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Comme une B1 - un court métrage Franco-Coréen

Une fiction en Corée, par des français et coréens, en français... et en gestes.

À propos du projet

Quelque chose qui doit être dit est dit par tous les moyens possibles. 

Des moments comme ceux de la vidéo ci dessus m'ont inspiré l’idée de ce film, entre début balbutiant, moments de comique et quiproquo, pour finir sur une note soudain sérieuse, quelque chose de personnel. 

Depuis 5 ans que je vis en Corée du Sud, j’ai rencontré des centaines d’élèves en Français, car j’enseigne le Français parallèlement à mes activités de cinéaste. Je me suis mis aussi à apprendre le coréen et suis ainsi redevenu un élève qui passe des examens. J’ai eu alors d’innombrables discussions dans un mélange de langue, gestes, hésitations et fautes que je trouve beau.

Car le charme réside dans une imperfection, une hésitation, un accent, un sens amusant donné à un mot.

C’est ainsi qu’on parle une langue étrangère, et à ce moment on est charmant. Le cinéma joue sur ce ressort depuis ses origines. Je voulais aller plus loin et rappeler que quand on débute dans cette langue étrangère, on doit aussi pallier le manque de mots par d’autres moyens d’expression, notamment des gestes. Enfin on doit parler franchement, parce qu’on ne sait pas faire des phrases trop complexes. Je voyais là des belles métaphores du cinéma.

« L’expression », quelle que soit sa forme, les contraintes, le cadre, du moment qu’elle est personnelle, est alors le thème majeur du film. Notre héroïne se retrouve dans l’obligation de s’exprimer dans une langue qui n’est pas la sienne, devant des étrangers, avec leurs codes, comme sur « leur territoire », et dans un moment qu’elle aurait préféré repousser. Et pourtant, ce qu’elle doit exprimer au fond d’elle va sortir et elle en sera la première surprise. 

Beaucoup de films récents traitent de différents modes d'expression au delà de la langue, des films aux genres variés: La famille Bélier sur les sourds, La Cour de Babel, documentaire sur des élèves apprenant le français, The Artist sans paroles, Inglorious Bastards qui mélange quatre langues…) mais il me semble que aucun film n’évoque précisément cet examen de français que connaissent tous les étrangers intéressés par le français et bien sûr, les professeurs de la discipline "FLE", Français Langues Etrangères.

J’espère donc que le spectateur trouvera Jin charmante, et qu’il réfléchira sur sa propre façon de s’exprimer quand il est dans une situation inconnue. Les étrangers apprendront des bases du français qu’ils trouvent si charmant, les français découvriront l’importance qu’a la France dans l’imaginaire de certaines jeunes coréennes et les examens dans la vie des coréens en général enfin tout le monde apprendra des détails sur le DELF. 

L’histoire

A Séoul, Jin, coréenne étudiante en arts, veut aller en France et passe l’oral du DELF. Elle se retrouve à exprimer le drame familial qui la rend si fragile, mais avec de plus en plus de gestes et de moins en moins de mots, devant un examinateur français pour le moins troublé.  

Le film dure 20 minutes au maximum. 

Le DELF

Le Diplôme d’Etudes en Langue Française est un examen officiel de français pour les étrangers, que l’on passe dans le monde entier. Il a 6 niveaux de difficulté. Celui que passe notre héroïne est un niveau intermédiaire mais encore débutant, le B1 donc. 

Je tiens à la plus grande précision documentaire par rapport à cet examen, même dans le cadre d’un film de fiction. Plusieurs raisons à cela :

- Je connais bien cet examen car je fais partie de ses examinateurs réguliers depuis 4 ans, alors le professeur qui fait passer l’examen oral dans le film, un jeune français un peu débutant, c’est un peu moi. L’acteur qui le jouera sera aussi un vrai professeur de français.

- Le projet est approuvé et soutenu par les organisateurs du DELF, l’Ambassade (Institut Français) et l’Alliance Française de Corée, qui tiennent à donner une image aussi juste que possible de l’examen. 

- On verra au cours du film les codes de cet examen, ceux d’un examen officiel comme le bac : une procédure minute par minute, des consignes officielles du côté des professeurs (vues à travers le regard de Jin), des grilles de notation que remplit le professeur. Et du côté des élèves, ils feront les dernières révisions avec leurs manuels spécifiques à l'examen, et leurs dictionnaires électroniqes franco-coréens comme ci dessous

Nous verrons aussi que c’est un examen humain (à l’inverse des examens de langue automatisés type TOIC, TOEFL) avec un esprit typiquement français : les professeurs s’interrogent sur leurs erreurs éventuelles et ont un peu d’humour, mais ils reprennent leur sérieux dès que les élèves sont là.

