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Food for Madagascar

Pour l'auto-suffisance alimentaire des Malgaches

À propos du projet

        Ce projet vise l’aménagement et la mise en exploitation de 150 ha de terre fertile pour la production de riz, céréales et légumineuses biologiques dans la commune rurale d’Ikalamavony, district du même nom, région Haute Matsiatra, province de Fianarantsoa - Madagascar.

         Ce projet est né à la fois d'un vécu et d'une conviction. D'un vécu parce que, comme beaucoup de Malgaches, j'ai moi-même mangé du riz blanc matin, midi et soir pendant mes vingt premières années passées à Madagascar. Je voudrais maintenant que cela change et que la future génération puisse avoir le choix de ce qu’elle veut manger. 

Les choix offerts aux consommateurs Malgaches 

        Vécu ensuite parce qu’aujourd'hui encore, mes oncles et tantes paysans cultivent leur riz avec un sol très dégradé et pour lequel il faut toujours plus d'engrais chimiques tous les ans pour un rendement pas toujours au rendez-vous. 


Rizières envahies par les sédiments 

         Vécu enfin parce qu'on ne passe pas un mois dans cette partie centre ouest de Madagascar sans voir le feu de brousse ravageant faunes et flores et qui ne laisse sur son passage que désolation et sédimentation des rizières.


Paysage de désolation

         Le projet est aussi le fruit d’une conviction. D’abord la conviction que sans investissement massif dans le secteur agricole, Madagascar connaîtra dans un avenir proche l’"émeute de la faim" qui a déjà frappé certains pays en voie de développement ces dernières années. 


Le quotidien de milliers de Malgaches

         La conviction que sans l’adoption et la promotion à grande échelle d’une nouvelle pratique de production – durable, plus respectueuse de la ressource et de l’environnement -  le million d’habitants déjà victimes de la sécheresse sévère et de la baisse drastique de rendement dans le sud du pays en 2015 doublera d’ici cinq à dix ans. 


Famine dans le sud de Madagascar en 2015

         La conviction enfin que sans prise en mains par les Malgaches eux-mêmes du sort de leur pays, Madagascar restera encore pour longtemps, l’un des pays les plus pauvres du monde. Voilà pourquoi je souhaite rentrer à Madagascar avec un projet financé pour passer de la conviction à l’action.  

       En raison de ces vécus et convictions, le projet sera mené en se basant sur les trois dimensions du développement durable. Sur le plan économique, il permettra de créer cinq emplois permanents et une quarantaine d’emplois saisonniers aux habitants du village. Sur le volet social, un puits est d’ores et déjà installé depuis cette année pour éviter que les villageois ne continuent de boire l’eau de la rivière. D’autres puits seront installés au fur et à mesure du développement du projet. Par ailleurs, une démarche est actuellement menée auprès de l’administration malgache pour avoir un(e) enseignant(e) de façon pérenne. Enfin, concernant l’aspect environnemental, deux innovations locales majeures seront mises en œuvre. L’éthique et les principes de la permaculture d’une part, et l’agroforesterie d’autre part afin d’assurer une production durable.

 

        La permaculture est un système conceptuel inspiré du fonctionnement de la nature. Elle cherche à concevoir des installations humaines harmonieuses, durables, résilientes, économes en travail et en énergie, à l'instar des écosystèmes naturels. La permaculture repose sur trois principes éthiques : prendre soin de la terre, prendre soin des hommes, partager équitablement les ressources.


Illustration de la permaculture

 

        L’agroforesterie, quant à elle, désigne les pratiques, associant arbres, cultures et/ou animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ. Elle permet d’améliorer de plus du tiers la production des parcelles en optimisant les ressources du milieu (lumière, eau, occupation permanente du sol). Elle permet aussi de diversifier la production des parcelles (productions agricoles, bois d’œuvre, bois énergie, fruits, fourrage, litière, paillage… ), de restaurer la fertilité du sol (les arbres restituent de la matière organique via les feuilles qui tombent au sol et la décomposition des racines : 40 % de la biomasse d’un arbre retourne au sol chaque année), de garantir la qualité et la quantité de l’eau, d’améliorer les niveaux de biodiversité et de reconstituer une trame écologique et enfin de stocker du carbone pour lutter contre le changement climatique.


Exemple d’agroforesterie

Pour mettre en œuvre ces principes, il est nécessaire de préparer le terrain de manière adéquate. Cela demande :

  • De mettre le terrain en parcelles irrigables de 25 m². Celles-ci doivent être horizontales afin que le niveau d'eau soit partout le même.


