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Édition "Matin brun" de Franck Pavloff en Hongrie

Sensibiliser les enfants à la montée du totalitarisme

À propos du projet

"Si toutes les résistances ne ménent pas à la victoire, elles conduisent toutes à la dignité…!"

Ce projet a pour objet l’édition en hongrois de la nouvelle française « Matin Brun » de Franck Pavloff sous forme de Kamishibaï – théâtre de papier. Traduit par Marie-Laure et Attila Piroth.

« Matin Brun » est une nouvelle de l’auteur français Franck Pavloff qui s’est vendu à plus de 2 millions d’exemplaires en France et a été traduite dans 24 langues. Ce petit livre a été écrit en réaction aux succès électoraux du Front National à la fin des années 90 et au début des années 2000. A l’image de « 1984 » de Georges Orwell, l’auteur montre comment un régime totalitaire peut se mettre en place rapidement par manque de vigilance, ou si par peur ou soumission, nous nous plions trop rapidement aux nouvelles règles établies.

Les Éditions Csimota entendent aujourd’hui proposer un ouvrage permettant de sensibiliser les enfants à la responsabilité de chacun face à toute dérive totalitaire, aux extrêmes ou à l’intolérance. L’édition de « Matin Brun » en hongrois sous forme de Kamishibai avec des illustrations originales par une graphiste hongroise s’est imposée comme le projet adéquat. Ces théâtres de papier d’origine japonaise sont distribués dans les bibliothèques et écoles hongroises où ils constituent un formidable outil pédagogique. Ce projet sera mené en partenariat avec Amnesty International Magyarország (Hongrie) qui distribuera ces ouvrages dans des écoles à travers la Hongrie dans le cadre de ses programmes éducatifs. 

Pour ce projet, Csimota ne fera pas appel aux subventions publiques hongroises et cherche donc des financements privés.

Interview avec Franck Pavloff

 – Quels événements ont contribué à la naissance de cette nouvelle ?

Des élections dans mon pays. Un parti politique extrémiste de France avançait des valeurs dangereuses pour une démocratie apaisée: le racisme, le rejet de l'étranger, la xénophobie, la préférence nationale. À vouloir jouer avec les peurs ils enclenchaient un processus dont l'histoire récente nous rappelle qu'il peut déboucher sur la barbarie. Comme je suis écrivain je me suis servi de la forme courte d'une nouvelle pour mettre en scène ce processus mortifère.

– Pourquoi avez-vous choisi le chat et le chien, les animaux domestiques préférés, comme exemples pour montrer les étapes de l'établissement d'un État totalitaire ?

Les pouvoirs autoritaires s'immiscent aujourd'hui dans la vie des gens par petites touches qui peuvent paraître peu importantes. Quoi de plus banal, de plus quotidien qu'un chat ou un chien dont on va interdire certaines races pour le plus grand bien des propriétaires ? Mais une fois acceptée cette mesure, "pour être tranquille et avoir la paix", il est déjà trop tard, ce pouvoir là s'est installé chez-vous, et il va mettre en place d'autres mesures encore plus coercitives, jusqu'à menacer votre propre liberté.

– Dans quelle mesure cette nouvelle est-elle toujours d'actualité 20 ans après?

Dans mon pays, dans votre pays, dans l'Europe et ailleurs, des discours autoritaires et populistes sont en train de vouloir redéfinir les frontières des pays avec des accents nationalistes, identitaires et xénophobes. Les fabricants de barbelés et de miradors sont à la fête, ces nations rêvent de s'enfermer derrière leurs frontières, comme si le "mal" venait de l'extérieur. Mais, ne nous y trompons pas, une fois "l'ennemi extérieur" repoussé, les Autorités vont se retourner contre les "ennemis intérieurs", c'est à dire les minorités, ethniques, religieuses, sociales, etc. et bientôt contre toute dissidence.

– Dans quelle mesure, pensez-vous que le format du Kamishibaï peut être utile à la compréhension et l'analyse du texte ?

Le Kamishibaï a la vertu de se tenir à la limite d'un texte et d'un conte. En fonction du public les mots vont s'adapter, on va insister sur un point, éluder d'autres. Comme si le texte se réécrivait en direct, avec la force d'une présentation en groupe. Et les illustrations soutiennent l'attention et scandent la dramaturgie de l'histoire.

– A partir de quel âge conseilleriez-vous la lecture de "Matin brun"?

