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La Laverie, au service occulte de sa majesté

La série culte geeko-lovecraftienne de Charles Stross, en romans et jeu de rôle

Vos meilleurs souvenirs du "mythe" ?...et comment la Laverie peut renouveler votre expérience.

Liquidons le "bulletin de guerre" : le compteur se remet à progresser vers l'objectif. Et vu que nous avons fait appel aux professionels, il faut s'attendre bientot à un bond décisif, qui nous conduira peut-être au delà. Ne vendons pas la peau du Shoggoth, on y travaille.Le sujet du jour est donc: vos meilleures lectures et expériences ludiques en matiere d'horreur cosmique, et comment La Laverie est une série qui les renouvèle. Je commence.

Pour ma part, si je ne dois n'en conserver qu'un, je dirais que mon souvenir le plus mémorable, sur le plan ludique, est  "Green and pleaeant country", une campagne se déroulant dans l'angleterre de l'entre deux guerres, ou j'étais "Gardien". L'intrigue débutait avec un spectacle de medium, censé être un divertissement, mais trahissant d'êtranges visions, qui vont rentrer en raisonnance avec des faits divers découverts immédiatement après par les personnnages...s'en suit une longue enquête, que - je dois vous l'avouer - j'ai écourtée pour balancer mes joueurs dans la partie la plus "éérique".

Grand bien m'en prit. Une "porte" découverte dans une mine par les autorités les mena du Sussex des années 30 jusque sur…la lune, ou l’armée britannique, grâce à de rudimentaires scaphandres, tentait une exploration précaire. Une situation d’autant plus fascinante que décrite avec quelques brillants détails (notamment la technologie utilisée et ses limites, de l'ordre des scaphandriers de l'époque). je vous laisse imaginer la surprise des joueurs.

A partir de là, l'ambiance à la table se métamoprhosa. En fait la table était déja loin de ce monde et allait conduire les joueurs, autant que les personnages, très loin.

Ils allaient franchir des paliers supplémentaires de plongée dans le merveilleux, avec une constante surenchère les éloignant toujours plus du prosaïque point de départ. Un deuxième pas était franchi lorsque les joueurs se mirent à explorer une pyramide monumentale construite sur la face cachée avec comme point d'orgue la rencontre inquiétante de ces habitants (la grand race de Yith) et leur échappatoire grace à une de leurs machines à voyager dans le temps.

Une troisième plongée dans l’Eerie les conduisit donc à fuir toujours plus en avant vers des époques non humaines de la terre, et en découvrir leurs habitants.

Enfin, un ultime pas fut franchi avec la chute finale, rien de moins que la poursuite du voyage jusqu’à la fin des temps…pour assister à la renaissance de l’univers et à leur retour au point initial, en spectateurs de leurs propres alter-ago.

Ce n’est pas par hasard si ce fut une session mémorable pour tous Tout entière centrée sur la chute dans « l’Eerie », à partir d’un très prosaïque point de départ, elle ne contenait ni cultistes, ni rituels magiques, ni coups de pistolets. Mieux: la partie investigation a été réduite au strict minimum en faisant que les faits viennent vers eux, pour qu’ils aillent vers le merveilleux. Finalement, cette partie fut beaucoup plus proche du genre de l'horreur cosmique, telle qu'on la trouve chez HPL (Dans l'abime du temps), Meritt (Le peuple de l'abime) ou Clark Asthon Smith (La cité de la flamme chantante). J'y reviendrai lorsque je vous présenterai mon projet de jeu de rôle revenant aux sources du genre.

Et vous,en matière d'horreur cosmique, quelle est votre meilleur souvenir de lecteur/jeu que vous avez envie de partager  ? Y retrouvez-vous les mêms éléments du genre, ou d'autres que je n'ai pas abordés ?  

La police montée...sur des Equoides. Gare aux morsures (illustration pour le jeu de rôles)

La Laverie, ou la lessiveuse de l'horreur cosmique.

Je ne prétends pas épuiser le sujet dans cette news, et j'en appelle, pour ceux qui ont lu les romans, à leurs impressions et idées. Pour ma part, je vois trois grands moments dans ma lecture de La Laverie

- La rencontre avec le "Soleil noir" (attention spoiler) dans le Bureau des atrocités. Stross y aborde la fascination des nazis pour l'occulte et avance l'idée que les camps de concentration étaient aussi le plus colossal des sacrifices humains, il revient sur l'horreur réelle et indicible pas si enterrée que ça, avec une surenchère. Dans un univers parallèle, les nazis on réussit, grâce à ces horreurs, à en invoquer une, à côté duquel Cthluhu est tout mignon avec ses représentations caoutchouteuses. Une entité affamée, l'incarnation de l'entropie, qui termina ici par vider l'univers de toute particule d'énergie. Vous imaginez la promenade, en scaphandre surchauffé (la température étant proche du zéro absolu). Dans cette terre (et cet univers) morte, où rode encore le dieu repu.

- Jennifer Morgue m'a moins marqué. J'en retiens surtout l'accord passé entre les gouvernements humains et les profonds pour le partage de la terre. Comme vous le verrez dans l'encyclopédie, Bastien souligne avec raison ce qui est surtout implicite dans le roman, à savoir que si on fait le calcul, vu la place que tiennent les mers (même en enlevant la croute océanique), l'humanité est dans une "réserve" fragile. Dans la grande tradition lovecraftienne, l'horreur vient surtout de cette prise de conscience. Sans parler de la situation de la population des iles.

- Equoide "modernise" quant à lui la façon de concevoir des horreurs comme Shub-Nigurrath, incarnation de ce "cancer" qu'est la vie, dans la vision pessimiste d'HPL. La créature, son cycle de vie, son intrusion dans la vie des animale et humaine, et sa sexualité, ont un caractère malsain et crédible inédit. De même, les adaptes de "Shubby" (ou ceux qu'il a subjugués) utilisent la bureaucratie et les arguments d'efficacité les plus banals pour faire parvenir l'horreur, de manière absurde, sous le regard (indifférent) de tous.

Bref, voici quelques façons dont la Laverie s'inscrit dans le genre tout en le renouvelant. Dans tous ces exemples, le passage au jeu présente un écueil, le même que celui qui émaille beaucoup de parties, à mon avis, de l'appel de Cthulhu : le "complotisme" rampant.

Ici, les nazis n'ont pas "comploté". La Shoah est connue de tous. Les gouvernements ne "complotent pas" avec les profonds, ils n'ont pas d'autre choix. De même qu'ils n'ont pas "comploté" pendant la guerre froide. C'est la même fuite en avant que nous avons connue dans la réalité. Enfin, dans Equoide, l'horreur - et l'absurdité- se faufile tout naturellement une voie dans un système déjà relativement absurde au quotidien. Une "machine à broyer", dont on connait les dérives possibles, avec tous ces gens- nous- qui ne faisions "qu'obéir à la hiérarchie".

Ami lecteur de la Laverie, si tu veux partager tes frissons...

Maitre Sinh