Attention, notre site pourrait mal s'afficher ou mal fonctionner sur votre navigateur.
Nous vous recommandons de le mettre à jour si vous le pouvez.

Mettre à jour
Je ne peux/veux pas mettre à jour mon navigateur
BackBackMenuCloseFermerPlusPlusSearchUluleUluleChatFacebookInstagramLinkedInTwitterYouTubefacebooktwitterB CorporationBcorp /* ULULE BRAND LOGOS */

GODS

Le jeu de rôle de Dark Fantasy

L'Empire du Soleil Noir et le Culte

L’Empire du Soleil Mourant et sa folie. Son ambition. Sa décadence. Ses pierres sombres et ses draps écarlates, qui portent la couleur du sang pour mieux en dissimuler les taches.
La grandeur de l’Empire et son ambition démesurée, son histoire lourde de conquêtes, de batailles, de massacres et de domination. L’Empire comme une machine de guerre, une légion en Noir et Or, destructive et impitoyable, imposant la Juste Loi et sa Libre Pensée dans chaque région des Terres Sauvages se trouvant sur le chemin de ses soldats. Une civilisation complexe, élaborée, codifiée, hiérarchisée.

Dans les rues encombrées de Lux, sa capitale, ou le visiteur se mêle aisément à la foule, le sentiment de sécurité et de sérénité laisse rapidement place au doute et à la méfiance. Ils font tant partie du paysage luxéen qu’il est parfois difficile de les distinguer. Immobiles au milieu de la foule mouvante, enveloppés dans leurs toges noires et arborant à leur cou le symbole du demi-soleil. Les frères. Les prêtres du Culte du Soleil Noir, serviteurs du Dieu Unique, messagers de sa Parole.

Ils sont partout dans l’Empire, dans les campagnes comme dans les villes. Pas seulement présents, mais bienvenus, depuis que l’Empereur Marcus Brutus Tertius accepta le Dieu Unique et nomma le Culte religion officielle des citoyens. Chaque cité de l’Empire abrite un temple, et Lux accueille le Vox Aedes, à la fois le lieu, le monument et le symbole le plus précieux et sacré de l’Empire et du Culte. Leur cœur.

L’Empereur Nero Crassus Primus est lui-même un haut prêtre du Culte. Un personnage obèse et odieux, se nourrissant volontier de la chair de jeunes esclaves lors de festins mémorables.
Assis sur le trône, la première mesure imposée par Nero Crassus Primus fut d’établir la Loi du Culte comme Suprema Lex, la loi suprême, supérieure aux lois impériales. La seconde mesure fut de décréter l’état de guerre.
Dans les territoires frontaliers, le son des marteaux heurtant le métal des enclumes résonne à nouveau. Les étendards carmin de l’Empire se mêlent désormais aux symboles du Culte et de son Soleil Noir.

La légion se réveille.

 

 

Le Culte du Soleil Noir

Le Culte du Soleil Noir se répand sur toutes les Terres Sauvages comme une encre renversée. Ses prêtres fanatiques prédisent l'arrivée d'un nouveau Prophète et prêchent la Parole de l'Unique et son dogme. Avec l'épée de ses prêtres soldats, le Culte prépare les Terres Sauvages au retour du Soleil Noir.

Le Culte dresse les hommes et les femmes à l'arrivée du Nouveau Prophète, décrit comme « le fils du Dieu Unique incarné dans les Terres Sauvages pour les guider, par la Foi et la Parole de l'Unique, jusqu'à l'Obscurité Sacrée du Soleil ».

Pour les cultistes, le soleil est l’Œil de l'Unique. Lorsque l'humanité sera enfin digne de la confiance de l'Unique, alors le Dieu fermera son œil, et le soleil deviendra noir, et les hommes et les femmes retourneront à leur créateur... dans l'abandon de « la Sainte Confiance et l'Obscurité Primordiale. »

Le Culte vient de l’Empire, et son premier temple, le Vox Aedes, est niché sur le Berceau, la montagne surplombant Lux, la capitale impériale. C'est de là que le Culte se répand sur l'Empire et par-delà ses frontières. Ses prêtres voyagent jusqu'aux confins des Terres Sauvages.

Les Avhoréens résistent encore à l'influence du Culte, mais les sombres pèlerins sont de plus en plus nombreux, et ils n'hésitent plus à s'en prendre aux citoyens dans les rues. Taerhonis, la reine de Sabaah, a juré allégeance à l'Unique et encourage son peuple à se convertir ; alors que dans le sud de Babel, dans l'ancienne cité de Kabal, le commandant Khep s'oppose de toute sa force à la doctrine du Culte.

Le Culte étend sa dominance en infiltrant la politique et le pouvoir, par le commerce, la corruption et l'intimidation.