Grâce au Kamishibaï, un enfant de huit ans commence à comprendre que devant une injustice (on prend mes animaux préférés, on m'interdit les livres que j'aime, etc.) il faut savoir dire non. Résister quoi !

– Pourquoi est-il important de parler de ce sujet avec les enfants ?

L'apprentissage de "l'éveil" citoyen peut s'effectuer dans la simplicité : comment respecter quelqu'un de "différent", comment ne pas tout accepter, apprendre à poser des questions, etc.

– Que pouvons-nous faire individuellement contre la montée d'une dictature ?

"Matin Brun" n'est pas un livre qui donne des recettes, mais un texte qui, sans faire la morale, interroge le lecteur, le traite en responsable, quelque soit son âge, son sexe, sa condition sociale. La réponse lui appartient. Mais ne désespérons pas d'un monde de plus en plus complexe, après tout la complexité est le moyen d'échapper au formatage que voudrait nous imposer les Etats totalitaires. Luttons contre l'uniformité, contre la couleur unique, contre la pensée unique;

– Au moment où vous avez écrit cette nouvelle, pensiez-vous qu'elle recueillerait autant de succès en France et à l'étranger ?

Bien sûr que non, aucun éditeur n'en voulait ! Et puis un éditeur de poésie a accepté d'en diffuser quelques milliers d'exemplaires. "Ton texte est fort, me disait-il, et comme pour les recueils de poésie, ce qui est important c'est l'impact des mots. Les tiens sont dans une urgence nécessaire." Il avait raison, en France il y a maintenant plus de deux millions d'exemplaires vendus, on en a réalisé des films d'animations, de nombreuses pièces de théâtre, des musiques, de l'opéra au rock, etc. Le texte est traduit dans vingt cinq pays. Qui veut faire vivre le texte peut s'y employer. La Hongrie m'offre la première version "mondiale" en format Kamishïbaï ! Merci ! Que ce texte soit entendu chez-vous! Et longue vie à cette édition !

Franck Pavloff

Avril 2017

Interview avec le traducteur, Attila Piroth

– Présentez-vous en quelques mots ; que faut-il savoir de vous ?

J’ai fait des études de physique et de traduction scientifique à l’Université Loránd Eötvös à Budapest il y a vingt ans. C’est à cause d’Einstein que je ne suis pas devenu chercheur en physique théorique des particules : on m’a demandé de traduire en hongrois cinq de ses articles datant de 1905. Un siècle s’étant écoulé, les résultats d’Einstein nous sont bien connus : ils ont été récapitulés et reformulés par des milliers de livres de texte et d’œuvres de vulgarisation de science. Mais en lisant les articles eux-mêmes, le lecteur peut voir de près le travail créateur : comment des phénomènes vaguement liés sont transformés dans une vision unifiée et élégante. Travailler avec une telle matière est le rêve de tous les traducteurs scientifiques.

Depuis, je travaille comme traducteur freelance scientifique et technique. Je vis à Begles, à côté de Bordeaux. Avec ma femme Marie-Laure, nous avons transformé une boulangerie en théâtre, c’est ainsi que le Théâtre le Levain a ouvert ses portes en 2013. Début avril nous avons présenté deux contes hongrois en théâtre de papier, d’après un matériel et des albums produits par la maison d’édition franco-hongroise Csimota/Callicéphale.

Comme l’a dit l’écrivain portugais José Saramago, les écrivains créent la littérature nationale, les traducteurs rendent la littérature universelle. C’est à travers le travail des traducteurs que d’autres cultures deviennent partie de notre propre culture, élargissant nos horizons intellectuels.

– Quand avez-vous rencontré la nouvelle Matin brun ? Que pensez-vous de cette œuvre ?

Comme beaucoup, j’ai lu Matin brun en 2002 pour la première fois, quand le candidat d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour de l’élection présidentielle. Nous sommes très nombreux à garder un souvenir fort de ce jour, de cet étonnement : comment le pays a-t-il pu en arriver là ? Le lendemain des millions de manifestants descendaient dans les rues pour protester. Puis, lors d’une émission de France Inter, en analysant le programme culturel terrifiant de Le Pen, un journaliste a évoqué livre de Franck Pavloff, écrit pour un recueil antifasciste en 1998.

L’œuvre m’a touché, et j’ai aussi apprécié que ce texte – une prise de position politique d’un auteur vivant – soit étudié au collège, en quatrième ou en troisième. À l’origine le mot « politique » signifie « affaires publiques » – et l’art, notamment la littérature et le théâtre, sert davantage à reconnecter les lecteurs et spectateurs – les intégrer dans la réflexion critique et les discussions sur les affaires qui concernent tout le monde – qu’à les déconnecter en les divertissant.

