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Chroniques de Metallah

Univers de Science Fiction

  • Fin du chapitre 3 (tome 1)

    Il sentit le prince s'approcher derrière lui. Il n'eut ni le temps ni la force de se lever pour voir le prince qui venait de sortir mouillé et complètement nu du plan d'eau, celui-ci se baissa et posa une main humide sur l'épaule de Xiker.

    « Arrêtez vous allez me mouiller ! fit-il Xiker sans se retourner.

    - Je ne vais pas faire que cela, fit alors le prince d'une voix grave et étrange tout en entourant de ses mains la gorge de Xiker.

    - Que faites...

    - Je te tue » fit Ahron tout en étranglant son pauvre garde.

    Les os du cou de Xiker craquèrent brutalement en se brisant entre les mains du prince. Ce bruit, ce craquement fut un véritable plaisir pour les oreilles du fils de l'Empereur et pendant un moment il resta là les mains crispées autour de la gorge de Xiker comme de véritables serres.

    Puis il traîna le corps de Xiker jusqu'au bord de l'eau et le jeta dans la mare dont il sortait. Des milliers de petits animaux se jetèrent sur le cadavre de Xiker. L'eau bouillonna, des milliers de bulles à sa surface puis elle rougit du  de son sang de Xiker. Un ghul nageait près du corps qui n'était plus bon à parasiter.

    « Désolé mon frère, tu peux toujours le manger, il fallait être plus rapide ! fit d'une voix enrouée le prince ou plutôt le parasite qui venait de s'approprier son corps.

    - Tu me le paieras, fit alors l'autre parasite par transmission de pensée.

    - Ne t'avise plus de rentrer dans ma tête ou je te tue comme ce pauvre homme, bouffe le et tais-toi ! Estime toi heureux et un jour peut-être ton tour viendra et tu pourras sortir de ce marécage » fit le prince parasité tout en s'habillant.

    Puis il s'éloigna du plan d'eau pour sortir de ce sombre jardin. Derrière lui son frère mangeait les restes de Xiker qui flottaient dans cette eau troublée devenu écarlate.

    Seule la Matriarche, leur cousine, connaissait l'origine de ces deux ghuls derniers descendants directs d'un empereur qui avait régné il y a bien longtemps, trois souverains lui ayant succédé au cours de ces derniers siècles.

    Grâce au souvenir du Prince qui lui servait d'hôte, le Ghul eut vite fait de retrouver le chemin du retour. Il frappa à la porte qui menait à la sortie de ce jardin. Celle-ci s'ouvrit.

    « Où est votre garde ? Demanda le garde de Nekkar au prince.

    - En ce moment…? Dans l'estomac d'un bon millier d'animaux !

    - Bon sang, comment avez-vous réussi ?

    - Mon imbécile d'hôte s'est baigné dans l'eau où je nageais. Ce n'est pas comme pour vous à qui l'on donne des victimes toutes prêtes et même anesthésiées

    - Je...

    - Je quoi ? fit le prince parasité. Tu vas m'accompagner jusqu'à notre Reine immédiatement !

    - Mais... »

    Le garde fut soudain pris d'un horrible mal de tête comme si celle-ci allait exploser. Puis il entendit une voix intérieure qui ne lui appartenait pas : « Obéis ! »

    Le prince lui souriait, il continua doucement : « Tu veux peut-être mourir ? » Puis repris plus fermement: « Allez obéis! »

  • 3ème Extrait du Chapitre 3 (tome 1)

