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Retour sur un projet hors norme avec Cécile Bringuier, restauratrice

Chers amis,

Au début de la restauration, nous avions interviewé Cécile Bringuier, restauratrice de peintures mandataire du marché pour L’ Atelier du peintre. Un an plus tard, nous sommes heureux de vous faire à nouveau part de nos échanges, à l’approche de la fin de l’opération. Pour rappel, les restaurateurs qui forment le groupement choisi sont au nombre de douze, huit pour la couche picturale et quatre pour le support. Cécile Bringuier est en charge de la coordination des interventions.

La restauration de L’Atelier du peintre touche à sa fin, quelles sont les dernières étapes sur lesquelles vous travaillez avec votre équipe ?

Nous rentrons dans la troisième et dernière phase de la restauration. Actuellement, après décision du comité scientifique, nous allégeons un peu plus le vernis ancien pour redonner davantage de clarté et d’homogénéité à la composition, afin d’assurer une meilleure conservation et présentation de l’œuvre. Nous ferons ensuite le comblement des lacunes de la couche picturale avec des mastics adaptés. Cela permet de mettre les lacunes, parfois profondes, à niveau de la couche picturale originale et de structurer leur surface selon la matière originale qui les entoure. Ensuite viendront la retouche de ces lacunes et des usures puis les différentes étapes de vernissage.

Les restaurateurs ont accompli un travail exceptionnel depuis le début de la restauration, quelles furent les étapes les plus complexes à appréhender ?

Lors d’une restauration, chaque étape est conditionnée par la précédente. C’est une réflexion à la fois précise et générale, c’est pourquoi le comité scientifique se réunit régulièrement pour prendre les décisions progressivement en fonction de l’avancée et des découvertes. Le premier point le plus important et difficile est de bien comprendre l’œuvre et tout ce qu’elle a vécu au cours de son histoire. C’est une recherche de tous les instants qui s’opère tout au long de la restauration. L’intervention sur le support, qui a consisté en la reprise entière du rentoilage, était une intervention complexe liée au format, aux manipulations et à la mise en œuvre des interventions. Enfin, cette phase actuelle d’allègement du vernis est une étape vraiment délicate car nous approchons de plus en plus de la couche picturale originale.

A ce stade de la restauration, la toile vous livre-t-elle encore des secrets ?

Oui, le support a révélé de nombreuses informations sur l’histoire de l’œuvre et ses restaurations anciennes, informations que nous confrontons encore à des recherches historiques. L’allègement que nous poursuivons en ce moment révèle un peu plus l’œuvre telle que l’a conçue Gustave Courbet à travers de nombreux détails : de composition, de couleur, une matière et une touche picturale caractéristique de l’artiste. Enfin les recherches historiques menées par le service de conservation sur des documents anciens apportent de nouvelles informations que nous étudions régulièrement avec enthousiasme pour tenter de lever certains mystères qui demeurent.

Depuis le lancement de l’Opération Courbet, les restaurations in situ sont plus fréquentes au musée. Les restaurateurs doivent-ils adapter leurs méthodes de travail à cet environnement en présence du public ?

Bien sûr. Nous disposons d’un espace restreint dans lequel est disposé beaucoup de matériel : échafaudages, aspiration, tabourets, éclairage et tout le matériel d’intervention… Il faut donc organiser l’espace surtout quand nous déplaçons les échafaudages pour limiter les risques. Nous faisons aussi en sorte que la vue ne soit pas surchargée pour que le public puisse voir des parties de l’œuvre et du travail. Le travail est le même qu’en atelier mais lorsque l’on est en public cela devient particulier d’être tout le temps observé dans notre travail et nos gestes et cela demande donc beaucoup de concentration pour arriver à faire abstraction.

En parallèle de L’Atelier du peintre, sur combien de projets travaillent les restaurateurs?

Nous sommes douze restaurateurs dans l’équipe et tous en profession individuelle. Nous nous groupons donc ponctuellement au gré des chantiers et marchés publics qui se présentent, tout en travaillant parfois seuls sur des commandes publiques ou privées. Nous ne sommes donc pas forcément tous ensemble sur d’autres projets. Par ailleurs, l’activité de professionnels indépendants varie énormément en fonction des périodes. Il n’y a donc pas un nombre de projets précis mais il est vrai que nous devons travailler sur plusieurs projets en même temps et que cela implique une organisation complexe de chaque instant pour s’adapter aux différents aléas que nous pouvons rencontrer.

Un grand merci à Cécile Bringuier pour ce précieux témoignage.

A bientôt au musée,

L’équipe mécénat des musées d’Orsay et de l’Orangerie