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La Laverie, au service occulte de sa majesté

La série culte geeko-lovecraftienne de Charles Stross, en romans et jeu de rôle

ExoGlyphes, ou la fabrique des petits miracles. Génèse, présent et futur.

Une Illustration du JDR, basée sur "Down on the farm" dans le recueil Equoide

Bonjour à toutes et à tous

Le point : nous sommes 80 et à environ la moitié de l'objectif. Pas mal pour le 1er week-end. La précédente campagne avait atteint son objectif à ce moment...mais il était à 6000 euros. C'est donc à peu près la même progression.

Je salue les récidivistes de Tschai et les plus anciens. Chapeau pour votre soutien.

Comme j'ai vu qu'il y avait pas mal de nouveaux à bord (bienvenue), et comme vous avez remarqué que c'est un gros projet (prix Hugo et tout....) vous vous demandez peut être comment c'est possible (puisque par définition, cette série etait abandonnée des éditeurs pour cause de non rentabilité, de même que pour le Dernier Anneau). Pour vous, et pour les autres, je raconte ci dessous les étapes qui m'ont conduit de critique de SF pour des magazines à éditeur spécialisé dans les causes perdues de l'imaginaire...et l'avenir possible...

Episode 1:  Les ailes de l'imaginaire...

500 Nuances de geek (500NDG) est une association loi 1901 créée en 2010.  Elle a été parmi les toutes premières structures éditoriales en france à utiliser ulule. Et pour cause, elle s'intéresse à des objets "innovants" au public limité (même a l'interieur du jeu de rôle et de la SF.c'est dire.) Sans le crowdfunding rien ne serait faisable. Tous les fonds collectés vont donc aux projets.Personnellement, je suis bénévole (bien que j'espère bien un jour ne plus l'être, mais la perspective est sans cesse repoussée).

Concernant ce que nous vous proposons ici - les romans -  j'ai commencé à ruminer sur le manque de traductions en 2007. Vous pouvez le constater sur la critique de la Laverie que je faisais pour le web-magazine Yozone (il y en a bien d'autres) En 2012, soit pratiquement des les débuts de 500NDG, je suis passé à l'acte en essayant de financer la traduction d'un roman - Le dernier anneau- via ulule.

Ratage: 50 % des fonds recueillis seulement. Ce fut le seul échec sur 17 projet, jusqu'ici.

Les raisons sont nombreuses, mais en gros ça tient à deux choses.

L'une, c'est qu'un livre ne représente pas un gros panier (les prix du marchés oscillent pour un A5 entre 20 et 25 euros). Alors même que les couts de traductions littéraire sont très elevés. Au final, il faut être très nombreux pour financer le projet. Trop pour le public potentiel.

L'autre problème, c'est le reseau, justement.  Les productions culturelles ne se font pas dans le vide. Même les "gros"éditeurs sont tributaires du "bouche à oreille", qui repose sur des "communautés", Mais la contrepartie, c'est qu'il faut que les productions soient conformes en tous points aux attentes des prescriptions de ces communautés. Vous seriez surpris du temps que passent aujourd'hui d'énormes boites à traquer le bloggeur/se qui peut les faire trembler. 

Ca ferait un bon sujet de roman, d'ailleurs.

Or, les réalisations de 500NDG, par défintion, dépassent des cadres attendus, chevauchent plusieurs mondes, Pour faire simple, un roman, qui plus est  inédit (donc que personne ne connait), ca n'interesse que très marginalement la communauté des joueurs.

Episode 2 : un nouvel espoir

Pour autant, je n'ai pas abandonné. D'autant plus que le financement des jeux les plus "marginaux" (ceux qui m'interessaient le plus) était très compliqué. En 2015, j'ai donc imaginé de revenir aux fondements du crowdfunding :

Fini l'impression, les goodies pour gonfler les paniers. Juste le coeur de l'objectif : traduire.

Fini les chimériques profits : on donne tout au traducteur.

