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elsa

Une plateforme numérique de perfectionnement en lecture

7 mars 2016 : premier objectif atteint et, même dépassé... Grâce à vous tous ! Un énorme merci

Mais pas question de s’arrêter en si bon chemin, encore 18 jours devant nous.... Cap sur les objectifs suivants.... On compte toujours sur vous pour faire circuler, avec le dynamisme et l’enthousiasme dont vous avez su faire preuve jusqu’à présent,  nos infos, notre projet, nos objectifs.
 
Mais, comment passer aujourd’hui, sous silence, cette étrange coïncidence ? Ce 7 mars, Georges Perec aurait eu 80 ans. Les “Amis de George Perec” avaient autorisé l’AFL à publier, dans sa revue n°10, de mars 1985, un texte dont nous avons extrait aujourd’hui ces quelques phrases.
 
On lit avec ses yeux. Ce que les yeux font pendant qu’on lit est d’une complexité qui dépasse à la fois ma compétence et le cadre de cet article. De l’abondante littérature qui a été consacrée à la question depuis le début du siècle, on peut au moins tirer cette certitude élémentaire, mais fondamentale : les yeux ne lisent ni les lettres les unes après les autres, ni les mots les uns après les autres, ni les lignes les unes après les autres mais procèdent par saccades et fixations, explorant en un même instant la totalité du champ de lecture avec une redondance opiniâtre : parcours incessants ponctués d’arrêts imper­ceptibles comme si, pour découvrir ce qu’il cherche, l’œil devait balayer la page avec une agitation intense, non pas régulièrement, à la manière d’un récepteur de télévision (comme ce terme de balayage pourrait le laisser penser), mais d’une manière aléatoire, désordonnée, répétitive, ou, si l’on préfère, puisque nous sommes en pleine métaphore, comme un pigeon- picorant le sol à la recherche de miettes de pain. Cette image est évidemment un peu suspecte, mais elle me semble pourtant caractéristique, et je n’hésite pas à en tirer quelque chose qui pourrait être le point de départ d’une théorie du texte : lire, c’est d’abord extraire d’un texte des éléments signifiants, des miettes de sens, quelque chose comme des mots-clés que l’on repère, que l’on compare, que l’on retrouve. C’est en vérifiant qu’ils sont là que l’on sait qu’on est dans le texte, qu’on identifie, qu’on l’authentifie ; ces mots-clés peuvent être des mots, mais peuvent aussi être des sonorités (des rimes), des modes de mise en page, des tournures de phrase, des particularités typographiques....
 
Le podcast du jour précisera les intentions de ces 3 dernières séries, A, B et C que vos contributions vont nous permettre de finaliser.