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Soutenez le livre "La fin du monde pour tous ?"

Parce que la fin justifie les moyens...

Extrait "Orange mécanique"

Bonjour,

D'ici à la fin de la collecte visant à préfinancer la publication du livre "La fin du monde pour tous ?", nous vous proposons de publier quelques extraits du livre "La fin du monde pour tous ?". Aujourd'hui, nous diffusons la double-page abordant les errements de l'agrochimie.

Bonne lecture et n'hésitez pas à partager la page de la collecte à vos amis, voisins ou collègues.

Cordialement,

L'équipe d'Agir pour l'Environnement

ORANGE MECANIQUE

Seul au volant de mon tracteur climatisé, je nourris le monde. Telle est ma mission. Produire. Produire beaucoup. Produire trop. Paysan j’étais, chef d’exploitation je crus être. Nouveau serf à la merci de l’industrie agrochimique, je me résigne à être ! J’ai repris l’exploitation de mes aïeux il y a maintenant près de quarante ans. J’ai connu mille et une révolutions techniques et agronomiques. J’ai dû investir plus que de raison, poussé par le gigantisme ambiant.  À     la      fin de la guerre, vous aviez faim. J’ai tenu mon rôle et j’étais reconnu socialement pour cela. Puis, imperceptiblement, les choses se sont grippées. De héros, j’ai pris place sur le banc des accusés. Pollueur, destructeur, productiviste, bourreau d’animaux, profiteur d’argent public, la liste des récriminations portées à mon encontre s’est allongée. Aux prises avec des injonctions contradictoires, je dois en même temps rembourser mes emprunts bancaires, faire face au dérèglement climatique, me conformer à des réglementations tatillonnes et vous livrer une nourriture qui ne couvre jamais le coût de production. Équation impossible.

Cerise toxique sur un gâteau indigeste, j’ai tronqué ma liberté de chef d’exploitation. En contrepartie, je dépends de la coopérative, de la banque, de l’Europe, du semencier et de la grande surface. Je traite donc mes récoltes et, en retour, je récolte des noms d’oiseaux que j’ai vus disparaître. Je vous intoxique, c’est un fait. Coupable, le suis-je ? Victime, de toute évidence, même si la mutuelle agricole rechigne à reconnaître les maux dont je souffre comme maladies professionnelles. Mais qui est responsable de tout cela ? Celui qui produit ou celui qui consomme en exigeant du lowcost alimentaire ? Une chose est certaine : tous les deux jours, un de mes collègues met la clef sous la porte avant de se passer la corde au cou.