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La faim des fous

Documentaire sur les 45 000 personnes handicapées mortes de faim, en France, de 1940 à 1945

À propos du projet

C'est un pan méconnu de notre histoire récente. Méconnu et tragique. J'ai besoin de votre aide pour contribuer à le faire sortir de l'oubli.

Votre mobilisation nous a permis d'atteindre rapidement (en moins de deux semaines) le premier objectif de 5 000 €. Votre soutien m'honore, me touche et m'encourage. MERCI !

Ces 5 000 € nous permettent de financer les frais de déplacement et de location du matériel. C'est essentiel mais notre but est de réaliser le film le plus accessible possible.

Un documentaire basé presque uniquement sur des entretiens risquerait d'être trop austère. Nous avons donc besoin de moyens pour tourner des images d'illustration, acheter des archives (sur le rationnement, notamment), aller en Allemagne pour expliquer en quoi les deux cas sont différents (extermination, là-bas / abandon, ici), ou bien encore améliorer le rendu final (mixage du son, étalonnage, etc.).

Nous vous encourageons donc à continuer à nous soutenir pour qu'ensemble, nous puissions contribuer à faire sortir ce drame de l'oubli.

  • Le projet

C'est un pan méconnu de notre histoire récente. Méconnu et tragique.

Entre 45 000 et 50 000 hommes et femmes sont littéralement morts de faim en France, de 1940 à 1945. Ces personnes handicapées psychiques ou mentales étaient internées dans les hôpitaux psychiatriques, qui n'ont guère que le nom en commun avec les établissements d'aujourd'hui. Elles ont été victimes de l'application, uniforme et sans discernement, du rationnement alimentaire, instauré en 1940. Les rations étaient insuffisantes pour assurer les apports indispensables. Mais alors que ces patients étaient enfermés dans des lieux clos, sans aucune possibilité de compléter eux-mêmes leur alimentation, leur situation particulière n'a pas été prise en compte. Et cet abandon les a conduits à la mort.

Ce drame sans précédent n'a pourtant pas laissé grand trace dans la mémoire collective : pas une seule ligne dans les manuels scolaires, de rares travaux d'historiens, pas encore de monument national en hommage à ces victimes...

La donne est cependant en train de changer. 94 000 personnes ont signé la pétition, lancée en 2013 par l’anthropologue Charles Gardou pour demander la création d'un mémorial en hommage à ces victimes (photo ci-contre). Cet appel a été entendu : le président de la République devrait inaugurer, d'ici la fin de l'année, une plaque sur le parvis des droits de l’Homme au Trocadéro.

La faim des fous veut, à sa manière, contribuer à sortir de l'oubli cet épisode de notre histoire. Nous expliciterons les mécanismes qui ont abouti à la disparition d’au moins 45 000 personnes dans une indifférence quasi-totale. Le rationnement alimentaire ne suffit pas à expliquer l'ampleur de ce drame si on ne prend pas également en compte les conditions de vie dans ces asiles, l'isolement des aliénés, le contexte eugéniste de l'époque, la ''non-valeur'' sociale de ces personnes handicapées psychiques ou mentales dans cette France des années 40, etc. Ce documentaire ne reposera toutefois pas uniquement sur le récit des historiens : il accordera une large place à la parole des descendants de victimes.

  • Notre intention

Comment raconter une histoire qui s'est déroulée il y a plus de 70 ans, et, surtout, qui cumule les tabous : la faim, la folie, l'abandon à la mort ? Et comment faire comprendre l'ampleur de ce drame ? 45 000 à 50 000 morts ! Un nombre presque irréel, abstrait ! Il faut revenir à ces individus. Donner à voir qui étaient ces hommes et ces femmes qui nous ressemblent... et sur lesquels nous disposons de si peu d'éléments.

Aucune image n’a été tournée dans ces asiles. Quant aux photos, elles sont excessivement rares. Quelques-unes seulement ont été recensées, dont cette photo prise en 1944. La parole des victimes est quasi-inexistante. Pire, leur mémoire a souvent été effacée jusqu'au sein de leur familles. L'amnésie collective a fait son lit de tous ces silences familiaux. Quelques descendants ont toutefois fouillé le passé pour exhumer leur souvenir. Ces petits-enfants, neveux, petites-nièces... ont soulevé la chape de plomb qui pesait également, souvent, sur leur propre existence.

