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RICHARD WEINER / LE GRAND JEU

Correspondances croisées (1927-1937) avec René DAUMAL, Roger VAILLAND, Josef ŠÍMA, Pierre MINET, Maurice HENRY, Arthur HARFAUX.

  • Un dernier mot (avant le livre)

    C'est fini ! Comment vous dire merci ? Vous êtes 101 sacrément chouettes phréranges - et grâve à vous tous & toutes, nous tenons désormais le bon bout de notre fil (celui qui doit nous conduire au cœur du labyrinthe).

    Le livre promis est déjà sous presse, vous devriez le recevoir chez vous d'ici un mois, pendant la première quinzaine de mai. Merci, d'ici là, de vérifier que vous avez renseigné une adresse postale valide.

    A bientôt, et encore merci !

    FISSILE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • J - 2

    Chers amis,

     

    Il reste tout juste 48 heures avant la clôture de notre collecte pour l'ouvrage RICHARD WEINER / LE GRAND JEU.

    Grâce à vous tous & toutes, notre objectif minimal est atteint et dépassé depuis une dizaine de jours. Mais nous pouvons faire mieux, et nous devons profiter de l'occasion précieuse que nous donnent ces dernières heures pour aider notre livre à trouver ses lecteurs ! Parce que les lecteurs du Grand Jeu en 2019 sont devenus rares, et que notre livre, tiré à 300 exemplaires, ne tardera pas non plus à le devenir...

    Nous comptons sur vous pour alerter vos contacts, aujourd'hui et demain, et susciter en dernière minute de nouvelles soucriptions ! Tous les moyens sont bons : réseaux sociaux, mails privés, banderoles au balcon, hommes-sandwichs, etc.

    Merci pour tout et à bientôt !

    FISSILE

    (Arthur Harfaux, "Portrait imaginaire".)

     

     

     

     

     

  • Enfin !

    Chers anges,

    Enfin, c'est fait ! Grâce à vous, l'objectif de 2800 € est atteint aujourd'hui. Tous nos remerciements aux soixante-treize âmes qui portent avec nous cette belle chose à venir. Le livre part cette semaine chez l'imprimeur.

    Il reste cependant 16 jours pour souscrire ou participer. Continuez donc à faire passer le mot aux intéressé(e)s autour de vous. Aidez notre livre à trouver ses lecteurs ! - sachant que les deux seront rares.

    L'éventuel excédent de recette sera vite absorbé, car d'autres frais nous guettent (8 % pour Ulule, frais de port colossaux) ... et d'autres livres attendent de voir le jour.

    Joyeux mercredi,

    fissile

     

     

     

  • Quelques pensées weinériennes (extraites du volume)

    « ... nous n’avons pas le droit de chercher à esquiver les coups sous prétexte, non qu’ils peuvent faire mal – ce serait là une excuse – mais qu’il est aussi possible de s’en passer. »

    « Il faudrait bien nous graver dans l’idée que si nous ne sommes pas en mesure de détruire les biens dont nous avons été dépouillés ou dont on nous dénie la propriété (et sur le plan métaphysique, détruire ce qui nous appartient, c’est nous détruire nous-mêmes), il ne reste qu’une seule façon de leur conserver leur pureté, c’est-à-dire d’assurer au moins notre titre de propriété, et cette seule façon c’est d’y renoncer sans réserve. Si jamais il vous arrive d’être victime d’un vol, tâchez – s’il n’y a pas d’autre remède possible – qu’on vous vole tout. »

    « La plus grande folie qu’un homme puisse commettre, c’est de s’obstiner à flatter son coefficient d’autocertitude. »

    « … la "vie" est une inadvertance, entrée dans le monde – dans l’univers – du fait d’une distraction, d’une faiblesse, voire, que sais-je !? d’une lâcheté divine. Mais pourquoi y mêler Dieu ou les siens ? La vie est un accident de parcours. »

    « Je ne vous dirai pas que la vie est belle, parce que je ne le crois pas et surtout parce que je sais que cela ne veut rien dire, et que, si même cela signifiait quelque chose, il ne serait pas indispensable qu’elle fût belle pour être souhaitable. Mais je vous lance quelques grains de ma poussière d’idées, celui-ci, par exemple, qui fait germer en moi la conviction très ferme que la vie nous reste toujours soumise, à moins qu’on la méprise, ce qui n’est pas si difficile que cela. »

