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Demain nous sommes debout

Oeuvrez à la création d'un documentaire qui laisse la parole à des personnes vivant avec des troubles psychiques

À propos du projet

Nous avons atteint les 100 % du budget attendu et ce, en deux semaines de campagne. C’est incroyable ! Nous sommes absolument ravi.e.s et vous remerçions chaleureusement pour votre soutien, qu’il ait été financier ou moral. Tout cela est très précieux pour la légitimité d’un tel projet. Mille mercis ! Alors évidemment, nous nous mettons à rêver maintenant. Et si nous arrivions à plus ? 5000, 6000 ? Pouvons-nous y parvenir, obtenir encore plus de moyens pour réaliser un travail d’encore meilleure qualité ? Cultivons l’espoir !

Demain nous sommes debout est un projet de court-métrage documentaire s’attachant à donner la parole à des personnes vivant au quotidien avec des troubles psychiques – personnes qui ont, de fait, énormément de choses à en dire, et dont le vécu subjectif se veut être considéré avec la même importance que le savoir médical, dit « expert ».

Ce court-métrage vise à rendre compréhensible et accessible la question du rétablissement en santé mentale auprès du grand public, ainsi qu’à envisager la création d’un documentaire « grand format », plus long, qu’il s’avère télévisuel (52 min) ou cinématographique (90 min) – seul un format long pouvant permettre d’envisager à terme une diffusion large, et populaire, du métrage.

Demain nous sommes debout, le court-métrage, devrait ainsi permettre à son équipe, aussi professionnelle et investie que malheureusement sans le sou, de séduire quelques futurs producteur ou diffuseur – en leur prouvant notamment que son sujet s’adresse à tous et toutes. Et qu’au-delà de sa manifeste dimension humaine et militante, cette œuvre peut en outre s’avérer belle ; esthétique, originale, graphique ; et populaire, au sens le plus noble du terme.

// La genèse du projet – par Célia 

Pendant plusieurs années, j’ai été travailleuse sociale auprès de personnes vivant avec des troubles psychiatriques sévères et ayant un long parcours d’errance. Au cours de mon histoire personnelle, j’ai moi-même connu certains symptômes dépressifs et dissociatifs, qui m’ont valu d’être quelque temps accompagnée par un médecin psychiatre et de suivre un traitement médical et thérapeutique adapté à mes problématiques.

Ces expériences, dans ce qu’elles peuvent avoir d’inattendu et de bouleversant, m’ont menée bien loin du misérabilisme et des préjugés qui entourent habituellement la santé mentale ; j’ai notamment découvert que le système de soins psychiatriques peut être source d’une grande violence et perpétuer des rapports de pouvoir oppressifs. Mais j’ai aussi appris qu’il est possible de se rétablir de troubles psychiques, de vivre avec et de rester debout. Même quand tout laisse à croire que nous devrions céder.

Céder à la stigmatisation, à la criminalisation, aux amalgames, voici où nous conduit couramment le traitement médiatique et politique de la folie. Les documentaires, le cinéma, les discours – politiques ou encore scientifiques –, généralement pensés et mis en oeuvre sans réelle volonté de nuire, perpétuent toutefois une logique discriminante et essentialiste ; les personnes concernées sont le plus souvent exclues du débat, au profit de professionnels qui n’abordent la folie que sous un angle d’expertise et ignorent la valeur de l’expérience et du savoir profane. 

Et quand les personnes concernées sont visibles, c’est en général au plus fort de leur folie ; au moment d’une hospitalisation, sédatées, donc de fait dans une immense vulnérabilité. Ces conditions entretiennent l’idée d’une relation inéluctablement hiérarchisée entre ceux qui sont fous et ceux qui ne le sont pas, et confortent le plus souvent le grand public dans la certitude que le fou est un étrange étranger duquel il vaut mieux rester éloigné.

