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Du funaná à São Tomé et Principe

Collecte d'accordéons diatoniques pour des musiciens santoméens

À propos du projet

São Tomé et Principe

São Tomé et Príncipe est un petit archipel qui se trouve dans le golf de Guinée. Ancien entrepôt d’esclave, le pays est indépendant depuis 1975 et a de nombreux besoins à tous les niveaux, y compris pour ce qui a trait à la sphère culturelle. C'est également un pays dont la population s'est formée par de nombreux mouvements de migration, provoquant à la fois un métissage culturel mais aussi la création de plusieurs communautés.

Le funaná et la communauté Cap-Verdienne à São Tomé et Príncipe

Le funaná est une musique originaire du Cap-Vert dont les deux instruments principaux sont, dans la forme traditionnelle, l’accordéon diatonique et le ferrino (souvent une barre en fer qui est raclée avec un couteau et assure la base rythmique). Cette musique a été apportée à São Tomé par les contractuels Cap-Verdiens venus travailler dans les plantations de café et de cacao dans les années 50-60. Bien que la motivation de ces travailleurs était d’aller gagner un peu d’argent avant de repartir au pays, beaucoup d’entre eux sont restés à São Tomé et Príncipe, entre autres pour des raisons économiques…

Il existe encore de nombreuses communautés Cap-Verdiennes aujourd’hui à São Tomé et Príncipe, en particulier dans les zones d’exploitation de café et de cacao. Si les traditions culturelles sont encore visibles (au niveau culinaire, musical ou encore linguistique) elles sont cependant fortement menacées. En discutant avec quelques anciens, arrivés dans les années 50, nous apprenons que plusieurs communautés comptaient parmi leurs membres des musiciens jouant du funaná.

Il n’y a aujourd’hui plus que deux groupes :

Ferro gaita (homonyme du célèbre groupe de cap-verdien) : ce groupe existe depuis une vingtaine d’année, et a connu depuis sa création des hauts et des bas. Composé dans sa formation complète d'une petite dizaine de membres, il est aujourd’hui confronté à d’importantes difficultés, à la fois matérielles et financières, et peine donc à se réunir et à être contracté pour des concerts qui soient rémunérateurs.

Lembra Tempo:  nous avions appris en préparant une journée d’animation dans une communauté qu’un vieux monsieur qui y habite avait l’habitude de jouer de l’accordéon diatonique et que, s’il avait un accordéon, il pourrait jouer pour cette occasion. Nous avons réussi à lui en prêter un et en quelques jours, ce presqu’octogénaire, accompagné de cinq jeunes, a improvisé un groupe. Ils ont pu donner un concert qui a animé toute la communauté, faisant ressurgir avec parfois beaucoup d’émotion de nombreux souvenirs et touchant à la fois les plus jeunes et les anciens. C’est donc un groupe tout jeune, qui reprend des classiques du funaná et compose également de nouveaux morceaux.


Mais nous avons par ailleurs rencontré trois autres personnes qui jouaient également du diatonique. A eux aussi il ne manque que l’instrument et un peu de pratique pour raviver leur talent et permettre de réanimer cet important héritage culturel…

Zoom sur deux joueurs de funaná

Quintino de BRITO - Soufflant ses 80 bougies en 2012, Quintino a débarqué à São Tomé en 1953 pour travailler dans la zone de Monté café, plus précisément à São Nicolau, où il vit encore avec plusieurs de ses enfants et petits-enfants. C’est d’ailleurs parmi eux qu’il a recruté certains des membres du groupe Lembra Tempo qui s’est monté récemment. Il a commencé à jouer du diatonique à l’âge de 23 ans. Lorsqu’il a dû plus tard partir en Espagne pour y travailler pendant un an et demi, il a eu la mauvaise surprise ne pas retrouver son instrument à son retour. C’était il y a 35 ans et il n’avait pas eu l’occasion de jouer depuis…

Benedino RUBALO FERNANDES, ou plus simplement « Dino », est né à São Tomé et a vécu au Cap-Vert (sur l’île de Santiago) lorsqu’il était âgé de 4 à 16 ans. Il est ensuite revenu vivre dans le pays qui l’a vu naître. Accordéoniste du groupe Ferro Gaita, c’est à notre connaissance la dernière personne à posséder un accordéon à São Tomé. Dino voudrait enseigner le diatonique à quelques jeunes de Caldeiras, la roça où il habite.

A quoi va servir le financement ?

L’objectif de notre projet est non seulement d’équiper les joueurs déjà expérimentés mais aussi de leur donner la possibilité matérielle de transmettre leur musique aux jeunes de leurs communautés.

Un appel à don matériel a déjà été lancé et nous avons déjà récupéré un instrument grâce au magasin Accord et musique qui se trouve à Lyon (Croix-Rousse). Les fonds récoltés serviront à acheter trois ou quatre autres accordéons d'occasions et à couvrir les éventuels frais de réparation.

À propos du porteur de projet

L’association "Bretelles du monde, Accordéons de Madagascar et d'Ailleurs", s’attache en particulier à la promotion et la diffusion de l'accordéon malgache à travers différents projets.

Si Bretelles du monde affectionne particulièrement l'accordéon malgache (tsapiky, salegy, tromba, etc...) elle aime aussi l'accordéon latino (vallenato, forro, cumbia, xote, etc...), l'accordéon américain (cajun, etc..), l'accordéon africain (funaná , musiques urbaines, etc..), l'accordéon européen (breton, irlandais etc..), l'accordéon des îles océan indien et caraïbes (maloya, rodrigues, zouk, etc.) et est bien sûr ouverte à plein d'autres découvertes...!

C’est ainsi que l’association a décidé de promouvoir le funaná de São Tomé et Principe, en s'associant à l’Alliance française de ce pays. Cette dernière participe au projet au travers d’un appui logistique et financier qui servira à l’envoi des instruments et à leur remise aux musiciens.

www.bretellesdumonde.org