Fini la sujétion, les contrats, la paperasse : je propose des trucs, on en discute, les traducteurs prennent le pot librement, les jeux restent libres (c'est pas loin de ce que Stross et d'autres appelent l'Adhocratie)

Ca a commencé pour traduire des jeux narratifs, avec La caravelle. Et comme ça marchait plutot bien (plus de 30 jeux traduits depuis: alors qu'avec le processus classique, il nous aurait fallu déployer une energie énorme pendant 15 ans), je me suis rapidement dit qu'il y avait un modèle à creuser pour les romans. Il suffirait de découper les romans en épisodes, comme ce qui se faisait  au XIXe siecle (les Père Goriot et autre, avec lesquels on vous torturaient au lycée, etaient publiés dans des journaux sur ce mode). L'idée d'ExoGlyphes était née.

Pour faciliter le démarrage, j'ai repensé, en priorité, un projet plus ancien (la Laverie) mais qui avait plus de chance de mobiliser les communautés de joueurs (bien qu'au final, je ne suis pas sur que cela ait beaucoup joué).

Il se trouve que ces deux auteurs (Stross et Eskov) étaient aussi susceptibles d'être ouvert à la démarche (avec, pour Charles Stross, un tropisme "geek" ouvert aux expérimentations). Et puis, surtout, parceque ces oeuvres n'étaient pas traduites depuis  longtemps, et qu'une telle proposition était donc providentielle (elles sont d'ailleurs loin d'être les seules vu le nombre toujours plus restreint de traductions)

Le coeur du problème, c'était alors de proposer un partage équitable entre les parties. Pas simple. Je vous passe les détails. En gros, l'objectif est qu'au final, traducteur et auteur aient la rémunération "optimale" qu'ils auraient eut dans les meilleurs conditions possibles (pour le traducteur, la "moyenne" de l'ATLF). Une "cible" permettant de programmer en combien d'épisodes nous allions proposer les romans.

Se dessinait donc un processus éditorial par cercles concentriques.

D'abord le financement des traductions sur ExoGlyphes (qui représente le cout le plus important, comme je l'ai dit plus haut). Le coeur du réacteur, avec les membres les plus impliqués, pret à contribuer pour voir les traductions advenir et les lire sans attendre.

Ensuite, une fois le processus achevé, de  6  mois à 1 an après, vient le financement de l'impression des versions publiques sur ulule. Le second cercle. C'est la ou nous sommes.

Enfin, les exemplaires "restants" seraient distribués dans le circuit normal. Le troisième et dernier cercle. Le "traditionnel".

Episode 3 : Printemps, été ?

Voila ou nous en sommes aujourd'hui : 3 romans de traduits, le 4ème en chantier sur ExoGlyphes, et avec cette campagne, on clos l'expérimentation du processus éditoriale en entier. Les enjeux sont elevés . Pas tellement en termes d'echec ou de réussite, mais de pérrénité. Au plus on aura de moyens, au plus les auteurs seront satisfaits et impliqués pour la poursuite. C'est qu'il en reste, rien qu'avec Charles Stross...sans parler du reste. Mais ca sera l'objet d'une autre news. 

Au fur et à mesure qu'ExoGlyphes va ralier des membres (et cette campagne va aussi y contribuer), le nombre d'épisodes va se réduire au point que - c'est l'objectif - les epubs et les romans soient légerement moins chers que sur le marché "normal". Mais toujours dans le domaine de l'inédit et du tirage ultra limité. A ce moment là, évidemment, les pledges les plus avantageux seront épuisés. Ca concerne aussi les libraires. J'ai calculé qu'une douzaine ibraires de plus (actuellement, nous avons le soutien de Trollune à Lyon, seul endroit de france ou vous trouverez les romans !), nous serions tous, eux inclus, immédiatement propulsés à ce niveau.

Il s'agit donc de résoudre un dilemne du prisonnier typique (tout le monde a intérêt à des traductions, qui plus est bon marché, mais personne n'a interêt, dans une rationnalité individuelle, à en supporter le cout, et prefère le reporter sur les autres qui seraient partant.). Ce que je vais essayer de faire.

A (un peu) plus long terme ExoGlyphes pourrait se transformer une coopérative (SCIC), associant les interêts des lecteurs, traducteurs, voire auteurs. Un éditeur réellement participatif. On en est pas encore là, mais la route est tracée....

Si vous êtes arrivés jusqu'ici, chapeau, vous avez la médaille du gars qui dépasse le niveau des titres sur internet ;)

Portez vous bien, et continuez de faire connaitre le projets sur les réseaux. Vous êtes notre meilleure com.

Maitre Sinh