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La voie des plantes : ceux qui voulaient guérir

Film documentaire d'Aurélie Marques et Louis Bidou

À propos du projet

Sur La voie des plantes nous avons parcouru l’Amérique Latine à la rencontre de plantes emblématiques des peuples autochtones. Tour à tour, nourriture, médecine, objets de mythes, de rituels ou de divination, elles dévoilent la richesse des liens qui unissent l’Homme à son environnement.

Mais ces plantes sont aussi les points de connexion entre le monde moderne et des modes de vie traditionnels en pleine mutation. A l’heure de la sixième extinction de masse, l’Occident se doit de repenser son rapport au vivant, d’une logique de domination à celle de coexistence. Dans ce contexte, les populations autochtones nous inspirent un autre modèle possible. Au delà de l’instrumentalisation et de la fascination, repenser l’interaction entre ces cultures et les dynamiques du monde moderne est aujourd’hui plus que jamais nécessaire.

“La voie des plantes : ceux qui voulaient guérir” est le premier film autoproduit de cette aventure : une expérience vécue du point de vue de patients toxicomanes qui ont fait le choix d'un traitement alternatif par les plantes amazoniennes. Des histoires de vie bouleversantes qui se croisent au coeur d'un huis-clos aux portes de la forêt péruvienne. Réhabiliter les médecines traditionnelles amazoniennes, c’est replacer la spiritualité au centre de la guérison.

 

A l’orée de la forêt péruvienne, le centre Takiwasi accueille des toxicomanes du monde entier. Mêlant psychothérapie et médecines traditionnelles amazoniennes, la méthode est unique.

Pendant neuf mois, les patients évoluent en huis-clos, apprennent à créer un nouveau lien social ensemble tout en se confrontant à eux-mêmes. Alors que les plantes de purge désintoxiquent le corps et l’esprit, les plantes de “vision”, telle que l’ayahuasca, ouvrent les portes de l’inconscient pour une plongée dans les méandres du souvenir et de l’identité.

Dans un cadre où tout est ritualisé, le centre devient le théâtre des transformations physiques et psychiques.

 

Péruviens, Français, Etats-Uniens, ils ont entre 17 et 60 ans et cherchent tous leur voie vers la guérison. Pendant leur traitement, ils apprennent à accepter la règle et travaillent à se reconstruire dans un jeu de représentation de soi. 

Fernando, 60 ans

À Takiwasi depuis 2 mois

Fernando a vingt ans lorsqu’il touche pour la première fois à la drogue. Depuis, elle a comblé ses manques et ses frustrations, jusqu’à prendre sa vie en étau. A 60 ans, il tente de se réconcilier avec son passé en redécouvrant l’enfant qu’il était, rejeté par un père négligent et autoritaire. Cet isolement intérieur, il le masque par un tempérament extraverti et volubile. Au quotidien, Fernando arbore un large sourire, presque clownesque. Sa guitare en bandoulière, il rassemble autour de ses chansons, exprimant son plein potentiel de sociabilité. Cependant, le besoin se révèle enfin de se confronter à lui-même.

 

Yorsi, 17 ans

À Takiwasi depuis 6 mois

À 17 ans, Yorsi est le plus jeune patient du centre. Il est arrivé au centre pour se défaire de son addiction à la pâte de cocaïne mais aussi pour sortir de la criminalité. Yorsi est impétueux et son énergie débordante met parfois mal à l’aise les autres patients. Parallèlement aux soins, il traverse une véritable école de la vie : dans le collectif il apprend à tempérer ses excès et donner sa place à l’autre. Le passé sombre qu’il porte en lui sera aussi la base de sa reconstruction.

 

Dio, 33 ans

À Takiwasi depuis 12 mois

Ce jeune New-Yorkais de 33 ans, réservé, a intégré le centre pour soigner son addiction aux opiacés légalement prescrits par son médecin : les painkillers (anti-douleurs). Ces médicaments palliatifs à des problèmes de dos, Dio en est devenu dépendant jusqu’à frôler l’overdose. Toutes les tentatives de désintoxication, remplaçant des pilules par d’autres, ont échoué jusqu’ici.  Après 12 mois de cure, Dio a beaucoup changé. Il a appris à exprimer ses sentiments et semble avoir trouvé sa voie dans le théâtre. Son départ du centre est imminent mais le jeune homme perçoit que sa transformation ici n’est qu’une étape vers un chemin de guérison long et solitaire.

 

Franck, 20 ans

À Takiwasi depuis 3 mois

À à peine 20 ans, Franck revient à Takiwasi. Il a été expulsé une première fois après avoir consommé de la drogue dans le centre.  Il vient d’avoir une petite fille, mais son addiction à la marijuana et la pâte de cocaïne l’a éloigné de ses responsabilités. Son retour au centre est un test et une véritable mise à l’épreuve de sa volonté. S’il est parfois difficile de cadrer le jeune homme instable, Franck fait preuve d’une grande application envers les soins par les plantes et de la psychothérapie. Progressivement, il tente d’explorer et de comprendre l’origine de sa colère et de son anxiété.
 

