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L'espace bleu entre les nuages

Essai-documentaire au Népal

À propos du projet

Nous avons ensemble atteint les 100% de la collecte mais vous pouvez encore participer ! Il reste quelques jours pour faire encore monter la cagnotte, rien ne nous interdit de monter plus haut ! Merci à tous !!

« J’ai retrouvé dans un tiroir caché au fond de ma mémoire des lettres envoyées depuis Katmandou à mon arrière-grand-père. Je ne me souviens plus qui les a envoyées. Orochimaru, le déserteur de Mandchourie ? Sir P. Rogers du 12ème d’infanterie britannique en poste dans les Himalayas ? Franceso Tomasi, l’alchimiste à la recherche d’une princesse perdue depuis le quinzième siècle ? Le vieux rêveur infatigable qui ne sait pas vraiment ce qu’il cherche, ni même s’il cherche quelque chose ? Ou bien était-ce tous ceux là et aucun à la fois ? N’était-ce simplement pas moi dans un autre espace temps ? »

L'espace bleu entre les nuages est un projet d'essai cinématographique (pour plus d'infos là-dessus rendez vous dans la F.A.Q en bas de cette page). Il prend comme décor et comme personnage principal le Népal et sa capitale Katmandou. Il ne s'agit pas ici de faire un exposé rationnel, il ne s'agit pas de tendre à une objectivité fantasmée, ni d'apporter des informations quantifiées et scientifiques sur le Népal, ses habitants ou ses coutumes. Ce que je veux livrer c'est ma vision personnelle des choses, un compte-rendu de mon expérience, une traduction de mon ressenti par les moyens audiovisuels.

J'ai longtemps pensé que je voulais faire un film sur le pays, des paysages, des architectures, sur les constructions de l'homme et de la nature. Mais plus je pense au voyage, plus je pense aux rencontres. J'aimerais réussir à traduire ce moment de la rencontre dans un film. Je veux m'attarder sur les gens rencontrés, faire un film avec eux, dans leur quotidien. En y ajoutant une touche de magie, une touche d'admiration aussi. Je veux regarder l'autre dans son altérité, ne pas la gommer. C'est dans la différence que se passera notre histoire, la rencontre d'un étranger avec la population locale. Mais cette différence peut-être source de richesse. A l'heure où chacun a peur de l'autre, où chacun se replie derrière des murs communautaires, il est temps de montrer qu'avec confiance nous pouvons nous tourner les uns vers les autres. Sans peur. 

Le remède à la peur de l’autre c’est la rencontre. Rencontre des différences. Le remède c’est de ne pas gommer la différence mais de la montrer comme une richesse, comme une possibilité d’avancer. Généralement la peur apparait quand nos certitudes sont ébranlées, quand les idées de l’autre semblent incompatibles avec les miennes. Quand je sais que je ne peux plus avoir raison. Orochimaru a l’habitude de dire que le malheur des hommes vient du fait qu’il ne s’accommode jamais de ce qu’ils ont. Qu’ils ne parviennent pas à comprendre que l’univers peut avoir un plan qui diffère du notre. L’autre, c’est celui là justement. Celui qui fait que parfois nos plans tombent à plat. Alors il faut parvenir à faire cohabiter leurs plans et les nôtres. C’est un peu sur ce message que je veux travailler. L’art doit-être une réponse à des questions. Questions qui sont partagées par le monde. Tout le monde à peur. La peur est humaine et chacun la ressent à des niveaux différents. Peur de l’autre, de la mort, des serpents, du vide. Peur toujours de ce que l’on ne comprend pas. Alors c’est à l’art d’apporter des réponses. Je repense souvent à cette théorie archéologique : l’homme a commencé à peindre pour apprivoiser le monde qui lui faisait peur. Je ne dis pas qu’aujourd’hui l'art ne doit avoir que ce rôle. Mais c’est un rôle possible et c’est celui que je veux mettre en avant. C’est là-dessus que je veux travailler. Je veux que mes films servent à rendre compte de l’altérité et de sa richesse. Vaste programme. Mais quel autre programme pourrait-on donner à l’essai de nos jours ? Il est plus qu’urgent d’éradiquer la peur de l’autre car il nous faut, à nous autres êtres humains, travailler ensemble à nous rendre plus fort. Et si le remède à la peur de l’autre est la rencontre alors il me faut organiser des rencontres. Que mes rencontres soient l’occasion d’une prise de conscience et que mes films soient autant de rencontres pour ceux qui les voient. 

