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Restauration de la Tentation d’Eve (vers 1130)

Musée Rolin, Autun, Bourgogne Franche-Comté

À propos du projet

Notre projet 

La sculpture d’Eve est l’une des pièces maîtresses des collections permanentes du musée Rolin d’Autun.

Réalisée vers 1130 par l’artiste Gislebertus pour orner le portail latéral de la cathédrale Saint-Lazare, cette belle dame a décidé de se refaire une beauté.  En effet, deux rendez-vous mondains sont notés dans son agenda, et la coquette veut se montrer sous son meilleur jour.

D’abord elle est attendue au musée du Louvre du 12 septembre 2016 au 23 janvier 2017. Le public du plus grand musée du monde pourra admirer la finesse de ses traits dans la salle réservée à la sculpture médiévale bourguignonne.

Ensuite elle reviendra en terre natale et sera la figure de proue d’une exposition qui lui sera consacrée du 23 juin au 15 octobre 2017 au musée Rolin « Eve ou la folle tentation ».

Deux bonnes raisons pour confier sa plastique aux mains expertes des scientifiques du centre de recherche et de restauration des musées de France afin de lui  redonner tout son éclat. 

Pour aider au financement de ce projet, le musée Rolin d’Autun lance sa première campagne de financement participatif. Il offre, en plus des contreparties, la possibilité de déduire fiscalement son soutien.
Par exemple, si vous donnez 100 € pour Eve, vous ne  dépenserez que 34 € après déduction fiscale.

Histoire d’Eve : la beauté retrouvée


Cette œuvre identifiée comme  « La Tentation d’Eve » fait partie des reliefs sculptés qui ornaient la cathédrale Saint-Lazare d’Autun dont la réalisation est attribuée à l’artiste Gislebertus.

Positionnée sur le linteau du portail latéral de l’édifice, Eve faisait face à Adam. Elle adopte une posture plutôt inusuelle. Allongée, dans une ondulation sensuelle, de taille presque grandeur nature, elle cueille derrière elle le fruit défendu à l’arbre où le diable est encore agrippé. Son visage est de trois-quarts alors que sa main droite s’appuie sur sa joue. Ses yeux, ornés à l’époque de billes de verre, captaient le regard du pèlerin qui empruntait ce passage obligé pour aller se recueillir devant les reliques de saint Lazare.

Gislebertus a  fait d’Eve une allégorie de la beauté, de l’équilibre et de la grâce. Elle apparaît à Autun comme le premier nu féminin en accord avec le texte biblique, n’ayant pas conscience de sa nudité.

Mais les modes passent et les goûts changent, et en 1766 une partie du portail est démolie. Adam, Eve, le diable… tout disparait.

Puis en 1866, c’est une seconde naissance : Eve est retrouvée dans un pan de mur d’une maison autunoise !  Adam… on le cherche encore  ! Quant au diable, il n’est peut-être pas si loin....

L’architecte Jean Roidot-Houdaille fait l’acquisition du linteau, et à sa mort en 1910, ses héritiers le revendent à la Société Eduenne (une société savante autunoise). Mais la Belle reste très convoitée : le Louvre la veut, un amateur américain aussi. Finalement l’œuvre regagne les collections de la Société Eduenne en 1935 au sein de l’hôtel Rolin, futur musée Rolin.

A quoi va servir le financement ?

Parce qu'elle le vaut bien !

Cette charmante dame n’est pas n’importe qui, vous l’aurez compris. D' ailleurs certains la dénomment « la Joconde de pierre » ! C’est dire si elle est exceptionnelle. Les meilleurs soins sont donc de rigueur pour la précieuse cliente.

Son institut de beauté se trouve à Paris, au centre de recherche et de restauration des musées de France, le C2RMF, à proximité du musée du Louvre.

Eu égard à son grand âge, elle a bénéficié d’un transport première classe assuré par une entreprise spécialisée dans le convoiement des œuvres d’art.

Sortir sans être couverte eut été inconscient : un contrat d’assurance protège la dame en cas d’incident.

Avant toute intervention, Eve s’est d’abord laissée photographier en détails. Etape indispensable pour juger des différentes altérations. Une occasion aussi pour les spécialistes d’étudier les traces d’outils et la mise en œuvre du linteau au sein du portail. Les meilleures techniques sont utilisées, notamment une loupe binoculaire  pour identifier les couches de polychromies et tenter d’établir un relevé stratigraphique.

Un léger gommage (« micro-abrasion » pour les scientifiques) complète cette première approche

Ensuite le vrai lifting commence : nettoyage minutieux, remise en place de la main gauche, réalignement des deux blocs qui composent la sculpture.

Pour finir, un masque de beauté : la polychromie initiale sera restituée, non pas sur l’œuvre elle-même, mais à l’aide de supports graphiques et numériques

Budget total estimé de la restauration : 30 000€

À propos du porteur de projet

Le musée Rolin d’Autun est un musée municipal situé dans les hauts-quartiers médiévaux, à quelques pas de la cathédrale Saint-Lazare. Il occupe l’ancienne demeure de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne (15e siècle). Au fil des salles, le visiteur découvre des œuvres représentatives du foisonnement culturel de la ville et de sa richesse architecturale :

  • Une large collection d’archéologie gallo-romaine,
  • Des sculptures romanes provenant de la cathédrale et de la ville,
  • Des statues et peintures gothiques
  • Un département des Beaux-Arts.

La sculpture d’Eve (quand elle n’est pas en vadrouille à la Capitale) est présentée au rez-de chaussée dans les salles romanes aux côtés de fragments du 12e siècle provenant de la cathédrale, notamment des vestiges du tympan latéral, détruit en 1766.

Les must à ne pas manquer : la mosaïque de Bellérophon (fin 2e s.), le tombeau de Saint-Lazare (12e s.), la Nativité du Maître de Moulins (15e s.), la Vierge d'Autun (15e s.), les tableaux de Maurice Denis, et la donation Frènaud qui regroupe des œuvres d'artistes tels que Miró, Estève, Ubac, Geneviève Asse, Bazaine, Fautrier...


Le futur Grand Rolin

Par manque de place, seule une petite partie des collections du musée est montrée au public. Le projet d’extension du musée permettra de doubler la surface d’exposition. L’ancien palais de justice et la prison circulaire composeront le Grand Rolin. Le musée pourra ainsi offrir au visiteur un parcours de visite  qui présentera les spécificités historiques de la ville et de son territoire en s’appuyant sur les techniques actuelles de l’imagerie numérique.

Pour en savoir plus sur les collections du musée, les expositions permanentes et les horaires, rendez-vous sur autun.com à la page dédiée au musée Rolin.

Musée Rolin - 3, rue des Bancs à Autun 
Tél. musée : 03 85 52 09 76 - Tél. administration : 03 85 54 21 60 [email protected]