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Restauration du château de Lassay

La bataille d’une famille pour sauver une tour en détresse en Mayenne.

Le château de Lassay : une histoire de femmes...

Le château de Lassay, austère garnison militaire de frontière, paraît à première vue une affaire d'hommes. Et pourtant, son destin est lié à des figures féminines, qui ont présidé à sa destruction, à sa résurrection, puis à sa survie jusqu'à nos jours.

L’histoire commence avec la duchesse d'Anjou, dame de Mayenne, qui exigea en 1422 le démantèlement du château de Lassay afin d'éviter qu'il ne serve de base aux anglais, alors sur le point de prendre le contrôle du Bas-Maine. De cet édifice, il ne reste actuellement aucune trace.

Nous devons le château actuel à une autre femme, Catherine de Thouars. Par son mariage avec Jean II de Vendôme, seigneur de Lassay, elle lui apporta une partie de l'immense fortune de son premier époux, Gilles de Rais, fraîchement exécuté ! Cela permit la construction en un seul jet de la forteresse qui domine encore de ses tours le village de Lassay, entre 1440 environ et 1459.

Vue aérienne du château de Lassay aujourd'hui

Au XVIIème siècle, un château comme Lassay avait perdu son intérêt militaire et était voué à un abandon progressif, en dépit de l'ajout d'un bâtiment plus résidentiel. Nous pouvons imaginer que l'irruption dans son histoire de la belle Marianne Pajot décidera de sa survie. Cette jeune femme, fille de l'apothicaire de Mlle de Montpensier, était si remarquable par sa beauté et par son esprit qu'allant à l'encontre de tous les usages de l'époque, le duc de Lorraine avait souhaité l'épouser. Ce mariage aurait eu lieu si le roi n'y avait mis la condition que Marianne fasse renoncer le duc à ses droits sur la Lorraine. Celle-ci ayant répondu que cela serait contraire à son honneur, le mariage fut empêché.

Sous le charme de tant de grâces et de vertus, Armand de Madaillan eut l'immense joie de pouvoir épouser Marianne. Ce n'était toutefois pas du goût de son père, qui déshérita Armand des biens qui lui étaient destinés, lui laissant en échange la terre de Lassay et le titre de marquis associé. Ainsi, le château de Lassay fut entouré de soins qui lui auraient été sans doute refusés sans cette histoire romanesque.

Croquis du château de Lassay, de Victor Hugo

Enfin, pour boucler l'histoire de notre forteresse, intervient Félicité Louise des Montiers-Mérinville. Epousant le marquis de Beauchêne, propriétaire de Lassay à la fin du XIXème siècle, elle annonce à son époux qu'il est au-dessus de ses forces de mettre un  pied en ce lieu trop austère. Qu'à cela ne tienne, cela permet à René Adelstan de Beauchêne de donner libre cours à son penchant pour le Moyen-Age. Puisque le château ne sera plus habité, il n'hésitera pas à le rendre inhabitable. Pour le rendre à son aspect originel, il supprimera donc le bâtiment XVIIème qui recouvrait la barbacane et le pont-levis.

Vue du château de la ville et pont-levis

C'est ainsi que nous pouvons encore actuellement admirer ce château-fort parfaitement homogène, avec l'intégralité de son dispositif militaire du XVème siècle. Cette suppression qui a rendu sa pureté d'aspect au bâtiment aurait pu lui être fatal en entraînant à terme son abandon définitif, si Odile de Virieu, épouse d'Artus de Montalembert et mère de l'actuel propriétaire, n'était passée outre la difficulté d'habiter ce château-fort si inhospitalier. Passionnée par l'endroit qui lui rappelait le château de son enfance en Isère, elle a décidé de le réinvestir au milieu des années 1970. Cet amour inconditionnel pour Lassay a été transmis à sa descendance qui met à présent tous ses moyens et son énergie dans la préservation de ce monument miraculé - grâce aux femmes !

La collecte pour le château a dépassé les 27 000 € : un chiffre extraordinaire et nous vous remercions tous de votre contribution qui rend ce projet de restauration de plus en plus réalisable. Encore 3 jours pour rapatrier vos amis et proches à notre cause. Partagez le projet et faisons grimper la collecte au delà de 30 000 €. On tente le pari ?