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Pas d'info sans L'Echo

Nous avons besoin de vous !

À propos du projet

A force de tirer sur la corde, celle-ci pourrait bien finir par se rompre... Et précipiter L'Echo dans le précipice ! L'Echo, ce journal pas comme les autres, celui qui donne la parole aux citoyens, celui qui pense que le libéralisme à tout crin n'est pas une solution pour l'avenir et qui l'écrit clair et net ! Cet Echo-là, né en 1943 de la résistance au nazisme, pourrait succomber à la crise. 

Les modifications des habitudes de lecture, trop souvent tournées vers la gratuité d'internet ; la baisse des recettes des publicités nationales, qui font les yeux doux à la TNT ; la chute du volume des parutions des annonces légales, elle-même due à la baisse des dotations d'Etat aux collectivités locales qui ne lancent plus de marchés publics ; telles sont les principales raisons qui pourraient voir L'Echo ne pas survivre à l'été.

Alors, voilà, ce pourrait être 70 emplois supprimés en plus. Vous allez dire : "Nous sommes déjà à plus de 5 millions de chômeurs en France, on n'est pas à 70 près !" Ok, on transmettra...

Mais la disparition de L'Echo, l'un des derniers titres indépendants de France, ce serait aussi un coup de boutoir porté au pluralisme de la presse. Pour survivre, les titres se vendent aux grands groupes (voir à ce propos, bien qu'ancienne, la pieuvre médiatique qui illustre une concentration, qui s'est depuis fortement accentuée), sacrifiant alors les approches alternatives de l'information.

Il n'est nul besoin d'être grand intellectuel pour s'en rendre compte. Il suffit simplement de zapper de TF1 à France 2 puis BFM ou France 5, etc. D'une chaine à l'autre, l'information est reprise, parfois par les mêmes journalistes. Et inutile de se détourner de la télé pour la radio : le son est identique. Aussi, il est légitime d'attendre une autre vision du monde lorsqu'on ouvre son quotidien. Mais quelle suprise de constater que tel éditorialiste était l'invité d'une émission quelques heures auparavant et d'une autre quelques heures plus tard !

Une fois n'est pas coutume, citons ici les propos d'Ahmed Henni, économiste algérien, cela a son importance, qui résume ainsi la situation de la presse française et nous indique que "pour ceux qui ont vécu dans des pays à parti unique, ils retrouvent ici, sous le masque de la diversité libérale, la même pensée unique, empaquetée sous différents emballages. On dirait que l'information se conforme aux canons de la production capitaliste en général : un même produit (une savonnette) servi sous des formes différentes". Et de poursuivre "Il ne s'agit donc pas d'informations différentes mais seulement de concurrence pour vendre la même information. Notre système médiatique s'inscrit bien dans un système non pas libéral et de diversité mais seulement de concurrence. Des producteurs de la même information la présentent de façon différente pour la vendre au plus grand nombre. Ils pratiquent une dynamique de concentration comme toute entreprise capitaliste et font disparaître les petites entreprises réellement libres".

Triste réalité qui nous présage un avenir certain : celui de disparaître dans l'indifférence générale.

A moins que... à moins que chacun d'entre nous fasse un geste pour la diversité de la presse.

Depuis son origine, L'Echo est un journal de combat. De manière récurrente, il a dû faire face à de nombreuses difficultés. Chaque fois, nous avons relevé la tête, pour toujours mettre en avant une autre vision de l'information.

Aujourd'hui, c'est un tout autre défi qui nous attend. La télé, mais surtout internet, ont rebattu les cartes. Si nous voulons exister, nous devons innover. Les têtes bouillent, les méninges n'ont pas de répit.

Et pour affirmer encore notre spécificité, il reste à dégager et enrichir les priorités parmi les nombreux axes de travail que nous avons déjà envisagés. Participez à la conception de votre journal, donnez votre avis : cliquez sur les liens ci-dessous et intervenez directement sur le site du journal, sur Facebook ou sur Twitter.

A quoi va servir le financement ?

Avec le premier objectif atteint, on aimerait pouvoir vous dire c'est pour permettre aux salariés de passer l'été au soleil à se faire bronzer sur les plages de la Méditerranée. Non ! Cette étape nous permettra de continuer à donner du sens à l'info, et de vous envoyer votre journal préféré en juillet et août, éventuellement sur votre lieu de vacances ou partout en version numérique, et même peut-être de le retrouver à la rentrée !

