oeil expert de Gabi, directrice de l'école, bénévole et couturière hors pair. C'est un travail fastidieux auquel les jeunes femmes s'accrochent, car il est presque sûr que leur avenir en dépend. A la fin de leur formation elles recevront chacune une machine à coudre délivrée par l'association et  leur métier de couturière en main elles pourront prétendre à être financièrement autonomes. 

 

 

Parallèlement aux cours professionnels Madame Salimata intervient dans le cadre de la prévention. Sa personnalité et son charisme font qu'elle obtient une écoute remarquable de la part de ses élèves.

Entre les murs de cette salle de classe nous nous sommes sentis de suite à l'aise. Les jeunes femmes s'expriment librement, sans doute plus que chez elles. On sent un réel appétit de savoir et une énergie qui leur évitera plus facilement le risque de la prostitution.

Sortir les filles de la rue c'est l'objectif souhaité par l'association qui, chaque jour d'avantage obtient des résultats. Les différents professeurs qui se succèdent au tableau et sur l'estrade sont les acteurs motivés de ce combat silencieux.

 

 

Association ARJ, Bobo Dioulasso , Burkina

        

 

 

A quoi va servir le financement ?

Nous avons financé les billets des différents allers-retours pour nous rendre sur les lieux, le coût du matériel de prise de vues que nous voulions léger et discret, et tous les frais généraux consécutifs au projet. Notre idée initiale n'était pas de solliciter une participation financière à quiconque.

Mais la question budgétaire du montage s'est finalement imposée face aux quelques 18 heures de rushs que nous avons ramenés.

Nous comptons faire appel au monteur indépendant Gilles Thomat sur Toulouse (gillesthomat.com). Le prix du montage, de l'étalonnage et de la postprod de son s'élève à 5300€,

- montage et étalonnage vidéo  3500€ 

- mixage son  1800€

En prenant 1000 euros à notre charge, nous essayons d'obtenir une enveloppe de 800 euros correspondant à une partie du mixage son, via le Bureau du Cinéma de Montpellier section documentaire;  3500 euros seront donc nécessaires au montage et à la postproduction.

 

 

 

 

À propos du porteur de projet

   ARNAULD DUFAUD-FRANJAU, photographe

J'ai débuté la photographie avec une approche professionnelle dès 18 ans et, n'ayant pas assez d'argent pour financer une école de photographie, j'ai, par un pur hasard, rencontré un photographe de quartier à qui j'ai demandé, en échange de lui faire le ménage dans son commerce, de m'apprendre à faire de la Photo.

Devenu rapidement un ami et n'ayant pas besoin d'un nouvel homme de ménage, il accepta de me montrer et de me former à tout ce qu'il savait sur la photo, de la prise de vue jusqu'au tirage en passant par le studio, le développement noir et blanc... Etant étudiant à cette époque, le moindre moment de libre était passé à assouvir cette passion dévorante à la recherche d'instants à capturer.

Depuis ce moment là, la photographie fait partie intégrante de ma vie. Dès la fin de mes études, j'ai passé près de dix ans à exercer la photographie comme photographe indépendant alternant des commandes rémunératrices (mariages, mode, publicité...) et photo-reportages au long cours (destinés essentiellement à la presse). Puis, progressivement, las de m'éloigner de mon objectif initial de ne faire que du reportage notamment à cause de commandes peu captivantes de plus en plus nombreuses, je suis devenu enseignant afin de pouvoir financer mes projets et avoir également le temps nécessaire de les réaliser.

Des camps de réfugiés palestiniens au monde de la nuit en passant par le grand nord canadien jusqu'au reportage actuel que l'on vous présente, la photographie m'a permis de rencontrer et surtout d'être intégré dans des "mondes" parfois aux antipodes et surtout d'aller à la rencontre de personnes que je n'aurais jamais pu rencontrer autrement.

 

 

 

   FRANCK MARTIN, caméraman 

Après des études à l'Ecole des Beaux Arts de Toulouse, la passion de l'image photo et vidéo m'amène à passer le concours d'entrée à l'Ecole Supérieure d'Audio Visuel.

Caméraman free lance j'ai navigué durant plusieurs années entre réalisation de films institutionnels et de films plus créatifs, notamment dans le milieu de la danse contemporaine. Cette dernière expérience m'a permis de découvrir les limites et les pouvoirs du cadrage, et d'enrichir la notion de rythme par le biais du montage vidéo.

Je m'oriente plus tard vers un autre métier de l'image: opérateur tireur-filtreur en photographie; j'apprends alors le processus de la chimie et la maîtrise de la couleur, mais je découvre surtout le travail du tirage en noir & blanc.

Aujourd'hui je concilie deux activités, la première à des fins alimentaires qui me permet de faire vivre la deuxième, réelle passion pour le voyage et la prise de vue; c'est finalement la naissance d'un nouvel intérêt pour le journalisme libre, dépourvu de contraintes et de comptes à rendre.

 

 

 

 

La musique originale est de Nwaralam Altaïkesi, (percusionniste du groupe toulousain Charlies All-star).

La conception graphique de Marie Martin et Vivien Nouzarède.              

 

FAQ

  • Où sera diffusé le film?

    Dans les festivals de reportages et documentaires vidéo essentiellement, dans les classes d'écoles dont le programme le justifie, et qui accepteront notre intervention, et sur certaines chaines de télévision en dernier recours.

     

    Dernière mise à jour : il y a 2 années, 4 mois

Poser une question Signaler ce projet