En terme de forme, le projet sera composé autour d'images et de sons enregistrés sur place. Images et sons dont je ne sais pas quelle sera la teneur (peut-on, alors que l'on part au bout du monde, à des milliers d'années-lumière de ce que l'on connait, savoir à l'avance ce que l'on va trouver ?). Ce que j'espère trouver ce sont des visages, des gestes quotidiens, des comportements humains pas si différents des nôtres. J'espère trouver des paysages à couper le souffle, des images qui me feront penser, qui m'emmèneront ailleurs, sur des sentiers de mon cerveau encore inexplorés. Des images et des sons qui feront naître en moi des sentiments et des pensées que j'essaierai alors de traduire à travers le langage audiovisuel. Il faudra être vigilent et toujours aux aguets, prêt à laisser survenir l'inconnu, l'inattendu. Pour en savoir plus sur ma méthode de travail, je vous invite à lire la rubrique "à propos du porteur de projet". Cela répondra certainement à certaines de vos interrogations ! 

À travers des lettres envoyées depuis chaque coin du monde par un vieil ami narrateur, je cherche à retrouver des parcelles de moi-même que j'ai envoyé dans d'autres espace-temps. Cet ami narrateur viendra à mon aide pour écrire un commentaire en voix-off. Ce narrateur est mon alter-ego, celui qui partage mes questionnements, mes doutes et qui parfois me pose les bonnes questions, me remet en question justement. Ses réflexions seront pour moi l'occasion de raconter, de livrer des visions du monde, des façons de le voir et de le comprendre. Parfois en lien avec les images, parfois plus lointaines, plus abstraites, ces lettres qu'il m'envoie permettront de créer une galaxie de sens, de pousser plus loin la réflexion autour des thèmes qui me viendront pendant le voyage. Le commentaire alors ne sera pas là pour doubler l’image, il ne doit pas créer un pléonasme mais venir s’appuyer contre l’image ou être en butée par rapport à elle. Il viendra livrer des expériences, des observations comme j’ai pu le faire avec mon projet sonore des Notes de Chevets dont je vous transmets le lien ci-dessous.

Pour avoir une idée de l'écriture du film vous pouvez vous référez à plusieurs projets que j'ai déjà réalisés :

1989, un court métrage en super 8, disponible ici.

Les notes de chevet, un projet sonore dont vous pouvez retrouver un extraitici.

- Les photos de Katmandou ont toutes été prises par Alexandra Guillemin -

À quoi va servir le financement ?

Le projet est financé en grande partie sur mes fonds personnels grâce notamment à la valorisation. Tout le matériel acheté pendant mes années de pratique m'a permis de devenir quasiment indépendant. Que ce soit en terme de tournage ou de montage, j'ai pu acquérir un matériel relativement perfectionné et correspondant à mes besoins. Caméra, enregistreur, ordinateur, tout cela contribue à financer le projet et me permet de dépenser beaucoup moins. 

Les frais de voyage, déplacement, nourriture, loyer sur place sont en grande partie payés par des subventions obtenues et par les différents petits boulots que j'effectue. Une petite partie de l'argent que vous pourrez investir dans le projet viendra compléter ces subventions mais la majorité sera utilisée pour acheter du matériel de stockage de données (disques-durs et carte SD) qui me permettra de filmer plus longtemps et de ramener plus de matière première. Ces achats ne seront cependant pas faits en mon nom propre mais au nom de l'association territoires émergents. Ainsi je n'en serai pas propriétaire et ces supports pourront être utilisés par d'autres personnes pour d'autres projets ! En investissant un peu d'argent dans L'espace bleu entre les nuages vous permettrez à l'association de réaliser plus de projet et de devenir de plus en plus indépendante pour un jour pouvoir mener des projets pour vous sans soutien financier ! Pas mal, non ? 

Pour plus d'informations concernant territoires émergents vous pouvez vous rendre dans la section "à propos du porteur de projet ou dans F.A.Q !

