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GODS

Le jeu de rôle de Dark Fantasy

  • Un petit message de Bastien

    Derrière l’écran

    J’ai grandi dans une petite ville de Bretagne, Auray, Saint-Goustan, Pluneret. Une terre de mythes et de légendes. De pierres, de forêts et de landes.

    À l’âge de sept ou huit ans, mon pote de classe, Thomas, est arrivé à ma fête d’anniversaire avec une boîte en carton imagée. Sur la boîte, des guerriers marchant vers l’aventure avec une cité médiévale dans le fond. Dans la boîte, des livres noirs et un dé à la forme étrange. Vingt faces. 

    J’ai laissé la boîte de côté, pour profiter des potes et me gaver de chocolat.

    J’avais oublié l’existence de cette boîte jusqu’à ce que mon père la ressorte la semaine suivante. Ça s’appelait « L’Œil Noir » (oui, dans GODS les cultistes portent un œil noir autour du cou !) et le jeu proposait à mon père d’embarquer ses joueurs dans des aventures imaginaires.

    Dans la continuation de ses premiers actes éducatifs (me faire lire le Seigneur des Anneaux à sept ans), mon père nous fit assoir en cercle, sur le sol de ma chambre, et se posa derrière un écran de carton noir.

    C’est comme ça que mon frère et moi avons commencé le jeu de rôle.

    Et ce n’était que le début. Peu de temps après, nous fûmes invités avec mes amis Tom et Gilles, et Thomas, à jouer des « aventures » chez notre voisin un peu plus âgé. Quand on a dix ans, trois ans d’écart ça compte ! On jouait avec les grands ! Mathieu nous emmena de Donjons et Dragons à des jeux plus complexes, plus adultes, au fur et à mesure qu’on grandissait tous ensemble. 

    Pendant ce temps, je suis devenu maitre de jeu. Raconter des histoires était une obsession. Et on jouait toute la nuit, en secret avec notre bande de potes. Sans autres soucis que de se demander ce qui allait arriver à nos héros. À l’école, j’écrivais, et je dessinais. Les deux. Tout le temps.

    On a grandi, tous. Il y a même des filles qui nous ont rejoints à la table de jeu (t’imagines ?). Nos parties devenaient plus complexes, plus riches. 

    Pendragon, Over The Edge, Dark Sun, Bloodlust, Vampire, D&D, Deadlands, Berlin XVIII, INS/MV, L5R, Agone, Cthulhu

    Corentin, Simon, Philippe, Mathieu, Johan, Chloé, Clément, Yoann, Marie, Quentin, Carole, Nassim, Nicolas, David… et puis ceux que j’oublie, car il en faut.

    Nous avons tellement joué.

    Et puis la vie a pris le dessus. Les réalités adultes de chacun.

    Mais je n’ai jamais arrêté d’écrire. Jamais arrêté de dessiner.

    Aujourd’hui, je vis aux US. J’ai fait de l’imaginaire mon métier. J’écris et j’illustre. J’ai bientôt quarante ans et je passe mes journées et mes nuits à écrire des mondes, illustrer des cartes Magic ou des couvertures de livres pour des auteurs qui ont nourri mon imaginaire. Je transforme mon premier roman graphique en un jeu de rôles à venir (Retrocity, la cité maudite).

    Et puis surtout, je me suis levé hier matin pour découvrir que GODS était accueilli avec le cœur par les rôlistes français. Financé en moins de deux heures.

    GODS c’est un premier bébé. Bercé au son du métal sombre et de Dead Can Dance. Par les heures de lectures… Kane, Conan, Elric, la Compagnie Noire… et surtout par tout cet imaginaire construit au long de toutes ces années.

    Avant de retourner à mes histoires de sang et d’acier, je me permets d’être un peu sentimental :

    Voir ce projet naître, ça ferait tellement plaisir au gamin rêveur que j’étais, il y a une trentaine d’années.

    Je vous remercie.

    Bastien Lecouffe Deharme

  • La Vautour, une nouvelle de Justine Niogret

    La Vautour
    Par Justine Niogret

    Quand il est mort, nous l'avons laissé aux vautours.
    Il était déjà froid, mort de la blessure qui le faisait respirer en sifflant. À la fin, il puait.
    Sa blessure n'avait rien eu d'extraordinaire. Un ennemi lui avait planté une lame dans le dos, mais le trou était minuscule, comme ceux que les fourmis font dans la terre. Personne n'y avait prêté grande importance, pas même lui. Mais comme les trous des fourmis, celui-là s'enfonçait loin, et il avait poussé ses racines dans ses poumons.
    Il avait eu l'odeur de pourri dans le nez et la bouche en quelques jours, et puis même moi je m'en étais tenue éloignée, parce que chacun de ses souffles portait la mort.
    Je l'ai trouvé froid dans sa tente, un matin.
    Nous l'avons laissé aux vautours.

