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Les couleurs de Camille

Un court-métrage de fiction sur les derniers jours de Camille Doncieux

À propos du projet

Camille sur son lit de mort       Les couleurs de Camille est un projet de court-métrage de fiction réalisé par Lana Cheramy et produit par le Collectif COMET.

Le tournage a eu lieu aux mois de juillet et novembre derniers. Le film entame donc actuellement sa phase de post-production.

Nous sommes en 1879. Il s'agit de l’adaptation d’un récit que fait le peintre Claude Monet de la mort de sa première femme et mère de ses deux enfants Camille Doncieux et du tableau peint à cette occasion : Camille sur son lit de mort (1879).

Camille sur son lit de mort, Claude Monet, 1879  

Camille Doncieux et son fils       Dans la nuit du 5 septembre 1879, Camille Doncieux, épouse du peintre Claude Monet, meurt d’un cancer. Dès le lendemain, le peintre peint un dernier portrait de celle qui fut d’abord son modèle avant de devenir sa femme et la mère de ses deux enfants. A la fin de sa vie, Claude Monet fera le récit de cette expérience à son ami Georges Clémenceau. En voici une retranscription par l’historien John Rewald :

“ (…) Lorsqu’il (Monet) contempla Camille, à l’aube sur son lit de mort, il remarqua, malgré toute sa douleur, que ses yeux percevaient, mieux que tout, les différentes colorations du jeune visage. Avant même d’avoir décidé de faire son portrait pour la dernière fois, son instinct de peintre avait vu les tonalités de bleu, de jaune, de gris jetées par la mort. Avec horreur il se sentit prisonnier de ses expériences visuelles, et compara son sort à celui de l’animal qui fait tourner la meule.

Histoire de l’Impressionnisme, John Rewald, 1986


       Inspiré de cette idée forte, le film s'attache à interpréter cette sensation d'enfermement dans la condition d'artiste qu'évoque Monet. Le film se construit sur le récit de la dernière nuit de souffrances de Camille Doncieux veillée par son mari, mêlé à l'expérience de la peinture éprouvée de façon documentaire par un acteur-peintre qui incarne à la fois Claude Monet et son propre rôle.


Le village de Vétheuil et ses bords de Seine (photographies argentiques prises lors de repérages)

LE DECOR

Afin de respecter au mieux le contexte historique et les différentes atmosphères qui composent le film, celui a été tourné à Vétheuil (Val d'Oise), où vivait la famille Monet à cette époque, et à Chérence, commune voisine, et en deux parties : la première à l'été dernier et la seconde début novembre. Tourner sur les lieux réels de l’histoire et aux saisons correspondantes nous semblait être un impératif à la réalisation de ce film. Le décor de la maison de Monet à Chérence et le village de Vétheuil, ses falaises de craie, ses rues pavées et la fraîcheur de ses bords de Seine se sont d’ailleurs imposés comme un personnage à part entière dès l’écriture et les repérages.

LES ACTEURS

Le rôle titre de Camille est interprété par Mali Van Valenberg, jeune actrice issue du Conservatoire d'Asnières-sur-Seine (infos ici). Pour ce rôle sans paroles, tout en nuances, le professionnalisme et la fougue de cette jeune actrice étaient nécessaires.

Mali Van Valenberg en Camille Doncieux

A part pour le rôle de Camille, le casting est principalement constitué d’acteurs non-professionnels. Pour incarner le personnage de Claude, et afin de transmettre le plus justemment possible le sentiment du geste pictural, nous avons choisi de faire appel à un véritable peintre plutôt qu'à un acteur. Alain Cheramy, peintre et père de la réalisatrice, prête ses mains au personnage de Claude. Sa peinture, par le rapport au sensitif qu’elle instaure avec le spectateur, entre parfaitement en résonnance avec l’atmosphère chargée en impressions du film.

Détail d'une toile d'Alain Cheramy, Nantes, 2009

Dans le même esprit, la plupart des rôles secondaires ont été interprétés par les Vétheuillais eux-mêmes. A la manière d'un peintre en quête de "modèles", nous avons cherché des personnalités physiques très différentes pour donner du corps au film.

L'IMAGE ET LE SON

Le film a été tourné avec une caméra numérique équipée d'objectifs 16 mm. Ce mélange entre technologies numérique et argentique apporte une textute très vivante à l'image du film. Dans le cas de ce film, le fait que le grain soit visible rappelle les touches de peinture qui apparaissent souvent comme distinctes dans la peinture impressionniste (ce qui lui donne ce côté “esquisse” si singulier).