Oh les beaux camemberts ! Vous trouverez quelques schématisations pratiques concernant le financement du projet pour avoir une vue d'ensemble rapide et comprendre un peu mieux comment le projet est financé. 

 Répartition des dépenses par postes.

Pourcentage d'auto-financement du projet 

             Pourcentage de financement Ulule sur la totalité du projet.

À propos du porteur de projet

Après quelques années passées à courir à droite, à gauche à la recherche d'un je ne sais quoi, je me suis retrouvé en face. En face du cinéma d'abord, lors des mes cours à la fac. Trois ans d'études cinématographiques qui m'ont apporté une licence, certes, mais surtout une culture et une connaissance du cinéma, de ses enjeux, des ses théories mais aussi pas mal de déformations. Pendant ces années j'ai appris à monter (tout seul comme un grand), à cadrer (avec beaucoup d'aide), à concevoir et mettre en place des projets. J'ai flâné encore. J'ai monté une association avec des copains. J'ai rencontré des gens. Participé à plein de projets. J'ai fait des films, expérimentaux surtout. Parce que je voulais faire des images, encore et encore. Et puis pendant cette période j'ai connu Sans Soleil et Chris Marker. Enfin pas personnellement. Enfin si personnellement mais pas dans le sens où on a l'habitude de l'entendre. Mais c'est un autre problème. 

Je ne dirais pas que c'est là que tout a changé. Parce que ce n'est pas vrai. Il m'a fallu du temps avant de digérer ce film. Avant de me dire, d'oser même penser : "C'est ce genre de cinéma qui me plaît. C'est ça que je veux faire". Il y a eu beaucoup d'autres essais. Encore un milliard de courses à droite et à gauche. Des changements de situations, des changements de plan, des remises à l'échelle. Il y a eu mille projets pour partir au Népal qui ne sont jamais fait. Il y a eu des copines, des rencontres, des discussions, des déménagements, des expériences, beaucoup d'expériences. Il y a eu des pertes et toujours ce retour. Ce retour à Katmandou sur le chemin de ces lettres perdues au fin fond de ma mémoire. Aujourd'hui il est temps de partir quoi qu'il arrive.

J'ai continué à faire des films, j'ai évolué un peu, j'ai gagné quelques prix en concours, j'étais content. Et puis j'ai eu envie d'autres choses. J'ai eu envie de faire des films qui parlaient à tout le monde. J'ai arrêté le cinéma purement expérimental. Ce qui est paradoxale c'est qu'il m'a fallu entrer aux Beaux-Arts pour comprendre ça, pour comprendre que le cinéma finalement ce n'est pas qu'une question d'image et de ressenti mais aussi une question de mots et d'intellect. Enfin en tout cas ça peut l'être et je ne m'interdis plus d'en faire. Bref, aujourd'hui je suis aux Beaux-Arts et je continue à me poser des questions, je continue mes recherches sur l'essai audiovisuel. J'ai réussi à me passer des reflexes extrémistes de la fac de cinéma, j'ai appris les techniques de prises de son qui me manquaient. Je suis devenu indépendant en somme. Je cours encore à droite à gauche dans la vie de tous les jours. Des fois je m'assois sur un coussin et j'attends juste que le temps passe mais globalement je travaille. Dans les associations, à l'école, tout seul ou avec les copains. 

Pour plus d'informations sur mon travail et pour voir ce que je fais vous pouvez vous rendre sur mon site internet, vous y trouverez tout ! Ca se passe par .