 

L'expérience du changement, de la transformation, n’est pas linéaire. Dans un processus de soin, on passe par des étapes à effets immédiats ou à long terme. A Takiwasi, ces étapes sont très ritualisées : de l’arrivée au centre, à la prise de plante en passant par les ateliers thérapeutiques, il y a des règles et des codes pour tout.                        

Tout cela nous a conduit à imaginer une structure par “actes”. Comme au théâtre, les scènes présentent une unité de temps et de lieu, dans un ordre qui n'est pas forcément celui de la réalité. Le film est rythmé par les changements d’états des personnages pendant la cure, et l’expression des traits de leurs personnalités.

Les entretiens des patients avec les psychothérapeutes sont des jalons importants de leur séjour. Ces entretiens ne nous étaient pas accessibles mais nous utilisons l’interview pour en rejouer les codes, créant un intermède dans la structure du film. Dans un bureau, face à la la caméra, le patient se raconte : Comment penser son passé, les raisons de son addiction ? Comment se comprendre et se réconcilier avec soi-même ? Un sens profond émerge de cette rencontre entre le discours et l'image.

A quoi va servir le financement ?

Pour ce film nous avons fait le choix de l’autoproduction. Cette indépendance nous permet d’affirmer davantage notre point de vue et d’exprimer notre style propre sans avoir à suivre une ligne éditoriale.

Depuis un an et demi que nous travaillons sur le film, nous avons déjà investi près de 10 000€ pour son tournage. Le financement participatif servira uniquement à la post production et correspond à 42% du budget global.

Les coûts sont bien sûr le montage, le mixage et l’étalonnage du film mais aussi l’animation et le sound design qui vont permettre de donner à voir la partie plus sensible des soins par les plantes et la traduction du film qui sera disponible en français, anglais et espagnol.

À propos du porteur de projet

Aurélie Marques

Réalisatrice

Diplômée en journalisme à l’IEP de Grenoble, je réalise depuis 2014 des magazines et documentaires pour les chaînes de télévisions publiques et du câble. En 2017, je décide de tout arrêter pour m’engager dans un projet qui reflète mes engagements éthiques et militants.

Passionnée par les médecines douces, je pars pour six mois en Amérique Latine pour comprendre les pratiques de soin traditionnelles. A Takiwasi, je découvre le potentiel thérapeutique de la rencontre des savoirs, entre psychothérapie et science des plantes amazoniennes. Une profonde envie de film naît alors en moi et encourage mes aspirations aux changements. Un processus dont la prochaine étape m’amène à une formation en herboristerie.

 

Louis Bidou

Réalisateur

Avec un père ethnologue et une mère psychanalyste, La voie des plantes : ceux qui voulaient guérir est un peu pour moi une histoire d’héritage. Après mes études de commerce, je m’investis pendant près de cinq ans dans l’économie sociale et solidaire en Afrique. Mes longs séjours à l’étranger ont forgé un certain “regard éloigné”. En 2012, mon père me transmet les enregistrements qu’il avait réalisé quarante ans auparavant auprès de chamans du peuple Tatuyo : ils contenaient des mythes et chants rituels disparus. Je retourne en Amazonie Colombienne  pour retrouver les descendants de ces chamans et leur restituer ce fragment de leur patrimoine immatériel.

Cette aventure a donné naissance à un premier documentaire "La Voix des Tatuyos" projeté en salles de cinéma et festivals. Je découvre le plaisir de la réalisation et la force du cinéma documentaire. La graine était semée. Avec La voie des plantes, je continue d’explorer les points de rencontre possibles entre les peuples autochtones et le monde moderne.

 

Adrien Bellay

Monteur

En tant que monteur, un univers m’a plus particulièrement captivé : c’est celui des Tatuyos. Ce peuple qui vit dans une symbiose parfaite avec son environnement. Ce documentaire m’a fait prendre conscience qu’il était possible, dans un esprit participatif et indépendant, de faire passer un message. Suite à cette première collaboration avec Louis Bidou, j’ai réalisé en 2017 le documentaire « L'Éveil de la Permaculture » dont le succès a largement dépassé les espérances. Il répondait alors à une attente du public sur l’écologie, le partage, la communauté, une culture commune. Autant de valeurs qui me guident dans mes projets professionnels. J’ai décidé d’accompagner les deux auteurs dans leurs démarches militantes dans l’espoir de faire connaître à plus de monde l’histoire de ces plantes sacrées et de ces peuples entrés en résistance.

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