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La Visite

4O ans après, Victor retourne à La Modelo...

À propos du projet

 

Cette somme nous permettra de financer presque l'entièreté du film et surtout les frais de post-production induits (archives,mixage,étalonnage, sous-titrage,back-up, DCP...)

 

 

Titre : LA VISITE

Film : Documentaire

Durée : 52 min

Langue : français, catalan

Film sous-titré

Tournage Barcelone : début mars 2020

Réalisation collective


Genèse du projet

Sous la forme d’une interview filmée, il avait été demandé plusieurs fois à Victor de raconter sa période d’emprisonnement à la Modelo en 1978. Cette sollicitation émanait soit de copains de travail journalistique, soit d’amis libertaires.

Il avait toujours refusé. Les difficultés de mémoriser avec exactitude les dates de cette période le réfrénait. Il y avait également des faits qu’il ne voulait pas divulguer. Il estimait que certains n’étaient pas forcément prescrits et qu’ils pouvaient être encore judiciarisés. A cette époque, Victor repoussait donc poliment ces propositions d’entretiens.

En avril 2019, le Centre Ascaso Durruti (CAD) à Montpellier avait programmé le film «COPEL : Une histoire de révolte et de dignité». Victor avait été à cette occasion invité pour débattre et témoigner sur ses 8 mois de détention à La Modelo.

Après cette soirée, en discutant lors du retour de Montpellier, il nous apprend que La Modelo est fermée depuis 2017 et que, jusqu’à sa transformation à but «social et mémoriel», cet établissement pénitentiaire est ouvert au public. Les possibilités de visites étant limitées, il souhaite y aller rapidement. Il ajoute que depuis 1978, il n’a jamais revu cet établissement. Pour lui la visite de ces lieux d’emprisonnement, 40 ans après, serait le terreau de la mémoire de ses moments passés.

La vivacité de ses propos par rapport à ce projet de visiter La Modelo nous amène à lui faire cette proposition :

« Et si l’interview que l’on t’avait proposée, on l’effectuait dans le cadre de la visite de La Modélo, serais tu d’accord?».

Il approuve cette opportunité avec un engouement presque réjoui. Cela lui va parfaitement car cette situation lui raviverait plus aisément ses souvenirs de détention plutôt que l’interview figée qui était proposée les années passées.

Six mois après, cette éventualité est devenue le projet de ce film. Cette esquisse n’est plus un brouillon mais une réalisation qui sera tournée début mars 2020 .

La trame du film

Fermée depuis juin 2017 après 113 ans d’existence, la prison La Modelo à Barcelone a ouvert ses portes au public.

Le projet de ce film est de remettre en situation, 40 ans après, un ex-prisonnier français incarcéré en 1978 pendant 8 mois dans la Modelo. Victor, l’ancien détenu, relatera à la fois les circonstances politiques des années fin 70, son militantisme, et la situation sociale et insurrectionnelle présente au sein de cette prison barcelonaise.

Après la mort de Franco, la libéralisation du régime espagnol va maintenir un appareil policier et militaire semblable à celui du régime franquiste. Au cours de la « transition démocratique » espagnole la signature du pacte social et économique de Monclea en 1977 par les partis politiques, mais refusée par la CNT (Confédération National du Travail, organisationt anarcho-syndicaliste), va ouvrir la voie à une violente répression à l’encontre du mouvement anarchiste et libertaire.

Après l’attentat de la salle des fêtes de la Scala à Barcelone (15 janvier 1978), faussement attribué au mouvement anarchiste, une vague d’arrestations va concerner des militants libertaires espagnols mais également des français.

En février 1978, 12 libertaires sont arrêtés lors d'une rafle sur le territoire espagnol. Cest au cours  d'opérations militantes que, notamment, Victor et Bernard seront appréhendés. Bernard Pensiot sera arrêté à Barcelone le 3 février 1978, Victor, lui, a été cerné à la frontière espagnole avec 3 autres compagnons le 4 février 1978. Avant d’être incarcérés à La Modelo ils seront durement torturés pendant 72 heures lors des «interrogatoires» de la Guardia civil.

Suite aux conditions de détention et à une amnistie partielle de certains prisonniers, La Modelo était, durant ces années, fréquemment rythmée par des mutineries, des auto-organisations collectives, des grèves de la faim, des évasions par souterrains et des auto-mutilations. La COordination des Prisonniers en Lutte (COPEL) sera un des mouvements porteurs de ces actions souvent décidées lors d’assemblées générales.

Ces mouvements insurrectionnels ont été violemment réprimés par les pouvoirs pénitentiaire et policier.

Victor a donc vécu tous les mouvements de cette période, en participant notamment à une grève de la faim de 32 jours. La visite de la Modelo, retranscrira pour lui, in situ, ses différents moments de détention. La visite de cet immeuble pénitentiaire avec ces structures particulières dites panoptiques, conçues pour surveiller et punir, permettra au protagoniste de raconter son histoire carcérale dans un espace pratiquement inchangé depuis 1978.