Nos démarches sont donc en résonance. À leur combat pour rendre hommage à cet aïeul répond ma volonté de rappeler au plus grand nombre l'existence de cette tragédie de l'indifférence. C'est sur ces destins que je veux m'appuyer pour raconter l'abandon à la mort puis à l'oubli de 45 000 à 50 000 personnes vulnérables.

  • Yvonne, victime oubliée

« Ce n'est sans doute par hasard que je suis devenue psychologue et ai travaillé très longtemps en psychiatrie. » Christine Goirand-Fadhlaoui ignorait presque tout de sa grand-tante, Yvonne. Sa disparition, son existence même, étaient devenus un secret de famille. La mort de sa propre mère, Jacqueline, en 1989, dans des circonstances tragiques, la pousse à explorer son passé et à en savoir plus sur la sœur de sa grand-mère Odette.

Elle apprend qu'Yvonne était une jeune femme moderne, qui avait fait des études, jouait au tennis... « Mais à partir de 20 ans, elle a fait des crises terribles, de schizophrénie vraisemblablement. Ses parents se sont alors sentis contraints de la faire interner. » En 1938, à 31 ans, elle est admise à l'asile psychiatrique de Clermont-de-l'Oise. Elle y mourra en 1944, sans doute de faim, comme tant d'autres malades.

« Les années de guerre ont été très dures pour ma famille. Leur maison à Beauvais ayant été bombardée, ils ont été obligés de se réfugier à la campagne. Les transports étaient très compliqués. Et puis dans ces milieux bourgeois, c'était une honte d'avoir un proche à l'asile. Alors Yvonne a certainement été abandonnée à son sort tragique, raconte Christine Goirand-Fadhloui. Les conséquences ont été terribles pour ma mère. Née l'année où Yvonne a été internée, elle a porté le fantôme de sa tante jusqu'à sa mort. Aujourd'hui encore, une partie de la famille s'est réfugiée dans un certain déni. Je leur ai pourtant raconté ce qui s'est passé. Je leur ai expliqué comment les gens mourraient de faim, à cette époque, dans les asiles psychiatriques. Mais pour eux, c'est comme s'ils ne pouvaient pas réaliser le calvaire qu'a dû vivre cette pauvre Yvonne. »

  • Le financement

Nous avons bien évidemment proposé ce film à plusieurs chaînes de télévision. Mais n'avons enregistré que des refus jusqu'à présent : sujet ''difficile'', absence d'images d'archives, etc.

Pourtant, cette cause touche un large public. Nous en voulons pour preuve les 94 000 signatures récoltées par la pétition lancée par l’anthropologue Charles Gardou pour réclamer un mémorial en hommage à ces victimes. De plus, l'accueil chaleureux et les encouragements que nous ont réservés les descendants contactés nous motivent à ne pas laisser tomber. Nous avons à cœur de contribuer à mieux faire connaître ce drame de l'indifférence. Nous nous tournons donc vers le financement participatif pour le mener à bien.

  • La diffusion

Notre but est que ce documentaire soit vu par le plus grand nombre. Une fois qu'il sera réalisé, nous le soumettrons donc aux comités de sélection de différents festivals de films. Nous le mettrons à disposition des associations, établissements scolaires ou de toutes autres structures qui souhaitent le diffuser. Nous solliciterons le Mémorial des civils dans la guerre, à Falaise (Calvados), un musée dédié à la vie et à la survie des civils pendant la seconde guerre mondiale, pour organiser une projection. Par ailleurs, nous tirerons du documentaire des extraits qui pourront être intégrés aux expositions en préparation sur le sujet. La page Facebook du documentaire sera mise à jour régulièrement pour informer de toutes les dates de projection.

À quoi va servir le financement ?