    Les vautours de la fin de caravane sont les plus gras, les plus lourds ; ce sont eux qui mangent le mieux. Les autres, ils sont en avant de nous, ils cherchent, ils sont vifs, secs, nerveux. Ils doivent gagner leur nourriture. Les autres sont repus de la graisse des cadavres. Je les ai regardés le manger.

    J'ai grandi sans lui, et son absence n'a pas été douloureuse. Tous les pères meurent, et tous n'ont pas une poignée de jours pour se voir mourir, pour dire adieu. Le mien ne m'a pas dit adieu. Il regardait les vautours, les gras, les repus. Il n'avait pas peur. Mais de quoi peut-on avoir peur ? Les fins sont déjà toutes écrites.

    Des années après, j'ai trouvé le bijou enfoncé dans le sable. Après une charge, écrasé par les sabots, rouillé d'un sang qui n'était pas le mien. Il ne venait pas de nous. Je n'en avais jamais vu de pareil. Une griffe, une serre dorée. Le poids des chevaux ne l'avait même pas déformée. Une main de vautour.
    Je l'ai prise, regardée. Elle me faisait penser à mon père, bien sûr. À nos vautours, qui portaient tous, maintenant, un peu de lui.
    J'ai cousu le bijou à ma ceinture, caché. Je ne voulais pas que d'autres me l'envient.
    Cette nuit-là, j'ai rêvé que je volais, haut sur le vent, que l'immense plaine se déroulait dans toute sa splendeur, sa violence, son inhumanité. Nous sommes voyageurs dans les herbes dures, l'endroit n'est pas à nous. Nous ne faisons que passer. Seuls restent les vautours.

    J'étais une guerrière sans importance. Mon cheval était volontaire, mais petit. Mes bras étaient forts, mais pas assez pour me battre dans le sable, entre amis, comme faisaient d'autres guerriers et guerrières, à la presque nuit, à s'entretuer pour la gloire, pour qu'on chante leur nom l'espace d'un instant. Je n'aurais eu aucune chance d'y survivre, on m'aurait cassé les dents et j'aurais dû rejoindre la queue de la caravane, avec les vieux et les malades. Je n'ai pas les oreilles coupées, les lèvres brûlées, je n'ai rien fait à mon nez pour le rendre comme ceux des créatures de cauchemar. Je n'aime pas la douleur, elle me repousse. Je suis trop douce, je l'ai toujours su.
    Malgré tout cela, je savais tuer l'ennemi. Tous ceux que j'ai tués n'avaient vu venir à eux qu'une petite femme sur un petit cheval. Certains avaient même ri. Ceux-là, je leur avais cousu la bouche dans les joues, retroussées dans un sourire forcé, pour qu'ils n'oublient pas, même morts, que leur vie avait été soufflée par quelqu'un dont ils s'étaient moqués.

    De plus en plus, je touchais mon bijou. Pendant les haltes, les chevauchées. Avant les batailles. Il me rassurait. Et je rêvais, de plus en plus souvent, que je volais devant la horde, que je voyais le monde par des yeux jaunes.

    Et puis, nous avons attaqué Meerkath. Une petite ville fortifiée au milieu du grand rien, plantée là dans le désert d'herbes hautes. Ramassée autour de ses trois puits, de grandes voiles tendues au-dessus des murailles pour attraper le vent et la rosée du petit matin. Ils ont toujours peur de manquer d'eau, à Meerkath. Alors nous y passons parfois, pour abattre leurs voiles et jeter les cadavres dans les puits. Petit plaisir comme un autre.
    Et cette nuit-là, j'ai fait le premier véritable rêve. Je survolais Meerkath, mes yeux jaunes voyant tout, notant tout. Nous n'avons jamais frappé au cœur de Meerkath. Je ne saurais pas dire pourquoi. Je ne fais pas partie des savants, de ceux qui montent les plans de guerre. J'imagine que l'amusement suffit, cette petite ville de la soif comme un pot de miel entre deux véritables combats. Il faut dire que la muraille est dure, même pour nous. Il faudrait beaucoup de force pour la percer réellement, et Meerkath n'en vaut pas l'effort. Mais cette nuit-là, donc, j'ai rêvé. Je faisais le tour du mur, je volais là, en silence, sans me faire voir des gardes. Je les frôlais de ma main, ou de mon aile, je ne savais pas. Leurs joues étaient douces, elles se hérissaient à mon contact et ils regardaient autour d'eux, surpris, sans rien voir d'autre que le vent. Le mur était le même depuis toujours, épais, planté loin dans le sol, en forme de triangle, la base si large que rien ne pouvait la faire basculer. Je suis montée dans le ciel, à boire les étoiles, et quand j'ai baissé les yeux j'ai vu le trou. J'ai ri, quelque chose d'aigu. Une part du mur était tombée à l’intérieur de la ville, effondré, et les habitants n'avaient pu reconstruire que l'extérieur, une façade fragile. J'ai ri, encore, et mon rire m'a réveillée.