Ça y'est ! L'été est assuré par l'objectif 1 (sinon on vous promet l'hiver, même en juillet et août). Maintenant, il s'agit de pérenniser le fonctionnement avec une trésorerie suffisante pour patienter jusqu'à décembre, mois de versement des aides annuelles d'Etat, sans lesquelles nombre de journaux auraient mis la clef sous la porte. 

Mais arriver jusqu'en décembre ne servirait à rien si nous n'avions pas de perspectives d'avenir : sortie de nouvelles applications web pour recevoir toute l'info que vous souhaitez directement sur votre smartphone ou votre tablette : actu, politique, sport, à vous de choisir.

Racheter toutes les rédactions des journaux nationaux afin de les faire bosser à notre place et que nous puissions, enfin, partir nous la couler douce sur la Côte-d'Azur. Bon, évidemment, il ne s'agit pas de jouer les homards sur les plages, les doigts de pied en éventail ! Mais bel et bien de continuer à travailler, de donner les infos sans trucage, de dénoncer les abus en tout genre, et d'aider à promouvoir une société plus juste. 

À propos du porteur de projet

Comme la plupart des journaux, ce quotidien a une histoire très riche.
Celle-ci est parsemée d'embûches et de nombreuses épreuves.

En 1943, en pleine guerre, le nazisme règne dans toute l'Europe. C'est dans une ambiance de lutte inégale et inexpiable que paraît, le 22 septembre 1943 une "feuille de chou" inattendue, "VALMY !" (avec un point d'exclamation), l'embryon clandestin de ce qui allait devenir "L'Écho du Centre". Simple recto-verso, format discret feuille de bureau pour pouvoir être diffusé clandestinement, le premier numéro, tiré à 8 000 exemplaires, était un appel direct à la résistance de masse.

Dès la parution de cette publication, la Gestapo et la police française se mirent en chasse. Leur premier objectif fut de trouver l'imprimerie qui avait pu faire le travail mais c'était peine perdue. En effet, pour imprimer le journal, les caractères typographiques avaient été collectés dans différents ateliers et remis ensuite en place, avec la complicité des ouvriers du livre. Le numéro 2 doubla son tirage, 16 000 exemplaires, et fut diffusé dans toute la circonscription qui s'appelait alors la région 5 de la zone dite libre, et qui réunissait le Limousin, l'Indre et la Dordogne ; un territoire qui, soixante ans après, est toujours la zone de diffusion de "L'Écho".

Puis arrive le débarquement allié, le 6 juin 1944. En Limousin, en Périgord, en Berry, la bataille fut violente et ininterrompue jusqu'à la libération de la région, fin août. "VALMY !", dans sa lutte finale, tint son rôle ; lorsque l'étau maquisard du colonel Guingouin commença à se refermer sur la garnison allemande de Limoges, il avait publié dix-neuf numéros. Le mercredi 25 octobre, le journal parut enfin au grand jour, prit pignon sur rue et devint "L'Écho du Centre, quotidien d'information du Front National" (rien à voir avec l'actuel parti de Jean-Marie Le Pen; ce front-là était le réseau organisé autour du parti communiste clandestin). Le nom de "VALMY !" figurait encore, en grisé, sous le titre principal.

La période transitoire que fut la fin de la guerre dura près d'un an. En France, beaucoup de publications issues de la résistance et de la clandestinité disparaissent très vite, faute de moyens et d'un lectorat suffisant. À Limoges, pour durer, "L'Écho du Centre" et "La Marseillaise" décident de fusionner. L'affaire se conclut le 13 juillet 1946. Le nom "VALMY !" disparaît du titre.

Mais très vite, la paix va dissoudre l'unanimisme né de la Résistance. S'ajoutant à cela le contexte international de conflit entre les alliés d'hier, États-Unis contre URSS, "L'Écho du Centre" subit cette rupture de l'intérieur. Né de la fusion d'une publication de sensibilité communiste - "VALMY !" - et d'une publication de sensibilité gaulliste - "La Marseillaise" -, il voit peu à peu sa rédaction se diviser et le journal devient alors le strict porte-parole du parti communiste.

Dans la dureté des années de guerre froide, tous les journaux étaient en quelque sorte engagés, personne ne faisait dans la nuance. À Limoges, "le Populaire" publiait les diatribes anticommunistes de Jean Le Bail - le feuilleton "Limousin terre d'épouvante", pour accabler le résistant Georges Guingouin et le sénateur socialiste Georges Lamousse écrivait des manifestes pour l'Algérie française qui cachaient à peine sa "compréhension" pour les terroristes de l'OAS. L'Écho bataillait tous azimuts, sans éviter les excès ni les ridicules. Mais, à feuilleter les collections, "L'Écho" n'a guère de remords à avoir. Il n'a rien concédé sur les guerres d'Indochine et d'Algérie ; ce qui lui a valu des saisies périodiques, la dernière au lendemain de le répression policière de la manifestation parisienne contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Au plan régional, il a été le porte-parole des grands mouvements sociaux - les longues grèves de 1947 et de 1953, Mai 68, décembre 1995 - des luttes paysannes du comité de Guéret, des défenseurs de Mis et Thiennot.