    Le prince et Xiker s'étaient enfoncés un peu plus dans le jardin, hypnotisés par toutes ces senteurs inconnues. Tel un enfant il semblait émerveillé par toutes ces choses qu'il ne connaissait pas, c'était comme s'il renaissait, redécouvrant le monde. Xiker paraissait moins ébloui par la flore de Nekkar, la connaissant peut-être déjà grâce aux livres qu'il avait lu. Mais en réalité, il était inquiet et rongé par l'idée d'être tombé dans un piège qu'il n'avait pas su éviter. L'Empereur était avec les ghuls, non loin de là, leur pouvoir psychique pouvait le convaincre de n'importe quoi, et lui il était là servant de nourrice. Puis il était ballonné, il avait beaucoup trop mangé et cela l'empêchait de réfléchir sereinement. Turan connaissait ses faiblesses, leurs moindres défauts, il n'avait rien vu venir, il avait cru être maitre de ses décisions et en voulant bien faire, en éloignant ce prince bien trop influent et naïf, il avait laissé l'Empereur seul avec elle.

    Il suivait Ahron qui s'enfonçait de plus en plus dans la végétation. Derrière un buisson que venait de franchir le prince, un rayon de soleil envahissait de lumière un plan d'eau entouré d'une végétation moins dense mais néanmoins plus verte.

    Le prince Ahron s'approcha. La surface de la mare l'éblouissait, elle semblait plus claire que celle des autres plans d'eau. Il s'assit au bord et plongea sa main dedans.

    « Prince ! Non ! Ne touchez cette eau ! cria Xiker

    - Elle est chaude. Elle semble délicieuse. »

    Il en bu une gorgée. Xiker eut envi de l'en empêcher mais il en avait déjà avalé. Ce prince est imprudent, pensa-t-il alors, il ne se rend pas compte des dangers qu'il peut courir sur cette planète.

    Cette eau était pourtant délicieuse, un peu chaude, mais donc excellente pour s'y baigner.

    Il commença à se déshabiller dévoilant son corps adolescent encore imberbe. Il laissa tomber ses habits en tas puis observa amusé la réaction de Xiker.

    - Prince, vous n'allez pas vous baigner ici ?

    - Mais si ! »

    Il plongea ses pieds et commença à avancer puis à nager. Elle brillait sous le soleil éblouissant Xiker. Le chef des gardes avait du mal à suivre le Prince Ahron. Il saisit les habits du dauphin puis les défroissa avant de les plier avec attention.

    « N'allez pas trop loin ! Restez au bord !

    - Viens te baigner toi aussi ! L'eau est délicieuse. »
    Xiker se baissa, plongea une main et fit des cercles, puis il prit de l'eau dans ses mains et la bu : c'est vrai, elle était merveilleuse. Mais brusquement il se laissa choir et s'assit, pris d'un vertige soudain, continuant malgré tout à surveiller Ahron.

    Celui-ci s'était encore un peu éloigné, malgré ses consignes, il voulait apparemment atteindre le rocher qui se trouvait à deux mètres de lui. Il nagea vers celui-ci tout en se retournant de temps en temps vers Xiker pour voir sa réaction ou le narguer.

    « Faites attention ! Je croyais pourtant vous avoir demandé de ne pas aller trop loin ! N'allez pas plus loin que ce rocher, ce brouillard naissant ne me plait pas. Si cela continue je ne vous verrai plus !

    - Oui Xiker, ne t'inquiètes pas »

    Mais le Prince n'écouta pas et profitant d'un moment d'inattention de son garde, il s'éloigna un peu plus. Le brouillard se faisait de plus en plus épais. Xiker étourdi par la chaleur avait du mal à rester éveillé et ne surveillait plus vraiment le prince. Le soleil à son zénith chauffait à son maximum le sol. L'eau était presque bouillante et le brouillard s'épaississait envahissant la surface. Pendant un bref instant le chef des gardes crut s'assoupir tandis que disparaissait le prince à quelques mètres de lui.

    Mais Xiker rassuré entendit finalement Ahron qui nageait vers lui, revenant au bord pour sortir. Le garde, les yeux dans le vide, tentait de rester éveillé.