Comme beaucoup de traducteurs, quand je termine la lecture d’un livre, souvent je le pose en pensant : ça serait bien de le traduire. C’était le cas pour Matin brun également.

– Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant la traduction de Matin brun ?

Selon Peter Drucker, la chose la plus importante en communication, c'est d'entendre ce qui n'est pas dit. Les références et les allusions qui sont comprises sans explication créent une sorte de complicité entre les locuteurs, entre écrivain et lecteur : on se comprend à demi-mot. Souvent, ce sont ces allusions qui posent les problèmes les plus importants aux traducteurs. Or, l’histoire de Matin brun peut se dérouler n’importe où et n’importe quand. Il n’y a pratiquement aucun indicateur de temps ou de lieu concrets – donc pas de clins d’œil complices avec le lecteur.

Le texte parle de la monté d’une dictature et il montre comment nous tous y contribuons : en pensée, mots, faits et actions. Et surtout avec nos non-actions, notre passivité – mais aussi en pensée et mots, notamment l’autocensure et l’adoption du langage du pouvoir. L’autocensure s’installe bien avant la censure, car c’est la crainte qui dirige. « Ainsi, l’esclave lui-même forge les fers qu’il porte » – comme le dit le poète hongrois Gyula Illyés dans son poème Une phrase sur la tyrannie.

« Par mesure de précaution, on avait pris l'habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c'est fait pour évoluer et ce n'était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. »

Adopter le langage du pouvoir nous prépare à accepter, puis intégrer et s’approprier la logique du pouvoir – même si cette logique est contraire au bon sen. George Orwell parle de ce phénomène dans son essai Politics and the English language (La politique et la langue anglaise) – et bien sur, c’est la raison d’être de la novlangue dans 1984 : la manipulation du langage est un instrument clé de la manipulation des masses. Pavloff le montre subtilement dans Matin brun : il relie des demi-phrases contradictoires en ignorant la logique – et le lecteur n’est pas dérangé. Cela présentait une difficulté intéressante pendant la traduction.

« Je ne cherche pas. Je trouve. » – a dit Picasso. Une traduction n’est pas réussie juste par ce que tous les problèmes identifiés ont été résolus. Le titre « Matin brun » est devenu « Aube brun » en hongrois. Le mot aube a une charge émotionnelle ; ce n’est pas par hasard que le parti grec néonazi s’appelle « Aube doré » plutôt que « Matin doré ». Puis les mots hongrois pour brun et aube (barna, hajnal) ont une seule voyelle – donc grâce à son assonance, le titre peut transmettre davantage de monotonie en hongrois que dans d’autres langues.

– Comment, avec quelles méthodes avez-vous commencé le travail ?

J’ai travaillé avec ma femme, Marie-Laure. Ensemble, nous avons parcouru tout le texte, discutant non seulement de ce que chaque mot ou tournure de phrase signifie mais aussi des émotions que le texte crée chez le lecteur. Par exemple, les émotions sont associées à des couleurs différentes en fonction des langues : l’envie (dans le sens de la jalousie) est jaune en hongrois, verte en anglais, mais n’a pas vraiment de couleur attribuée en français. En revanche, partout en Europe, la couleur brune évoque les chemises brunes.

Nous nous sommes amusés avec la seule expression grossière de la nouvelle : putain con. Où est-elle utilisée ? (plutôt dans la sud de la France), à quel point est-elle vulgaire ? (pas autant qu’on le pense quand on l’entend pour la première fois), à quelle fréquence est-elle utilisée ? (il y a des situations où elle est vraiment ajoutée à la fin de chaque phrase), est-elle éphémère ? (non, c’est une expression courante depuis longtemps). Il a donc fallu trouver un équivalent fonctionnel : ce qu’un personnage hongrois ressemblant utiliserait dans des situations similaires. La description du personnage correspond bien à un de nos amis, et son mot préféré, baszki, peut être employé assez universellement. Il a fallu défendre ce choix, mais j’ai pu convaincre mes éditeurs.

Après avoir identifié les nuances du texte français, j’ai commencé la traduction. Plusieurs relectures plus tard, j’ai retravaillé la version hongroise sans l’original pour que les phrases s’enchaînent mieux et qu’elles soient reliées plus logiquement. Mais Marie-Laure a invalidé ces modifications car si le personnage narrateur omettait les « bien sûrs » renonçant, s’il reconnaissait les causes et les effets ou s’il mettait en opposition avec « mais » les demi-phrases logiquement contradictoires, peut-être que lui-même serait davantage en opposition et qu’il résisterait.

