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Dibgou l'Egyptienne 2018

Partons ensemble à la découverte d’une cité millénaire de l’Égypte ancienne qui n’avait encore jamais été fouillée par les archéologues

À propos du projet

Le tell Dibgou est l’un des sites les plus vastes et les mieux conservés du Nord-est du Delta du Nil. Situé sur les marges sud du Lac Menzaleh, dans la province de Sân el-Hagar (Tanis), il contient les ruines de l’ancienne ville de Dibgou, dont l’histoire se développe sur plus de deux millénaires et qui, jusqu’en 2014, était restée vierge de toute fouille archéologique. 

Grâce aux recherches réalisées par notre équipe sur le terrain depuis 2014, la richesse de l’histoire de cette cité ancienne a commencé à rejaillir.

Alors que la ville n’était auparavant connue qu’à l’époque musulmane grâce à plusieurs textes du Moyen-Âge, notre première saison de fouille à Dibgou a abouti à la découverte exceptionnelle d’une cité pharaonique jusqu’à présent totalement inconnue, qui est née au cours du XIe siècle avant notre ère non loin de Tanis, alors nouvelle capitale de l’Égypte. 

La ville s’est ensuite développée tout au long des périodes grecque, romaine et byzantine, pour devenir une agglomération musulmane importante du Moyen-Âge, peuplée d’une vaste communauté copte.

Cette île du Lac Menzaleh a prospéré au cœur d’un large réseau urbain jusqu’à la fin du XIIe siècle de notre ère. Alors connue comme centre de production d’étoffes précieuses en lin, soie et fils d’or, et fournisseur officiel des califes et de leur cour, Dibgou était réputée pour la qualité et la finesse de ses textiles appréciés dans tout le Proche-Orient.

2015 - 2017 : toutes ces découvertes grâce à vous :) 

C’est, en 2018, notre quatrième rendez-vous sur la plateforme Ulule.

De 2015 à 2017, grâce au succès des trois projets de financement participatif mis en œuvre et à la contribution de chacun d’entre vous, qui s’est généreusement jointe à celle des membres de notre association, nous avons obtenu des résultats spectaculaires qui ont continué de faire resurgir la splendeur de Dibgou :

  • La renaissance progressive de la ville à l’époque pharaonique

En 2015, nous avons repéré la présence d’ateliers d’artisanat d’époque byzantine sur les marges nord du site et d’une nécropole populaire gréco-romaine dans sa partie sud. 

En 2016 et 2017, nous avons découvert sur les flancs ouest du site un vaste quartier de la ville, dont l’histoire remonte au moins à la Basse Epoque et qui s’est ensuite développé au cours de la période grecque. Actuellement visible sur plus de 1000 m2, il s’étendait bien au-delà des limites de notre fouille.

Ce quartier d’habitation, dynamique et densément bâti, a continué d’exister aux époques romaine et byzantine avant de laisser place à la cité médiévale. Tel un livre à ciel ouvert, chaque page de l’histoire millénaire de la cité se superpose ainsi aux autres dans ce quartier ouest de la ville. Et de découverte en découverte, nous avançons vers une meilleure connaissance de cette cité ancienne, de son organisation et de son évolution.

Les premiers objets d’époque pharaonique jamais découverts à Dibgou ont commencé à émerger des profondeurs de la cité et attestent, eux aussi, de son dynamisme tout au long du 1e millénaire avant JC. Plusieurs éléments architecturaux en calcaire, vestiges probables du temple implanté à Dibgou dès ses origines, ont ainsi été mis au jour en divers endroits du site. Un lot d’oushebtis en terre cuite, ces statuettes funéraires qui accompagnaient les morts dans l’au-delà, a été retrouvé aux côtés d’un défunt, dans la nécropole découverte au Sud de la ville, tandis que nous avons eu le plaisir de découvrir un bel oushebti en faïence égyptienne, inscrit de hiéroglyphes, au cœur des vestiges du quartier ouest de la cité.

Amulettes et statuettes illustrent les croyances et les préoccupations religieuses des habitants de la ville. Découvert dans les ruines du quartier ouest de la cité, le socle d’une statuette du dieu Horus dressé sur deux crocodiles, entièrement orné d’inscriptions hiéroglyphiques, nous apportera des informations sur l’histoire de la ville et les cultes qui y étaient pratiqués. Les nombreuses poteries mises au jour, parmi lesquelles des amphores ayant autrefois contenu des marchandises importées estampillées du sceau de leur producteur, font quant à elles rejaillir le quotidien de ses habitants. C’est également le cas des nombreuses pièces de monnaie découvertes au cœur des vestiges de la ville gréco-romaine. Tout ici illustre le raffinement et la vitalité de cette cité pharaonique dès l’aube de son histoire.