Je me perçois moi même comme un glaneur, un chercheur d’images. Je passe ma vie les yeux grands ouverts et lorsque je choisis de capter une image (il faut un choix, tout filmer c’est faire du « cataloguisme », tout filmer c’est être toujours les yeux dans une lentille et oublier de vivre et de s’émerveiller devant le monde avant qu’il ne devienne une image) c’est toujours pour le rapport sensible qu’elle me procure. Le sentiment qui s’en dégage. Ce n’est qu’après qu’elle prend son sens, sur le banc de montage. Les images alors se confrontent, se racontent, créent des liens. Il faut savoir les écouter, laisser le film nous guider dans cette étrange quête de séduction. Les images sont un peu comme des danseuses, il faut savoir comprendre leurs mouvements pour apprécier leur ballet. Au final je ne suis qu’un agenceur, une sorte de metteur en scène. Je leur indique quand rentrer, quand sortir et quand revenir mais ce sont elles qui font le travail. Moi j’obéis. Travailler dans ce sens c’est se séparer complètement du scénario. Bien sûr le projet possède des grandes lignes, des directions dans lesquelles j’aimerais expérimenter. Mais le terrain est capricieux et lorsqu’on recherche quelque chose, il est rare que l’on tombe dessus ! Être sans scénario, c’est la condition nécessaire à l’ouverture d’esprit. Être ouvert c’est être prêt à accueillir l’image ou le son que l’on n'avait pas prévu, c’est être prêt à les accueillir, à les cueillir là où ils sont, là où je ne savais pas qu’ils étaient. Faire un film documentaire c’est d’abord savoir s’émerveiller de ce que l’on voit, de ce que l’on vit. Et s’émerveiller c’est être sans idée de ce que l’on va trouver, c’est ne pas chercher. 

On pourrait croire qu’une telle méthode n’a pas de sens et pourtant elle est, pour moi, la seule méthode qui mette en avant la vraie spécificité du cinéma qu’est le montage. Quand je travaille, je transfère l’écriture d’un projet du scénario au montage. L’avantage est que je ne passe pas par le truchement des mots, c’est l’image qui parle d’elle-même, pas l’idée qu’on a d’elle mais ses spécificités, sa nature. Beaucoup pensent qu’alors la qualité du film ne peut être qu’aléatoire. Mais il y a toujours des choses intéressantes à voir, à capter et il ne dépend que du talent du monteur pour créer un bon film. Le scénario n’est pas un gage de qualité, l’absence de scénario n’est pas un gage de pauvreté au contraire. Il permet de créer dans une totale liberté vis à vis du projet pensé, il permet d’être libre vis à vis de nos idées et de ce que l’on croit savoir d’elles. De plus c’est un acte engagé qui exprime l’envie de faire du cinéma autrement, de ne plus être jugé sur des mots mais sur des images. Le monde financier qui dirige aujourd’hui les démarches des cinéastes devrait apprendre à leur faire confiance non plus sur des scénarios mais sur des idées et leur capacité à faire des images. C’est aujourd’hui ce que je vous demande, qu’une confiance mutuelle puisse s’instaurer entre vous et moi pour faire naître ce projet qui saura vous surprendre !

territoires émergents est une association caennaise qui veut désenclaver les pratiques artistiques réunies autour de la notion de "nouvelles écritures". Nous voulons parvenir à créer ensemble des objets qui ne correspondent pas à des définitions toutes faites, qui se trouvent à la croisée de plusieurs disciplines, de plusieurs façon d'écrire (au sens large du terme). Il ne s'agit pas de reproduire des schémas tout fait, hérités d'une industrie ou de courants majoritaires mais d'essayer de créer des formes qui nous correspondent. Formes qui, dès lors, peuvent être hybrides, difficile à circonscrire par les étiquettes communes. Le but finalement est justement de contourner ces étiquettes, de ne plus faire de film documentaire, fictionnel, expérimental. De ne plus faire de théâtre contemporain, absurde, réaliste. De ne plus éditer des livres romanesques, journalistiques, poétiques. Mais de réussir à concilier les différentes dimensions. De penser simplement les choses sous un angle nouveau, de ne plus se définir face aux anciens schémas de pensées. Nous ne voulons pas créer du neuf pour le neuf, nous ne voulons pas faire table rase du passé. Nous sommes tous héritiers de différentes traditions, nous puisons tous nos références, nos admirations dans ce qui a été fait. Nous voulons simplement dépasser un mode de pensée trop carré et nous inscrire sur des frontières, là où peuvent avoir lieu des rencontres. 

FAQ

  • À quoi vont servir les fonds ?

