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Soutenez le livre "La fin du monde pour tous ?"

Parce que la fin justifie les moyens...

Apocalypse ? Now merci !!!

Bonjour,

En avant première et parce que notre collecte participative a connu une réussite exceptionnelle, nous vous proposons de découvrir l'introduction et la première illustration de ce nouvel ouvrage "La fin du monde pour tous ?"

N'hésitez pas à partager ce financement participatif à vos proches ou amis.

 

INTRODUCTION : APOCALYPSE ? NOW MERCI !!!

Les petits soldats du libéralisme triomphant ont réussi à faire de chaque citoyen un « illimité » en toute-puissance. Parce que trop n’est jamais assez, nous sommes appelés à devenir les militants radicalisés d’une croissance infinie dans un monde fini. Comme en écho, les alertes écologiques se multiplient et certains n’hésitent plus à envisager un effondrement imminent. Si nous n’y prenons garde, nous pourrions modifier les conditions mêmes de la vie sur Terre. Pour être audible, l’usage du conditionnel est de mise. La quête de respectabilité est un prérequis pour qui espère ne pas rejoindre Nostradamus et autres prophètes de malheur.

Pourtant, osons affirmer que la fin du monde se conjugue au passé ! Les premières alertes du Club de Rome ou de Rachel Carlson (avec son livre Printemps silencieux publié en 1962) datent d’il y a plus d’un demi-siècle. Or, l’effondrement des écosystèmes n’est pas un processus instantané. Il est grand temps de sortir d’une vision hollywoodienne de la fin du monde. Rien de spectaculaire ne se produira. Il s’agit d’un effondrement diffus, silencieux, inscrit dans un temps long. Il n’y a pas une fin du monde, mais une pluralité de fissures, une multiplicité de crises. Ce n’est pas le jour d’après que l’écocide actuel produira des effets. C’est ici et maintenant, hier et ailleurs que des espèces ont disparu, que notre climat s’est dégradé, que la déforestation, l’acidification des océans, la désertification et les contaminations radioactives, chimiques ou génétiques ont produit des dommages irréversibles. Chaque année, 300 000 ruches disparaissent en France. Pour quelques milliards d’abeilles domestiques ou quelques ours qui ont la « chance » de disparaître en connaissant une surexposition médiatique, combien de vers de terre, lucioles, esturgeons ou encore hirondelles se cachent pour mourir dans un silence assourdissant ? Ce n’est donc pas dans un avenir proche ou lointain que 70 % des insectes, un tiers des oiseaux ou des poissons vont disparaître, mais cela a déjà eu lieu ces trente dernières années.

Certains, sans doute pour se rassurer, affirment que le pire n’est jamais inéluctable. Pour ces milliers d’espèces disparues, il est pourtant trop tard, irrémédiablement trop tard pour bien faire. L’avenir peut nous réserver de bonnes surprises, mais l’honnêteté nous oblige à penser que, si ce n’était sans doute pas mieux hier, il est vraisemblable que ce sera pire demain. Au cours des trois décennies passées, nous nous sommes acharnés à expérimenter une fin du monde pour les nuls. Nous nous sommes lentement habitués à détruire pour préserver un confort matériel étouffant. La foi en l’avenir s’est progressivement délitée pour sombrer dans une peur sans lendemain. Il ne s’agit pas ici de nouvelles peurs millénaristes, mais d’un diagnostic partagé. Espérons que nos expériences malheureuses puissent nous aider à relever le défi d’un monde en surchauffe. Faisons en sorte d’éviter les faux pas du productivisme en retrouvant le chemin d’un progrès qui devra impérativement se libérer de sa tutelle technoscientifique.

Texte de Stéphen Kerckhove
Dessin de Red!