  • La recherche du temple de la ville à l’époque pharaonique

Nécessaire à son bon fonctionnement, il devait être implanté au cœur de la cité. Premier pas vers sa découverte, en 2016 et 2017, nous sommes descendus de près de sept mètres dans un large sondage réalisé dans la partie centrale du site. A environ quatre mètres sous la surface actuelle, nous avons découvert une quantité importante de blocs en calcaire ayant appartenu aux murs d’un ancien temple pharaonique, parmi lesquels se trouvait un bloc décoré de pendentifs en fleur de lotus.

A près de sept mètres sous la surface du sol, une partie du segment nord de l’enceinte qui devait protéger le temple à l’époque pharaonique a enfin probablement été découverte dans les tous derniers jours de notre saison 2017.

  • La découverte d’un imposant monument d’époque médiévale dans la partie centrale de la ville, immédiatement au sud de la zone de recherche du temple pharaonique

Edifié en briques cuites, il mesurait plus de dix mètres de largeur et nous l’avons dégagé sur plus de vingt mètres de longueur. Ses allées devaient être voûtées et ses parois étaient recouvertes d’un enduit. Piliers, colonnes et niches en révélaient toute la majesté. Mêlant puissance et élégance, ce bâtiment devait jouer un rôle important dans le fonctionnement de la cité au cours des derniers siècles de son existence. Nous sommes peut-être ici face aux vestiges de l’église de Dibgou, à une époque où la ville était majoritairement peuplée de Coptes.

  • L’étude d’un vaste quartier d’habitation situé dans la partie orientale de la cité médiévale

Le travail dans ce secteur s’est achevé en 2017. Le plan de trois maisons, édifiées à l’angle de deux rues, a été réalisé. Les habitations dégagées, qui possédaient encore une belle hauteur de murs, une partie de leur mobilier ainsi que les restes de leur toiture en roseaux, ont révélé l’intensité et la permanence de l’occupation des lieux autour des Xe - XIe siècles.

Dans la maison la plus au Nord, l’on pénétrait par une entrée monumentale fermée par une porte en bois cloutée surmontée d’un arc en briques d’une qualité remarquable. L'une des salles principales était dotée d’un foyer servant à la cuisson des aliments et au chauffage des lieux. Son sol était entièrement couvert d’un élégant dallage de briques cuites.

Elle menait à l’Est à une pièce dotée d’un double foyer ayant eu vocation culinaire, et au Nord à une salle d’eau parfaitement conservée qui contenait, encore rangés dans une niche voûtée, les récipients utilisés par les occupants pour se laver.

L’entrée de la deuxième demeure était, elle aussi, ornée d’un sol en briques parfaitement conservé. Elle menait au sud à une salle d’eau encore plus finement exécutée que la première. Pavée de dalles de calcaire, elle était agrémentée sur les côtés de banquettes sur lesquelles étaient, là encore, disposées les poteries ayant autrefois contenu l’eau utilisée par les occupants de la demeure pour se laver. Autre indice de la distinction des lieux, une petite niche était aménagée dans le mur nord de la pièce, permettant à ses usagers d’y déposer un objet à l’abri des projections d’eau ou d’y allumer une lampe à huile pour améliorer l’éclairage des lieux. Un conduit vertical constituant en partie le mur sud de la pièce d’aisance prodiguait enfin une aération à la fosse septique.

Le mur oriental de chacune des deux habitations était orné d’une niche surmontée d’un arc décoratif, symbole du raffinement des lieux.

La troisième habitation, autrefois dotée d’un étage, possédait encore l’escalier en bois remarquablement conservé qui y menait. 

L’élégance de l’architecture de ces demeures atteste du rang de leurs occupants, acteurs du dynamisme de la cité à une époque où son prestige se répandait bien au-delà des frontières de l’Egypte.

Les niveaux qui recouvraient cet ensemble contenaient les restes d’un abondant mobilier : éléments de portes, volets en bois finement décorés de marqueterie, moucharabieh, montants et panneaux de meubles délicatement décorés à l’aide de plaques ajourées en os formant motifs végétaux et animaliers, ou encore colonnettes en calcite, dont l’une était surmontée d’un chapiteau sculpté de toute beauté.

Un bonnet tissé en laine et lin a également été retrouvé intact dans ce secteur en 2015, fait rarissime dans une région humide comme celle du Delta du Nil. Il fait écho au nombre impressionnant d’objets confectionnés en matériaux organiques découverts dans une zone de dépotoir au Nord de ce quartier d’habitation : instruments liés au travail de la fibre textile, fragments de tissus (restes de vêtements ou de tissus d’ameublement), papiers, objets en vannerie, en cuir, en bois ou en os.

