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Haïti, des racines et des rêves

Un documentaire de 26 minutes pour faire découvrir le rôle et la singularité de la musique vaudou en Haïti

À propos du projet

La culture au sens large, d’une part, d’autre part le vaudou sont deux piliers constitutifs de l’identité haïtienne : ils s’entrecroisent sans cesse et influencent le cours de l’histoire de ce peuple d’anciens esclaves qui a fondé la toute première république noire.

Cette moitié d’île a vécu de nombreuses épreuves au cours des dernières décennies. À chaque fois, la culture vaudou a occupé une place importante dans le travail de mémoire, de reconstruction mais aussi d’insoumission, notamment par la musique. La musique occupe une place centrale dans le vaudou, une place qu’elle n’occupe dans aucune autre religion.

NOTE D'INTENTION

Ce n’est pas exagéré de qualifier le Vaudou de religion dansée. Aucun culte ne se fait sans musique ou sans danse. Ce n’est pas un hasard si on utilise l’expression « battre tambour » lorsque l’on célèbre le culte des Loas (divinités vaudou).
Le tambour est lui-même un objet de culte, sacré. Presque une divinité. C’est le premier à être salué dans une cérémonie. Les tambours font l’objet de sacrifices et d’offrandes, leur fabrication s’accompagne de rites et de précautions pour les investir d’un caractère surnaturel.

Si le tambour occupe une telle place dans la culture vaudou, c’est qu’il est essentiel dans la pratique du culte : le rythme, les coups donnés par le musicien feront la réussite ou non de la cérémonie, de la communication avec les Loas.
Pour Erol Josué (célèbre prêtre vaudou aujourd’hui à la tête du bureau national d’ethnologie), le caractère festif du rite s’explique aussi par les origines du vaudou haïtien. À l’époque de l’esclavage, la cérémonie commençait de jour, à la vue des maîtres. Les Noirs se mettaient en condition pour le rituel, tout en trompant la surveillance des Blancs, qui n’y voyaient que danse, fête et défouloir. Une fois que ceux-ci partaient se coucher, la véritable cérémonie pouvait commencer. Le vaudou a dû se battre pour sa survie face aux maîtres blancs ; mais la fin de l’esclavage n’a pas offert une légitimité totale à cette religion pas comme les autres.

La très grande majorité des vaudouisants se considèrent aussi comme catholiques, or les pratiques vaudou ont dès l’origine déplu aux autorités catholiques de l’île. L’évangélisation brutale, les tentatives d’éradication sauvage du vaudou prirent leur essor à la fin du XIXe siècle. Et la pratique musicale fut aux premières lignes de ces campagnes violentes.

De nos jours, ce sont les protestants qui se montrent les plus virulents, comme l’explique Erol Josué : « Après le séisme, on disait que le vaudou était responsable de l’épidémie de choléra. On a raconté tout un tas de conneries comme ça, et les vaudouisants en ont souffert. Beaucoup d’entre eux ont été lynchés, par ignorance. Tout cela en grande partie à cause des sectes protestantes qui viennent dans le pays pour stigmatiser, déstabiliser psychologiquement la société. Se convertir de cette façon brutale, en se détruisant, en te faisant croire que tes ancêtres sont le diable en personne, c’est une façon d’attaquer le vaudou mais aussi l’Haïtien dans son essence, dans son existence. Parce que le vaudou est le ciment même de la société haïtienne, son moteur idéologique*. »

Outre ce combat frontal, le vaudou et sa culture se heurtent également à une lente et constante mise à l’écart de la part des nouvelles élites noires du pays. La pratique du vaudou est considérée comme arriérée, réservée aux populations rurales et non instruites. À cela s’ajoute le caractère d’insoumission que garde intrinsèquement la culture vaudou, qui fut partie prenante de la révolte des esclaves.

Je me suis rendu en Haïti pour un repérage en mars 2014, pendant la période du carnaval. En rencontrant plusieurs acteurs du tissu musical haïtien, j’ai été frappé par le décalage entre le rôle essentiel et structurel de la culture vaudou, notamment pour toute la partie rurale de l’île, et par la place très réduite de ces musiques et danses vaudou dans l’espace public.
Un spécialiste haïtien du vaudou m’a avoué qu’il pensait être de la dernière génération qui puisse préserver cet héritage culturel. Selon lui, les plus jeunes ont totalement délaissé cette musique et ces pratiques. Il l’explique par une volonté très claire des gouvernements successifs de restreindre la visibilité du vaudou auprès de la population, de la limiter à sa portion folklorique.

De fait, en période de carnaval, il est particulièrement frappant de comparer l’engouement démesuré que génèrent les groupes locaux de rap ou de Kompa et la quasi-indifférence dans laquelle se produisent les artistes revendiquant un héritage vaudou. Michel Martelly, l’actuel président, qui reste l’un des artistes de Kompa les plus connus du pays, ne cesse d’encourager le développement du carnaval et des groupes de Kompa. Des groupes réputés pour leurs messages légers et positifs, à l’opposé du courant Racine ayant émergé à la chute des dictatures Duvalier et qui revendique l’héritage vaudou et un esprit d’insoumission.

La culture musicale vaudou revêt pourtant un caractère unique et précieux dans le paysage mondial. Elle est née du mélange d’héritages africain, européens et américains, ainsi il n’y a pas une musique vaudou mais des musiques issues de ce culte, du traditionnel et rural Rara à la musique Racine (ou Rasin), plus actuelle et urbaine.

Ce documentaire a pour ambition de faire découvrir la richesse de ces différentes musiques issues des traditions vaudou et de comprendre comment elles tentent aujourd’hui de survivre et de se transmettre aux nouvelles générations dans un pays de plus en plus urbain et ouvert sur les cultures occidentales. Nous partirons donc également à la rencontre d’artistes electro et hip-hop qui revendiquent leur héritage vaudou et tentent d’allier ses sonorités, ses instruments et ses rythmes si particuliers à une musique plus moderne et globalisée.

A quoi va servir le financement ?

Avion : 950 €
Transport sur place : 450 €
Logement : 520 €
Guide / Traducteur : 400 €
Location matériel (Canon C100 + optique et prise de son) : 1 800 €
Frais divers 320 €

À propos du porteur de projet

Sami Battikh
Réalisateur / Cadreur / Monteur :
CV en ligne

Références :

2012/2013 - JRI / Monteur France 3 (Émission « Midi En France ». Production « R&G Production »)
2012/2013 - Réalisation VJING des concerts d’Emel Mathlouthi (artiste tunisienne)
2012/2013 - Cadreur captation concert Arte Live Web (Production « Sourdoreille Production »)

2012 - JRI Canal+ (Émission « Le Petit Journal ». Production Bangumi)
2012 - Réalisateur du clip officiel d’Emel Mathlouthi, titre « Ma Lkit »

2011 - Réalisateur documentaire « Génération Sida » (Diffusion : Libération / Rue 89)
2011 - JRI Télessonne
2011 - Cadreur France 24 (Émission « Le journal de la culture ». Production « She is the Boss »)

Depuis 2010 : Cadreur et monteur au sein du collectif Sourdoreille. Plus de 200 vidéos musicales réalisées (live, acoustique, interviews)

Réalisation du documentaire "Génération Sida" , diffusé sur Rue 89 et Libération.

Membre du collectif de vidéaste Sourdoreille, spécialisé dans la vidéo musicale pour les nouveaux médias. Exemple d'acoustique réalisée dans ce cadre :

 

FAQ

Si vous avez encore des questions, n'hésitez pas à contacter le porteur du projet.

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