Après avoir publié l’ouvrage Les Habitants voyageurs : chroniques de la folie en mouvement, dans lequel je questionnais la frontière soignant-soigné ainsi que la complexe porosité entre le normal et le pathologique, il me semble aujourd’hui nécessaire de porter le débat plus largement, et de m’adresser à un public non averti. Ma rencontre avec Marc Lahore, cinéaste et maraudeur social, a été l’élément déclencheur de la mise en route effective de ce projet.

 

// L’intention du projet

Ce projet de film s’inscrit donc dans une volonté de donner la parole à des personnes concernées par les troubles psychiques, en questionnant, d’une part, leur vécu subjectif des soins psychiatriques et, d’autre part, la dimension créative de leur rétablissement, ainsi que le sens qu’elles donnent à leur maladie.

Dans une société plus que jamais discriminante, il est essentiel qu’un tel support existe afin que l’opinion publique puisse interroger les généralités bordant la santé mentale, bousculer ses a-priori, croyances et fantasmes sur la folie ; sortir notamment du mépris, de la fascination ou de la pitié. 

Si cette volonté existe déjà dans les milieux militants, notamment grâce au développement de la pair-aidance et de la médiation de santé, elle reste encore trop peu partagée par le grand public. Contribuer à la transformation des représentations sociales, tel est l’objectif, ambitieux mais nécessaire, que se donne le film Demain nous sommes debout.

 

// Le film

Demain nous sommes debout multipliera les plastiques, afin notamment de s’affranchir d’une forme par trop figée – risque majeur d’une « simple » compilation de témoignages.

Le film sera donc triple, et s’attachera, de par sa forme même (ses formes même), à rendre son sujet accessible à tous : compréhensible, intéressant et dynamique.

D’où l’originialité, revendiquée, de son traitement.

  • Demain nous sommes debout se définira, en premier lieu, par sa dimension factuelle : deux témoignages, intimes, forcément subjectifs, en prise directe avec le réel, structureront le métrage ; lui conférant un cœur, structurel autant qu’humain, autour duquel s’articuleront ses deux autres parties ;
  • en l’occurrence, une interprétation, aux visées explicitement plastiques et fictionnelles, de Morphoses, court texte de Célia, écrit lors d’une hospitalisation ; une performance à la forme résolument cinématograhique, et expressionniste, qui se fera écho chorégraphique aux témoignages précités – il s’agira alors pour nos comédiens d’explorer les sujets abordés par les témoins avec toute la force, et parfois la violence, que peut permettre la poésie ;
  • ainsi qu’enfin une performance, muette, de cerceau aérien, au sein d’un décor vaste et déserté, offrant au film une dimension ouvertement allégorique : le jeu physique, puissamment incarné, d’une circassienne (spécialiste du cerceau aérien), permettra d’élargir, d’universaliser le cadre de pensée, en jouant la métaphore.

Cette esthétique à trois temps, vivante et rythmée, nous permettra ainsi de mêler, en un ensemble cohérent, des formes et mouvements dynamiques, communiquant par échos et explorant leur sujet aussi bien d’un point de vue micro que d'un point de vue macro. Jouant la carte de l'expressionnisme et du ressenti comme de la représentation purement allégorique ; et s’autorisant, ce faisant, à questionner le vaste champ de la santé mentale en l’observant, et en l’interrogeant, sous toutes ses formes et dimensions. Du singulier au populaire, du poétique au politique, de l’intime au militant.

 

// Les témoins

Lee ANTOINE a 28 ans. Il habite en région parisienne et travaille comme médiateur de santé pair en santé mentale depuis décembre 2017, après une formation en arts appliqués et un diplôme d'éducateur spécialisé. Il passe une grande partie de son temps libre les yeux rivés sur des écrans de cinéma, et projette de l'encre, ou de la peinture, sur de nombreuses toiles ; Lee se shoote en outre à la présence d'humains – d’humains et de mots.

