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L'histoire d'une supercherie insolite

A Lima, dans les méandres des rapports sociaux du début du XXe siècle

À propos du projet

Contribuer à la première publication des éditions Baromètre

Grâce à la recommandation providentielle d’un libraire de Madrid, nous avons découvert le premier roman de Juan Gómez Bárcena, Le Ciel de Lima. Ce livre est à sa 4ème réédition en Espagne. Il est paru en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis mais pas dans l’Hexagone ! Nous réparons ainsi ce mauvais traitement avec une sortie du Ciel de Lima prévue pour le printemps 2020.

Pour la financer, nous sollicitons une contribution sous forme de préachat du roman.

 

Graphisme couverture : Clément Laurentin

 

Le Ciel de Lima en quelques lignes

Le fil rouge

Pour écrire ce livre, Juan Gómez Bárcena s’est librement basé sur une anecdote invraisemblable survenue au poète espagnol Juan Ramón Jiménez, prix Nobel de Littérature en 1956.

Nous sommes à Lima en 1904. José Galvez et Carlos Rodríguez, deux jeunes étudiants en droit à l’esprit bohême, sont contrariés. Ils ne peuvent se procurer le dernier recueil de leur poète favori, Juan Ramón Jiménez. Ce livre, Arias Tristes, n’est pas disponible au Pérou. Ecrire au poète à Madrid pour lui solliciter l’envoi d’un exemplaire ? C’est la solution la plus simple mais cela fonctionnerait certainement mieux si la demande venait d’une femme. Chiche ? C’est fait, ils envoient leur courrier à Juan Ramón Jiménez et signent… Georgina Hübner.

Le stratagème réussit. Poussés par ce succès qui épate leurs amis, José et Carlos poursuivent leurs échanges avec le poète, toujours sous la plume élégante de Georgina Hübner. Le jeu de cette correspondance prend cependant un tour inattendu et… chut ! A ce stade, nous vous laissons le plaisir de découvrir la suite et son dénouement.

L’environnement sociologique

A travers ses deux personnages principaux, José Galvez et Carlos Rodríguez, Le Ciel de Lima donne lieu à une exploration sociologique de la capitale péruvienne du début du XXe siècle.

Issus, tous deux, de la haute bourgeoisie de Lima, ces jeunes gens ne sont cependant pas sur un même pied d’égalité. José vient d’une famille dont le nom est présent dans l’histoire du pays depuis le début de la colonisation espagnole. Carlos, lui, est le fils d’un nouveau riche qui, parti de rien, a fait fortune dans la production de caoutchouc. Cela a une influence sur leurs relations. José est beaucoup plus assuré tandis que Carlos s’efface derrière sa personnalité.

José et Carlos évoluent dans une ville de Lima très contrastée. D’un côté, le club réservé aux hommes de « bonne famille » ou les réceptions organisées les après-midi de semaine dans les demeures les plus renommées. De l’autre côté, les domestiques et les ouvriers sous-payés, les prostituées qui survivent, un ancien militaire qui fait fonction d’écrivain public. Ce climat social bancal éclate parfois. Sous l’influence des mouvements anarchistes en plein essor, les dockers du port d’El Callao se mobilisent.

 

 

Mais qui est Juan Gómez Bárcena ?

Photo Blanca Diaz

Juan Gomez Barcena, l’auteur du livre Le Ciel de Lima, est un jeune écrivain de 34 ans né à Santander, la capitale de la Cantabrie dans le Nord de l’Espagne.

Pourvu d’un bon bagage universitaire (diplômé en théorie de la littérature, en littérature comparée ainsi qu’en philosophie et histoire), il a suivi, grâce à une bourse, un séminaire de création littéraire au Mexique. Au cours de ce stage, on lui demande de remplir un formulaire administratif où il doit renseigner sa profession. Devant son hésitation, l’auteur chilien Alejandro Zambra, qui suivait également le séminaire, répond pour lui « Ecrivain ». * 

L’intuition de ce dernier était bonne. Juan Gomez Barcena a publié depuis trois ouvrages : un recueil de nouvelles, Los que duermen (Salto de Pagina, 2012, Sexto Piso, 2019) et deux romans, El cielo de Lima (Salto de Pagina, 2014) et Kanada (Sexto Piso, 2017). Fort de son expérience, Juan Gomez Barcena anime à Madrid des ateliers d’écritures.

Le Ciel de Lima a été très bien accueillie par la critique en Espagne et a obtenu divers prix dont le « Premio Ojo Crítico de Narrativa » attribué par la Radio Nationale Espagnole. Il a été finaliste du prix du premier roman de Chambéry.

* Entretien avec Inés Martín Rodrigo pour le compte du journal ABC publié le 2 juin 2016

 

 

Un aperçu de la traduction du Ciel de Lima en deux extraits

La traduction est assurée par Thomas Evellin, professeur d’espagnol en prépa.