Parmi ces trésors, on peut citer plusieurs lettres écrites en arabe sur papier à l'encre noire, mais surtout de nombreuses pièces de tissu ornées de décors géométriques aux couleurs variées, ou encore de superbes bonnets quasiment intacts confectionnés selon la technique du sprang.

L’ensemble de ces découvertes nous permet désormais de mieux percevoir la vie quotidienne des habitants de Dibgou à une époque où la cité était réputée dans tout le Proche-Orient pour la qualité de ses ateliers de tissage.

  • En tout, ce sont plus de 400 objets que nous avons découverts entre 2015 et 2017 sur le tell Dibgou. S’ajoutent à cela les milliers de fragments de céramique récoltés lors de la fouille qui illustrent la longévité de la ville ancienne.

Les autorités égyptiennes, venues en visite officielle sur le site, ont tenu à faire remarquer le caractère exceptionnel de leur état de conservation. Les nombreux fragments de tissus décorés aux couleurs vives et variées les ont particulièrement touchées par leur finesse et leur qualité.

Certains de ces objets nous ouvrent les portes de la Dibgou pharaonique. Les autres nous font pénétrer au cœur de la vie quotidienne des habitants de Dibgou il y a plus de 1000 ans.

Grâce à vous, la ville ne cesse de renaître au jour. Découvrant au fil des saisons ses quartiers d’habitation, son activité artisanale, ses nécropoles et ses lieux de culte, les objets qui constituaient le quotidien de sa population tout au long de son histoire, c’est émus et admiratifs que l’on se retrouve au cœur de la vie de ses habitants tout en contribuant à enrichir encore l’inépuisable histoire de l’Égypte ancienne.

Alors quel projet allons-nous réaliser ensemble cette année ? 

La prochaine saison de fouille de la Mission Archéologique de Tell Dibgou se déroulera en septembre 2018.

Pour que nous puissions ensemble continuer de révéler les mystères de Dibgou, nous vous proposons cette année de mettre en œuvre, grâce à votre contribution, deux secteurs de fouille.

Dans le 1e secteur, qui se situera dans la partie ouest du site, nous approfondirons l’étude de la cité pharaonique et de son organisation. Nous concentrerons nos recherches à proximité du vaste quartier mis au jour en 2016 et 2017 et tenterons de mieux en cerner l’organisation et les différentes phases de développement, de ses origines à la fin de son histoire.

- Dans le 2e secteur, situé dans la partie centrale du site, nous poursuivrons notre recherche du temple implanté au cœur de la ville à l’époque pharaonique. Nous élargirons le profond sondage réalisé en 2016 et 2017 afin de déterminer si le mur de briques mis au jour à près de sept mètres de profondeur à cet endroit appartenait bien à l’enceinte édifiée pour protéger le temple à l’époque pharaonique.

Nous développerons également l’étude du vaste monument médiéval découvert immédiatement au sud de ce premier sondage afin d’en comprendre la structure et la fonction qu’il occupait au cœur de la cité du Moyen-Âge. Nous pourrons ainsi confirmer ou non notre hypothèse selon laquelle il s’agirait d’une église, à une époque où la cité était principalement peuplée de Coptes. Si l’hypothèse s’avère exacte, la question se posera alors de savoir ce qu’elle recouvrait. Il est en effet courant que les églises aient été bâties sur les lieux d’anciens monuments de culte païens. Pourquoi l’édifice ici découvert, s’il s’avère être une église, n’aurait-il alors pas été construit sur les lieux d’un ancien temple pharaonique. C’est ce que nous essaierons d’établir, dans la mesure de nos possibilités, en approfondissant les recherches dans ce secteur.

L’étude de l’évolution de la ville tout au long des deux millénaires qui ont constitué son histoire, et la découverte de son temple à l’époque pharaonique, seront le fruit de votre implication dans ce projet.

Les résultats que nous obtiendrons constitueront une avancée supplémentaire vers une plus juste perception de la naissance et du développement de la ville pharaonique et médiévale de Dibgou. Ils seront le point d’ancrage sur lequel nous pourrons nous appuyer dans les saisons à venir pour continuer de mettre au jour les éléments constitutifs de la cité, quartiers d’habitation, bâtiments administratifs, ateliers artisanaux, monuments cultuels et nécropoles.

La fouille des deux secteurs envisagés, qui représente un travail de grande envergure, se déroulera sur trente jours et nécessitera la présence de 26 techniciens de fouille égyptiens, recrutés dans la ville voisine de Sân el-Hagar et encadrés par nos soins. Le coût d’une telle opération dépasse nos capacités budgétaires et c’est pour cela que nous avons besoin de la participation de chacun d’entre vous !

A quoi va servir le financement ?

Votre financement servira à prendre en charge le salaire des techniciens de fouille affectés à ces secteurs.