Le Delf et le français en Corée

La Corée est connue pour être folle d'éducation, et particulièrement d'examens et concours en tous genres. La langue n'échappe pas à ce phénomène, les coréens dépensent des fortunes pour apprendre l'anglais, mais aussi d'autres langues étrangères, car, pour réussir, il ne suffit plus de d'avoir l'anglais comme langue étrangère. 

Le français garde en Corée une grande aura auprès des gens cultivés, surtout dans les domaines artistiques, et encore plus auprès des filles, celles qui veulent aller en France. Le coréen étudiant en français type est alors plutôt une coréenne étudiante dans un domaine artistique, comme notre héroïne.    

Alors cet attrait du français mélangé à la passion des examens et la volonté d'aller en France qui demande d'avoir un certain niveau de Delf (souvent B1 minimum), fait que le Delf est un examen très couru. La Corée est le quatrième pays au monde pour le nombre d'étudiants qui passent le Delf. Les premiers sont la France, l'Inde et le Mexique, pays autrement plus peuplés et où tout le monde apprend l'anglais comme première langue. 

Le film ne donnera pas ces explications, nous sommes dans une fiction très courte, mais notre héroïne ressentira la pression de cet examen qui fait aussi stresser bien d'autres coréens, que nous verrons en figurants.

"Comme un B1?"

Le titre fait référence à une private joke des professeurs, que l'on entendra dans le film, disant que le "niveau B1" est un niveau où il faut être "malin", d'où "Malin comme un B1"Malin, c'est à dire qui peut se débrouiller en toute situation, même en usant de quelques artifices et stratégies pour masquer des faiblesses : c'est exactement la définition de l'héroïne de ce film.    

Le scénario

Il a été notemment développé avec deux amis coréens, une actrice de mon précedent projet franco-coréen Du Vent et un scénariste, qui aident le projet jusqu'au bout. 

Extrait

Le style du film

Il sera chaleureux et précis, avec une touche de tension, mélange du stress de Jin et du suspense lié à l’issue de l’examen (qui par ailleurs restera justement « en suspens »). Nous serons presque toujours avec Jin, ses mouvements, ses hésitations, son rythme, son espace, ou son point de vue, donc ce qu’elle ressent.

Des films coréens ont pu m'inspirer, notemment ceux qui se situent dans des écoles et décrivent une ambiance opressante, comme Suneung et A Capella, sortis en 2014. Le sujet du film est moins lourd que celui de ces films-là, mais Jin ressent une telle pression au moment de l'oral, aura comme une impression d'aller au tribunal et d'avoir "vécu un enfer" en resortant, alors la mise en scène empruntera quelques codes visuels de ces films coréens à l'ambiance angoissante au milieu du film, avant de revenir sur des notes plus légères à la fin.  

L’examen oral sera filmé dans sa durée, une bonne moitié du film, en plans serrés, mettant en valeur les visages, un peu à la manière de La vie d’Adèle, avec également des focalisations sur des gestes ou des écrits.

Nous filmerons surtout en plans longs pour capter les attentes, les hésitations liées au sujet. Le début et la fin sera en plans séquences mobiles, figure de style que j’affectionne chez des cinéastes comme Brian De Palma (ses fameux plans d’ouverture), les Dardenne (leurs plans « derrière l’épaule », notemment les premiers et derniers plans de Rosetta), Gus Van Sant (période Elephant), ou, dans des films plus gais :-), chez Richard Linklater (les longs travellings avant sur les dialogues de Before Sunrise/Sunset/Midnight etc et Boyhood).

Un film qui réunit avec grâce plusieurs de ces éléments, ce n’est pas un hasard, est Entre les murs, un de mes films préférés de ces dernières années, une référence majeure du film.

J’ai parfois essayé à mon tout petit niveau, dans mes courts métrages, cette façon de filmer, ainsi au début de Ballad of a thin man. Mais pour être réussi, un plan séquence en mouvement demande une équipe technique très professionnelle, un matériel fiable, du temps, c’est à dire un minimum de budget.

2015/2016 Année France-Corée

Ce projet date d’il y a plus de deux ans mais tombe à point nommé car 2015 et 2016 seront des années d’échanges culturels et officiels entre la France et la Corée, à un haut niveau diplomatique (incluant des visites croisées des chefs d’Etat). L’Année de la Corée en France aura lieu de septembre 2015 à août 2016 et l’Année de la France en Corée aura lieu de janvier à décembre 2016. De très nombreux évènements culturels auront lieu dans ce cadre, et j’espère que ce projet pourra y être intégré, en tous cas les démarches sont en cours et le projet me paraît coller idéalement à l’événement.

