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Débordements sur Papier

Premier numéro papier de la revue de cinéma Débordements

À propos du projet

— Ce premier numéro papier de la revue Débordements sera en grande partie consacré au travail de David Simon. Ancien journaliste pour le Baltimore Sun, auteur de deux enquêtes magistrales consacrées à l'Amérique urbaine (Homicide : A Year in the Killing Streets et The Corner : A Year in the Life of an Inncer-City Neighborhood, co-écrit avec Ed Burns), il a été le showrunner de The Wire, série généralement considérée une des meilleures de l'histoire de la télévision.

A travers les six textes qui le constitue, écrits par des critiques de cinéma (Gabriel Bortzmeyer, Jean-Marie Samocki, Raphaël Nieuwjaer), des historiennes (Sophie Wahnich), des autrices-traductrices (Emilie Notéris) ou des universitaires (Dork Zabunyan, sous réserve), ce dossier permettra de ressaisir le cheminement et les modulations d'une oeuvre d'une grande cohérence et d'une ampleur exceptionnelle. Avec une attention égale portée aux mini-séries (The Corner, Generation Kill, Show Me a Hero) et aux séries (The Wire, Treme, The Deuce), il constituera à notre connaissance la seule monographie consacrée à un auteur de télévision.

 

 

- Ce numéro sera aussi l'occasion d'organiser une table ronde avec des cinéastes et des vidéastes autour des problèmes que soulève le fait de filmer l'espace public, notamment lors de manifestations ou d'occupations.

" En 1997, Thomas Harding publiait The Video activist hand book. Dans ce guide pratique fondé sur sa propre expérience, l'auteur indiquait aux novices comment employer un matériel alors en voie de démocratisation, mais également de possibles usages stratégiques des images ainsi obtenues. Ce faisant, Harding ne rêvait pas tant à l'autonomisation des moyens de production et de diffusion audiovisuelles qu'à une possible effraction de « contre-images » dans l'univers médiatique dominant. Depuis, un « Dialogue imaginaire avec une défenseureuse de l'image photographique d'individus », publié anonymement et largement relayé sur des plateformes de la gauche radicale, aura renversé la perspective au point de se conclure par un cinglant « Du coup tu la ranges ou je te la fracasse ta camera ? »

Ces deux textes ne sauraient bien sûr résumer leur époque. Leur mise en relation laisse cependant apparaître une tension que l'on peut croire plus vive aujourd'hui qu'alors. C'est que les images, loin d'être uniquement un moyen de communication, une puissance mobilisatrice ou un bouclier symbolique, auront pu jouer le rôle de mouchard. D'où cette situation paradoxale : à l'heure où la multiplication des moyens de filmer laisse envisager une couverture totale du réel, l'ambivalence des fonctions possibles de l'image amène certains acteurs politiques à une forme d'iconoclasme. Dès lors, l’espace public, offrant tant une possibilité de représentation qu’un risque d’exposition, apparaît comme un champ de force où des acteurs aux visées différentes, et parfois antagonistes, se font face."

 

- Enfin, un grand entretien avec Philippe Faucon (Samia, La Trahison, La Désintégration, Amin,...) viendra offrir un nouvel éclairage quant aux "politiques audiovisuelles de la ville".

Des années 1990 à aujourd’hui, de la France au Maghreb, les films de Faucon proposent une subtile mise en évidence des rapports de classe, de genre, de race et de génération, en portant une attention particulière aux catégories laissées en marge de la société. Cet entretien au long cours nous permettra de suivre les trajets qui conduisent du réel à la fiction et d’interroger les stratégies de mises en récit et en images qui font la singularité du cinéma de Faucon, lui conférant, par-delà le choix des sujets, sa véritable dimension politique.

 

Ce premier numéro comprendra autour de 300 pages, avec des illustrations.

A quoi va servir le financement ?

Le financement servira dans un premier temps à payer les frais d'impression et d'acheminement.

Dans la mesure du possible, nous souhaitons offrir une rémunération aux auteurs ainsi qu'au graphiste, pour l'heure tous bénévoles.

Une moisson importante nous permettrait de préparer un deuxième numéro.

À propos du porteur de projet

Au commencement, il y avait quelques ami.e.s autour d’une table de salon – ainsi que toutes sortes de choses à boire et à grignoter.

