BackBackMenuCloseFermerPlusPlusSearchUluleUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTubefacebooktwitterB Corporation

L'Héritage des Sombres

Edition de l'atlas de la Terre des Regards perdus

Pascal Lovis s'adresse à vous - Lettre ouverte

Chers internautes,

C’est ici, paraît-il, que je dois m’adresser à vous. L’heure est venue de livrer mes impressions, mes craintes et mes espoirs sur ce processus qui s’est mis en route et qui va conduire à la publication d’un ouvrage qui portera mon nom…

C’est sans conteste un moment charnière, mais que pourrais-je bien en dire ? L’exercice ne m’est pas familier contrairement à ce que l’on pourrait croire. Évidemment, prétendre que je n’ai pas l’habitude des mots et que je n’aime pas tordre les phrases serait… un peu mal venu. Je ne vais donc pas me cacher derrière de fausses excuses et je vais tenter de vous raconter une histoire, puisque c’est ce qui me transporte depuis… une bonne moitié de ma vie.

En effet, ça fait longtemps que j’ai pris goût à narrer les péripéties de personnages, les faire traverser des villes et des contrées modelées par mon imagination. Déjà enfant, je m’amusais à faire des cartes de mondes étranges peuplés de créatures improbables. Si j’avais eu le talent, j’aurais peut-être choisi un autre biais pour les faire découvrir aux autres : l’illustration m’aurait plu, je pense, la musique peut-être, mais les circonstances ont fait que ce sont les mots qui sont devenus le vecteur de mon imaginaire. Il a fallu toutefois quelques rencontres et quelques remarques décisives pour que je me rende compte quel était le véritable pouvoir des phrases. Réaliser qu’en quelques tournures bien choisies il était possible de faire naître une impression chez un lecteur a été pour moi un profond bouleversement intérieur. J’étais capable de transporter quelqu’un dans une ambiance et un paysage, alors que la seule chose qu’il avait devant lui était un morceau de papier zébré d’un peu d’encre. Les possibilités étaient infinies…

Les circonstances de la vie ont fait que j’ai persévéré dans cette voie. Tout d’abord par envie, peut-être par besoin, ensuite par fierté et, pendant une période, même par nécessité, j’ai écrit, j’ai créé de toute pièce un monde de plus en plus structuré par le biais d’une histoire, en faisant évoluer des personnages aux prises avec des pouvoirs qui les dépassent…

Écrire un paragraphe, c’est amusant… écrire un chapitre, c’est distrayant… ensuite, des idées émergent ; la suite se dessine ; les fils se tissent et les intrigues se nouent… Parfois c’est cohérent, parfois ça ne tient pas debout. Il faut se creuser la tête pour que l’histoire soit crédible et attrayante. Combien d’heures passées à peaufiner un détail scénaristique qui ne rentrait pas dans le cadre ? Combien de moments passés à se torturer l’esprit avec quelques amis mis dans la confidence depuis les débuts ? Combien de bières éclusées avec l’un d’eux en particulier (il se reconnaîtra) pour finalement arriver à un scénario cohérent avec tous ses fils qui se rejoignent pour tisser une trame plaisante ? Je ne sais pas combien d’heures, de moments, ni de bières, mais tous ces instants ont fait grandir mon imaginaire et ont enrichi mes idées.

Toutefois, ce processus est la fois passionnant et problématique, car lorsque la tête est pleine de scènes que l’on aimerait faire vivre et surtout faire découvrir, il faut les écrire ! Or, si imaginer un scénario n’est déjà pas évident, le coucher sur le papier est encore plus long et fastidieux… Mais au combien jubilatoire ! Car de nouvelles idées apparaissent en écrivant et finalement on découvre son monde en le créant. Là se trouve peut-être le moteur le plus prolifique de l’esprit : des scènes qui me hantent depuis des mois et qui veulent prendre réalité sous ma plume. Elles ne me laissent pas le choix ; je me dois de les faire exister. C’est parfois joyeux et c’est parfois pénible, mais c’est un processus qui m’ouvre l’imaginaire. L’envol est toujours au rendez-vous.

Il ne faut toutefois pas se leurrer ni idéaliser, écrire un roman, ce n’est pas tous les jours une partie de plaisir ; chaque page n’est pas un grand moment d’intense communion avec les muses (parfois ça arrive et c’est déjà un beau cadeau !). Non, écrire un roman, c’est des jours, des mois et des années de labeur et il faut une bonne dose de persévérance et de confiance absolue qu’un jour on va y arriver. Sinon, on lâche, surtout si on ne doit rien à personne…

J’ai lu un jour quelques réflexions de Benjamin Berton sur la rédaction d’un roman. Je ne me suis pas retrouvé dans tout ce qu’il disait, mais quelques phrases sont restées gravées en moi :

« Vous aimez écrire ? Oubliez ça : au fil des pages, des versions, des réécritures, cela deviendra quelque chose que vous essayerez d'éviter à tout prix. Vous aurez toujours quelque chose de mieux à faire.[…]Vous ne serez pas écrivain après le premier chapitre, après le deuxième. Vous ne serez pas écrivain après le plan, le script ou le synopsis. Vous ne le serez que lorsque vous aurez TOUT terminé une fois et que vous serez prêt à recommencer. »

Et finalement, c’est ce que j’ai fait… lentement, pierre après pierre, page après page, j’ai construit ce roman et je l’ai corrigé, amélioré pour finalement aboutir à un texte cohérent (je l’espère du moins). Mais ça, ce sera à vous de me le dire…

Ce texte va bientôt vous appartenir un peu, vous tous qui déciderez de vous y plonger. Chacun d’entre vous va se l’approprier ; va se créer ses propres images mentales. Et finalement, la Terre des Regards perdus s’animera dans l’esprit de chaque lecteur un peu différemment. Quelqu’un m’a un jour dit qu’éditer un livre c’était un peu le perdre ; que c’était le livrer aux lecteurs pour qu’ils en prennent possession. C’est peut-être vrai. Au moment de sa publication, il ne m’appartiendra plus, mais finalement, c’est le juste cours des choses. Ce livre a mûri pendant plus de quinze ans ; il a largement l’âge de voler de ses propres ailes ! Je crois d’ailleurs qu’une partie de moi sera heureuse de ne plus pouvoir y toucher. Lorsque le récit aura sa forme définitive, il sera comme coulé dans le bronze et il cessera d’être un texte sur lequel je m’acharne. Il sera comme il sera, mais il sera terminé…

Tout cela, c’est grâce à vous, vous tous qui avez décidé de soutenir ce projet ! Toute cette agitation autour de mon livre est pour moi complètement nouvelle et c’est avec une grande émotion que je vois toutes mes connaissances (et leurs amis que je ne connais pas) se liguer pour me permettre de publier un ouvrage supplémentaire sur mon monde ! Quel magnifique cadeau vous me faites ! Pouvoir ainsi exposer mon univers dans un atlas ; vous parler de ses contrées perdues ; me laisser vous conter les heurs et malheurs de cités en ruine, juste pour le plaisir de l’évasion pure ; c’est véritablement une fleur que vous me faites !

Je me dois donc de vous adresser un immense et chaleureux merci pour ce démarrage en trombe et l’accomplissement de ce premier palier en moins de 48 heures ! J’espère que l’aventure va se poursuivre et que l’on pourra augmenter cet atlas de nouvelles illustrations de Richard, si possible en couleur !

Cordialement

Pascal