Je suis très enthousiaste et touché à l'idée de faire partie de ce projet. Heureux qu'il existe, mettant en lumière des voix d'usagers de la psychiatrie que l'on n'entend pas habituellement. Célia et Marc semblent passionnés par ce projet, avec une volonté de changer le paradigme qui serait jusqu'ici : les médecins parlent au nom de tous. Je lis les textes de Célia depuis un certain temps et ils font écho en moi. C'est un peu intimidant, ce projet, je me demande si je vais être à la hauteur ou si ça ne va pas trop me chambouler de parler de sujets très intimes.

 

Laurence MARTIN est née en 1978. Diplômée en langues et littérature romanes, elle travaille actuellement en librairie à Namur, en Belgique. Souffrant de schizophrénie depuis l'âge de 17 ans, elle lutte contre la stigmatisation sur son blog et a suivi une formation en pair aidance.

Si j'ai accepté de figurer dans ce documentaire, c'est parce que je connais Célia sur internet depuis longtemps et que j'apprécie beaucoup ce qu'elle fait. Je n'aurais pas accepté d'apparaître dans un documentaire sans cela, mais là je sais que je peux avoir confiance dans les gens qui le tournent, que ma parole ne sera pas dénaturée. Je déplore souvent que la parole ne soit pas donnée aux usagers quand on parle de psychiatrie, et je ne voulais pas rater l'occasion  de participer à ce projet, qui donne la parole aux principaux intéressés. 

 

// Les actrices & acteur

Julieta Salz. Artiste polyvalente au sourire aveuglant, spécialiste du cerceau aérien, diplômée de la Formation Supérieure aux Arts du Cirque de L´Académie Fratellini, Julieta pratique aussi bien l’art du cirque que celui de la danse. Sa prestation, éminemment physique, permettra au métrage de s’aventurer loin des terrains tristement balisés du documentaire social.

 

Jeanne Chérèze. L’on aurait tort de ne voir en Jeanne qu’une énième jeune et jolie comédienne : dix ans de planches l’ont formée aux plus exigeants des théâtres, de Molière à Brecht… en passant par Broken, asso d’artistes fous furieux au sein de laquelle elle rencontre Marc. On peut actuellement la découvrir sur scène dans Les Fourberies de Scapin, au théâtre Saint-Georges, à Paris, ou dans Le Médecin malgré lui, au théâtre Michel.

 

Émilien Fabrizio. Acteur massif, impressionnant, à la présence manifeste, Émilien est paraît-il en lice pour devenir l’Homme le plus Gentil du monde, quoique ses rôles (flic ou voyou, boxeur ou clown, sa palette est impressionnante) ne le laissent pas forcément à entendre… Émilien – qui se prépare à tourner un court-métrage sur les trottoirs parisiens, devant la caméra de Marc – secondera Jeanne dans son interprétation de Morphoses.

 

// par Célia

« Ça suffit de parler des gens sans les gens ! Faudrait vraiment faire un film qui laisse la parole aux personnes concernées… », m’exclamai-je à l’attention de Marc en novembre 2017 : c’est sans doute sur cette phrase qu’a débuté notre projet. Ledit Marc aurait pu me répondre que faire un film n’était pas chose facile, que j’allais me heurter à de gros obstacles, que je ferais mieux de continuer à écrire sur mon blog et oublier ce projet ; au lieu de quoi, il m’a dit « OK, on le fait » – et c’est ainsi que, de mails en échanges téléphoniques, nous avons réfléchi, plusieurs mois durant, à ce film en devenir, avant d’organiser quelques jours de « recrutement » en février.

Sur 4-5 jours, nous avons bu beaucoup de cafés, peu dormi, fait l’aller-retour Paris-Namur en une journée, discuté tailles de focales et lieux de tournage, présenté le projet au moins quarante-deux fois, rencontré les personnes ressources du film et, surtout, et tout le temps, et partout, avons été super enthousiasmés par l’accueil et l’engouement que semblait produire notre projet.