L’équipe…

… est en cours de constitution, elle comprendra assurément des personnes avec qui j’ai déjà travaillé sur mes précédents films tournés en Corée, françaises ou coréennes, certains professionnels depuis des années.

Côté français vivant en Corée, trois amis sont déjà de l'aventure :

Samuel Lorca (ci dessous à droite), en assistant réalisateur, qui jouait dans mon court métrage Du Vent, est depuis étudiant en cinéma en Corée, et a réalisé son premier court métrage, sur lequel j'étais assistant et monteur.

Sébastien Simon, réalisateur et monteur vivant entre la France et la Corée, sera monteur de plateau et chargé du back-up dans l'équipe image.  

Jean-Julien Pous, également réalisateur ici, mais plus dans l'animation et l'expérimental, suivra la post-production et donne déjà des conseils techniques.   

Les soutiens du projet

Le film est soutenu par l’Alliance Française de Corée qui verse une petite subvention couvrant des dépenses de matériel (qui devraient correspondre au budget image). C'est la première fois qu'une subvention est donnée à un film réalisé par un français vivant en Corée. Le film pourrait aussi, grâce à cela, être facilement sélectionné dans des festivals comme les festivals du film français organisés par les Alliances Françaises.

Le film est soutenu aussi par l’Institut Français de Corée qui aidera notamment pour trouver une école où tourner, mais n'a pas le droit d'aider financièrement.

Je ferai la post-production en France où j'ai déjà des aides en matériel. Un ami de la société Media Solution m'offre aisni l'accès à la salle d'étalonnage et l'encodage DCP

A quoi va servir le financement ?

J’espère avoir un budget suffisant pour se donner les moyens et le temps (c’est lié) de réussir des challenges visuel forts et des moments de jeu poignants.

Le projet n’est pas très cher puisqu’il se tourne dans une seule école et avec peu d’acteurs, mais ses caractéristiques rendent difficile l’obtention des subventions classiques du cinéma français : les courts métrages se financent souvent via une subvention régionale qui suppose de tourner en France. 

En Corée, il y extrêmement peu de subventions pour le court métrage (pas de financement télé, presque rien en régions), et la même logique fait que ce très peu d’argent va à des réalisateurs coréens.

Enfin, simplement, moi je n'ai pas un tel argent. Cette recherche de fonds est pour moi la première base, le minimum en dessous duquel le film ne peut pas exister. Elle permettra notemment de payer les premiers collaborateurs coréens du film et d'organiser le meilleur casting pour le premier rôle.

Les contreparties

J’ai essayé de proposer des avantages originaux, étant bien conscient que personne n’est passionné pour des « produits » style tee-shirt d’un court métrage indépendant. J’ai alors souhaité faire partager aux donateurs le processus du film, et proposer enfin des cadeaux via un partenaire, la maison d'édition de livres franco-coréenne L'Atelier des Cahiers

À propos du porteur de projet

Yann Kerloc’h

vit entre la France et la Corée depuis 2009 et dit souvent qu'il est tombé amoureux de la Corée, donc c'est difficile à expliquer en quelques mots, ou alors en un seul : c'est une affaire de passion, sa présence en Corée n'ayant vraiment rien de rationnel ni calculé.  

Il a réalisé plusieurs courts métrages en France, notemment Un monde en Super plastique, où deux enfants se parlaient via des Légos. 

Puis il fut le premier français à réaliser un court métrage de fiction en Corée en 2009, en auto-production et un petit budget, Ballad of a Thin Man,

et Du Vent, qui s’était financé avec succès via Ulule en 2012.

En 2014, il a réalisé plusieurs vidéos de commande, notemment un video clip pour la chanteuse Jeong Duri, Oh Ajohssiqui a près de 40.000 vues à ce jour

ou le trailer du Festival du Film Français de Jeju, dont il est également programmateur long métrages.

Il développe enfin un projet de long métrage lié à la K-pop, avec un producteur français, Zorba Production.

Avant sa passion pour la Corée, il avait travaillé dans des sociétés de ventes internationales de films (Celluloid Dreams, Memento), ce qui lui avait donné envie de faire des films au delà des frontières ou langues et lui a donné une spécialité en scénario. Encore avant, comme journaliste de cinéma, il avait découvert le cinéma asiatique, et notamment coréen. Enfin au siècle dernier, deux ans à « Sciences Po » lui ont laissé un goût pour la réflexion et les sujets de société.