    « Vous avez bien fait, le brouillard est de plus en plus épais, je ne vous voyais plus. Nous ferions mieux de ne pas nous attarder ici si nous voulons retrouver notre chemin »

    Le Prince s'était arrêté de nager, Xiker ne l'entendait plus.

    « Elle était bonne au moins ? Vous ne voulez pas sortir de ce jardin, je trouve qu'il y fait de plus en plus chaud. »

    Xiker sentait Ahron tout près de lui, prêt à sortir de l'eau. Il entendait son souffle mais ne le voyait pas tellement le brouillard était épais. Le garde était épuisé et avait du mal à respirer, étouffant presque.

    « Vous ne sortez pas ? »

    Il eut pour réponse quelques clapotis comme si le prince nageait juste au bord. Puis il entendit Ahron sortir de l'eau à quelques mètres.

  • 2ème extrait du chapitre 3 du tome 1

    « Je vous laisse ici. N'allez pas trop loin! »

    Il ouvrit la porte. Le prince et son garde entrèrent, attirés par la beauté apparente de ce jardin. Les deux voyageurs avancèrent vers le plan d'eau qui se trouvait face à eux.

    « Ce lieu est incroyable, fit Ahron. La lumière arrive à peine jusqu'au sol et pourtant la végétation est des plus luxuriantes.

    - Ce ne sont pas des végétaux, mon prince, mais des sortes de champignons et certaines de ces plantes sont des animaux.

    Ahron intrigué s'accroupit au bord de l'eau. Il regarda attentivement autour de lui, tout semblait mort. Une fleur qui flottait sur l'eau l'intrigua, il la prit dans sa main, ces pétales se révélèrent vite être une limace rouge. Il la lâcha.

    Le garde avait raison. Cet endroit semblait froid et sans vie et pourtant en le regardant de plus près il s'avérait très vivant.

    L'Empereur et la Matriarche entourés du cortège de gardes ghuls gravirent la colline où trônait la Porte. Entouré d'une dizaine de scientifiques, celle-ci n'avait pas encore subi les sévices du temps. Elle étincelait sous le soleil. Faite d'un alliage connu seul des Métallahiens, la récente construction pyramidale scintillait, les éblouissant. Ils s'approchèrent saluant les scientifiques. Mapuelo leva ses yeux noisette vers la cime, là où les trois arêtes métalliques se rejoignaient. Les trois poutres gigantesques paraissaient en bon état. Un des savants se déplaça vers le centre du triangle puis regarda attentivement dix-huit mètres au dessus de lui avant de glisser un œil sur son appareil de mesure. L'Empereur Mapuelo regarda le ciel clair, le soleil de Nekkar serait bientôt à son zénith. Les journées avançaient vite sur cette planète. Il plissa les yeux en voyant le scientifique marcher vers eux. L'individu élancé passa une main dans ses cheveux noirs coupés en brosse puis il ajusta les petites lunettes qu'il portait.

    « Empereur ! fit-il en faisant une courbette. Je suis heureux de vous voir ici.

    - Elret'k, quel est donc le problème ?

    - Nous n'en avons aucune idée. Moi et Mes collègues et moi procédons à diverses mesures mais nous sommes loin d'être qualifié ! »

    Mapuelo connaissait les talents du ghul. Elret'k travaillait depuis la fin de la guerre sur plusieurs projets scientifiques çà et là dans l'univers. Malgré son aversion envers ce peuple

    , il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Il n'était pas intéressé par le pouvoir mais seulement par la recherche.

    « Mon fils a pensé qu'il faudrait que nos sages viennent examiner la Porte.

    - Votre fils Il a raison, il faut les avertir les Sages. Ils ont beaucoup plus d’expérience en la matière. »

    Elret'k s'étonna intérieurement sans rien laisser transparaitre. Faire venir les Sages sur Nekkar ? Il glissa un oeil sur la baignoire de la Matriarche. Elle ne disait mot. L'eau bouillonnait légèrement tandis qu'un léger brouillard s'élevait au dessus d'elle.

