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LA DAME DE BIARRITZ

Un film de Paul Rapinat

À propos du projet

Résumé : Un célèbre tableau de Giovanni Boldini, intitulé La Dame de Biarritz. Une femme, demi-mondaine à l'orée du XXème siècle, Charlotte Bartley. En menant une enquête sur l'identité du modèle de Boldini, j'interroge l'image de celle qui fut mon arrière-grand-mère, et la transmission d'un récit familial.

Durée envisagée : 52 minutes.

Support : vidéo et super 8 couleur

Tournage : printemps 2015

CHARLOTTE ET LE DEMI-MONDE

Mon arrière-grand-mère, Charlotte Bartley, fut demi-mondaine au début du 20ème siècle. C'est en 1855 sous le Second Empire que le terme apparaît. On ne sait pas très bien où situer le demi-monde : ce terme désignait des femmes, également appelées « grandes horizontales », « cocotes » ou « courtisanes », qui étaient entretenues par ceux qu’on nommait les viveurs du Boulevard.

Ces femmes furent au cœur de réseaux importants où se mêlaient des artistes, des écrivains, de jeunes gens bien nés et oisifs, des grands seigneurs, des bourgeois, et peu à peu, les nouvelles élites nées de la révolution industrielle. Avoir la dépense galante, c’est montrer une puissance financière, c’est s’assurer une reconnaissance sociale pour des hommes qui n’ont pas de particules.

Le demi-monde ressemblait davantage à un espace de sociabilité et de pouvoir alternatif qu’à un cercle libertin. On y préparait des transactions et des opérations financières comme on y faisait les élections à l’Académie française. C'était un espace de brassage social.

Charlotte Bartley et son amie May-Lou Hérouet, deux demi-mondaines sur un champs de courses (vers 1910)

Sans être une figure emblématique du demi-monde comme Emilienne d’Alençon, Cléo de Mérode, Coco Chanel, ou Mata-Hari, Charlotte en a connu les codes au moment où celui-ci s’apprêtait à disparaître.

A plusieurs reprises, Charlotte rencontra Giovanni Boldini, portraitiste de la Belle Epoque, que les grands de ce monde s’arrachaient à prix d’or pour avoir l’honneur d’être son modèle. Boldini choisissait ses modèles parmi les aristocrates de sang bleu, les héritières d’Amérique du Sud, les chanteurs d’opéra célèbres, les danseurs, les actrices et les cocottes. En 1912, Boldini peint entre autres portraits un tableau de grande dimension qui s'intitule "Mlle de Gillespie - La Dame de Biarritz". Il représente en réalité Charlotte Bartley.

Dans ce film, je remets en scène l'enquête que j'ai menée pour rétablir l'identité du modèle du tableau "La Dame de Biarritz".

LE RECIT FAMILIAL
ET
LA LEGENDE DE CHARLOTTE

En 1951, Charlotte, retirée dans les villas qu'elle a fait construire à Anglet, près de Biarritz, se lance dans l'écriture de ses mémoires. Elle s'adresse à ses petits et arrière-petits-enfants. De cette grand-mère fantasque à la vie mystérieuse, elle veut laisser une image plus authentique et réclame l'indulgence. Ce n'est pas un discours de repentie mais le récit d'une enfant illégitime qui, devenue femme, a construit son destin. Le début d’une « légende » dont moi, Paul, son arrière-petit-fils, je m’empare pour réaliser en 2015 un film.

Charlotte Bartley sur un "yacht" (date inconnue)

Ma mère m'a transmis les carnets de Charlotte et je les ai déchiffrés puis édités.

Un manuscrit relié de trente-deux pages et une liasse de feuilles volantes constituent ces mémoires. Elles furent écrites dans la villa « Sagesse », à Anglet, dans l'hiver et la solitude. Ils reviennent sur les moments clés de sa vie, sa naissance marquée par l'opprobe sociale, l'enfance heureuse, le choix de l'indépendance quand elle rencontre son premier compagnon, un jeune hussard, puis l'aventure à Paris et le demi-monde.

Les carnets de Charlotte sont une mise en récit romanesque de sa propre vie. Elle décrit sa propre naissance comme si elle en était un témoin extérieur. Charlotte se raconte, construit son image, celle qu'elle veut laisser à la postérité – à l'intérieur du cercle familial s'entend.

Je conçois ma lecture des carnets de Charlotte comme une rencontre avec elle, "l'absente omniprésente".