Ensuite j’ai lu la traduction à haute voix pour l’entendre. Puis je l’ai transmise à quelques amis collègues pour qu’ils ciblent les points faibles.

– Qu’est-ce qui était prioritaire : rester fidèle au texte français ou créer un texte hongrois littéraire ?

Je n’ai pas eu à choisir entre les deux. Bien sûr, si le lecteur hongrois s’arrête en sursautant, la fidélité au texte français n’est pas une bonne excuse – sauf si ce sursaut est l’intention de l’auteur. Mais pour que l’œuvre ait le même effet sur le lecteur en français et en hongrois, je n’ai pas vraiment dû dévier du texte français.

Ou juste un peu. Dans le texte français, Charlie et son ami jouent à la belote. Le nom de ce jeu est le même en hongrois – mais ce terme techniquement correct ne fonctionne pas. La belote n’est pas aussi profondément ancrée dans la culture hongroise, donc ce mot ne peut évoquer autant qu’en français. Finalement, j’ai fait jouer les personnages au rami.

– Combien de temps avez-vous passé avec la traduction ?

Je n’étais pas pressé car la traduction n’était pas commandée par une maison d’édition – j’ai plutôt cherché une maison d’édition une fois la traduction terminée. C’est déconseillé aux traducteurs littéraires débutants – mais vu la taille de l’œuvre cela n’avait pas trop d’importance.

La traduction a été publiée en 2012 sous forme d’un livret par une maison d’édition qui n’existe plus, Jószöveg Műhely. Quand j’ai passé l’accord avec les éditeurs, j’ai demandé à l’auteur d’écrire une postface d’une page pour l’édition hongroise. Le soir même, j’ai reçu sa réponse. Les traducteurs techniques peuvent rarement sélectionner les textes précis sur lesquelles ils travaillent. Les traducteurs littéraires ont plus de choix ; c’est une des raisons pour lesquelles ceux-ci, davantage que les traducteurs techniques, sentent que les œuvres qu’ils traduisent leur appartiennent. Mais ici, il s’est passé bien plus : suite à ma demande, l’auteur a écrit aux lecteurs hongrois des pensées avec lesquelles j’ai pu parfaitement m’identifier :

« nous sommes tentés […] face aux difficultés économiques, à nous replier sur nous-mêmes, à nous enfermer pour nous donner l'illusion de la force. Or, la force d'un pays se mesure à sa capacité d'accepter les différences des hommes et des femmes qui le peuplent, et non pas à chercher à les faire entrer dans un seul et même moule. »

– Le texte de Matin brun est puissant, presque choquant. Quels étaient vos sentiments quand vous avez lu le texte, puis plus tard, quand vous l’avait traduit ?

Pourquoi est-il choquant ? L’anti-utopie technocratique du Meilleur des mondes de Huxley est moins choquante que Le zéro et l’Infini de Koestler ou 1984 d’Orwell. Non pas parce qu’il serait plus agréable vivre dans ce monde-là, mais parce que dans Le meilleur des mondes, nous ne reconnaissons pas à ce point le monde qui nous entoure. En revanche, nous pouvons facilement nous identifier avec les personnages principaux de Matin brun. Ni des héros, ni des salauds. Pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux et ils essaient de s’adapter.

« Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. »

Ils ne s’indignent pas, ils ne défendent même pas leurs propres intérêts. Mais une société n’est démocratique que dans la mesure où les citoyens peuvent jouer un rôle important dans la gestion des affaires publiques.

Et même s’ils ne violent pas les lois, ils ne peuvent éviter les problèmes – car quand l’autorité de la loi est remplacé par la loi de l’autorité et quand les lois rétroactives apparaissent, même le respect des normes ne donne pas de protection. Les personnages ne peuvent plus compter sur personne, car au point zéro de la conscience politique la peur dévore la solidarité tout de suite.

« Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » – a dit Einstein. Matin brun nous met inconfortablement en face de notre passivité, de notre lâcheté. Dès le début il était clair pour moi qu’en hongrois aussi nous avions besoin d’une telle œuvre dérangeante, qui nous incite à réfléchir.

– Après quelques temps il est certainement difficile de regarder le texte avec des yeux « vierges ». Comment pouvez-vous redevenir lecteur dans le processus ?