    « Laisse lui croire qu'il a raison » fit une voix à l'intérieur de lui.

    « Turan ?

    - Oui, confirma la voix dans sa tête.

    - Mais que voulez vous faire ? fit-il intérieurement

    - Tu comprendras le moment venu ! »

    Elret'k enleva ses lunettes et se frotta les yeux. Ce dialogue par la pensée lui laissait une impression étrange. Il s'était senti comme possédé. Elle lisait en chacune des personnes présentes. Silencieusement, les écoutant, elle pouvait connaître par avance leurs paroles. Malgré qu'il fut un ghul il n'avait pas l'habitude d'utiliser ses dons.

    Les Sages avec l'Empereur détenaient le pouvoir de Métallah. Gardiens des connaissances de l'empire, ils étaient à la fois ministres, conseillers, experts et scientifiques. Douze métallahiens choisis à vie par les dirigeants de Métallah, se succédant depuis des siècles, contrebalançant par leur sagesse l'aspect monarchique de cette empire devenu peu à peu démocratique. Ils étaient à l'origine de toutes les dernières réformes transformant l'Empire de Métallah en fédération. Mais que voulait donc faire Turan ?

  • Fin de chapitre 2 début de chapitre 3 (tome 1)

    « Vos gardes devraient aller se reposer. Et votre fils n'a pas besoin de nous accompagner. Il peut s'il le souhaite visiter le jardin du palais cela sera plus intéressant pour lui.

    - Je peux père ? », interrogea Ahron en regardant son père.
    Voyant que Xiker ne semblait visiblement pas approuver sa demande, le jeune prince espérait que son père accepte malgré tout. Mais le chef des gardes après un instant de réflexion sembla céder finalement avant même que l'Empereur ait approuvé.

    “Je l'accompagne, vous autres allez vous reposez, la Matriarche a raison !
    - Allez y ! » confirma l'Empereur, “ les gardes de Nekkar suffisent bien. »
    Les gardes bien que perplexes mais aussi un peu ballonnés depuis le repas, partirent de leur côté accompagnés d'un de ceux de la Matriarche en direction des chambres du palais.
    L'Empereur et la Matriarche continuèrent leur chemin jusqu'à la petite colline derrière le palais où se dressait la Porte de Nekkar.

    De leur côté, le fils de l'Empereur et Xiker, accompagné d'un autre garde de Nekkar se dirigèrent vers les jardins du palais. Ahron s'étonnait finalement beaucoup de la décision de Xiker. Le chef des gardes aurait certainement préféré surveiller la conversation qu'allait avoir son Empereur avec la Matriarche. Mais le Prince remettait toute sa confiance entre les mains de Xiker, il avait prouvé à de nombreuses reprises dans le passé qu'on pouvait compter sur lui.
    Pourtant, le chef des gardes regrettait déjà sa décision. Elle avait été rapide mais éloigner ce jeune héritier de son père était peut être une bonne chose. Il connaissait Ahron, garçon intelligent et influent. Trop parfois car sa naïveté était souvent imité par l'Empereur devenu faible avec le temps. Une fois de plus, il avait réussi à faire céder son père. Visiter des jardins, quelle idée saugrenue. Mais au moins il n'irait pas parasiter les décisions de Mapuelo. Faire venir les Sages sur Nekkar, le jeune prince était décidément trop naïf. Même s'il n'allait pas pouvoir surveiller les conversations entre l'Empereur et les ghuls, il était sûr qu'Ahron n'allait donner d'autres mauvaises idées à son père.

    CHAPITRE 3

    « Je suppose qu'il y a des espèces rares dans ce jardin ? » demanda le prince au garde ghul qui ne répondit pas.

    Xiker  regarda le ghul  d'un œil rempli de mépris et dit : «  Oui mon Prince, des espèces très exotiques. Sommes nous loin ?

