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Libreté

Un jeu de rôle pour enfants perdus et sirènes de l'averse

Libreté ou une certaine idée de l'indépendance

Bonjour à tous,

Même s'il m'est arrivé de nombreuses fois de travailler pour des éditeurs « installés » (j'ai fait mes premières armes avec le grand ancien Multisim sur la gamme Agone et j’ai collaboré avec Icare et Les XII Singes), le concepteur que je suis aujourd'hui doit beaucoup à la scène indépendante au sens large. J'ai d'abord, comme beaucoup, été marqué par les premiers jeux John Doe au format royal qui tournaient le dos aux « incontournables » encyclopédies rôlistes pour privilégier un matériel directement utilisable par moi, meneur de jeu (une pratique que je retrouve encore bien vivace chez des auteurs comme Le Grümph ou Yno). Mon tout premier jeu, Les Errants d'Ukiyo, est par bien des égards ma réponse à ce renouveau, au dK System et à Final Frontier; ce n'est d'ailleurs pas un hasard si je le proposai d'abord à John Doe avant d'en faire un jeu « amateur » gratuit puis de le publier sous l'égide d'Icare.

Peu de temps après, je découvrais les podcasts de la Cellule (et les futurs membres des Ateliers imaginaires) ainsi que les idées issues du forum américain de la Forge qui m'ont permis d'envisager le jeu de rôle sous un angle nouveau et de comprendre que oui, on pouvait faire fonctionner ces objets ludiques étranges qui prétendaient se passer de meneur de jeu ou rendre le pouvoir créatif à la table (à l'époque, cela me semblait la meilleure façon de planter une partie et de se mettre tous ses joueurs à dos !). Perdus sous la pluie est l'enfant de ces découvertes : jeu court sans dés ni système de combat, faisant tourner les responsabilités autour de la table, il est mon incursion dans le jeu indépendant « narratif » tel qu'on se l'imagine et a connu un petit succès qui continue de m'enchanter. Le projet a également vu le jour grâce au développement de l'impression à la demande qui permettait soudain à qui le voulait de concevoir son jeu sans mise de fond initiale.

L'indépendance de l'auteur de jeu de rôle est une notion relativement floue, un peu fourre-tout peut-être, mais elle reste chère à mon cœur. Parce que le marché est restreint, parce que le nombre d'éditeurs reste réduit, cette indépendance me permet de m'investir complètement dans des projets qui me tiennent à cœur sans avoir à me plier devant ce que la tendance exige. Elle me permet de faire le pari de la singularité au lieu de celui de la surenchère. Elle a son prix bien sûr, comme un investissement plus grand dans la diffusion et parfois même une prise de risque financière pour un retour sur investissement plus qu'incertain.

Libreté veut aller un peu plus loin que mes deux jeux précédent en utilisant un moyen de production que certains indépendants ont déjà emprunté avec bonheur, le financement participatif. Je revendique pleinement l'ambition du projet : conserver une large part de l'esprit indépendant tout en montant une véritable équipe avec illustrateurs, maquettiste, relectrice (et les payer une somme décente pour leur travail), le tout sur une thématique qui n'est ni médiéval-fantastique ni horreur paranoïaque moderne, et sans s'abîmer dans la surenchère de goodies donnant à ceux qui comme moi ont des moyens modestes l'impression de n'avoir accès qu'à un fragment de l'expérience. Pour ce faire, il m’a fallu tenter un nouveau modèle : je me suis donc associé aux éditions SYCKOà travers le label L'Homme-Orchestre et j’ai confié à Jérémie Rueff le rôle de publisher tout en conservant de mon côté les prérogatives de l'editor ; pour dire les choses plus simplement, je m’occupe de tout le côté artistique, lui se chargea de produire et de diffuser le livre, et nous collaborons sur la promotion et la campagne de financement.

Nous sommes pour le moment au beau milieu de notre objectif et il est encore trop tôt pour juger de l'impact d'un tel modèle. Je veux quoi qu'il en soit profiter de l'occasion pour remercier une fois encore ceux qui ont voulu nous soutenir dans ce qui reste, à notre modeste échelle, une sacré aventure !