BackBackMenuCloseFermerPlusPlusSearchUluleUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTubefacebooktwitterB Corporation

Sous le donjon de Manu Le Malin

Un film sur une folle histoire d'amour entre l'enfant terrible du hardcore et un château accro aux rave parties

À propos du projet

« Sous le donjon de Manu Le Malin » est un film entre documentaire et fiction, écrit et réalisé par Mario Raulin, co-fondateur du collectif Sourdoreille. Il dresse le portrait d'un artiste majeur de la scène hardcore et techno, Manu Le Malin, dans le cadre du château breton de Keriolet. Depuis presque 20 ans, les deux se fréquentent. Ce documentaire, tourné à huis-clos, porte cette union improbable à l’écran.

Un soir de 1997, invité par l'équipe d'Astropolis, Manu Le Malin découvre ce joyau du patrimoine finistérien. Depuis, ce DJ fantasque y a écrit les plus belles pages de l’histoire des musiques électroniques. Ce documentaire part à la rencontre de cet étrange oiseau de nuit que seule la lueur du jour peut arrêter.

Quatre teasers seront mis en ligne jusqu'au 10 juin : Manu évoquera ses souvenirs du châtelain, de Torgull, de PCP... et d'un after à Keriolet. 

Le mot de Manu Le Malin

J'ai rencontré Mario un soir de 2011, dans la cuisine du château de Keriolet. Je connaissais son travail et surtout celui du collectif Sourdoreille dont il fait partie. Mario est un fidèle de Keriolet, il connait le château sur le bout des doigts. C'est un grand amoureux des initiatives portées par Astropolis, ma deuxième famille, et plus largement des musiques électroniques dans leur ensemble.

Au fil des années, une confiance mutuelle et une forte amitié s'est installée entre nous. Quand il est venu me proposer de réaliser ce projet fin 2014, j'ai été très touché par son intention. Keriolet est ma maison. Porter ma relation avec ce château à l'écran est un défi. Nous allons le tenter ensemble.  

Manu Le Malin

Le mot de Mario Raulin, auteur-réalisateur

Manu et moi avons commencé à nous apprivoiser en 2011, au fil de nos rencontres à Astropolis. J'ai très rapidement été persuadé d'une chose : les musiques électroniques doivent énormément à ce gars-là. Son parcours est complètement atypique, et mérite d'être raconté au plus grand nombre. Depuis plus de vingt ans, Manu trace sa route sans se soucier des modes et des codes du moment. Personne entière sur scène comme dans la vie de tous les jours, il n'aime pas faire des concessions inutiles. Porté aux cieux par la communauté hardcore bien au-delà des frontières françaises, Manu a aussi connu ses moments "sans". Aujourd'hui, à l'aube de ses 45 ans, il rayonne à nouveau, aussi bien sur la scène hardcore que sur la scène techno. Certains fans de Manu Le Malin ont 50 ans, d'autres commencent leur éducation musicale, la vingtaine à peine entamée, avec The Driver. C'est une icône, dans toute sa splendeur et sa fragilité.

Aucun long format ne s'est encore intéressé à son histoire.

Manu est un personnage surprenant, généreux et romantique. Quand je lui ai proposé qu'on s'attarde sur son parcours, et que l'on dresse son portrait dans l'écrin de Keriolet, Manu a bondi sur ma proposition. Tous les deux, nous avons dessiné les contours de ce documentaire qui se veut ambitieux. A nous tous maintenant de l'écrire.

Mario Raulin

Un peu d'histoire

Concarneau, Finistère. Sur les hauteurs de la petite ville close, le manoir de Keriolet se niche au milieu de somptueux jardins. Ses premières pierres sortent de terre au XIIème  siècle ; sa tour principale servait de repère aux marins. Sept siècles plus tard, le manoir, terminé, abritera les destins atypiques de la princesse impériale russe Zénaïde Narischkine Youssoupov (tante du Tsar Nicolas II). Éprise du comte de Charles de Chauveau, de trente ans son aîné, elle quitte Keriolet en 1889. Le château tombera ensuite entre les mains de Felix de Youssoupov, son arrière-petit fils, connu pour être l’un des assassins de Raspoutine. Il sera laissé à l’abandon pendant de longues années.

Aujourd’hui, le propriétaire des lieux s’appelle Christophe Lévêque (en photo, crédit Le Télégramme). En 1987, cet ex-mathématicien passionné par les algorithmes accompagne des amis en Bretagne, pour visiter un château en ruine. Il tombe amoureux de cette bâtisse.

Durant une décennie, alors qu’il vient de perdre sa toiture lors de la grande tempête de 1987, Christophe Lévêque va remettre le château d’attaque. Pour y habiter. Mais aussi pour inviter de drôles de colocataires : l’équipe d’Astropolis, collectif fer de lance de la rave en Bretagne, qui vient régulièrement danser dans toutes les pièces de Keriolet.