Maintenant donc que nous avons mis au point les détails techniques et esthétiques notre film, tout reste pourtant à faire ! La prochaine étape débutera en mai prochain, lorsque nous réaliserons le tournage des témoignages de Claire et Laurence, puis l’interprétation scénique de Morphoses, par Jeanne, et enfin la performance de Julieta (cerceau aérien).

Viendra ensuite une période non moins éreintante, dédiée à la post-production : Marc s’embarquera alors pour quelques semaines d’engueulades avec ses ordi mesquin, écrans taquins et logiciels boudeurs. Suite à quoi suivront une session de montage puis mixage du son, ainsi qu’une session d’étalonnage (corrections et finitions de l’image)…

…cette postprod’ achevée, les choses seront cependant loin d’être terminées, puisqu’il s’agira ensuite pour nous de convaincre un producteur, un diffuseur ou un distributeur de l’intérêt de notre projet, de sa faisabilité (en dépit d’une ambition plastique, et artistique, improbable au vu de son budget restreint) ainsi que, bien évidemment, de l’absolue pertinence de nos lutte et démarche. Le tout afin d’obtenir les moyens de réaliser à terme un documentaire de création autrement plus long, et plus profond, que ne pourra l’êtrele film Demain nous sommes debout (hélas limité par sa durée) – que ce long soit conçu selon un format de cinéma (90 min) ou de télévision (52 min).

Nous vous tiendrons, bien sûr, informés. En attendant, haut les cœurs – et haut les poings !

A quoi va servir le financement ?

La réussite de cette campagne nous permettrait le financement de plusieurs postes :

// Le matériel, purement technique, nécessaire au tournage - image (défraiement ou location des caméras, optiques, lumières, plus stockage et consommables) et son : 1700 €

// La postproduction (défraiement du mixage et de l’étalonnage) : 750 €

// Le défraiement des comédiens et dépenses annexes (décors, studio, maquillage, accessoires, transports) : 900 €

// La régie : 600 €

// Les frais Ulule : 350 €

Notons que si nous parvenions à récolter plus que les fonds prévus (l’espoir est éternel !), cet argent nous permettrait de louer des machines plus performantes encore, et de rémunérer (un minimum) notre asso partenaire, Les Derniers, qui pour l’instant s’engage à perte dans le projet ; ainsi que (rêvons toujours) d’organiser de possibles projections publiques, idéalement suivies de débats.

La barrière des 5 000 nous permettrait d’envisager la composition, ainsi que la production, d’une musique originale, et celle des 6 000 une projection publique de bonne taille, à Paris, en présence de l’équipe – ainsi qu’idéalement de producteurs et diffuseurs curieux…

À propos du porteur de projet

Les co-réalisateurs

Célia Carpaye. Ancienne travailleuse sociale, auteure de deux ouvrages dont Les Habitants voyageurs : chroniques de la folie en mouvement, blogueuse, pigiste pour la revue Lien Social, formatrice occasionnelle, touche-à-tout et philosophe à ses heures, Célia se débat, le reste du temps, avec les mots – dans les livres ou sur ses cahiers.

 

Marc Lahore. Réalisateur d’oeuvres aux partis-pris formels souvent déroutants, Marc réalise entre 2005 et 2015 un polar SDF, une mini-série historique, un film de boxe, une série de (très) courts expérimentaux, ainsi qu’une comédie horrifique potache et subversive. The Open (2016), son premier long métrage, s’est vu sélectionné dans une soixantaine de festivals à travers plus de 20 pays, récoltant vingt-cinq prix au passage.

 

L’équipe technique

 

Les Derniers. L’essentiel du matériel technique nécessaire à la réalisation du présent court-métrage sera mis à disposition des deux co-réals par l’association Les Derniers, chapeautée par Hugo Hubert et François Nolla, couteaux suisses de l’audiovisuel (réals, chef op’, monteurs, étalonneurs, n’en jetez plus !) ; selon les termes de François, Les Derniers est une association regroupant des artistes et auteurs désireux de créer, ensemble, un cinéma de caractère, s’éloignant à dessein de maniérismes académiques par trop polis et convenus.

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