En plus de mettre en valeur le patrimoine égyptien, et le dynamisme de l'archéologie en Égypte, la réalisation de ce projet, générateur d’activité et d’emploi, aura ainsi un impact humain et économique important dans la région de Sân el-Hagar.

Détail du budget (sur la base d’un taux de change à 1 € = 20 Livres égyptiennes) : 

26 techniciens de fouille (salaire + charges sociales + primes) sur 30 jours de travail = 7020 €.

  • 10 techniciens de fouille dans le 1e secteur (étude de la ville pharaonique) : 2700 €.
  • 16 techniciens de fouille dans le 2e secteur (recherche du temple pharaonique et étude de la probable église) : 4320 €.

Les frais de fonctionnement généraux de la Mission (billets d’avion, location des locaux de travail, intendance et gestion du chantier, véhicule et chauffeur pour mener l’équipe et le matériel de chantier sur le site, …) ne sont pas compris dans la somme qui vous est demandée et seront pris en charge par l’association organisatrice de la Mission (la Société Française des Fouilles de Tanis), grâce à la générosité de ses adhérents et donateurs.

Un reçu fiscal sera envoyé à chacun d'entre vous afin que vous puissiez déduire votre contribution des impôts.

Au-delà des 7020 € nécessaires pour financer la réalisation des fouilles dans les deux secteurs envisagés, les sommes récoltées seront affectées à l’intensification du travail mis en œuvre. L’accroissement des équipes, dans des espaces qui exigent le déplacement d’importantes quantités de terrain pour obtenir des résultats satisfaisants, contribuera ainsi à un aboutissement plus rapide et efficace des recherches engagées.

Ces sommes complémentaires permettront également l’ouverture d’une nouvelle zone de fouille.

Dans ce 3e secteur de fouille, situé lui aussi dans la partie centrale du site, nous réaliserons un nouveau sondage de recherche du temple qui était implanté au cœur de la ville à l’époque pharaonique. Plus à l’est que le sondage précédent, nous espérons qu’il nous mènera à la découverte des limites orientales du temple et de son sanctuaire. Des opérations de prospection géophysique menées en 2015 avaient révélé dans cette vaste cuvette centrale la présence inhabituelle d’un épais niveau de sable qui pourrait correspondre au sable de fondation du monument recherché. D’après nos estimations, il nous faudra descendre d’au moins sept mètres dans ce secteur pour pouvoir y rencontrer les premiers indices de la présence du temple pharaonique.

Alors n’attendez plus ! Saisissez l’opportunité exceptionnelle de pouvoir prendre part à la renaissance de cette cité millénaire !

Chacun des euros apportés au projet nous rapproche de la découverte des trésors oubliés de la Dibgou pharaonique et des richesses de la Dibgou musulmane.

Nous comptons sur chacun d’entre vous :)

À propos du porteur de projet

La Mission Archéologique de Tell Dibgou, constituée de spécialistes qui travaillent en Égypte depuis de nombreuses années, est organisée par la Société Française des Fouilles de Tanis. Cette association loi 1901 (SIRET 795 264 282 00018) a pour objectif de soutenir les activités scientifiques relatives aux sites archéologiques appartenant à la circonscription de Sân el-Hagar (Tanis), parmi lesquels se trouve le site de tell Dibgou.

La Mission est agréée par le Conseil Suprême des Antiquités Egyptiennes, pour lequel l’apport de découvertes inédites qui continuent d’enrichir le patrimoine de l’Égypte est important.

Les membres de la Mission qui participeront à cette prochaine saison de fouille sont :

- Philippe Brissaud : égyptologue, directeur de la Mission.

- Christelle Desbordes : égyptologue et photographe, directrice adjointe de la Mission.

- Jean-François Baratin : archéologue et céramologue.

- Benoît Kirschendilder : archéologue et céramologue.

- Béatrice Magdinier : archéologue.

L’équipe de la Mission est également constituée d’une trentaine de collaborateurs égyptiens, dont le nombre sera accru en fonction de nos capacités budgétaires.

Pour en savoir plus, retrouvez-nous sur :

FAQ

  • je m'étonne de ne pas avoir reçu les news des fouilles en cours

    Bonjour, 

    Ne vous inquiétez pas, c'est normal ! Comme chaque année, notre campagne commence à la fin du mois d'août pour se terminer au début du mois d'octobre. Nous venons d'arriver en Egypte et vous devriez recevoir mon premier mail dans quelques jours. J'attends simplement d'avoir quelques nouvelles à vous donner avant d'envoyer ce premier message à l'ensemble des contributeurs. En exclusivité, je peux déjà vous dire que notre arrivée s'est bien passée et que les fouilles devraient commencer dès samedi :) 

    A très vite donc et bonne soirée à vous ! 

    Bien amicalement. 

    Christelle 

     

    Dernière mise à jour : il y a 1 mois, 2 semaines