Parmi eux, un jeune homme toujours vêtu de noir, au visage émacié. Dans la vie de tous les jours, Emmanuel Dauchez alias Manu Le Malin est un être taciturne. Mais derrière les platines, l’homme se révèle, brutalisant l’auditoire qui découvre les prémices du hardcore. Très rapidement, il devient la figure emblématique de ces rassemblements parfois sauvages, aux côtés de Jeff Mills, notamment. Le château oublie son histoire agitée et vit une seconde jeunesse, au rythme des nuits blanches qui s’organisent dans ses entrailles.

Le documentaire : note d'intention de l'auteur-réalisateur, Mario Raulin

Je suis entré dans la cour du château pour la première fois en mai 2011. J’ai tout de suite compris que ce qui se passe là-bas est définitivement à part. La nuit à peine tombée, Keriolet s’illumine de mille feux. Les visages s’apaisent, la musique prend ses quartiers pour de longues heures d’échappée cosmique. Une piste de danse à ciel ouvert, bordée par des jardins classés. Ici, tout est organisé pour rendre la fête belle, en totale harmonie avec le lieu.

Dès mes premiers échanges avec le châtelain, j’ai été séduit par sa vision des choses. Hédoniste au grand coeur, il m’a fait tomber sous le charme de sa vieille bâtisse. Mais la véritable âme de Keriolet habite dans une grande carcasse tatouée, que j’ai très vite été amené à rencontrer. DJ emblématique, Manu Le Malin a élu domicile ici. Là, sous ce donjon, il a déjà joué des dizaines d’heures, de jour comme de nuit. Il est l’homme qui «sent» le château.

Tous les artistes qui le côtoient le savent : la techno n’aurait pas le même visage aujourd’hui si elle n’avait pas été façonnée par les mains de Manu Le Malin. Quand il franchit pour la première fois le porche de Keriolet, il n’a que 26 ans. On est en 1997.

À l’époque, le châtelain invite une poignée d’activistes bretons de la rave, dont Manu Le Malin est l’une des figures de proue. Vingt ans plus tard, la notoriété de Manu Le Malin est bien installée. Mais elle n’a pas métamorphosé le bonhomme. Lui, le petit Parisien courtisé sur tout le globe, continue de dire que la Bretagne est « sa seconde patrie ».

Le tournage

La quasi-intégralité du tournage aura lieu dans le château, avant et pendant une rave organisée spécialement par l’équipe d’Astropolis en mai 2016, où Manu Le Malin se produira pendant 3 heures. Il balayera toute sa carrière musicale, de ses origines hardcore à la techno qu'il joue sous son pseudo The Driver.

Ce huis-clos est un parti pris fort, calqué sur le rapport particulier de Keriolet au temps : d’abord le jour, puis la nuit, et à nouveau le jour. L’âme de cette fête est dictée par ce cycle, je veux que ce documentaire en soit imprégné. Quelques interviews indispensables auront aussi lieu à Paris, en complément.

J'envisage de partir à Concarneau avec d'autres icônes du mouvement rave, notamment Electric Rescue, habitué du château, qui interviendra dans ce documentaire. D'autres artistes internationaux fidèles du château seront aussi sollicités depuis ses débuts.

« J’ai des milliers de souvenirs ici », nous raconte Electric Rescue, également compagnon de platines de Manu dans le duo The W.L.V.S« Il y a quelque chose dans l’air d’inexplicable, qui fait que c’est la meilleure fête qui existe ».

Voici quelques séquences importantes de la principale journée de tournage.

LE JOUR. Je commence la visite du château par les combles. Là s’engage, à la lueur d’une bougie, une discussion entre Manu Le Malin et Torgull, son compagnon de toujours. En 1998, les deux compères passent leur temps à composer, dans l’appartement que Torgull s’est façonné dans un magasin squatté à Courbevoie, en région parisienne. Ils lancent aussi Bloc 46, leur label sur lequel ils sortiront leurs propres disques.

Puis je monte en haut du donjon avec le châtelain. De là, il m’explique la gestation de cette rave à domicile, qui a commencé à investir les lieux alors que celui-ci n’était pas complètement réhabilité. Personnage aussi hédoniste qu’énigmatique, Christophe Lévêque se découvre un peu devant la caméra.

Je descends avec le châtelain par le petit escalier sinueux qui mène à la cour. Là, nous retrouvons Gildas Rioualen et Matthieu Guerre-Berthelot. Les deux fondateurs d’Astropolis reviennent sur leurs débuts dans le château. Ce sont eux qui, épaulés par Manu Le Malin, ont donné aux raves leurs lettres de noblesse à l’échelle française.  « En 1996, nous avons dû organiser notre rave au Parc des Expositions de Lorient. C’était une année très dure pour la musique électro. Les médias commençaient à parler de plus en plus de public marginal, de drogues... Le magazine Actuel faisait sa couverture avec plein de cachets d’extasy, la police et la gendarmerie commençaient à nous regarder de travers. »

Crédit Faeli Faute Grave. 