    - Non, fit le soldat garde d'une voix faible et grave, nous arriverons dans quelques instants. »

    Ils marchèrent silencieusement tandis que Xiker, attentif à chaque détail, parcourait l'architecture du château. Ils s'enfonçaient de plus en plus profondément à son grand étonnement. Il en profita pour faire remarquer au prince qu'il ne savait toujours pas s'habiller correctement. Le dauphin lui sourit amusé puis reboutonna avec soin son col.  

    « Le jardin est à l'intérieur du palais ? demanda Ahron intrigué.

    - Non, il est derrière, à coté des serres. Il donne un peu plus loin sur des marécages, répondit le garde ghul.

    - Est-il grand ? demanda le prince. J'ai lu qu'il était immense, et qu'après la guerre, la Matriarche l'avait complètement fait réaménagé.

    - Personne mis à part la Reine ne le connaît réellement. C'est un labyrinthe dans lequel il ne fait pas bon de se perdre. J'apprécie particulièrement ses plans d'eau si mystérieux, en apparence morts, mais se révélant plein de vie quand on y plonge une main. C'est un endroit calme et magnifique. Nous approchons, voici la porte qui mène aux jardins. »

    Un boyau d'une dizaine de mètres, de plus en plus étroit, menait à une porte en bois noire tout juste assez grande pour y passer. Elle ne portait aucune gravure, lisse et brillante tel un miroir.

  • 2nd extrait du chapitre 2

    « La Matriarche est prête à vous recevoir !

    La voix résonna dans la salle comme un gong, les interrompant. Un garde était entré sans bruit dans la salle à manger et attendait les voyageurs. Tous le dévisagèrent, les gardes de l'Empereur auraient préféré digérer un peu avant, ils se sentaient un peu lourd après ce festin. Le chef des gardes se redressa sur sa chaise un peu honteux de leur attitude.
    - Nous te suivons »
    Ils marchèrent pendant quelques minutes derrière lui, sans dire un mot. Le Prince remarqua les décorations sur le plafond de ce couloir. De fines gravures et des dessins peints dansaient au-dessus de leur tête. Ces peintures évoquaient des légendes locales. Celles de monstres mythologiques, comme le gigantesque serpent nommé Anguila, un serpent qui, d'après la légende, vivait caché dans les forêts de Nekkar et en sortait quelquefois pour attraper les jeunes ghuls.
    Le garde s'arrêta finalement devant une porte, semblable à celle de l'entrée du palais, plus petite, mais tout aussi terrifiante. Le ghul posa sa main doucement sur celle-ci la porte qui s'ouvrit. Derrière, une épaisse fumée semblable à un brouillard dense et laineux commençait déjà à sortir de la pièce. Il leur fit signe d'entrer.

    « Cher Empereur, fit une voix enrouée, je suis là, venez à moi, je ne puis me déplacer...

    - Turan, Reine des Ghuls, c'est vous ? fit l'Empereur pénétrant le brouillard ambiant.

    - Oui, approchez mes chers. »

    Ahron réalisa que la voix venait d'une grande baignoire au fond de la salle, ils s'approchèrent. Quelque chose flottait dans le liquide de ce bain, de nombreuses bulles apparaissaient et disparaissaient, l'eau semblait bouillir.

    « C'est moi, cher Empereur ! »

    La voix perçait la surface qui moussait. Tous frissonnèrent en réalisant l'état dans lequel était Turan.

    « Je sais, j'ai beaucoup changé. Malgré ma force le corps que j'ai parasité est devenu flasque et mou, je suis navrée de me présenter à vous ainsi.

    - Ce n'est pas grave, fit l'Empereur, je...