Premier extrait - Dans le fièvre des échanges avec le poète Juan Ramón Jimenez

Chaque fois qu'il reconnaît le cachet de l'affranchissement transatlantique dans son courrier, José court rejoindre Carlos. Ils se sont promis de toujours ouvrir les lettres ensemble ; après tout, c'était leur idée à tous les deux. Gálvez tient donc ses engagements même s'il cède parfois à la tentation de grattouiller le revers de l'enveloppe. Sur les bancs de l'Université ou à la salle de billard du Club de l'Union, ils lisent à haute voix les lettres du Maître auxquelles ils devront répondre de la façon la plus appropriée, une fois réfugiés dans leur mansarde. Souvent, ils y restent jusqu'à la nuit tombée. Pendant qu'ils peaufinent le brouillon définitif de leur lettre, les moustiques tournent en orbite autour de la lampe à pétrole, formant des cercles de plus en plus resserrés, pour finir brûlés par la flamme.

L'un comme l'autre ne cessent de penser à Juan Ramón. Carlos, cependant, est le seul à prêter attention à Georgina. Pour José, elle n'est rien d'autre qu'un prétexte, un outil qui lui permettra de remplir de reliques le tiroir de son bureau. Un portrait dédicacé par exemple. Ou un poème inédit du Maître. Voilà ce qui l'intéresse à chaque nouvelle lettre : comment obtenir de nouveaux livres, plus d'autographes, plus de Juan Ramón ? Carlos, lui, s'efforce de doter Georgina d'une personnalité, lui invente une vie, un passé. Disons qu'il commence à présumer que son personnage finira par devenir l'héroïne de sa propre histoire.

Second extrait - Préoccupations de don Augusto Rodríguez à l’égard de son fils Carlos

Il a vingt ans. A son âge, son père gagnait déjà sa vie dans les plantations de caoutchouc ; sa mère était mariée et sur le point d’accoucher. Sans parler du grand-père Rodríguez qui mourut avant même d’atteindre cet âge, laissant une veuve et deux orphelins sans les douze sols que coûtait le cercueil. Les hommes ne sont plus ce qu’ils étaient, dit souvent don Augusto, ceux d’aujourd’hui n’ont pas la même trempe, à vingt ans ils pensent encore à jouer comme des gamins attardés. Un jour viendra où ils passeront la trentaine sans femme, sans enfants, sans travail et sans maison, bien disposés à ce que rien ne change.

 Il en rajoute, bien entendu, mais dit cela avec tant de conviction, avec une telle gravité, qu’on en viendrait presque à le croire. 

Don Augusto n’a pourtant pas pour habitude de perdre son temps avec ce genre de considérations. Qui sait ce qu’il adviendra des jeunes de demain ? Cela n’intéresse personne. Nous ne sommes encore qu’en 1904 –ou plus exactement en 1905 : on vient de fêter le Nouvel An, le temps a passé, l’encre a continué de couler–, Don Augusto a d’autres chats à fouetter, à commencer par Carlos et ses vingt ans. Le fiston doit d’abord terminer ses études, quitte à lui faire entrer le ius connubium et le ius praecepta à coup de calottes ; ensuite on l’amènera se marier devant monsieur le curé. Mais comme cela risque de durer plus longtemps que prévu, il songe à lui chercher d’ores et déjà une fiancée. Il parle de sonder le territoire en envoyant des invitations à la fine fleur de Lima et de recevoir ces gentes demoiselles autour d’un chocolat chaud et de quelques pâtisseries. Il veut l’aider à trouver un bon parti. Il est même prêt à le lui servir sur un plateau. Les hommes d’aujourd’hui sont de vrais gamins, il est bien placé pour le savoir.

 

À quoi va servir le financement ?

Les fonds collectés grâce à votre soutien serviront pour les frais d'impression du roman.

Avec 60 préventes, nous atteignons notre objectif. Il est, cependant, possible de nous faire simplement un don sans contrepartie pour soutenir la maison d’édition.

Si, grâce à votre soutien, nous dépassons largement cette somme plancher de 1 000,00 €, nous aurons de la marge pour financer d’autres projets de publications et augmenter le tirage du Ciel de Lima.

Pour recevoir les livres, il y a deux options. Soit une remise en main propre à Paris, où est située notre maison d'édition. Soit un envoi via Mondial Relay. Dans ce dernier cas, il faut cocher la case livraison.

 

À propos du porteur de projet

Notre maison d’édition

Nous avons créé les éditions Baromètre, il y a un an, sous forme associative, et axé la ligne éditoriale sur la critique sociale.

Nous avons une dynamique, en la personne de Vahagn, Hubert et Raphaël. Chacun de nous apporte sa sensibilité et met ses compétences au service de cette aventure éditoriale. 

Il ne reste plus que le principal : la constitution d'un catalogue. 

Nous voulons publier trois types d'ouvrages.

  • Des essais et documents qui abordent des questions sociologiques, politiques, économiques et environnementales mettant en lumière les mécanismes qui ont façonné la société actuelle et qui proposent des solutions alternatives au système capitaliste.
  • Des œuvres littéraires qui s'immergent dans un environnement social ou politique particulier. 
  • Des romans graphiques, avec la création d'une collection sur la vie de personnes en marge de la société, Bio Graphik. Un premier ouvrage qui porte sur la vie de Philippe, un SDF du 15e arrondissement de Paris, est en cours d'écriture.

 

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