En stricte logique économique, "L'Echo" aurait pu disparaître depuis longtemps. Il a senti plusieurs fois le vent du boulet. Mais la pire menace fut sans doute celle de 1956, la menace d'une euthanasie annoncée et programmée.

Jusqu'alors, la gestion du journal était rattachée directement au Comité central du Parti communiste. Les fins de mois difficiles étaient assurées par la trésorerie nationale. Le Parti avait alors son propre groupe de presse. Au niveau national, "L'Humanité" et "Libération" (celui d'Emmanuel d'Astier), les hebdomadaires "France Nouvelle", "Les Lettres françaises", "La Terre", des journaux sportifs spécialisés, plusieurs revues. Sans compter les neuf quotidiens régionaux répartis dans toute la France, dont fait partie "L'Écho". La publicité boycottait systématiquement cette presse et le reversement par les élus communistes de leurs indemnités à la trésorerie ne parvenait plus à assurer l'équilibre. Pour sauver sa presse nationale, le Parti se résolut à sacrifier sa presse régionale. Le 15 juin 1956, tous les titres disparurent ; sauf "La Marseillaise" et "Liberté", les plus forts tirages des bastions électoraux de Provence et du Nord et, contre toute attente, "L'Écho du Centre". Non par une décision de grâce, mais par le refus des fédérations de la région. Pas question de sacrifier leur journal. Cependant la direction nationale leur dit : si vous voulez gardez votre journal, faites le vivre vous-même.

"L'Écho" entreprit alors un travail de fourmi et trouva par une démarche obstinée des abonnements un à un. Il créa sa propre agence, l'Office Publicitaire du Centre, ouvrit alors son imprimerie à des travaux commerciaux. Il se montra plus attentif aux problèmes quotidiens et à l'information locale. Ainsi se fortifia son enracinement dans son terroir.

A la fin des années 80, une nouvelle épreuve se profile. Pour des raisons politiques, de nombreux dirigeants et rédacteurs de journal démissionnent. Ces remous coupent en deux la rédaction. Plus grave : ils divisent les lecteurs. Durant quelques semaines, il pleut des résiliations d'abonnement.

Le 20 octobre 1988, rien à voir avec l'incident précédent, un incendie se déclare dans l'imprimerie. Les locaux sont détruits et la rotative est hors d'usage. Cette fois, cela ressemble bien à un coup de grâce. Mais non, car dès les jours suivants, la solidarité s'organise. Des milliers de dons affluent. Le journal va continuer à sortir, sur la rotative du "Populaire", concurrent mais solidaire (au prix fort), et les 25 millions de francs nécessaires à l'installation d'une nouvelle rotative seront trouvés.

Toutefois, "L'Echo" reste en grande difficulté. Une réorganisation complète est souhaitée et nécessaire : la partie édition prend le nom de Société Nouvelle l'Echo la Marseillaise (SNEM), la publicité sera gérée par un service spécialement créé et l'imprimerie du quotidien devient l'imprimerie Rivet, s'ouvrant à l'impression d'autres publications, tracts, magazines... Cela ne suffira pas : en 1994, la société éditrice doit déposer le bilan, le redressement judiciaire est accepté. Le journal doit alors trouver de nouveaux actionnaires et fait une nouvelle fois appel à la solidarité. L'indépendance est assurée par la création d'une association, "Pluralisme", qui possède 62% du capital de la nouvelle organisation. Le complément étant assuré par le quotidien national "Le Monde" (10%), les quotidiens régionaux "Centre-France", "Sud-Ouest" (5% chacun), et par des investisseurs privés régionaux.

"L'Écho" a alors coupé ses liens avec le Parti Communiste pour devenir un journal indépendant, ouvert aux autres sensibilités de gauche. Sur la forme, le passage du format A2 encombrant au format tabloïd (celui d'un quotidien classique plié en deux), et un intérêt plus marqué pour la photographie lui ont donné un coup de jeune.

Aujourd'hui, un manque cruel de trésorerie menace la parution d'un des derniers journaux régionaux indépendants.

C'est le sens de cette nouvelle opération : développer nos services pour sauver le journal.