Salon de la villa "Capucina" de Charlotte Bartley où l'on voit le tableau de G. Boldini "La Dame de Biarritz" (fin 1920)

Entrée de la villa "Sagesse" à Anglet (vers 1960)

INTENTION

Longtemps j'ai voulu comprendre tous les détails de la vie tumultueuse de mon arrière-grand-mère Charlotte. Une question en particulier m'a préoccupé ces dernières années : en 1912, Charlotte avait posé pour Giovanni Boldini - je savais que ce tableau avait longtemps été accroché au mur de son salon de la villa « Capucina » à Anglet. Elle avait fini par le vendre en 1929, au moment du grand krach boursier. En 2010, j'ai découvert sur internet que ce tableau avait été vendu chez Christie’s à Londres. Il était curieusement intitulé « Mlle de Gillespie - La Dame de Biarritz ». Interpellé par l'identité du modèle, j’ai mené des recherches dans nos archives familiales pour rétablir la vérité. J'ai correspondu avec une experte de l'art italienne, Francesca Dini, pour l'aider à rédiger un article sur l'histoire du tableau ("Boldini e Charlotte, la vera storia de « la dame de Biarritz », Francesca Dini, Caffé Michelangiolo, mai/août 2011).

Cette recherche m'a conduit à m'interroger sur Charlotte elle-même. Mon arrière-grand-mère a laissé un carnet et quelques pages volantes qui constituent ses mémoires. Elle a aussi transmis trois villas en héritage et quelques dettes. Ces villas sont autant de traces de sa personnalité. Elle a choisi son nom de famille en se rebaptisant Bartley dans les années 1910. C'est une femme qui a voulu maîtriser non seulement sa vie, mais son image, sa légende. Légende transmise par ma mère.

La Dame de Biarritz est un film en forme d'enquête, dans lequel je me confronte à mes souvenirs, dans lequel je confronte ma mère à des documents, dans lequel je nous expose tous les deux à la confrontation avec les lieux où se cristallisent la mémoire. C'est un film qui explore les images de Charlotte qui me fascinent, et qui cherche les failles, les contradictions, les silences.

C’est un film qui dit « je », où je m’autorise à donner un point de vue personnel sur la valeur du passé, l’influence que cette transmission peut avoir dans la vie d’un individu, le sens qu’on lui donne, sur la fiabilité des souvenirs aussi. C’est un film qui dit « d’où je viens » mais qui dit aussi ma volonté d’échapper à un déterminisme social.

L'intérêt collectif de ce projet réside dans la dimension socio-culturelle du film. Il offrira un regard sur ce « demi-monde » assez peu connu qui est aussi la fin d'un monde à la veille du premier conflit mondial. Le travail sur la transmission de cette mémoire familiale peut entrer en résonance avec les interrogations personnelles des spectateurs sur la transmission de leur propre mémoire familiale. Le film contribue aussi à rétablir la vérité sur l'identité du modèle du tableau de Giovanni Boldini  "La Dame de Biarritz".

Décryptage des mémoires de Charlotte Bartley

A quoi va servir le financement ?

Cette souscription collaborative a pour objectif de financer la fin du tournage programmé à Anglet, Biarritz et Forli en Italie pour juin 2015 (sept jours au total). Le montant demandé (6000 €) nous permettrait de défrayer et de rémunérer l'auteur- réalisateur et un preneur de son.

TOURNAGE A BIARRITZ ET A FORLI

La Dame de Biarritz est un film que je tourne seul avec un preneur de son.

Une grande partie du tournage se déroulera à Alençon, où vit ma mère, qui est la mémoire vivante de Charlotte. Le reste du tournage se déroulera à Biarritz et Forli (Italie).

- Tournage à Anglet/Biarritz : début juin 2015 (trois jours)

A Anglet, j'emmène ma mère à la villa « Capucina » construite par Charlotte dans les années 1930, et qui fut un lieu de villégiature pour ma famille. C'est un lieu qui cristallise la mémoire de ma mère et la mienne : nous avons passé tous nos étés à la villa « Capucina », jusqu’à ce que nous ayons dû la vendre dans les années 1970.

Parmi les trois villas construites par Charlotte dans la même rue à Anglet, «Capucina» est aujourd'hui la seule où il est possible de tourner. Les autres villas - "Sagesse", "Le petit navire" - ont été détruites ou sont inaccessibles. "Capucina" a une valeur de témoignage historique.

C'est aussi une villa à l'image de Charlotte. De couleur ocre, de style baroque et espagnol, avec de grandes pièces, des arcades, un patio et une entrée en fer forgé, elle a été décorée par les frères Edouard et Armand Cazaux, céramistes à Biarritz (l’un sculpteur, l’autre artisan d’art) dont Charlotte fut la première cliente. Un descendant d’Armand Cazaux témoigne au sujet de Charlotte. La villa "Capucina" a également été filmée en super 8 par mon père, au début des années 1970.

- Tournage à Forli (Italie) : mi-juin 2015 (quatre jours).

Le tableau est le fil rouge du film. Longtemps resté « secret de famille », puisque l'identité de Charlotte n'était pas totalement assumée, il est devenu le révélateur d’une ambivalence : le tableau magnifie la jeune femme, il est une reconnaissance de sa beauté et de sa personnalité par un grand portraitiste de l’époque.  En même temps, cette mise en « gloire » de Charlotte m'oblige à dévoiler la nature douteuse du luxe dans lequel elle a vécu.

