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Sur les pas de Claude Debussy

Enregistrement d'un album de Christophe Vautier

À propos du projet

Longtemps je suis resté hermétique au piano de Claude Debussy, et pourtant ses pages orchestrales m’enchantaient.

Me vint alors l’envie de faire de son piano un orchestre.

Mon coup de cœur, ce fut sans hésiter "Children’s corner". Ce recueil figure toujours dans les intégrales des œuvres de Debussy mais il n’est pas toujours considéré à sa juste valeur.

Et pourtant, on y découvre un Debussy tendre, peut-être même totalement attendri par l’univers de l’enfance, celui de sa fille Chouchou, à laquelle il dédie ces pages.

Je désire ajouter les "Estampes" merveilleux voyage. Voyage totalement imaginaire effectué,  de  son fauteuil, sans avoir quitté l'ile de France. Ainsi que l’improvisation, le clin d’œil élégant à la musique ancienne de la "Suite Bergamasque".

Et terminer par "La Plainte au loin de faune" ; déchirant hommage de Paul Dukas à la mort de son ami Claude Debussy.

  • Children's corner : je n'aimais pas Debussy mais ...

Elève au Conservatoire, je détestais Debussy et particulièrement son recueil "Children's corner" qu'il a dédicacé à sa fille Chouchou.

« Docteur Gradus ad Parnassum » était à travailler comme un exercice de Clémenti, Hanon ou Czerny afin d'acquérir une parfaite égalité des doigts. Je n'avais pas remarqué que dès le second accord le compositeur tentait d'échapper à la grille harmonique, comme le prisonnier scie les barreaux de sa geôle, comme l’élève regarde par la fenêtre pour fuir l'ennui des cours. Je ne m'étais pas rendu compte de la délicate gaucherie de cette peluche qui s'endort sur « do do l'enfant do » dans « Jimbo's lullaby » et quelle tendresse émane de « Sérénade for the doll ». « The Snow is dancing » m'a glacé, physiquement glacé. J'étais passé aussi à côté de la solitude de « Little Shepherd » que je prenais pour un exercice de rythme à la flute à bec alors que le thème rappelle le « Prélude à l'après midi d'un faune » et  annonce « La jeune fille aux cheveux de lin ». Quant au ragtime de « Golligog cake walk » il m'était tout bonnement insupportable alors qu'il citait Tristan, d'un Wagner qu'il raille aussitôt avec des rires en appogiatures.

  • Estampes : aimer Ravel et pas Debussy...

Un jour une collègue à qui je faisais part de mon indifférence à Debussy me retourna que c’était normal puisque j'aimais Ravel. J'étais soulagé, j'avais une explication. Mais, quand même... Chaque moment d'«Estampes» m'évoquait Ravel.

Parce que «Pagodes» rappelle «Laideronette impératrice des pagodes» qui ont la même source d'inspiration, parce que «Soirée dans Grenade» rappelle «Habanera» et le «Boléro», où on est aveuglé de soleil, où, obsédé par ce rythme lanscinant, on respire les odeurs de l'Espagne. Parce que «L'enfant do» et «Nous n'irons plus au bois» cités dans «Jardins sous la pluie» rappellent «Jeux d'eau».

Ce l'un ou l'autre ne me satisfaisait pas. Je choisis finalement l'un pour l'autre : c'est grâce à Ravel que je me suis intéressé à Debussy. J'ai joué Debussy grâce à Ravel.

La peluche et la poupée de «Children's corner» pourraient être aux côtés des jouets mécaniques et automates de la maison de Ravel. Montfort L'Amaury et Saint-Germain-en-Laye ne sont pas si éloignées.

  • Debussy et après

Déjà dans la « Suite Bergamasque » Claude Debussy ouvrait un champ infini d'imaginaire, il ouvrait le XXème siècle. L'improvisation du « Prélude », l'élégance tendre et rare de son « Menuet » , les couleurs du "Clair de lune" et la danse sur les pointes du « passe-pied ».

Maurice Ravel et Paul Dukas le savaient pertinemment et lui rendirent hommage deux ans après sa mort dans "Le tombeau de Debussy" commandé par Henri Prunières.

Dans « Au loin la plainte du faune » Paul Dukas crie la terrible douleur de l'abandon, utilisant le motif du "Prélude à l'après-midi d'un faune".

 

Christophe Vautier au piano

 

À quoi va servir le financement ?

       1. Pour me permettre de réaliser ce projet avec l’ingénieur du son de mon choix.

Je connais Emilie Ruby depuis une trentaine d’années. Au-delà de ses diplômes et de son expérience auprès d’artistes confirmés, elle a surtout une oreille d’une exceptionnelle finesse pour me conseiller. Pour moi c'est un guide, un vrai directeur artistique.

       2. Le Lieu

Pour me permettre de choisir le Conservatoire de Suresnes auquel je suis lié par l’amitié de son directeur Bruno Garlej.

       3. Pour le label enfin.

Choisir Calliope comme distributeur c’est aussi rester fidèle à son directeur Benoit d’Hau qui me fait confiance pour une troisième collaboration avec lui.

À propos du porteur de projet

Il est des pianistes différents.

Des artistes livrant une musique sans concession, claire et lumineuse.
Aller au plus près d’une incandescence, d’un feu intérieur, aller au cœur d’une œuvre.

« Cela fait des années que je ne l’avais pas vu se lever ainsi ».
L’épouse de György Cziffra, en secret et émue, remercie Christophe qui vient de jouer  devant le Maître.
Outre le fait de devenir lauréat de sa Fondation, Christophe Vautier sera son dernier élève.
Le Maître le fera travailler la dernière année de sa vie.

Christophe commence alors sa carrière de soliste par le second concerto de Rachmaninov.
Un parcours de concerts en France bien sûr et en Italie, en Chine, au Mexique ou en Afrique.
Des rencontres et des échanges…

La pianiste Cécile Edel-Latos, qui l’a initié à la musique, restera un écho de tous les instants.
Christophe part travailler en Angleterre avec la pianiste Sulamita Aronowsky. Du piano pur.
À la moindre note dans laquelle elle ne reconnaît pas Haydn, elle lui demandera d’arrêter de jouer.
L’authenticité du son. Il la retrouve 15 ans après et joue pour elle : « Ce sont les progrès que j’attendais de toi ».

Le « métier de vivre », des chemins de traverse, se nourrir de tout ce qui crée matière et rêves. Ne pas jouer pour jouer, mais pour avoir quelque chose à raconter, à transmettre.
Un de ses maîtres lui dira : « Si nous avons tous la même technique, nous n’aurons jamais le même son, car nous n’avons pas la même histoire ».

Dès la première note, reconnaître le compositeur. Le son et l’orchestration.
C’est là que tout se joue. Une musique débarrassée de toutes ambages, de tout travers, de toute gangue.
Et aujourd’hui être prêt, enfin, à transmettre cela.

La musique interprétée par Christophe Vautier est une musique qui fait du bien.
Ses concerts sont et seront toujours un moment à part.
Quelque chose qui se suspend et laisse trace.

 

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