    « Trouble-fête pour trouble-fête, encore faut-il qu’il y ait eu fête pour avoir pu la troubler. »

    « Il n’y a qu’une chose dont je me flatte : le fait que rien ne m’est indifférent, et je m’en flatte d’autant plus que je tiens toutes choses pour également insignifiantes, attitude dont je ne suis d’ailleurs pas non plus sans tirer un certain orgueil… »

     « … je bois parfois simplement parce qu’on dit que c’est le moyen de noyer toutes sortes de choses. Enfin, j’ai commencé à réagir, m’étant rendu compte que rien ne s’y noie si ce n’est l’homme qu’on est, tout entier – et cela, on l’aurait à meilleur marché dans la Seine – et qu’un alcoolique est une chose affreuse à voir, affreuse tout court ! »

    « Malheur aux groupes et aux collectifs. L’homme à lui seul est un système ; que peut-il en advenir, s’il essaie de faire entrer de force le système qu’il est dans d’autres systèmes ? »

    « C’est une ivresse d’une espèce particulière – l’alcool et autre chose par-dessus – une ivresse comme le doigt appuyant sur la couture d’une cosse : tu t’écosses toi-même ; non faussé. »

    « Tout le mystère de la vie se résume à cela : tendre la main, fermer les yeux et marcher. »

    « J’ai horreur des "explications" du genre "croyez-moi, je n’ai pas eu un instant de libre", etc. Le temps, on en trouve presque toujours ; le problème, c’est la concentration, disons ; ou non : plutôt une sorte de ‘déblaiement’, qui balaie les préoccupations et les idées fixes. Mais j’ai dit ‘presque’ toujours. Je suis dans une forme du tonnerre. Enfin, pas tout à fait du tonnerre – ‘il y a des défaillances’ – mais à tout prendre ça va. »

    « Il n’y a pas de dangers communs, il n’y a que des épouvantails collectifs. »

    « … être tenu et tenaillé par le "monde", c’est trouver son plaisir dans le "monde" »

    « … la simple idée de devoir faire bonne mine à des gueules que j’aurais toutes les envies du monde de gifler écarte pour l’instant tout projet de voyage. »

    « Si les gens font la paix, c’est moins parce qu’ils se sont pardonnés que, bien plutôt, parce qu’ils sont devenus insensibles – – non les uns aux autres, mais chacun à soi, chacun à l’un de ses moments d’autrefois, plus vrais, sinon meilleurs que l’instant présent. Et puis, j’ai la malchance – mais est-ce bien une malchance ?, n’est-ce pas plutôt le contrecoup d’une émanation essentielle de moi-même ? – de ne tomber que sur des gens déprimés et déprimants, pour autant que je tombe sur quelqu’un en général. »

    « … j’éprouve une grande fatigue à tous les égards, une fatigue qui déjà est le néant. Tout mouvement m’en est rendu haïssable parce que ridiculement vain, et le plus haïssable celui que constitue la transmission de la "pensée", le langage. Dérisoire poursuite de l’entendement du prochain, comme s’il y avait d’entendement possible, comme si – d’un individu à l’autre – il n’y avait pas la distance de milliers d’années solaires.Communier c’est s’exciter sur soi-même, une espèce d’onanisme. Comme tout devient odieusement factice dès lors qu’on se rend compte que les comptes sont clos et que, dorénavant, tout ce que l’entêtement y pourra ajouter ne sera qu’un scandaleux remplissage. »

     

  • Têtes de simplistes

    Maurice Henry à Arthur Harfaux, Cambrai, 14 juin 1927 :

    « Arthur Arthur j’y pense tout de suite il faut que tu photographies les simplistes le plus vite possible. / cette semaine par exemple car je veux cette photo avant le bac. […] tu photographieras / d’une part tout le monde à la terrasse d’un café / Nathaniel Weiner Pierre Roger François ; Julien […] Ensuite une photo des têtes des simplistes / NathanielArthurPierreRogerFrançois »

    Arthur Harfaux à Maurice Henry, 25 juin 1927 :

    « Dernière heure. J’ai vu Nath, François, Julien chez Crucifix. Hé oui. J’ai fait des photos. Mais pas du tout ce que tu m’as demandé. Je n’ai fait que des groupes. […] J’ai fait les photos au Vert Galant. À cet endroit où deux escaliers se font face et descendent vers le square. »

    Extrait du livre à paraître :

    RICHARD WEINER / LE GRAND JEU, Correspondances croisées 1927-1937.