Nous tenons à faire un film accessible au plus grand nombre. Or, un documentaire basé presque uniquement sur des entretiens risquerait d'être trop austère. Nous avons donc besoin de moyens pour tourner des images d'illustration, acheter des archives sur le rationnement, faire un détour par l'Allemagne pour explique ce qui s'est passé là-bas ou bien encore améliorer le rendu final.

  • Objectif principal – 5 000 €

En l'état actuel de nos finances, la réalisation de ce film repose beaucoup sur le bénévolat ;-) Mais certaines dépenses sont incontournables : les frais de déplacement pour le tournage, la location du matériel, etc.

  • Objectif 2 – 5 000 € supplémentaires, soit 10 000 €

Pour avoir un rendu final de meilleure qualité, nous aimerions procéder au mixage du son et à l'étalonnage des images, avoir recours à un comédien professionnel pour la voix off, acheter les droits pour de la musique, etc.

  • Objectif 3 – 5 000 € supplémentaires, soit 15 000 €

Nous souhaiterions également enrichir le film avec des images d'archives : images d'époque sur le rationnement en France, interviews plus récentes de personnes ayant été témoins de ce drame mais qui sont aujourd'hui décédées, etc.

  • Objectif 4 – 5 000 € supplémentaires, soit 20 000 €

Nous aimerions intégrer une séquence sur l'extermination des personnes handicapées par le régime nazi, afin de souligner les différences entre ce qui s'est passé en Allemagne et en France. Mais cela suppose de pouvoir nous rendre sur place..

À propos du porteur de projet

Je m'appelle Franck Seuret. Je suis journaliste et auteur de documentaires. 

J'ai commencé à entendre parler de cette tragédie au fil de mes rencontres avec des personnes handicapées. Je passe en effet une grande partie de mon temps à travailler sur les politiques sociales du handicap. Et cet épisode revenait régulièrement dans les propos de mes interlocuteurs. Comme le symbole du mépris dans lequel la société tient les personnes handicapées.

 J'écris pour le bi-média (site et magazine bimestriel) spécialisé sur le handicap, Faire Face, ainsi que pour le magazine économique Alternatives Economiques. J'ai également collaboré au Monde Diplomatique, Rue 89, Télérama, La Vie, 60 millions de consommateurs…

Je suis l’auteur de documentaires, dont Bananes à régime forcé (52’) pour France 5. Passé à la réalisation, j'ai tourné plusieurs films autour du handicap, de la santé ou de l'action sociale : Ardi, polyhandicapé mais expulsé, Volontaires (série de 16x5mn sur des volontaires au Cambodge, au Bénin et au Pérou)…

Je porte ce projet avec le soutien du Mouvement pour une société inclusive. Cette association, présidée par Maryvonne Lyazid, ancienne adjointe du Défenseur des droits, en charge de la lutte contre les discriminations et la promotion de l'égalité, a vu le jour début 2015, suite au succès de la pétition lancée par l'anthropologue Charles Gardou sur change.org. Elle a pour objectif de travailler, en lien avec les pouvoirs publics et le milieu associatif, à la mise en œuvre d’actions mémorielles visant à faire connaitre ce qu’ont vécu les plus vulnérables dans le passé, pour mieux consolider la reconnaissance des fragilités dans notre société. Elle travaille à la création d'un Centre de mémoire et de ressources pour la société inclusive. « Il n'y a pas de vie minuscule », pour reprendre les mots de son président d'honneur et responsable scientifique, Charles Gardou, professeur à l'Université Lumière Lyon II.

FAQ

  • Je souhaite pouvoir contribuer financièrement à votre documentaire. Est ce toujours possible?

    Bonjour, 
    merci pour votre message sur Ulule et votre intérêt pour la Faim des fous.
    Bien sûr, il est toujours possible de contribuer à la réalisation du documentaire.
    Vous pouvez m'adresser un chèque, à l'ordre de Pour mémoire, à l'adresse suivante :
    Franck Seuret
    26 impasse du pélican
    18, lot Cantogal
    13009 Marseille
    Pour mémoire est l'association qui porte la gestion administrative du documentaire.
    En vous remerciant pour votre aide, si précieuse.

    Dernière mise à jour : il y a 2 ans, 11 mois