Le film ne comportera pas de paroles. Il n'en sera pas muet pour autant, au contraire, la place laissée au son et sa part expressive n'en sera que plus grande. La bande son sera principalement retravaillée en post-production. Le bruitage constituera notamment une part conséquente de la bande sonore. Il permettra de mêler des séquences en son direct du tournage à des séquences moins réalistes dans lesquelles nous chercherons aussi à dessiner actions et paysages sonores par touches. Il s’agit entre autres d’isoler certains sons plus que d’autres : ces sons que l’on imagine souvent à la vision d’un tableau, ceux qui, tout en étant générés par l’image, appellent parfois à d’autres images.

       "Camille éclate de rire. C’est une jeune femme d’une trentaine d’années à peine, jolie comme une petite fille, éclatante de santé, le teint frais. Sous les yeux clairs comme le ciel, les pommettes rehaussées de rouge creusent les joues, dirigent le visage vers une petite bouche aux lèvres charnues, gonflées comme un bourgeon. Longtemps, les cheveux au vent, Camille rit aux éclats. Tout en réajustant sa coiffure, elle regarde son mari en souriant. Puis, comme un courant d’air froid qui s’engouffre dans une pièce, son regard s’assombrit, le sourire tombe, la mine se fait grave. On ne sait pas ce que Camille regarde. On ne sait pas ce qu’elle voit. Elle est seule face au présage."

"Il est tard dans la nuit. Le village s’est endormi. A l’intérieur de la maison, le feu se meurt dans l’âtre. Dans la pénombre de la cheminée, les dernières braises achèvent leur combustion. Des crépitements timides percent le vaste silence. Une forte odeur de cendre froide a déjà imprégné la pièce. Parfum d’un incendie lointain. (Un monstre de feu jamais satisfait. Le Vésuve aux entrailles en fusion.) Nous sommes au rez-de chaussée, dans la pièce principale de la maison. C’est une vaste salle peu lumineuse, basse de plafond, aux poutres apparentes. Malgré quelques arrangements visibles, elle demeure d’une grande austérité. Blanchis à la chaux, les murs sont restés nus. Ils teintent la pénombre d’une lueur blafarde. La pièce est froide comme une caverne. Au centre, une longue table de bois clair, polie par l’usage sur les tranches. En vieille servante que l’on a gardé avec les murs, elle enchaîne les locataires sans sourciller, indifférente et éternelle. Un bout de chandelle dont la cire a coulé sur le bois, un cruchon oublié et une miche de pain émiettée complètent la nature morte. Au fond, la grande cheminée en pierre, noire de suie. Un trou béant sur la nuit, où le regard chute comme un corps trop lourd, fatalement entrainé par son propre poids. Un homme est assis dans le noir. Il est parfaitement immobile. On ne distingue pas son visage. C’est le peintre Claude Monet."

"Le visage de Claude est soudainement baigné de flammes. Il a 40 ans à peine mais en paraît 20 de plus. Les cheveux bruns, épars, sont coupés ras. Le large front, couturé de chaque côté par deux longues veines luisantes, descend abrupte comme une falaise. Sous les sourcils broussailleux, depuis le fond des cavités orbitaires, luisent deux yeux de jais. Le regard est dur comme le granit. De l’arrête du nez aux coins des lèvres, deux rides profondes, un sillon creusé de larmes. La face toute entière semble taillée dans la roche. Dissimulée par une épaisse moustache, la bouche s’est figée en un rictus nerveux. Sous le masque de pierre, c’est un incendie qui gronde. Derrière les lèvres tordues, on devine les molaires serrées, contenues par les fortes mâchoires. Le peintre a l’air fauve d’un bagnard au repos. Les muscles bandés, prêt à bondir, il attend. Il sent la sueur, la fumée et la cendre."

"Dans un grand lit blanc, noyé sous les draps, le corps de Camille. Le cadavre pétrifié, déjà rabougri, ressemble à celui d’un enfant. Sous le bonnet de toile, quelques mèches blondes, collées au front par la sueur. Pour couvrir les épaules trop maigres, un long châle noir. Entre les petites mains osseuses, aux doigts crochus comme des brindilles, un bouquet de fleurs séchées. Déformé par la mort, le visage est méconnaissable. Il a perdu toutes ses couleurs. Sous la peau cireuse, percent les os du crâne. Tombés au fond des orbites béantes, les yeux achèvent leur rétraction. Les lèvres tirées, la bouche n’est plus qu’une fente ouverte sur les dents, trop grosses. Déshabillé de la sorte, le sourire est obscène."

"Les mains du peintre sont épaisses, grossies par le travail, nervurées comme les cartes fluviales. A la pointe des doigts, les ongles coupés courts sont noirs de peinture séchée. Claude retourne ses mains à plat et les contemple un instant. Les paumes sont plissées de rides, certaines sont profondes, marquent la peau comme des cicatrices. Superposant ses mains l’une sur l’autre, il les lisse avec le plat du pouce. Masse les muscles endurcis. Détend les chairs encore nerveuses."

