BackBackMenuCloseFermerPlusPlusSearchUluleUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTubefacebooktwitterB Corporation

Les Saisons de l'étrange

La première saison en six épisodes d'une nouvelle aventure de l'imaginaire

Un nouvel extrait !

Chers amis de l'autre Côté,

Nous atteignons bientôt les deux cents pour sang de cette cagnotte, les cieux semblent notre seule limite à ce moment et le 8e livre profile son image sinistre dans l'horizon (ou l'ombre de ma porte, les deux se confondent dans ma demeure). Eh oui, 8 : les 6 parutions de la première siason + le petit recueil des couvertures alternatives + le recueil "teaser" !

Quelle fière troupe vous faîtes, 185 fiers admirateurs de l'étrange, fasciné par l'occulte et ses nombreux dangers. Cela ouvre la porte à des activités fort réjouissantes : mon manoir ne connait nulle limite (des caves profondes au grenier céleste), une Murder Party pourrait y durer... une éternité.

Bien sûr, il reste encore largement assez de place pour accueillir bien des lecteurs égarés, et plus ce projet cumulera d'âme, plus il s'élèvera au sommet : nous nous approchons du teaser, où vous pourrez entrapercevoir les détectives de la saison 2, mais il y a d'autres objectifs à atteindre, aussi alléchants ! N'hésitez pas à convier vos amies, vos proches à cette délicieuse sauterie (dont, contrairement aux rumeurs, vous n'êtes certainement pas du tout le mets principal), n'hésitez pas à partager cette page et à adorer notre page Facebook. Je saurais vous récompenser (Vie éternelle, philtre d'amour, potion d'invisibilité).

J'ai remarqué l'attention que vous portez à ce morceau de gravats sur ma table basse. Oh, je me remémorerais un ancien ami, très ancien. Il avait un plan solide comme la roche, et pourtant... mais je ne vais pas vous en raconter trop, vous en saurez plus en lisant ce dossier de l'Agence Arckham.

Rock'n roll, comme vous dîtes !

(…) Le menhir solitaire se dresse dans la nuit tiède, au creux d’un repli de terrain situé non loin de la route goudronnée qui sinue à travers les bois de Meudon et de Clamart. Il doit être près de minuit, mais il n’y a pas si longtemps que l’obscurité a étendu son voile sur la forêt paisible, car la conjonction de l’approche du solstice et de l’heure d’été allonge démesurément les soirées. Sur l’étang voisin, dans lequel les pêcheurs banlieusards viennent tremper leurs lignes durant la journée, un couple de canards somnole, à peine dissimulé dans les roseaux qu’aucune brise ne vient agiter.

Soudain, des pas se font entendre sur l’allée de terre qui traverse la forêt en direction du Bas-Meudon et de la Fontaine Sainte-Marie. Les arrivants, au nombre d’une demi-douzaine, portent de longues robes blanches munies de capuchons qu’ils ont rabattus sur leurs crânes, comme s’ils voulaient dissimuler leurs traits à d’éventuels observateurs. Leurs pieds sont chaussés de sandales et leurs mains gantées de tissu blanc. L’un d’eux ploie sous le poids d’un gros sac dont le contenu déforme curieusement la toile grise, tandis que deux autres tiennent chacun un petit trident, prenant soin d’en diriger les pointes acérées vers le sol. À les voir ainsi, progressant dans la nuit parmi les arbres, on pourrait penser qu’il s’agit de druides se rendant à quelque réunion secrète - ou, peut-être, de ravers errant dans les bois à la recherche d’un hypothétique point de rendez-vous.

Celui qui marche en tête quitte l’allée poussiéreuse avant d’arriver à la route goudronnée, obliquant à gauche vers le menhir encore invisible. Ses compagnons l’imitent sans un mot ; seul le bruit de leurs semelles de cuir écrasant les feuilles mortes de l’automne précédent trouble le silence de cette agréable nuit de printemps.

Arrivé au bord de la combe au fond de laquelle se dresse la pierre massive, le meneur s’immobilise et ins­pecte les environs. S’il n’y avait ce capuchon qui plonge son visage dans l’ombre, on pourrait lire de la méfiance sur celui-ci - ainsi qu’une certaine inquiétude.

Au bout d’un instant, apparemment rassuré, il fait signe aux autres hommes en robe blanche de le suivre et entreprend de descendre au fond de la ravine. Ils obéissent aussitôt, toujours aussi silencieux. Un improbable témoin aurait sans doute l’impression que ces « druides » communiquent par télépathie - et peut-être est-ce effectivement le cas. (…)

Le Nombril du Monde, Roland C. Wagner