    - Approchez, je ne vais pas vous manger! »

    Les visiteurs approchèrent de la baignoire où le ghul flottait, mou, tel une méduse, agrippé au corps qu'il avait parasité. L’accompagnant une chevelure noire et grasse d'une femme d'Hadar courrait aussi sur l'eau s'étalait à sa surface ne cachant qu'à peine la masse immonde parasité par Turan. Une femme très corpululente, on l'apercevait à peine sous l'eau. Elle semblait morte, en décomposition, d'une telle blancheur macabre qu'il fit frissonner le  jeune Prince abasourdi. La peau suintait d'un mélange de sueur et de graisse.

    Il blêmit, horrifié par cette vision. Mais aussi tellement stupéfait qu'il ne pouvait détacher son regard de la baignoire. Ce parasite horrible s'agrippait à un corps qui n'avait plus rien d'humain. La carcasse de la femme remplissait cette grande baignoire circulaire finement gravés de visages hurlants.

    « Nous sommes venu car la Porte de votre planète ne répond plus.

    - Je sais !
    - Vous n'avez pas essayé de nous avertir pour autant ?
    - Cela fait plusieurs jours que la Porte fait des siennes, se déclenchant toute seule ou refusant de fonctionner.
    - Comment avez-vous su que nous venions ?
    - Un de chez vous m'a prévenue.
    - Alors que la porte ne marchait pas ?

    - Il ne l'a pas utilisé, il a fait la même chose que vous.

    - Qui est-ce ? Il est encore là ? » demanda perplexe l'Empereur.

    - “ Il est reparti juste avant votre arrivé. Un scientifique Trolenfar déjà venu ici il me semble, il y a quelques temps.

    - Un robot ?
    - Non, un vrai Trolenfar, un androïde rebelle. Ce doit être un scientifique qui travaille pour vous. Les Sculpiens, je veux dire les non androïdes acceptent le Traité ?
    - Oui. Les deux camps ont très bien accepté le traité.
    - Plus d'attentats, plus de meurtres...
    - Je crois que c'est la paix cette fois. Les Trolenfars sont libres mais en contre-partie doivent travailler une partie de leur temps pour nous.  Mais tout nouveau robot construit sur Sculp est considéré comme esclave sauf un sur mille qu'ils doivent nous envoyer.

    - Bon est-ce que vos Érudits ont trouvé quelque chose pour réparer cette porte ?” interrompit Xiker qui n'était pas dupe du jeu de la Matriarche qui avait su détourner la conversation.

    - “Nos savants ghuls n'ont rien trouvé pour l'instant, ils ne connaissent pas assez votre technologie des Portes.

    - Un problème de générateur”, intervint le fils de l'Empereur.

    - “ Il n'est pas sot votre fils. Mais nous y avons déjà pensé, rien de ce côté là.
    - Il faudrait que nos sages ou nos autres gardiens de Portes viennent voir sur place”, continua Ahron.

    Xiker trouva l'idée interessante, le prince avait certainement raison mais les faire venir chez les ghuls se révélait peut être trop dangereux. Les Sages étaient de grands voyageurs et des scientifiques. Mais avant tout étaient les conseillers et les ministres de l'Empereur. Ils se réunissaient régulièrement en Conseil pour décider de l'avenir de Métallah. Ils détenaient véritablement le pouvoir de l'Empire mais surtout son savoir, tout particulièrement celui des Portes. Le jeune prince s'étonnait d'ailleurs beaucoup que son père ne les ait pas amené avec lui.

    "Il n'est pas bête du tout, il est prêt à vous succéder cher empereur  !”, plaisanta Turan.

    - “Trop naïf et trop jeune, mais il a raison, il faudrait que nos sages viennent voir sur place. J'espère tout de même que ce Trolenfar n'a rien à voir avec cette panne.
    - Je ne pense pas, répondit Turan, mais tout est possible bien entendu, vous pensez à un acte terroriste ?

    - J'espère que non”, fit Mapuelo tout en regardant Ahron qui semblait des plus perplexes. “Mais j'aimerais tout de même pouvoir observer cette Porte !

    - Nous y allons. Gardes, que l'on nous escorte !»