Le terrain dans sa forme actuelle

  • D’entourer les parcelles de diguettes afin de retenir l'eau dont le niveau monte au moins jusqu’à inonder l’ensemble de la parcelle. Les diguettes servent aussi à circuler entre les parcelles et peuvent aussi être élargies pour recevoir des arbres fruitiers de l’agroforesterie.


Les diguettes montées à la main

  • De couvrir le sol de matières végétales afin, entre autres, de protéger le sol contre l’érosion, d’en maintenir l’humidité pour limiter l’apport en eau, de protéger la vie que le sol abrite permettant de favoriser le travail de la nature.


Exemple de riziculture selon les principes de la permaculture

        Une fois l’aménagement terminé, on entre dans l’exploitation proprement dite. Il s’agit de semer les grains de riz, de veiller à la gestion de l’eau et à l’entretien de la culture.

A quoi va servir le financement ?

        Le financement servira à la réalisation du projet, c’est-à-dire, à l’aménagement du terrain et à la production de riz, céréales et légumineuses biologiques selon les principes de la permaculture et de l’agroforesterie. Le coût global du projet s'élève à 90 000€ pour les 150 ha mais il démarrera dès l'atteinte de 10 000€ de financement. La production de riz, céréales et légumineuses sera menée en même temps. Des arbres fruitiers et non fruitiers seront plantés au bord de chaque parcelle à raison de cinquante arbres par hectare. Nous débuterons par la plantation de manguiers, d’orangers, de papayers, de tamariniers, de goyaviers, de corossoliers réticulés connus sous le nom de cœur de bœuf et d’autres fruits tropicaux locaux. Le but est non seulement de restaurer l’équilibre écologique du milieu, de diversifier le revenu, mais aussi d’enrichir l’offre locale en fruits. Pour les arbres à bois (construction et chauffe), nous aurons des bois de roses, des palissandres, des eucalyptus, des grevilleas, des acacias, des cyprès, des jacarandas mais aussi quelques plantes médicinales telles les ravintsara, …. Voici la répartition prévisionnelle des dépenses. 

 

À propos du porteur de projet

      Je m'appelle Haja RAZAFIMANDIMBY. Après seize années en France et un doctorat en sciences économiques, je souhaite maintenant rentrer à Madagascar pour apporter ma contribution au développement de ce pays dont je suis originaire. Sensible au rapport nord/sud et à la question des inégalités, j'ai motivé mon projet de retour par quelques principales raisons. Il y a d’abord le constat du niveau actuel de développement à Madagascar (niveau de vie de la population, IDH, PIB par habitant, etc.). Ce constat est dressé unanimement par les différents rapports des grandes organisations internationales (Banque mondiale, FMI, FAO, PNUD, etc.). La lecture de ces rapports montre en premier lieu la nécessité, pour les pays en développement, d’investir dans l’agriculture. Cette nécessité est vraiment réelle pour Madagascar car elle est aujourd’hui très loin de l’autonomie agricole. Un agriculteur intermédiaire de plus contribuerait indéniablement à l’atteinte de l’indépendance alimentaire du pays et son apport permettrait de réduire, à moyen et long terme, le budget des ménages consacré à l’alimentation. Je voudrais donc être cet agriculteur de plus.

        En plus de cette volonté de contribuer au développement réel du pays, le choix du secteur agricole est également motivé par la menace, sans cesse grandissante, d’accaparement de terres agricoles par les firmes multinationales (voir scandale Deawoo en 2008). La deuxième raison est ainsi de défendre et promouvoir la défense des petits exploitants agricoles face à l’appétit insatiable des grosses entreprises étrangères.

        La dernière raison, sans être exhaustif, vient de ma conviction que sans le retour d’expérience de ceux qui sont partis, le développement d’un pays se fera à vitesse lente. Je souhaite contribuer à l’amélioration et au partage de connaissances dans le milieu rural à Madagascar en amenant par exemple de nouveaux services et en contribuant à former des agents de vulgarisation, aidant les chefs de famille à obtenir un titre de propriété, etc. Je souhaite également amener de l’innovation produit, technologique et organisationnelle en vue de l’amélioration de la productivité agricole. Sur le plan intellectuel et scientifique, j’interviendrai en tant qu’enseignant-chercheur en économie auprès de l’université de Fianarantsoa. 

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