 

Lors de la déambulation de Victor, l’évocation des conditions du passé carcéral dans les différents lieux emblématiques de cette centrale seront les prompteurs de sa mémoire. Cet oubli impossible sera inscrit par une parole unique, comme en écho aux murs pénitentiaires qui transpirent, encore et toujours, tous les passés de punitions d’enfermement.

Revivre en quelque sorte dans les lieux de détention un passé vieux de 40 ans, alors que Victor depuis ce temps n’a jamais revu la prison La Modelo. Cette visite sera donc la première depuis sa libération en 1978.

 

Intervenants :

Victor, le protagoniste/témoin

Un historien de la période post-franquiste espagnole

Un des fondateurs de la COPEL (Coordination des prisonniers en lutte)

L'avocat barcelonais de Victor

Un ancien ami détenu de Victor

Un(e) représentant(e) du CAR (Comité Anti-Répression) de Perpignan

Les intervenants sont au centre du récit de Victor. Ils sont à la pointe de son histoire et nous éclairent sur son passé singulier et la situation socio-politique des années 70. La plus grande partie sont des témoins plus ou moins directs de cette période sombre de Victor. Les archives (articles de presse, affiches, photos, videos…), que nous voulons nombreuses, compléteront et illustreront les interviews de chacun d’entre eux.

À quoi va servir le financement ?

Le collectif "Les Amis d'abord" est composé de volontaires. L'équipe de tournage (caméra, son, script, montage, making-of...) va donc travailler sans contreparties. Le tournage du film va principalement être réalisé à Barcelone.

L'objectif initial à atteindre est de 3000 €. Cette somme nous permettra de payer les frais liées au tournage à Barcelone et une partie des frais d'étalonnage et de mixage. Cette somme est le minimum minimorum.

Alors, pourquoi commencer avec un objectif si bas ?

 Pour Ulule (comme sur les autres plateformes), si l’objectif  de départ n'est pas atteint tous les donateurs sont remboursés et évidemment nous n’obtenons rien.

Autant donc se fixer un objectif atteignable pour nous permettre au moins de tourner et de terminer le film.

Mais si la somme initiale est atteinte, nous pouvons aller plus loin…

Si la somme dépasse l’objectif et nous l’espérons grâce à vous :

- elle nous donnera accès à plus de documents d’archives (photos, fac-similé d’articles de presse, documents audio-visuels) qui nous sont indispensables pour enrichir le contenu du film et pour illustrer la mémoire socio-politique de cette période.

- elle pourra aussi assurer la sauvegarde (le back-up) des parties son et image du tournage, par l’achat de disques durs pour le stockage des données captées.

- elle complétera les frais de post-production (étalonnage et mixage)

- les sous titrage des intervenants catalans et espagnols

- elle pourra, si vos dons sont copieux, ouvrir la prise en charge de la diffusion du documentaire (impression DVD, support DCP...)

À propos du porteur de projet

L’équipe fait partie d’un collectif de 8 personnes.

Nous sommes : Victor, Freddy, Edwige, François, Georges, Marie, Thibault et Patrice.

Notre groupe brasse beaucoup de compétences et d’origines diverses.

Nos dispositions touchent tous les domaines : journaliste, ingénieur du son, monteur.se cinéma/TV, camera (wo)man, cinéphiles, photographes et même docteur en cinéma. Nous sommes donc polyvalents et cette pluridisciplinarité est la force de ce collectif.

Ce collectif s’est investi dans ce projet sur les bases d’une forte amitié. Nous nous connaissons depuis longtemps et Victor est un ami de longue date.

Sa chronique devait être racontée car elle est singulière et historique.

Singulière car, bien sûr, c'est son histoire personnelle mais aussi parce que Victor est un personnage à lui tout seul. Son caractère prodigue et chaleureux ouvre la parole aux autres et scelle un attachement presque immédiat. Cette convivialité imprègne le récit de sa période d’emprisonnement. Sa narration est fréquemment farcie d’anecdotes, pour certaines truculentes, pour d’autres tragiques, mais cette chronique du monde carcéral nous assène aussi la situation funeste et violente de l’enfermement.  Sa jovialité n'obère pas la partie sombre de ses souvenirs, elle la raconte...singulièrement.

Historique car la fin des années 70 pour l’Espagne est truffée d’évènements essentiels qui vont marquer le devenir de la péninsule. La mort de Franco n’a pas été la fin de la dictature. Pendant presque une décennie toutes les marques du passé sont encore présentes. La répression, et sa violence, produisent les mêmes effets : la rébellion et la désobéissance (civile ou pas) qui restent les seuls moyens de lutte. La mémoire de cette période est plus que précieuse, car sans elle, on ne peut comprendre et obstruer les ornières brunes du futur qui pourrait nous advenir. On aimerait pouvoir dire que ce documentaire anticipe une péremption de la sombre malédiction néo-fasciste.

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