"Un pinceau tremblant s’avance timidement vers la palette. Hésitant d’abord, il commence à en diluer les couleurs séchées. Puis, le tremblement s’évanouit, le geste se fait plus sûr, plus large. Comme une coulée de boue emporte un paysage, il entraîne avec lui chacune des couleurs, les confond en une seule et même traînée de peinture sombre. Le bleu tendre tourne  au violet cramoisi."

Scénario Les couleurs de Camille,
écrit par Lana Cheramy, mai 2015

À quoi va servir le financement ?

Le film est produit par le Collectif COMET, association de production et de diffusion cinématographique, dont Lana est membre depuis son premier film et dont plusieurs membres de l'équipe font partie. L'association travaille dans une économie étudiante et l'ensemble des personnes qui participent au projet travaillent bénévolement.

Dans ce film qui croise exigences picturales et d'époque, l'ambition du tournage a été financée par des subventions étudiantes (universités parisiennes, aides en nature pour le matériel). Les équipements de post-production seront en partie pris en charge par La fémis, école avec laquelle nous avons un partenariat par la participation au projet de certains de ses étudiants, et nous faisons appel à vous pour terminer le film et le faire exister par la suite.


Nous avons besoin de ce dernier financement pour boucler le budget du film et notamment :

  • acheter des disques durs pour les étapes à venir de la post-production,
  • louer un auditorium d'enregistrement de bruitages, essentiel pour le film et non mis à disposition par La fémis,
  • acheter des supports de diffusion (DVD et DCP),
  • envoyer le film en festivals,
  • organiser des projections dans différentes villes et cinéma afin de donner une vie au film une fois terminé,
  • démarcher les différentes instances susceptibles d'être intéressées pour projeter et diffuser le film à leur tour, notamment les musées consacrés au travail de Claude Monet et autres fondations régionales qui ont pour rôle de mettre son travail en valeur et par extension le travail qui est fait autour de celui-ci.

Nous tenons d'ores et déjà à remercier grandement toutes les personnes qui nous ont aidé dans cette aventure jusqu'ici, des Vétheuillais et Chérençais qui nous ont accueillis et soutenus sur le tournage aux institutions qui nous font confiance, sans oublier l'équipe bien entendu !

À propos du porteur de projet

Lana Cheramy : réalisatrice

       Après trois années de lycée passées en Option Cinéma, Lana intègre la classe préparatoire Ciné Sup à Nantes. C’est au fil des exercices proposés qu’elle affirme son goût pour la réalisation. Elle y rencontre également ceux qui seront ses collaborateurs sur ses premiers films. Ensemble, ils fondent le Collectif COMET, une association de production et de diffusion cinématographique.

Installée ensuite pendant quelques années à Paris et maintenant à Marseille, elle suit le Master Réalisation et Création de l’Université Paris 8, et consacre la majeure partie de son temps à l’écriture, la réalisation et le montage de ses projets, produits par le Collectif COMET. Elle travaille en étroite collaboration avec son producteur et ami Maxime Roy, également Président du collectif.

Après son dernier film Presque une île (2014) dont vous pouvez découvrir la bande-annonce sur le site du Collectif COMET, Lana revient avec Les couleurs de Camille au thème de la peinture, déjà présent dans son premier court-métrage C'est une petite chambre aux couleurs simples (2013). Ces deux films avaient déjà été soutenus par la Communauté Ulule.

       La joyeuse troupe de l'équipe du film est composée d'étudiants en cinéma (Université Paris 8, La fémis, ENS Louis Lumière) et de jeunes professionnels, mêlant fidèles collaborateurs de Lana et nouveaux arrivants. C'est avant tout grâce à leur travail bénévole et l'énergie qu'il ont choisi de déployer dans cette aventure que le film pourra voir le jour !

Alain CheramyMaxime Roy
       producteur, ingénieur du son,
       monteur son, mixeur

Benjamin Hameury
       assistant mise en scène

Léo Richard
       assistant mise en scène

Juliette Barrat
       chef opératrice

Sarah Schneider
       chef décoratrice

Margaux Robin
       ingénieur du son, monteuse son

Luz Peña
       chef costumière

Odet Barrière
       chef maquilleuse-coiffeuse

Briac Brou Musset
       régisseur général

Fabio Caldironi
       étalonneur

Alain CheramyCamille Jaulent
chef électricien      

Olivier Calautti
assistant caméra, électro-machiniste      

Simon Feray
assistant caméra      

Alexis Cohen
ripper      

Annie Verdini
habilleuse      

Loïc Tournemire
cantinier      

Kévin Gouraud
régisseur      

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Découvrez également le projet
Un peu d'écume autour des Vagues de Jeanne Cousseau,
produit par le Collectif COMET

www.collectifcomet.com