Dans les campagnes, il n'hésite pas à se montrer plus brutal encore. Il n'est plus rare de découvrir des cadavres empalés aux croisements des routes. Le Culte laisse ces corps à pourrir afin de montrer ce qu'il advient lorsque l'on repousse leur conversion. Chaque cadavre porte le symbole du Soleil Noir gravé ou brûlé dans sa chair.

Le Culte considère que les Élus sont les pires ennemis du Dieu Unique, et il les traque sans relâche. Pour eux, toute forme de magie est une hérésie, y compris les Éclats, ainsi que n'importe quel individu montrant le moindre signe de curiosité envers les anciennes traditions.

 

L'Empire n'aime pas gâcher
Par Justine Niogret

Je n'ai aucun souvenir du moment où mon bras a été arraché. Juste l'image, sans douleur ni drame, d'une branche d'arbre cassée par la foudre, que j'avais vue quand j'étais enfant. La branche pendait au tronc, brisée, mais encore accrochée par l'écorce. Autour, une famille d'oiseaux chantait son désespoir, son nid perdu, ses œufs brisés.

Je sais que je suis restée à genoux dans l'arène, que j'ai tenu ce qui avait été mon bras. On m'a dit que j'avais tiré sur les chairs, à pleine main, l'autre main, la seule, forcément. Je tirais sur l'os. Je grimaçais, pas de douleur, mais de répugnance. On m'a tout raconté, expliqué. On sait tout sur les blessures, dans l'arène. Tout ce que veulent dire nos grimaces, aussi. Il n'y a aucune limite à ce que nous endurons.

Et puis on m'a emmenée. Je tirais toujours sur cette branche déjà morte, et j'entendais le cri déchirant des oiseaux. C'était peut-être moi qui criais d'une voix trop aiguë.

On m'a coupé ce qui restait à couper. On a gratté ma chair pour en sortir les esquilles, puisque l'os avait éclaté sous le coup de masse, donné au-dessus de mon coude. Les échardes avaient été projetées jusqu'à mon torse, et l'une d'elles reste sur le côté de ma gorge, je la sens lorsque j'appuie, à côté des tendons.

Étrange que je raconte tout cela avec ce que je croyais, à l'époque : qu'on me soignait. Qu'on m'appréciait, que j'avais une valeur. Que j'existais, pour l'Empire. C'est vrai, c'est exactement cela : mais je n'existe pas aux yeux de l'Empire, j'existe pour eux, comme le chien existe pour le maître.

J'ai fait gagner beaucoup d'argent dans l'arène, et j'ai vu la foule chanter mon nom. J'étais quelqu'un. Ils ont tout effacé. Une fois ma blessure cicatrisée, ils m'ont mise dans une charrette, bâchée, aveugle, avec d'autres estropiés. Des jambes, des pieds, des mains en moins. Un homme sans mâchoire. Nous n'avons pas beaucoup parlé. Ils avaient peur. Très. J'ai compris que nous avions été des expériences, des cours, de l'expérience pour de jeunes médecins et chirurgiens. Notre survie n'avait jamais été importante. Nous étions les restes, ceux qui respiraient encore. L'Empire n'aime pas gâcher. Il fallait bien faire quelque chose de nous.

Malgré les bâches, je devinais le silence sur la route, lorsqu'on nous croisait. Les roues cessant de tourner, les rires tus, les chants de marche soudain étouffés. Je le connais, ce silence. Partout où ils passent, ce silence se fait.

Le voyage a duré longtemps. J'ai compris quel en était le but, parce qu'ils ne nous ont pas nourris. Nous étions de la charogne sur pied. Nos repas coûtaient plus cher que nos existences.

Après plusieurs jours, la charrette s'est arrêtée et on a retiré les bâches. Le soleil nous a brûlé les yeux, nous a coupé le souffle. On nous a fait descendre. L'homme sans mâchoire a tenté de s'écarter, peut-être de s'enfuir, je ne sais pas. Ils l'ont frappé d'un coup de bâton, un de leurs bâtons ferrés : juste sous le palais, là où son absence de mâchoire ne pouvait pas le protéger. Il s'est évanoui de douleur.

Devant nous, il y avait un trou. J'ai su que c'était les mines. Les carrières. Dans mon ventre, je l'ai su. Un groupe d'hommes et de femmes en est sorti, noir comme des limaces. Je ne sais pas si c'était un accueil. Je les ai entendus tousser. Une toux pleine de cristaux, de pointes, d'aiguilles. Avec eux, ils avaient un cheval aux yeux crevés. On n’a pas besoin d'yeux, en bas. On n’a besoin de rien. On n’a plus besoin de rien. Même pas de deux bras, de ses pieds, de sa mâchoire.

L'Empire n'aime pas gâcher. Il faut bien faire quelque chose de nous.

Je me suis avancée. Je me suis avancée, pour entrer dans la mine comme, autrefois, j'avançais pour entrer dans l'arène. Je n'ai jamais eu peur. Il faut un début à tout.