L'image du tableau circule dans le film. Elle est présente sur une photo en noir et blanc ayant appartenu à Charlotte, et prise dans la villa Capucina : l'original du tableau, de taille imposante, est accroché sur un mur du salon. Je piste le tableau et retrouve sa trace. J’apprends qu’il est exposé en Italie à Forli en juin 2015, dans le cadre de l'exposition « Boldini, lo spettacolo della modernita ». 

Ce moment clé du tournage, comme un climax, attise la curiosité d’autres membres de ma famille qui décident de se déplacer en Italie.

Cette opportunité me permettra de voir le tableau dont j’ai tant entendu parler, d’interroger la commissaire de l’exposition, Francesca Dini (historienne de l'art, spécialiste de la peinture du XIXème siècle) et de rencontrer l’actuel propriétaire.

BUDGET PREVISIONNEL

Logistique : 2200 euros

Salaires : 3300 euros

Location matériel et assurances : 500 euros

Au delà des 6000 € demandés, si la souscription est un succès, l'argent servira à financer le sous-titrage en anglais pour permettre au film de circuler en festivals et en italien pour une diffusion en Italie.

DEFISCALISATION

Il est important de savoir qu’un don peut non seulement nous aider dans notre projet mais qu'il peut aussi vous faire bénéficier d’une réduction d'impôts. Cent Soleils étant une association d'intérêt général à but non lucratif, tous les dons reçus via le site internet Ulule pour le financement de notre projet peuvent faire l'objet d'une réduction d'impôt sur le revenu ou sur les sociétés de 66%. 

Ainsi, un don de 100€ ne vous coûtera réellement que 34 €, ce don donnant lieu à une réduction d'impôt de 66€. 

À propos du porteur de projet


PAUL RAPINAT, auteur-réalisateur

Né en 1965 à Alençon, Paul Rapinat vit à Orléans.

Formé initialement à la communication d'entreprise, Paul Rapinat s’est progressivement spécialisé dans l’écriture sous différentes formes comme le journalisme, la rédaction de récits de vie auprès de particuliers, l’écriture poétique.

En 2002, il participe pendant à un atelier vidéo au sein d’une association parisienne et réalise un premier court-métrage de 22’ intitulé La Petite Faye de mon père qui aborde la relation père-fils, en hommage à son propre père. Ce film a été sélectionné au festival des écrans documentaires d’Arcueil et a été projeté dans le milieu associatif (Acerma, La péniche du cœur…) et au cours de plusieurs événements culturels (Forum des images, ateliers vidéo...).

http://www.lesecransdocumentaires.org/2004/fiche_film.php?id=298

http://www.lussasdoc.org/film-la_petite_faye_de_mon_pere-3,13044.html

Extrait du film La Petite Faye de mon père réalisé en 2003

En 2012, il réalise un second film documentaire pour ATTAC45 avec le soutien de l’association Cent soleils à Orléans. Ce film, L’insolence du jasmin en hiver, a été tourné à Tunis pendant le Forum social mondial. Il donne la parole à des femmes tunisiennes qui témoignent de leur combat pour leurs droits suite à la récente révolution, point de départ des « printemps arabes ». Ce film a été projeté en 2013 au cinéma des Carmes à Orléans pendant le festival « Printemps et cinémas du Maghreb » , et dans le milieu associatif local.

http://maghrebdesfilms.fr/IMG/pdf/Diwan_programme.pdf

http://www.diwan-centre.net/pcm-13/

En 2011, suite à une recherche documentaire commencée en 2005, il écrit un projet de film, La Dame de Biarritz et entame un travail collaboratif d'écriture avec l’association « Cent Soleils » à Orléans qui accepte en 2014 d'accompagner, de produire et de diffuser son film.

En 2014, Paul écrit et édite un récit familial, Charlotte Bartley - La Dame de Biarritz issue de la recherche documentaire du film. Une version publique de ce livret est proposée comme contrepartie lors de cette souscription.

Livret "Charlotte Bartley - La Dame de Biarritz" (éditions Mémoscribe)

Fondée en 2001, Cent Soleils est une association loi 1901 qui réunit réalisateurs et cinéphiles engagés dans la réalisation et la diffusion d'un cinéma du réel.

En tant que producteurs, nous accompagnons des auteurs qui souhaitent développer un projet dans lequel s'exprime un regard singulier. Notre démarche repose sur la mutualisation de savoir-faire respectifs, tant sur le plan technique que celui de l’écriture et la réalisation, chaque auteur restant maître de son projet.

Paul Rapinat est membre de Cent Soleils depuis deux ans.

http://www.centsoleils.org

Parmi les films produits depuis 2006