LA NUIT. Le jour baisse. Je sors de la cour du château et file vers les jardins, là même où tout a commencé, sous les chapiteaux. Je retrouve des artistes de la famille hardcore, proches de Manu ou du château et bien connus des gargouilles locales.

Vers 22h. Direction la cour, mise en lumière par le collectif de mapping Relief. Le mix que Manu Le Malin réalisera ce soir répond à une demande précise de notre équipe de tournage. En trois heures, devant nos caméras, il va balayer deux décennies de musique, de la techno au hardcore. De longues séquences seront filmées.

Au petit matin. Le soleil se lève sur la baie de Concarneau. Manu s’est calmé. Nous montons sur le toit du château, là où il vient toujours s’isoler, quand la rave prend fin, auprès de ses amies les gargouilles. « Ce sont elles qui me connaissent le mieux. Elles détiennent les secrets de Keriolet, qu’elles les gardent ».

Note : ce pré-séquençage et les personnages sont bien entendu amenés à évoluer lors des premiers repérages et des phases d'écriture du projet que je mènerai avec Manu.

Intentions de réalisation

Le lieu. Keriolet est aujourd’hui considéré comme l’un des plus beaux châteaux de Bretagne. Ce joyau du patrimoine, encore méconnu du grand public, est un décor rêvé pour un tournage. Aucun grand format vidéo ne s’y est encore intéressé. Je filmerai ce château en offrant le maximum de mouvement à mes séquences (hors interviews). Des combles aux jardins, du donjon à la scène, Manu Le Malin dévoile tous les recoins de sa deuxième demeure.

Le corps. Cet artiste a développé un rapport quasi-corporel avec les pierres de Keriolet. J’ai décidé de ponctuer mon documentaire de séquences qui illustreront cette relation charnelle. Torse nu, les tatouages se mêlant au granit, je mettrai en lumière le corps de Manu Le Malin dans différentes pièces et dans le jardin du château.

Le silence. Le silence sera aussi exploité au maximum. Christophe Lévêque, le propriétaire des lieux, aime déambuler dans sa vaste demeure sans rien dire, avec un plaisir  inchangé depuis 25 ans. Cela m’a donné envie de construire ce documentaire en y intégrant des passages propices à l’apaisement et à la rêverie.

Bande-son. En dehors des interviews et des longues séquences live filmées dans le château, la bande-son de ce documentaire balaie vingt ans de rave parties. Il s'agira d'un hommage aux artistes qui ont gravé leur nom dans la pierre de Keriolet. Manu et Torgull assureront le sound design du DVD, en produisant une bandes-son en grande partie inédite.

Projet soutenu par :

A quoi va servir le financement ?

DISPOSITIF ET EQUIPE TECHNIQUES

Parc vidéo + techniciens image : 4300 euros
Drone + pilote : 1000 euros
Parc audio + techniciens son : 1700 euros
Parc lumière + technicien : 1400 euros
Station post-production et étalonnage + équipe technique : 2600 euros
Station mixage audio + technicien son : 1750 euros
Photographe : 700 euros
Consommables et périphériques : 700 euros

TRANSPORT ET REGIE

Location véhicules : 800 euros
Essence et péages : 400 euros
Hébergement : 400 euros
Régie : 500 euros

DIVERS

Frais administratifs : 600 euros
150 DVD de démo : 750 euros
Imprévus : 400 euros​​
Contreparties : 1000 euros

À propos du porteur de projet

Mario Raulin, l’auteur-réalisateur (30 ans)

> Originaire de Paimpol (Bretagne), diplômé de journalisme à l’IUT de Lannion (22), journaliste de presse écrite, cadreur et réalisateur.

> 2006 : un an à Ouest-France (rédactions locales, rubrique musiques du Dimanche Ouest-France). Co-fonde le média Sourdoreille

> 2010 : 8 mois chez Libération, gestion de la plateforme vidéo de LibéLabo

> 2011 : lancement de Sourdoreille Production avec une dizaine d'associés. Nous gérons ensemble le média musical Sourdoreille et la société de production vidéo qui s'y rattache. Notre collectif rassemble des journalistes, cadreurs, monteurs et réalisateurs autour de la musique. Depuis 2009, ce collectif est partenaire d'Astropolis, équipe avec qui nous avons développé des liens très étroits. Une quarantaine de vidéos ont été tournées à Brest sur les dernières éditions d'été et d'hiver.

Aujourd'hui, je m'occupe surtout des musiques électroniques au sein de Sourdoreille. En trois ans, j’ai produit et co-réalisé une partie des 600 vidéos (interviews, lives, sessions acoustiques) que nous avons tournées dans plus de 30 festivals en France et à l’étranger.. Artistes filmés : Atari Teenage Riot, Carl Craig, Derrick May, Mondkopf, Perc, The W.L.V.S, Pachanga Boys, Siriusmo, Xosar, Möd3rn, Agoria, Model 500, Modeselektor, Clark, Laurent Garnier, Tale Of Us, Jeff Mills...