    Le lendemain, à la charge, j'ai fait les gestes de bataille, qui disent sans avoir à parler, qui disent malgré le bruit des armes et les hurlements. Les combattants autour de moi ont froncé les sourcils, ils ont hésité. Après tout, je n'étais personne, ou presque ; juste la fille de mon père, mon père mort d'un trou de fourmi dans les poumons. J'ai touché mon bijou, et j'ai dû avoir quelque chose dans les yeux, parce qu'ils ont hoché la tête et à leur tour fait les gestes qui disent « on te suit, montre le chemin ». J'ai galopé, j'ai quitté la troupe avec mes combattants autour de moi. Nous avons rejoint le pan de mur fragile. Nous avons tué les gardes ; jeté les grappins attachés aux selles de nos chevaux. Nous avons détruit cette façade creuse, et puis nous sommes entrés dans Meerkath. Nous nous sommes gorgés. Les vautours vomissent parce qu'ils ne savent pas s'arrêter de manger, et j'ai ressenti la même chose. Pour une fois, j'étais quelqu'un, pour une fois, on m'obéissait.
    Les autres avaient vu, deviné qu'il se passait quelque chose, et ils nous rejoignaient. Nous savons l'odeur du sang, et celle de la sueur des combattants, ce poivre qui dit la joie de détruire. Nous nous sommes gorgés. Je touchais le bijou à ma ceinture et je tuais, et je riais. Les voir morts ne me suffisait pas, il me fallait me venger de ces rires, de ce cheval trop petit, du trou de fourmi qui avait dévoré mon père. Les rares qui vivaient encore s'étaient retranchés dans la tour au milieu de Meerkath, la tour faite autrefois, lourde et épaisse, imprenable. J'ai ordonné qu'on sorte leurs morts de leurs tombes, leur petit cimetière de paysan, et je les ai fait planter sur des piques pour qu'ils soient debout, qu'ils regardent la tour, qu'ils regardent les vivants. Je les ai fait habiller d'armures, je les ai fait tenir des armes, grosse corde nouée autour de leurs mains pourries. C'est aux morts de Meerkath que j'ai fait assiéger les vivants. Et je suis restée là, à les regarder, à les entendre hurler des noms que je ne connaissais pas. Certains sont sortis. Je les ai fait tuer. Je les ai fait planter sur d'autres piques. Ils ont monté la garde eux aussi. Et puis, quand les rares, très rares habitants encore vivants ont voulu sortir de leur tour, je les ai recouverts d'huile et j'y ai mis le feu. Ils ont couru sur la plante herbue, de plus en plus lentement, de plus en plus bas. Ils hurlaient, mais ça n'était plus les noms de leurs morts. Nous avons rasé Meerkath. Sauf la tour, mais j'y ai laissé les morts, et les piques.

    Meerkath a été la première ville. Ma première ville. Je sais, chaque nuit avant l'assaut, je sais les faiblesses des murs, et le plan des cités, et là où vivent les gardes, et là où se cachent les femmes et les enfants. Je sais où ils mettent leurs provisions et où jeter des ordures pour atteindre leur puits. Je sais tout.
    Maintenant, mes chevaux sont grands, bien coiffés, perles d'os dans les crins, selles du meilleur cuir. On m'appelle La Vautour, et on raconte que mon père est mort au combat, fier et orgueilleux, et on ne compte plus les villes et les villages que j'ai rasés jusqu'au sol.
    J'ai tué mon petit cheval, et je l'ai offert aux vautours. Il ne reste rien de ma vie d'avant, à part mon bijou. Mon bijou qui fait rêver jaune. Les vautours ne m'ont pas quittée des yeux pendant qu'ils mangeaient mon cheval, pendant qu'ils mettaient chaque os à nu. Et c'est ma ceinture qu'ils regardaient, et le bijou, cousu dans ses plis.

     

  • Septième palier et cartographie

     

    Le septième palier est découvert et révèle la carte de Babel réalisée par le talentueux Olivier Sanfilippo. 

     


    Carte réalisée par Olivier Sanfilippo pour le Beginner's Kit de GODS

  • Sixième palier atteint et nouveau scénario

     

    Le sixième palier s'effondre et un nouveau scénario apparaît dans la poussière des décombres !

     

  • Un cinquième palier succombe !

     

    Le cinquième palier tombe à son tour !

    Nous aurons le plaisir de vous offrir une nouvelle écrite tout spécialement pour GODS par Graham McNeill, plusieurs fois classé au New York Times Bestsellers et vainqueur d'un David Gemmell Legend.