Au commencement, il y avait le projet, vague, de créer une « revue en ligne ». Une de plus ? Oui, mais nous étions suffisamment ignorants de ce qui existait pour ne pas nous en soucier. Débordements, puisque ce serait son nom, croiserait des pratiques d’écriture, des rapports au cinéma, des temporalités ; et, aussi bien, les juxtaposerait, les opposerait peut-être. De l’université à la critique, de la critique à l’université – ces champs auxquels nous appartenions à peine étaient autant des points d’arrivée que de départ. Quelques rubriques, aux noms élémentaires : « critique », « recherche », « traduction », « entretien »,... Sur la page d’accueil, une mosaïque permettrait d’avoir un aperçu des dernières publications – composant ainsi une image en mouvement de notre travail.

Nous n’avions qu’une certitude : il fallait aller voir ailleurs. Sortir de la fac pour se risquer à l’exercice de la critique. Sortir de France pour voir ce qui s’écrivait dans d’autres langues. Sortir du cinéma pour aller voir comment il entrelaçait ses puissances avec la vidéo, la bande dessinée, Internet, la photographie... Certains chantiers sont restés en plan. D’autres se sont développés tant bien que mal – avec les moyens du bord.

Comme une certitude ne vient jamais seule, nous en eûmes bientôt une deuxième : quitte à prendre la peine d’écrire, il faillait le faire « bien ». Lectures, relectures, corrections, commentaires. Personne n’aura été à l’abri de voir son texte finir à la corbeille. C’est de cette exigence – dont nous sommes bien mal placés pour mesurer les effets sur la qualité de nos écrits – qu’est née véritablement la revue. Une revue n’est pas un agrégat de textes, une collision de plumes ; c’est, tout simplement, un lieu de paroles, une zone qui s’invente son propre temps et ses propres conditions pour essayer de penser. Qu’elle soit en ligne n’y change rien : pas de revue sans amitié. Telle est son étoffe : le sentiment que le nom propre importe moins que celui du collectif ; qu’il n’y a pas de publication qui ne soit en quelque sorte signée et contre-signée par ses relecteurs anonymes.

Et maintenant ? Maintenant, une vanité : sortir des numéros sur papier. Pas beaucoup : un par an, pour commencer. Est-il vraiment nécessaire de rejoindre la cohorte des revues qui s’enfoncent sans bruit dans l’obscurité des librairies avant de passer au pilon ? Sans doute pas. Peut-être que oui. Pas de revue sans amitié, pas de revue sans désir non plus. Après plus de six années à publier en ligne, nous voulons le papier. Nous l’exigeons, même. Parce que nous voulons concevoir nos textes différemment, en fonction d’un autre support ; parce que nous voulons envisager aussi différemment les rapports entre textes, ainsi qu’entre textes et images. Secouer les chaînes de la routine. S’inscrire dans une autre temporalité. Oh non, le papier ne nous apportera pas l’éternité. Mais il offrira à nos lecteurs des marges pour gribouiller, annoter, s’emporter. Il nous offrira aussi l’occasion de toucher du doigt ce à quoi nous avons consacré tant d’heures.

Il n’y avait pas de raisons suffisantes pour créer une revue en ligne. Il n’y en a pas non plus pour passer au papier. Disons-le avec autant de gravité que de légèreté : c’est un pari. Autre support, autres manières de faire, autres alliances. Il faut voir.

A quoi ça ressemblerait ? Une série de textes au long cours autour d’une question, d’une œuvre ; des nouvelles en images et en mots du cinéma tel qu’il se fabrique ; des études visuelles ; des discussions avec des théoriciens, des réalisateurs, etc. Voilà l’embryon.

Encore une fois, il nous faudra sortir – de l’actualité, bien sûr ; du cinéma, aussi. Aller voir des historiens, des philosophes, des bricoleurs sans étiquette afin de faire atterrir les images, les placer en regard de notre monde. Et qu’en retour, celles-ci ouvrent les brèches nécessaires pour rendre ce monde vraiment habitable.

***

Cliquez pour lire l'intégralité de notre édito.

Revue en ligne de cinéma fondée en 2012, Débordements a publié plus de 600 articles, dont des traductions, des textes de recherche et de grands entretiens (Jean-Luc Godard, Guy Maddin, Pedro Costa, Jonas Mekas, Arnaud Desplechin, Peter Kubelka, Béla Tarr,...).

Débordements sur Facebook et Twitter.

Débordements sur France culture, dans les "Carnets de la création" d'Aude Lavigne.

FAQ

Si vous avez encore des questions, n'hésitez pas à contacter le porteur du projet.

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