    L'argent récolté grâce à Ulule servira à réaliser le projet dans les meilleurs conditions possibles. Le Népal étant un pays très pauvre, il y a certaines précautions à prendre avant de partir. Le matériel sera soumis à rude épreuve et je ne trouverai pas tout le temps de l'électricité pour recharger mes batteries ou déplacer les rushs des cartes SD sur mon ordinateur. Plus j'aurai de système de stockage, plus je pourrai ramener d'images et donc faire un film riche !

    Dernière mise à jour : il y a 5 ans, 7 mois

  • Pourquoi demander un financement participatif ? Pourquoi ne pas passer par un producteur ?

    Bonne question ! D'abord parce que les producteurs sont assez frileux sur ce type de projets qu'ils trouvent "difficilement vendable"... Voilà pouquoi je passe par un site de financement collaboratif, parce que cela me permet de faire connaître mon projet directement au public auquel il s'adresse ! Pas d'intermédiaire entre nous ! Je vous propose le projet et si il vous plaît vous pouvez participer à son financement ! Cela nous permet de nous rencontrer avant même que le film soit réalisé et instaure un climat de confiance entre vous et moi. Cela me pousse à faire mieux pour vous remerciez de votre participation ! 

    Dernière mise à jour : il y a 5 ans, 8 mois

  • Est-ce que le projet est collectif ?

    Le projet est né et a grandi dans ma tête depuis six ans maintenant. Le manque de maturité, le manque de volonté, la peur de m'engager dans l'inconnu m'ont longtemps retenu. Mais au film du temps j'ai pu rencontrer beaucoup de gens qui ont nourri le projet. Aujourd'hui le projet est soutenu par l'association territoires émergents et de nombreuses personnes m'ont rejoint pour m'aider à préparer le projet. Alors oui, le projet est solitaire mais disons qu'il est très bien entouré ! De plus l'argent récolté grâce à Ulule servira à acheter du matériel dont l'association sera propriétaire, donc en aidant ce projet vous aidez à d'autres projets de l'association !

    Dernière mise à jour : il y a 5 ans, 7 mois

  • Un essai cinématographique c'est quoi ?

    « Peut-être faut-il se simplement considérer l’intelligence (pas au sens d’être intelligent, mais de la réflexion comme base de travail) comme une catégorie de l’esthétique. À partir de là on peut concevoir que le cinéma n’est pas seulement l’héritier du roman et du théâtre, plus rarement du poème, qu’il peux également procéder de l’essai. [...] Je suis un essayiste, je ne suis pas comme un romancier. Le cinéma c’est un système qui permet à Godard d’être romancier, à Gatti de faire du théâtre et à moi des essais, c’est tout, mais il n’y a aucun rapport entre ces films.» 

    Chris MARKER, cité dans Arnaud LAMBERT, Also Known As Chris Marker, Le point du jour, Cherbourg, 2011.

    On peut alors dire que l'essai cinématographique tient dans son écriture même à la forme que l'on nomme "essai" en littérature. Écrire un essai, qu’il soit politique, théorique ou artistique c’est faire « avec les choses intellectuelles à la fois de la théorie, du combat critique et du plaisir » 

    Roland BARTHES, Roland Barthes par Roland Barthes, Seuil, Paris,1975

    Pour finir on peut donc se rapporter à une définition de l'essai littéraire et en tirer des parallèles en ce qui concerne l'écriture cinématographique :

    « En dehors du traité (« fermé », « monosémiques » et « dogmatique »), il reste la possibilité d’une écriture comme « procédé » ou, selon Barthes, comme « tactique sans stratégie». En même temps que le rejet des plans, des dissertations et des soucis de composition, ce que permet d’expérimenter l’essai comme écriture singulière, c’est l’apparition d’une« galaxie de signifiants » : « il n’a pas le commencement ; il est réversible; on y accède par plusieurs entrées dont aucune ne peut-être déclarer principale» (Roland Barthes S/Z, 1970). En ce sens, l’essai renvoie moins aux genres et aux fonds rhétoriques qu’aux procédés spécifiques qu’il utilise pour élaborer sa rhétorique, et c’est en quoi il peut inaugurer de nouvelles manières de penser et d’être. » Entrée « essai », in Larousse Encyclopédie, Isabelle Jeuge-Maynart (dir.), http://www.larousse.fr 

    Dernière mise à jour : il y a 5 ans, 7 mois