Je suis aidé par le regard des autres sur le texte. J’ai beaucoup aimé l’édition russe dont les illustrations ludiques deviennent plus en plus déprimantes. Les vidéos des adaptations théâtrales m’ont donnés aussi de nouvelles idées.

En mars dernier, l’Institut Français de Budapest a invité Franck Pavloff à Budapest, et m’a demandé de d’animer une rencontre avec le public hongrois. Avant la discussion, la comédienne Lilla Sárosdi a fait une lecture de la traduction hongroise de Matin brun – avec une force élémentaire. J’en ai eu la chair de poule et Franck aussi, quoi qu’il ne comprenait pas les mots individuellement. J’ai vécu peu de moments aussi parfaits en tant que traducteur.

– Avez-vous réussi à réaliser la traduction comme vous le vouliez au départ ?

La traduction hongroise sera bientôt publiée sous forme de théâtre en papier, kamishibai. J’attendais avec curiosité de voir comment le texte inspirerait l’illustratrice Alexandra Grela, dont je connais le travail grâce aux contes présentés au Levain. Les peintures d’Alexandra rendront le texte encore plus accessible. Une bonne lecture et une discussion en suivant, ouvriront de nouvelles possibilités. Pour présenter l’œuvre à l’école sous forme spectacle-débat, l’éditrice Dóra Csányi a trouvé un excellent partenaire : Amnesty International.

Il y a quelques années, je n’aurais pas pensé que Matin brun serait publié sous forme de théâtre en papier. Mais cette forme est peut être la plus adaptée pour réaliser le souhait de Franck :

« Que ces simples pages passent entre toutes les mains, s'échangent, se commentent, que chaque lecteur, quel que soit son âge, sa situation sociale, se demande comment il peut faire, au quotidien, pour que les paroles de haine soient remplacées par des chants d'espérance. »

A quoi va servir le financement ?

Le coût total du projet s'élève à 5.500 euros qui couvriront les frais pour l’illustration, la traduction, le graphisme et la mise en page, l’impression et la distribution ou l’expédition. Les soutiens versés via Ulule permettront de compenser l’absence de subventions publiques en Hongrie. Csimota couvrira le reste sur ses fonds propres.

L'auteur du livre, Franck Pavloff, a cédé ses droits pour ce projet à titre gracieux car, selon lui, vue l'actualité en Hongrie "Matin brun" y a vraiment sa place. Nous le remercions chaleureusement pour son soutien !

Les soutiens versés via Ulule permettront à Csimota de produire l’ouvrage et d’en donner, grâce à ces dons, le plus d’exemplaires possibles à Amnesty International Magyarország (Hongrie). Amnesty les distribuera dans des écoles à travers la Hongrie dans le cadre de ses programmes éducatifs

À propos du porteur de projet

Créativité et engagement social

Fondées en 2003, les Éditions Csimota se sont affirmées comme une référence de l’édition de livres de jeunesse en Hongrie en contribuant à l’émergence d’une production alliant exigence de qualité, innovation et créativité et participant au développement de nouveaux talents (illustrateurs et auteurs) dont certains ont acquis une réputation internationale.

A travers ses différents projets, Csimota s’est toujours engagé envers des valeurs de partage et de tolérance. Ses livres sur l’initiation au langage des signes ou la série « Tolérance » sont des exemples de cet engagement. Csimota travaille régulièrement avec des ONG locales et a ainsi récemment collaboré avec Amnesty International Magyarország (Hongrie) pour publier en hongrois « L’Ennemi » de Serge Bloch et Davide Cali (http://www.amnesty.hu/emberi-jogi-oktatas/ellenseg-ora). Ce livre a servi de point de départ pour l'organisation par Amnesty d'ateliers pédagogiques dans 85 écoles primaires hongroise à ce jour.

Les Kamishibaï – Théâtres de papier

Depuis quelques années, Csimota a introduit les Kamishibai en Hongrie en collaboration avec l’éditeur français Callicéphale (Strasbourg). Kamishibaï est un mot japonais qui veut dire littéralement théâtre de papier : kami (papier) et shibaï (théâtre). Cette technique de conte est facile : il s’agit de faire glisser des planches en carton (275×370 mm) dans un théâtre en bois appelé butaï en japonais et castelet en français et de lire le texte qui se trouve à l’arrière des planches. Chaque planche représente un épisode du récit. Le recto présente une illustration qui est visible du public. Le verso présente un texte et la reproduction en miniature de l’image vue par le public. 

 

FAQ

Si vous avez encore des questions, n'hésitez pas à contacter le porteur du projet.

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